La mise à jour des cartes

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M. Gurtner

M. Gurtner Avance d' un glacier à Grindelwald! Ouverture d' une nouvelle section de la N 12! Ces brèves nouvelles attirent notre attention sur le fait que l' as de notre pays se modifie de jour en jour, que ce soit par des causes naturelles ou humaines ( phor tos 2 a, 2 b ). La nouvelle petite route forestière du Randen, unéboulement au Wildstrubel, la modification du sentier conduisant à la cabane du Rottal, la forêt du Meiental arrachée par une avalanche: voilà des faits peut-être moins spectaculaires, mais qui demandent tout autant une mise à jour du contenu de la carte, afin que son utilisateur dispose des renseignements les plus actuels possible.

Les Cartes nationales sont mises à jour, région par région, selon un cycle de six années. Le croquis ci-dessous montre le programme des prises de vues aériennes de la seconde campagne de mise à jour ( découpage selon les feuilles de la carte au 24 1:100 000 ):

stamento non possono essere riprodotte fedelmente in proiezione orizzontale, il contenuto della carta dev' essere generalizzato, cioè ridotto e semplificato.

Nel procedimento di incisione stratificata, gli elementi lineari sono incisi su vetro; il rilievo viene riprodotto sulla carta mediante pittura a spruzzo, mentre le tonalità di fondo sono disegnate con inchiostro di China. Dopo oltre 70 diverse elaborazioni, si ottengono le lastre, con le quali è possibile passare alla stampa su carta, mediante moderne macchine offset.

Le report des données nécessaires à la mise à jour de toutes les cartes topographiques ( 1:25000; 1:50000 et 1:100000 ) s' effectue à l' échelle de 1: 25000. Les travaux décrits ci-après ne concernent tout d' abord que cette échelle et le cas d' une mise à jour complète, consistant en un examen logique et détaillé de tout le contenu de la carte.

Travaux topographiques Les nouvelles prises de vues aériennes sont en premier lieu comparées au stéréoscope avec l'«an-cienne » carte et chaque modification est reportée à la main. Ce travail préparatoire dure deux semaines environ. Cependant, certains objets ne peuvent être que difficilement, voire pas du tout décelés sur la photographie aérienne, à savoir:

- les sentiers en forêt,un grand toit; est-ce une cantine de fête ou une ferme?

- une nouvelle petite route; est-elle accessible aux poids lourds?

- de la glace sous des cailloux; y en a-t-il encore ou pas?

C' est pourquoi le topographe doit se rendre ensuite sur le terrain pendant trois semaines environ ( par feuille ). Il identifie les nouveaux éléments, c'est-à-dire qu' il décide s' ils doivent être incorporés à la carte ou pas, puis il classe les routes et les chemins selon leur importance. De plus, il contrôle tous les autres éléments de la carte en accordant son attention la plus grande au réseau des voies de communication, c'est-à-dire à l' état d' entretien des routes et, surtout, des chemins pédestres. Les critères de qualification de chaque objet pour sa représentation sur la carte sont normalisés, ce qui garantit une procédure impartiale.

Le topographe dispose d' une petite voiture pour ses inspections sur le terrain. Dans les Alpes, ses facultés physiques sont mises parfois à forte contribution: il y a des jours où, lors du contrôle de petits sentiers ( au Tessin, par exemple ), il faut grimper de iooo mètres d' un côté de la vallée le matin, et en faire autant sur l' autre versant l' après. Se frayer un passage dans les ronces ou dans des fougères hautes d' un mètre ou plus à la recherche d' anciens sentiers alpestres n' est pas moins fatigant. Bien sûr, il demandera aussi des renseignements aux habitants, mais il s' est avéré que, dans la plupart des cas, une reconnaissance des choses par soi-même est nécessaire à des jugements uniformes et impartiaux. Souvent, le topographe est considéré avec grande méfiance à cause de son intérêt si particulier pour tout. « Vient-il pour une nouvelle route? pour les impôts? » se demande-t-on. Interrogé à propos d' un nouveau téléski par un collaborateur du Service topographique, un chef de chantier lui répondit d' em blée: « L' autorisation de construire viendra certainement demain !»...

Mais, s' il explique aux gens son travail, s' il leur montre la carte et les photos aériennes, leur attitude se transforme en intérêt véritable et en admiration. Une femme qui avait, un jour de pluie, fait entrer chez elle un topographe pour le dîner, trouvait qu' il y avait vraiment trop de danger à aller tout seul dans des coins si reculés; alors elle dit à son mari: « Alphonse, il te faudra accompagner ce monsieur cet après-midi. » Souvent les gens demandent alors pourquoi les communes et les cantons ne pourraient pas être tenus d' annoncer ces modifications. Le système fut appliqué pour les premières mises à jour des cartes; mais il fut bientôt abandonné, car les annonces n' étaient jamais rédigées de façon uniforme et, surtout, ne parvenaient pas suffisamment tôt. De nos jours, il est piquant de constater que ce sont les cantons qui désireraient profiter du cycle des mises à jour du Service topographique pour la révision de leurs plans d' ensemble.

Les communications venant de l' extérieur ainsi que les observations et les remarques de divers collaborateurs sont immédiatement inscrites sur une nouvelle feuille, afin qu' on puisse en tenir compte lors de la révision suivante. Cette collection de cartes s' appelle l' atlas des révisions. Si, malgré tous nos efforts, une erreur devait encore subsister sur la carte, nous serions alors reconnaissants qu' on nous la signale par un bref message adressé à la section de topographie. Toutefois, il ne faut pas oublier que, depuis le moment des prises de vues aériennes ( date de la carte ), de nouveaux changements interviennent d' une part et que, d' autre part, on ne peut pas représenter tous les objets sur une carte ( généralisation ).

Le territoire étranger ne peut être mis à jour que lorsque de nouvelles cartes étrangères sont publiées. Nous n' avons, en effet, pas l' autorisation de prendre des photos aériennes au-delà de la frontière. Ainsi l' aspect usuel de la carte sur ces régions ne doit pas faire oublier qu' il a fallu utiliser des documents de base de qualité très variable et parfois assez vieillis. Toutefois, nous nous efforçons de corriger tout au moins les fautes les plus grossières à l' aide de cartes touristiques et routières. Il faut aussi dire, par souci de vérité, qu' il existe également, pour certaines régions voisines de la Suisse, de très bonnes cartes topographiques, tenues à jour régulièrement.

De plus, on utilise aussi, à l' occasion, des plans de projets pour les revisions; par exemple, lorsque les travaux de construction d' une nouvelle route ont déjà commencé, mais que son tracé n' est pas encore tout à fait défini. Elle est alors indiquée sur la carte comme étant en construction, au moyen d' un trait interrompu. Il faut cependant être circonspect dans de tels cas, car il s' est souvent avéré que, lors d' une mise à jour ultérieure, l' exécution différait du projet de plusieurs centaines de mètres quelquefois. Il reste d' autre part l' espoir que les bureaux publics et privés interrogés seront compréhensifs et mettront leurs plans à notre disposition rapidement et pour une courte durée...

Lorsque le topographe revient du terrain, on peut commencer la restitution photogrammétrique ( photo 13 b ); cette opération consiste à introduire les nouveaux éléments à leur endroit géométrique exact sur la carte actuelle. Comme les points de triangulation ne sont pas signalés, l' employé chargé de ce travail oriente les « modèles » sur la base de croisements de chemins, de petites maisons et de points cotes de la carte actuelle.

Photo 16: on reporte en gris sur la plaque de verre l'«ancicnne » carte dans son ensemble, et on étale par-dessus une couche de gravure rouge. Le dessinateur sait exactement, sur la base du relevé fait sur le terrain, quels éléments il doit suivre avec la marque de l' autographe. Ceux-ci sont alors gravés simultanément sur la table à dessin au moyen d' une pointe traceuse très fine, et ils apparaissent ainsi en blanc sur la plaque. Un système de contrôle breveté de cette opération a été développé par un ancien collaborateur du Service topographique: le dessinateur peut, au moyen d' un oculaire supplémentaire, observer la pointe traceuse sur la table à dessin et la carte de base; il contrôle ainsi la position de certains objets de même que le degré d' avancement de la restitution. Ce travail demande trois semaines environ pour une feuille.

Beaucoup de personnes peuvent s' étonner que des modifications d' écriture soient nécessaires: ainsi les cotes des glaciers, les caractères utilisés pour les noms de lieu en raison d' une augmentation ou d' une diminution du nombre d' habitants, une adaptation à la « liste des localités » des PTT, un déplacement des noms à cause de l' introduction de nouveaux éléments, des nouveaux noms de localités, etc... Ces changements sont reportés sur une feuille séparée.

On range aussi dans ce groupe de modifications la déclinaison, c'est-à-dire Tangle entre le nord magnétique ( indiqué par la boussole ) et le nord de la carte. Elle varie selon le lieu et dans le temps; grâce à une étroite collaboration avec l' Observa cantonal de Neuchâtel, nous pouvons indiquer, au bas et à droite de chaque feuille des cartes au i: 25000 et au t: 50000, cet angle et sa variation, valables pour le centre de celle-ci et son année de parution.

Déclinaison occidentale pour Diminution annuelle 7'( 2,i%o ) Zona d' anomalia II est possible de corriger la déclinaison sur certaines boussoles. Mais ce réglage doit être revu de temps en temps et lors d' un changement de lieu, selon les indications de la carte ( et sur le terrain éventuellement ).

Reproduction En premier lieu, les nouveaux noms sont reportés sur un film transparent et collés chacun sur une plaque de verre, portant, comme repérage, la carte actuelle et les modifications en teintes pâles. Grâce à un procédé breveté particulier, on peut tout d' abord mordre à l' eau les nouvelles écritures puis, immédiatement après, les autres éléments de la carte; ceux qui sont modifiés ou doivent disparaître sont alors protégés par un cache et ne sont par conséquent pas mordus. On applique tout d' abord une couche de fond laiteuse ( b ) sur la plaque de verre ( a ), puis l'on reporte la carte actuelle ( e ) en gris clair et les modifications introduites ( d ) en gris plus foncé. Puis on verse et on étale une couche verte qu' on peut graver ou attaquer chimiquement ( photo 22a ).

Cette couche verte est ensuite recouverte d' une couche laquée à base de chrome, sensible à la lumière. Celle-ci, impressionnée avec les éléments de la carte actuelle et les caches, puis développée, libère la couche sous-jacente aux endroits non modifiés. Alors on passe à la morsure àl' eau a plaque de verre e éléments à effacer b couche de fond f éléments gravés à l' eau forte c couche de gravure g pointe à graver ( burin ) d modificationsh nouveaux éléments - c' est justement lors de cette opération qu' il s' agit de conserver la largeur originale du trait au centième de millimètre près - et on enlève ensuite la laque à base de chrome. Lors de la gravure ( g ) ( photo 18b ) des nouveaux éléments ( h ), le cartographe peut se repérer directement sur la planimetrie actuelle ( f ), et il obtient finalement la nouvelle planche complète en noir et blanc ( photo 2i ). Les autres teintes sont traitées de manière identique; comme lors de la première fabrication, les couleurs sont tour à tour décal-quées de la même façon sur le dessin de base.

Tout cela paraît simple, mais ce sont, en vérité, plus de septante travaux de copie qui sont tous exécutés au moyen de la reproduction photographique. La faible différence de clarté existant entre la nouvelle gravure ( h, ciselée jusqu' à la plaque de verre ) et la gravure à l' eau ( f, où la couche de fond laiteuse est conservée ) permet de copier les éléments nouvellement gravés sur une plaque de verre séparée, destinée à d' autres usages ( sélection ).

Après leur impression ( photo 22b ), les feuilles sont coupées sur leurs quatre marges, et une partie du tirage est conservée à plat pour couvrir les besoins de la planification ou pour être vendue comme plans d' orientation ou comme décoration murale. Les autres cartes passent dans la plieuse, puis sont rangées dans le dépôt de vente. Les agents officiels de vente sont alors informés; les librairies, les papeteries et les kiosques peuvent retourner au Service topographique les exemplaires encore invendus de l' ancienne édition après livraison de la nouvelle carte.

En règle générale, deux ans s' écoulent entre le moment des prises de vues aériennes et l' impres de la nouvelle carte. Celle-ci est donc en quelque sorte déjà dépassée lors de sa parution. Le Service topographique s' efforce de raccourcir ce délai, mais cela lui sera très difficile à cause de la limitation actuelle du personnel. La Suisse dispose cependant, grâce à la révision régulière de chaque feuille tous les six ans, d' un système de mise à jour des cartes extrêmement efficace.

Mise à jour partielle Si, lors d' une réédition ayant lieu hors du cycle normal, on ajoute un téléphérique important ou une section d' autoroute, on parle alors d' une mise à jour partielle. La carte est affectée de deux millésimes, 1975 ( 78 ), par exemple; cela signifie que la mise à jour de 1975 a été complétée par des objets isolés en 1978.

Exemples Nous avons choisi, comme exemple de modifications du paysage ayant nécessité une mise à jour de carte, une portion de la Carte nationale au 1125000, feuille 1301 Genève.

Carte 14: la partie supérieure montre, à titre de comparaison, la même portion de carte tirée de la Carte topographique du canton de Genève ( levée par Dufour en 1837 ). Sur la partie inférieure est imprimée en gris la carte de igjg dans sa totalité ( première édition de 1956, mise àjour partielle de 1959les additions en bleu sont celles de igôy et en rouge les éléments qui ont dû être encore ajoutés lors de la révision de igj4- Si l'on considère la région de la Gemmi sur les différentes cartes en annexe ( échelle 1:50000; carte 2 datant de 1841, carte 6 de 1935, carte 7 de 1940 et carte 9 de 1974 ), on peut constater que, à part les différences dans les techniques du levé et de la reproduction, des modifications vraiment importantes ont aussi affecté cette région alpine. Le glacier du Rhône ( photos 2 a et 2 b ) est un exemple parmi les plus connus en ce qui concerne le recul d' un glacier. N' a ainsi reculé que pour faire place à un bassin d' accumulation?...

/: 50000 et 1:100000 Dès que les quatre cartes au 1125000 composant une feuille au / :50000 ont été restituées, on peut commencer la révision de celle-ci. Les modifications sont réduites photographiquement, puis le topographe dessine un projet où il détermine quels sont les éléments qui doivent encore être reportés à cette échelle. Le cartographe grave alors ces nouveaux éléments de telle façon qu' ils donnent la même impression visuelle, mais qu' ils restent encore bien lisibles ( travail de généralisation ). Le travail technique de reproduction est exactement le même que pour les mises à jour des feuilles au i 125000.

La mise à jour d' une feuille au i: 100000 ne peut être entreprise que lorsque celle de chacune des quatre feuilles au 1: 50000 est terminée; on utilise alors la sélection des nouveaux éléments gravés. C' est la raison pour laquelle la sortie des feuilles de cette échelle n' intervient que quatre années après la date des prises de vues aériennes.

Petites échelles Les Cartes nationales i :200000 et 1:500000 sont traitées à part, car leurs limites dépassent celles des blocs normaux de mise à jour. Les modifications de détail sont reportées sur la base des levés exécutés pour les cartes topographiques au cours du cycle de 6 ans. Les constructions importantes sont introduites dans la carte comme mises à jour partielles à intervalles plus rapprochés.

Trad. C. Aubert

Contenu et emploi des cartes

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