Quelques mots sur les naissances des chamois et des bouquetins

Hinweis: Questo articolo è disponibile in un'unica lingua. In passato, gli annuari non venivano tradotti.

PAR R.P. BILLE

Avec 2 illustrations ( 159, 160 ) S' il est relativement assez facile, avec une bonne paire de jumelles d' observer des chamois, des bouquetins ou des chevreuils en totale liberté, en revanche, il est beaucoup plus rare d' assister aux mises bas de ces mêmes animaux! Peu de chasseurs, en effet, peu de naturalistes ont vu naître des chevreuils, encore moins des petits chamois ou des bouquetins. En fait, les femelles de la plupart des mammifères sauvages opèrent avec une discrétion, une prudence remarquable et fort souvent de nuit. Dans les Alpes, les chamois et les bouquetins, peu avant la mise-bas, se retirent dans des endroits extrêmement tranquilles et solitaires, souvent inaccessibles à l' homme et couverts d' une végétation buissonnante. Les femelles du chamois affectionnent en particulier les couloirs abrupts envahis par les vernes rampantes, les saules montagnards et les touffes de rhododendrons, et c' est dans ce fouillis végétal, bien à l' abri des regards de l' homme et même de l' aigle royal, qu' elles mettent au monde leurs jeunes. ( Il y a parfois des exceptionsLes femelles de bouquetin font preuve d' une plus grande méfiance encore et choisissent des endroits vertigineux coupes de petits bancs rocheux ou de replats ( en général toujours les mêmes ) où elles n' ont pas à craindre les incursions de l' homme. Comme elles vivent la plupart du temps séparées des mâles, à une altitude bien inférieure à leur compagnon1, il est très rare de pouvoir observer - ne serait-ce que de loinune naissance de bouquetin, et c' est avant tout affaire de chance ou de hasard.

Il y a deux ans, au début de juin, j' escaladais dans la région de Lourtier une pente raide encore à demi boisée, en compagnie du garde Marcel Machoud, lorsque brusquement une femelle de bouquetin bondit devant nous. Mais au lieu de fuir, elle revint à plusieurs reprises sur ses pas et nous n' eûmes alors pas trop de peine à découvrir le jeune couché sous un sapin. A notre approche, il voulut d' abord fuir, mais en vain! La naissance pouvait remonter tout au plus à quelques heures... Le bébé bouquetin ressemblait fort à un petit animal en peluche, tellement son poil encore un peu humide était laineux, ébouriffé et couleur café au lait. Beaucoup plus bas sur pattes qu' un jeune chamois et surtout qu' un chevreuil nouveau-né, beaucoup plus trapu et déjà fortement membre, il finit par s' habituer à notre présence et nous pûmes alors observer tout à loisir son petit front bombe et têtu, sa langue rose et son œil tout chargé déjà d' une vie intense et sauvage. La même bonne fortune m' était arrivée deux ans plus tôt dans la réserve italienne du Gran Paradiso. Samivel tournait un film sur les bouquetins et les chamois de la réserve et je l' accom en qualité d' assistant et surtout de photographe. Une certaine après-midi de juin, explorant seul de vastes pierrailles couvertes en partie par les mousses, les saxifrages et les rhododen- 1 Du moins dans la réserve du Mt. Pleureur et de Fionnay.

drons, je découvris bientôt à la jumelle un chamois dont le manège finit par m' intriguer au plus haut point! En effet, l' animal se levait, se couchait, se relevait, se recouchait sans cesse et finalement j' assistai à la mise-bas. Deux choses m' étonnèrent surtout: la rapidité de la naissance proprement dite et la grande tendresse de la mère qui se mit aussitôt à lécher son rejeton. Lorsque ce dernier fut à peu près sec ( soit une demi-heure après sa naissance ), je me rapprochai rapidement du pierrier; la femelle, tout en bêlant plaintivement, tenta à plusieurs reprises d' entraîner son jeune avec elle, mais le petit chamois, bien que faisant de gros efforts pour la suivre, ne put y parvenir et bientôt se recoucha à l' ombre d' une touffe de rhododendrons. Je pus ainsi le photographier tout à mon aise et sous « toutes les coutures », puis je courus au refuge alerter Samivel, et nous retrouvâmes le charmant petit animal dans la position où je l' avais laissé. Mais au lieu de fuir, il se mit sur pattes et vint se réfugier entre nos jambes ou sous le trépied de l' appareil, obéissant ainsi à son instinct qui l' oblige les premiers jours à « coller » sans cesse à sa mère! Nous manquions donc de recul et dûmes recourir à certaines ruses pour pouvoir le filmer dans de bonnes conditions, car chaque fois que l' un d' entre nous se déplaçait, le chamois, assez fort pour se tenir debout, suivait ses talons! L'on sait que douze heures après sa naissance un jeune chamois est capable déjà de suivre sa mère n' importe où et celle-ci l' entraîne le plus souvent de nuit assez loin du lieu de la mise-bas, surtout lorsque l' homme est venu la surprendre. En pareil cas, il faut donc éviter de trop toucher le jeune animal, car les chamois ont une grande horreur de l' odeur humaine, et les mères abandonnent parfois leurs jeunes lorsqu' on les trouve ainsi quelques heures après leur naissance et qu' on les manipule sans précaution.

Disons encore pour terminer que les chevreuils et les chamois commencent à mettre bas à partir de la deuxième quinzaine de mai, et cela jusqu' à la mi-juin, tandis que le bouquetin, plus tardif, débute en juin et peut encore donner naissance à des jeunes en juillet.

Abenteuer Fels

VON KARL LUKAN, WIEN Denn das ist das Grosse am herrlichen Abenteuer Fels: dass es mehr ist als nur ein Erlebnis für Minuten und für Stunden. Dass es ein Erlebnis ist für lange. Dass es das Abenteuer eines Lebens sein kann.

( Aus dem Buche: „ Gelbe Wand am grünen See " )

Kraftwerkbau

AQUARELL VON WALTHER MÜLLER, BERN Der Bergsteiger stösst im Hochgebirge immer häufiger auf Eingriffe der Technik, die der Landschaft ein anderes, oft ein fremdes Gepräge geben, letzteres zumal dann, wenn bei Strassen- und Kraftwerkbauten die so vielgestaltigen Bauinstallationen noch vorhanden sind. Er muss sich irgendwie damit abfinden und wird immer wieder die Grosszügigkeit und Vielgestaltigkeit der Technik bewundern müssen, wenn die Eingriffe in die Natur ihm auch wehtun.

Walther Müller, 1890 in St. Gallen geboren und von 1918 bis 1957 als Zeichnungslehrer am Freien Gymnasium in Bern wirkend, hat auf verschiedenen Studienreisen in Deutschland ( und drei Jahre in der Königlichen Akademie für Kunstgewerbe in Dresden ), Italien, Lettland, in der Kurischen Nehrung, in England und Jugoslawien eine reiche Fülle von Arbeiten geschaffen. « Ein Thema, das mich für viele Jahre festhielt und zum Gestalten reizte », schreibt er, « war der Bau der Staumauern im Hochgebirge. » Einer ersten Ausstellung in Bern « Vom Bau des Grimselwerkes », 1933, folgte eine zweite « Kraftwerkbau Oberaar und Räterichsboden », 1953, letztere nur aus Aquarellen und graphischen Blättern bestehend. 1954 wurden 40 Blätter der letztern in der Graphischen Sammlung der ETH in Zürich gezeigt unter dem Motto: « Mensch und Technik im Gebirge », in welcher auch das hier reproduzierte Bild ausgestellt war. Walther Müller ist von der kühnen Entwicklung der Technik beeindruckt und sucht ihre Errungenschaften mit Stift und Pinsel festzuhalten. Dabei aber will er nicht lediglich geometrische Formen oder technische Objekte zur Darstellung bringen, sondern er sucht den « zwischen Menschengeist und Naturgewalt sich aufrollenden Kampf, wie er sich zwingend und gross in der Technik des Bauens von Staumauern im Hochgebirge offenbart », künstlerisch wiederzugeben. « In den grossen Dimensionen der Gebirgswelt erscheinen die Werkbauten und Installationen sowie der Mensch klein, und doch macht der Menschengeist sich die Materie zur Dienerin zum Wohle der Menschheit. » Diese Gedanken äussert Walther Müller zum Bild « Kraftwerkbau ».

Der Berg ist im Aquarell die zwingende Grundlage, der Berg mit seinem breiten Fuss und der zur Spitze sich aufbauenden Masse. Im Bilde steht nur ein Ausschnitt eines solchen Berges vor uns, und doch wächst er vor dem Auge über die Blattränder hinaus zum Ganzen aus. In diesen Berg stellt der Maler das Werk des Menschen, wie ein grosses Dreieck, mit breitem Fuss, dessen Mauer sich in der Mitte wie ein Tor ausmacht. Von rechts und links türmen sich die Installationen und Bauten gegen eine Spitze zu auf, Balken- und Eisenwerk auf der einen, der von Menschen aus dem Fels heraus-gesprengte Graben auf der andern Seite. Alles mündet in den Aufbau des Siloturmes, der wie aus mächtigen, gelben Quadern erstellt im Bilde steht und durch rote « Bänder » besondere Markierung erhält.

Walther Müllers Aquarell wird gleichfalls zum Symbol und zur Mahnung: im Hochgebirge soll der Mensch seine gewaltigen Werke in die Berglandschaft hineinbauen, damit sie sich mit dem Berg vereinen und nicht störend wirken.Max Oechslin 6 Die Alpen - 1958 - Les Alpes8 1

Feedback