Autoriser les vols touristiques héliportés dans les zones protégées? Le CAS prend position

Comme leur nom l’indique, les réserves naturelles sont des zones protégées. Elles doivent également être préservées des dérangements occasionnés par les hélicoptères. Selon le DETEC, il faudrait désormais assouplir les prescriptions afin de consentir des exceptions pour les événements touristiques et sportifs. Le CAS s’y oppose fermement.

En 2010 s’est tenu un débat intense sur la protection des zones protégées d’importance nationale. Le point de discorde: les atterrissages en campagne. A la fois utilisateur et protecteur des montagnes, le CAS est concerné à plusieurs égards et s’était donc exprimé en détail sur la question. D’un part, il a besoin des hélicoptères pour le ravitaillement de ses cabanes; d’autre part, il s’engage pour la tranquillité en montagne. Concrètement, il s’était prononcé contre les atterrissages dans des zones protégées. L’ordonnance sur le décollage et l’atterrissage d’aéronefs en dehors des aérodromes est entrée en vigueur en 2014. Toutefois, voilà qu’il faudrait de nouveau discuter de la protection des zones protégées – et surtout l’assouplir – dans le cadre de la révision partielle de l’ordonnance sur les atterrissages en campagne.

Ordonnance sur les atterrissages en campagne (OSAC)

On parle d’atterrissage en campagne pour désigner le fait de décoller ou d’atterrir en dehors des aérodromes et de prendre ou de déposer des personnes ou des choses sans que l’aéronef ne touche le sol. L’ordonnance sur les atterrissages en campagne (OSAC) définit les conditions dans lesquelles les atterrissages en campagne sont autorisés.

Le Département de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) propose désormais différentes modifications de l’OSAC. Ces modifications sont compréhensibles à plusieurs égards. Par exemple, les atterrissages en campagne doivent être autorisés plus facilement pour effectuer des ponts aériens lorsque les voies de communication publiques sont interrompues. Toutefois, la révision prévoit d’autoriser à court terme les atterrissages en campagne pour le transport de personnes à des fins touristiques ou sportives dans les zones protégées d’importance nationale. De gros événements sportifs (championnats du monde de ski, arrivées en montagne de courses cyclistes), notamment, sont pris comme arguments pour justifier cela. Le CAS estime que cet assouplissement de la protection en vue de permettre de tels atterrissages en campagne est inutile. Les vols effectués à des fins touristiques ou sportives dans le cadre de grands événements doivent être soigneusement planifiés, et les atterrissages en campagne doivent être effectués hors des zones protégées. Les dérangements de zones protégées ne sont admis que pour des activités liées au site et d’intérêt national prépondérant. Les atterrissages en campagne à des fins touristiques ou sportives ne remplissent pas ces conditions.

A la fin janvier 2019, le CAS a déposé une nouvelle prise de position auprès de l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC). Il estime qu’il n’est pas judicieux de rouvrir le débat sur les zones protégées cinq ans après l’entrée en vigueur de l’ordonnance.

Zones protégées dans lesquelles les atterrissages en campagne ne sont pas permis, selon l’OSAC