Carl Egger (1872-1952)

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Carl Egger ( 1872-1952 ) Membre d' honneur de la section de Bàie et du CAS.

Par son apparence et son maintien Carl Egger ressemblait assez bien aux pionniers anglais de la période classique de l' alpinisme. Bien qu' il fût lui-même ennemi de toute étiquette désignant une catégorie, on peut le considérer comme faisant partie d' un groupe préférant aller de l' avant sans guide, selon l' humeur du moment, à la montagne comme dans la vie quotidienne. Sa haute taille contrastait étrangement avec sa voix fluette, comme avec le débit hésitant de son discours. Et pourtant il émanait une vraie force de sa personnalité. La pureté de son caractère emportait l' adhésion et l' estime dont il jouissait de tous côtés, autant au sein de la section de Bâle que dans tous les milieux du CAS.

Sa vie fut une alternative d' ombres et de lumières. Mais son désir de collaborer à la spiritualité de l' alpinisme a été pleinement satisfait. Ce but idéal ne fut pas facile à atteindre, car il évitait les chemins battus et, dans la vie comme à la montagne, il se heurta souvent à de durs obstacles. Les seize accidents dont il fut victime, tant en plaine que sur les sommets, ne firent que confirmer sa volonté bien arrêtée de « tenir à tout prix ». Atteint dans sa prime jeunesse d' une maladie pulmonaire, il passa quatre années à Arosa, où il retrouva la santé physique et morale tout en tombant sous le charme du monde alpin.

Destiné au commerce, profession qui ne lui plaisait guère, il s' en détacha vers le milieu de sa vie, devint peintre, exerça de divers côtés une activité bénévole, puis se voua aux lettres. Dans toutes ses productions on retrouve, comme dans une mélodie, une pensée directrice qu' il a lui-même exprimée par ces mots: « C' était la grâce diffusée par la montagne, la source pure de l' air des hauteurs. » Voici quelques dates caractéristiques: entré à la section de Bâle en 1894, correspondant de Y Alpina, président de la section de 1923 à 1930, membre de la commission des publications du CAS pendant de longues années, collaborateur dévoué dans les expositions d' art alpin, rédacteur par intérim des Alpes de 1940 à 1941. Dès 1906 il fit partie également du Club alpin académique de Zurich où il se Ha avec des camarades de courses passablement plus jeunes que lui. Il fut, avec enthousiasme, l' un des auteurs du guide CAS des Alpes d' Uri, de la Silvretta et de la Bernina. De bonne heure, Egger s' intéressa avec vigueur au ski de haute montagne et fut pendant 10 ans chef de rédaction auprès de l' Association suisse des clubs de ski.

C' est dans la période de 1903 à 1914 qu' il réalisa ses plus belles courses. Bien que dépourvu de connaissances techniques il n' hésitait pas à rendre visite aux grands sommets. En 1902, armé de chaussures cloutées, il s' attaque en solitaire à la paroi sud du Schlossberg. Il fait une chute, se brise un maxillaire et les chevilles, reste étendu sur une vire et ne peut être sauvé que le jour suivant au prix de grandes difficultés. Loin de se décourager, il continue à courir à la montagne, dimanche après dimanche.«Comme une taupe, dit-il, je sortais des trains de nuit pour me rendre tantôt dans le Valais, tantôt dans les Alpes d' Uri, et monter ainsi vers la lumière. » Ses régions préférées étaient le Mont Blanc et les Alpes d' Uri. Il y fit plusieurs premières ascensions et traça une vingtaine de nouveaux itinéraires, comme la Grande Windgälle par la paroi sud-est et l' arête ouest, la paroi sud-est du Schlossberg. En été 1914, il partit, avec son ami Guido Miescher, pour le Caucase central, expédition admirablement préparée et couronnée de succès. Outre 9 premières ascensions, Egger explora le massif du Dschailük. ( Dans le tome III des Montagnes du monde, Marcel Kurz n' a que louanges pour cette expédition, « la seule expédition suisse qui ait enrichi nos connaissances de la géographie du Caucase ». ) Les deux alpinistes terminèrent leur entreprise par l' ascension, la première à ski, de l' Elbrous ( 5629 m ) et leur descente fulgurante du gigantesque volcan sur 1700 m de dénivellation fut pour eux une expérience inoubliable.

Des accidents aux genoux et aux pieds obligèrent plus tard notre ami Egger à renoncer aux courses difficiles, ce qui ne l' empêchait pas de parcourir les hautes régions. En 1945, par exemple, de nou- veau en solitaire, il gravit la Pointe de Vouasson ( 3500 m ) en partant d' Evolène. Cette radieuse journée d' août devait mettre un point final à sa carrière de grimpeur.

C' est pour nous un grand privilège que Egger ait su faire revivre ses expériences dans ses nombreuses publications, dont une soixantaine à caractère alpin, y compris 19 contributions à l' Annuaire et aux Alpes du CAS. Ses connaissances en géographie, en histoire naturelle ainsi que dans des domaines historiques spéciaux, étaient des plus étendues, bien qu' il fût un autodidacte. Il put ainsi écrire des œuvres scientifiques et critiques importantes, telles que La conquête du Caucase, Michel-Gabriel Paccard et le Mont Blanc et Pionniers des Alpes. Ses ouvrages intitulés Dans le Caucase, Aiguilles et air des hauteurs, relatant ses expériences personnelles, sont d' une lecture captivante. La plaquette Aiguilles est un véritable bijou au brillant éclat.

Que dire du style de Egger? Simple et clair lorsqu' il exprimait ses émotions, sobre et critique lorsque la matière le voulait, ample et plein de poésie si les sentiments l' exigeaient, mais toujours dans la forme soignée de sa parfaite prose.

Cari Egger termine son ouvrage Aiguilles par ces mots émouvants:

« Le jour tombe, les vallées sont dans l' ombre. Mais sur le plus haut sommet de l' Europe brille encore une dernière lumière: pour les uns c' est l' espoir du retour de nouveaux beaux jours, pour les autres, c' est l' adieu définitif aux beautés de cette terre. »R Suter-Christoffel

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