Pays de Glaris. Introduction

Hinweis: Questo articolo è disponibile in un'unica lingua. In passato, gli annuari non venivano tradotti.

Le rédacteur romand tient également à dire sa reconnaissance aux traducteurs qui accomplissent un travail considérable pour chaque numéro de notre revue, mais tout particulièrement lorsque nous éditons un numéro spécial.

Nos remerciements s' adressent aussi à Werner Luchsinger, ancien président de la section Tödi, à M. Ruedi Knöpfli, directeur adjoint du Service topographique fédéral, qui a apporté son aide et ses conseils pour les termes toponymiques, et au Dr Karl Kaufmann, président de la Commission des publications ( CC de Thoune ), qui, d' emblée, a donne le feu vert à notre collègue Hermann Vögeli pour la réalisation de ce fascicule.

Nous sommes heureux de publier une version française de Pays de Glaris dont l' édition allemande a paru en juin dernier. Cette publication 1 Suivant l' usage admis par les dictionnaires et la plupart des ouvrages scientifiques, nous avons adopté la graphie « glaronnais » ( avec deux h ), alors que l' adjectif « glaronais » ( avec un seul n ) est plus logique, puisque le mot « glaron » n' existe pas.

contribuera certainement à faire mieux connaître ce petit canton de la Suisse orientale et elle invitera les clubistes romands qui ne le connaissent pas encore à partir à la découverte de ce haut pays de la Linth et du Sernf. D' ores et déjà, nous leur souhaitons bonne course. Pierre Vaney

Introduction

Alberi Schmidt, Glaris A la fin de cette année, le guide-manuel CAS des Alpes glaronnaises paraîtra dans une 8 " édition complètement remaniée. L' ancien président de section, W. Luchsinger, a accepté de le rédiger, tâche difficile et belle pour laquelle il s' est engagé à fond, en vrai montagnard. En deux ans de travail intensif il a créé, avec l' aide d' alpinistes membres de la section, une œuvre qui représentera pour de nombreuses années une base sûre pour les excursions dans les Alpes glaronnaises. A l' occa de la réédition de ce guide, nous aimerions présenter les Alpes glaronnaises comme un tout aux membres de notre club et aux amis de la montagne, et nous sommes heureux de pouvoir consacrer à cet objet un numéro trimestriel de notre revue. On le prendra comme complément au guide-manuel. Il présente tous les aspects qui ne peuvent être traités dans un guide décrivant uniquement les voies d' escalade.

Les Alpes glaronnaises sont-elles, du point de vue géographique, une entité que le canton de Glaris incarnerait dans notre Confédération? Ce canton passe avec raison pour un tout particulièrement ferme, car ses limites englobent une seule vallée ou un bassin, celui de la Linth. Cependant on éprouve déjà plus de difficulté à limiter géographiquement les Alpes glaronnaises. On ne peut s' en tenir aux frontières politiques, celles-ci s' étant souvent établies par le passé à la suite d' arrange avec les « chers » voisins, par exemple au Pragel et au col du Klausen ( où les Uranais ont Le canton du Glaris ( CN au 1:200000 ) Reproduit avec l' autorisation de l' Office fédéral de topographie du 30 juillet ig8o enlevé aux Glaronnais l' Urnerboden, le plus grand alpage de Suissesi bien qu' aujourd la frontière cantonale passe loin au-dessous des deux cols.

D' autre part, les Glaronnais estiment que la région des Clarides, pourtant partagée en son milieu par la frontière, fait partie de leurs Alpes, de même que les Jegerstöck qui leur font face. On compte aussi le Bockmattli dans les Alpes glaronnaises, mais nous ne voulons pas disputer nos amis schwytzois ce cirque rocheux bien connu des grimpeurs, car c' est dans le guide Bockmattli, composé par Christian Hauser, que sont décrits les itinéraires d' escalade.

La délimitation est moins problématique aux frontières est et sud, car elles suivent en majeure partie l' arête montagneuse. Quoi qu' il en soit, nous avons pris pour sujet les massifs qui sont traités dans le guide-manuel. Ainsi par exemple la région de Punteglias, bien que située en terre grisonne, sur le versant sud du massif du Tödi, en fait partie également, car cette chaîne intéressante et peu connue est passée entre les mailles du filet des guides-manuels sur les Grisons.

Mais il me semble plus important de décrire le paysage glaronnais dans son ensemble que de chercher à établir les frontières exactes des Alpes de ce canton. On trouve en effet peu de régions où les cimes et les vallées s' opposent de façon aussi immédiate et puissante que dans le pays de Glaris. Cela ne peut échapper au voyageur venant du lac de Zurich: par la plaine unie de la Linth, il pénètre dans la vallée et se trouve confronté directement avec les massifs géants du Wiggis, du Schilt et du Glärnisch. Et ils ne sont pas rares, les étrangers qui déclarent qu' ils ne pourraient jamais vivre dans cette vallée encaissée, entourée de parois abruptes.

Le Glaronnais, lui, vit et travaille ici; mais il ne peut le faire sans succomber d' une façon ou d' une autre au charme de cet univers puissant et montagneux. Il n' est pas besoin d' être alpiniste pour cela: la dimension verticale et le caractère fermé du paysage suffisent à créer le contact avec la montagne et avec la nature alpine, qui commence immédiatement derrière les villages. Même du centre de la petite ville de Glaris, on peut voir et entendre les avalanches descendre du Glärnisch et du Wiggis.

Pas un écrivain n' a su saisir aussi profondément et exprimer aussi bien la relation du Glaronnais à son entourage que le rédacteur des Glarner Nachrichten aujourd'hui disparu, le Dr Hans Trümpy. Bien qu' il ait vécu et travaillé au pied du Glärnisch, il ne se perdait pas dans les petits faits quotidiens et l' actualité journalistique, ayant su créer la distance nécessaire envers la patrie par de nombreux voyages. Il était certes journaliste et politicien, mais il était surtout poète et penseur. Il voyait toujours au-delà des événements et il était passé maître dans l' art d' écrire. Aussi le chapitre de son livre sur Glaris intitulé « patrie » ( que nous publions dans ce bulletin sous le titre Le pays de Glaris ) nous semble-t-il plus propre que tout autre écrit à présenter le Glaronnais, sa vie et son univers.

Le Dr Hans Trümpy a compris intuitivement le sens de l' alpinisme, et la fascination qu' il exerce, comme en témoigne cette phrase dont je n' ai pas trouve d' équivalent dans la littérature alpine:

« Les courses de montagne sont des jours de fête dans notre vie, elles seules nous redonnent le rythme du temps originel, du temps d' avant la motorisation, elles seules nous donnent des ailes et nous rapprochent de la création. » Sur un point cependant, Hans Trümpy s' est peut-être trompé: il dit que nous ne voyons plus de dieux dans le vent, de nymphes dans les sources, ni de dragons dans les torrents. Ce monde païen appartiendrait au passé. C' est le mérite d' une femme, experteelle aussi dans l' art de la description, d' avoirressuscitéunmondequi vit encore, sinon dans une pensée païenne, du moins dans les sphères spirituelles modernes: je parle de Heidi Bollier, peintre et graphiste vivant dans le canton de Glaris. Pas un jour où elle n' aille interroger la nature, se plonger dans un monde riche en bêtes sauvages et en forêts, qu' elle emporte avec elle dans sa maison pleine de fleurs, de racines, de cail- loux, de troncs d' arbre et de figurines d' argile. Ses tableaux ne sont pas une copie fidèle de la nature: les montagnes, forêts, villages, rivières ou vallées ne sont pour elle que le support d' un paysage intérieur qu' elle peuple d' animaux, d' hommes, d' es et de toutes sortes d' êtres étranges. Elle a écrit pour notre revue un chapitre qui forme une charmante conclusion aux descriptions plus techniques qui précèdent.

Un cahier sur Glaris sans contribution de la géologie serait une maison sans fondations, un arbre sans racines. Les Alpes glaronnaises sont depuis l' époque d' Arnold Escher un terrain particulièrement difficile à défricher pour la science. Elles présentent une structure tellement compliquée que c' en est une énigme pour le profane. Sur le granite de l' Aar gris-vert compact qui forme l' étage inférieur du Tödi reposent, sur le chemin de la cabane Fridolin, les débris d' un jaunc-orangé-brun intense des dolomies du Röti, issus de ce curieux banc de rocher qui parcourt, tordu et plissé, toute la roche sombre du massif du Tödi. A côté des masses de flysch schisteux du tertiaire, dans lesquelles la Sernf, la Linth et les glaciers de l' épo glaciaire ont creusé profondément leur lit, on trouve des blocs arrondis rouge foncé, de conglomérat de verrucano remontant au Permien, vieux de 225 millions d' années. A l' ouest de la Linth, de puissantes nappes de calcaire, épaisses de 2000 m, ont été charriées. Mais à l' est, dans la région du Kärpf, on n' en trouve plus qu' un seul banc mince entre le flysch et le sernifit. Qui pourrait s' y retrouver?

Le Dr Rudolf Trümpy, professeur à l' Institut de géologie de I' ETH, parvient de façon magistrale à présenter la formation des roches et la structure des Alpes glaronnaises. Il en fait comprendre les grandes lignes au profane et à l' alpiniste. Nous remercions monsieur Trümpy ( un neveu de Hans Trümpy ) d' avoir bien voulu relire son article pour le guide-manuel et le numéro trimestriel, et d' avoir donne son accord pour l' impression.

J' aimerais remercier également tous les autres collaborateurs grâce auxquels ce numéro a pu être réalisé dans des délais assez brefs. Nous espérons communiquer aux amis de la montagne venus d' ailleurs une image vivante des Alpes glaronnaises. Même si notre objectif n' est pas la publicité touristique, nous souhaitons cependant à tous ceux qui auront envie, à la lecture de ce fascicule, de faire mieux connaissance avec nos Alpes, de très belles courses et nous leur adressons un cordial salut montagnard.Trad. Aiinclisc Rigo

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