Noms de lieux alpins

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Une mise au pointChandolin ) Tracuit se compose de tra « trop » et de koué « exposé au vent »; le lat. quietum, qui aboutit à kwék, n' a rien à faire ici.

Lyrec ne peut pas signifier « la petite aire », puisqu' il s' agit d' un alpage très pierreux d' une altitude au-dessus de 2100 m .; le suffixe n' est pas -ITTU, mais -ETU; la racine du mot est énigmatique.

Motee, contenant encore une fois -ETU, ne doit pas être traduit par « petite motte », mais par « terrain couvert de petits monticules ».

La Lex se prononce Za lét à St-Luc et lèi à Ayer; le nom ne doit pas être confondu avec llét « beau coteau » ou léss « ardoise »; « l' allée » est impossible, car ce mot prend le suffixe -A TO RI U pour donner alliou.

Chèquette, en patois chèkètta, désigne toujours un endroit sec; c' est le diminutif de l' adjectif chèka « sèche ».

1 Cette relation nous est parvenue indirectement par l' entremise d' un ami de Sion. Nous avons d' abord cherché l' adresse de l' auteur, à qui nous avons écrit pour demander quelques éclaircissements et en particulier l' altitude des principales sommités mentionnées. Sa réponse ne nous est pas parvenue à temps. Nous regrettons également la pauvreté de l' illustration de cet article, qui méritait mieux.

Morning a déjà fait l' objet de bien des controverses. Il se prononce mourning en patois, sans que le g final puisse être considéré comme « son parasite ». Mons medianus me paraît insoutenable d' abord pour des raisons purement phonétiques, et ensuite parce que, d' après la C. N. S., le nom désigne primairement des pentes mi-gazonnées, mi-rocheuses au pied du Besso, soit entre 2200 et 2400 m. Par contre, « Mont du Milieu » s' appliquerait parfaitement au Blanc de Morning, c'est-à-dire la petite bosse sur l' arête reliant le Besso avec l' épaule du Rothorn ( point 3663 ), ce qui n' explique pas grand' chose. Le Glacier, le Col et le Blanc du Moming ont reçu leurs noms d' après le parchet dit « Morning » qui se trouve au fond du Besso. Je n' ai point de solution à offrir, mais j' aimerais qu' on renonce à « Montagne entre deux glaciers », car à partir d' une certaine altitude, tous nos grands sommets se trouvent entre deux, sinon entre plusieurs glaciers.

L' Arpitetta a dû céder la place à L' Ar Piletta sur la nouvelle C. N. S., mais cette graphie en deux mots est une erreur aussi grave que regrettable. Quoique cette interprétation soit due à mon ancien professeur E. Muret, qui y voyait l' ar « alpe » et pitelta « petite », je me vois obligé de la réfuter, et voici pourquoi: 1° L' idée de « petit » est exprimée, dans notre patois, presqu' exclusivement par des suffioces, notamment -ITTU. 2° La forme féminine de l' adjectif « petit » est pètikta, et ne jamais pitetta. 3° L' adjectif « petit » précède le substantif, il n' existe pas une seule expression où il le suivrait. 4° Dans l' idée du patoisant, arpitetta ne forme qu' un seul mot, il ne sépare pas les deux parties comme p. ex. dans l' ar nouva « alpe neuve ». Voilà pourquoi il faut revenir à l' ancienne graphie Arpitetta, la racine du mot étant bien « alpe », qui est suivie, non d' un adjectif, mais de deux diminutifs, dont le premier est le suffixe patois -ita très fréquent ( pougna — pougnita, « poignée » — « petite poignée » ), tandis que le second est forcément le latin -ITTA.

Que ces quelques explications, du reste bien sommaires, puissent donner au lecteur une idée vague de l' immensité des problèmes que doit résoudre celui qui veut étudier les noms de lieux. Peut-être a-t-il également pu se rendre compte que cette science n' est nullement abstraite, mais qu' elle oblige sans cesse celui qui s' en occupe à courir par monts et par vaux. Et qu' y aurait-il de plus passionnant pour un philologue qui aime la montagne que de chercher la réponse à tant de questions pratiques de la vie du montagnard dans le contact étroit avec l' homme et la nature?

Nous avons communiqué les remarques de M. Gyr à M. J. Guex, à qui nous accordons volontiers l' espace de quelques lignes pour sa réplique. Mais ceci fait, nous clorons pour quelque temps ce chapitre. ( Réd. ) La mise au point de M. Gyr appelle une réponse. Avant tout, pour mon compte personnel, je le remercie de ses courtoises et intéressantes remarques, qui n' ont rien d' une « mise au pas », et je lui suis reconnaissant de sa précieuse et bénévole collaboration: dans la sourcilleuse science des mots, on ne saurait trop contrôler les interprétations, même les plus simples.

En fait, sur bien des points, des nuances légères me séparent de M. Gyr, divergences de rédaction plutôt que d' étymologie: tous deux nous reconnaissons la base « roche » dans Rotsec; « garde » dans Vouarda; « château » ( métaphore pour « monticule » ) dans Tsatelet. Je lui donne gain de cause pour Pétolioz, Rèehe et Roccaz ( nom de famille ).

Quant à Armina, Arpitetta, Morning, Tendait Savanes, je renvoie M. Gyr à ce qu' en a dit, dans le Glossaire et ailleurs, le regretté E. Muret, une autorité incontestée et que j' ai suivie sans hésitation. La Lé, comme la Lex Blanche du Val Veni, le Solalex de Gryon, n' a aucun rapport avec lui, loué, et signifie « paroi, dalle rocheuse » ( Steinplatte ). Pour Traeui, M. Gyr confirme et éclaire une de mes hypothèses: « lieu exposé au vent ». Les Girettes ( en patois ij éïrette ) restent pour moi de « petites aires », non dans le sens spécial de « terrains où l'on bat le blé », mais de « terrains ou plateaux en pente douce ».

Je laisse aux topographes 1 le soin de défendre les qualités de la Carte Nationale de la Suisse. Le jour où les philologues se seront mis d' accord sur les règles à suivre pour la nomenclature, les progrès seront sans doute encore plus éclatants que ceux que j' ai relevés avec une sincère satisfaction. J. Guex 1 En tant qu' auteur de la Carte nationale de la Suisse, le Service topographique fédéral tient à prendre position vis-à-vis de l' article de M. Gyr. Faute de place dans ce cahier, il répondra dans un prochain numéro.

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