Je connais

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Je connais ta roche âpre et rêche Quand le soleil la chauffe Sur le chaos de tes flancs, Le bois de tes chalets aussi Qui me brûle les mains Et qui me parle par tous ses pores De la couleur de tes ans.

Je connais ta lumière Changeante du matin au soir Et qui mêle le soleil Et la neige, Pour faire jaillir En torrents, sur tes pentes glissantes, Les vertiges glauques et blancs D' une sève vibrante Qui sera le sang De tes alpages, Prolifiques réservoirs De ton corps, et de ta force Qui brasse dans la coulée Du vent, l' odeur de l' herbe, De la neige, de la roche et de l' eau, Les cinq sens Qui t' animent et qui, Dans leur immense appel, M' attirent et me fascinent < D' un lien plus puissant Que les liens charnels.

Je connais tes agonies Rouge et or d' automne, Tes désespoirs d' hiver Où tes sens dorment, Tes replis bleus D' ombre et tes fumées grises Odorantes de bois sec Qui se consume Et puis, tes eaux fluides Qui découvrent peu à peu Tes fleurs violettes, jaunes et blanches, Crocus, anémones et pervenches Qui préparent en lumière Ton éternel dimanche.

Montagne, je te connais:

Alpes, arolles, eaux, neige et pierres, Ou je le crois peut-être...

Car, chaque fois que je te retrouve, Tu m' apparais tel un nouvel être.

Il suffit d' un nuage Pour changer ta voix, Pour gonfler aussi ma foi En toi, Multiple et diverse, Comme tes pentes infinies Qui crient, chantent Et bouleversent, Par leur inquiétante litanie, L' étrange chemin de la vie.

Jean Piérard

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