Les Wendenstöcke

La rumeur a couru un certain temps: les Wendenstöcke ( ou, plus familièrement, « le Wenden » ) allaient enfin devenir plus accessibles, grâce à la multiplication des voies et surtout au rééquipement de certaines, telles « Excalibur », « Aureus » ou « Lupus ». Soulagement parmi les intéressés, qui programment avidement leurs nouveaux défis. Mais gare: au Wenden, rien n' est comme ailleurs.

« Il est vrai », déclare Kaspar Ochsner, « que je suis allé remplacer quelques vieilleries par des nouveaux gollots. Mais le nombre de points d' assurage n' a guère changé. Il faut tout de même laisser le rocher respirer. » Concernant la multiplication des voies, Kaspar, soutenu par tous ses amis du Wenden, a lancé un avertissement: « Aucune nouvelle voie ne doit se confondre avec un ancien itinéraire. Celui qui enfreindra cette règle d' éthique risque de retrouver ses gollots derrière sa porte. » Voilà qui est limpide.

« Nous ne désirons pas être arrogants, ni nous approprier le massif, ni imposer un style ou des règles. Cependant, face au nombre des pratiquants et à la diversité de leurs méthodes, nous désirons informer de notre souci local: préserver au mieux le rocher de ce bijou qu' est le Wenden, ainsi que l' am particulière des lieux. » Il faut dire qu' à ce jour, ici, tout n' a pas été réalisé de manière exemplaire. Déjà des voies sont trop proches l' une de l' autre, tandis que dans certains passages de haut niveau, le nombre de gollots est trop élevé ( quoique... ). Mea culpa. Faudra-t-il, comme le suggère Kaspar avec autant de bon sens que de détermination, aller arracher çà et là des gollots excédentaires, parfois même sur des voies entières? L' idée est fascinante, car l' essentiel n' est pas justement de conserver ou redonner sa valeur à la structure de la roche? Mais l' entreprise demande un sacré courage.

A l' avenir, essayons de limiter ou d' éviter l' alignement systématique des voies, l' excès de gollots qui permet de passer quasi partout et qui débouche sur la course à la quantité et à la popularité. Ne tombons pas dans la banalisation ou l' uniformisation de l' esca, mais conservons une certaine qualité à notre sport. Pour cela, il apparaît vital de laisser de l' espace entre les itinéraires. Le problème du surnombre et de la proximité des voies, surtout celles qui sont semblables en beauté et en difficulté, entraîne une dévaluation du site: parfois le grimpeur ne sait même plus quel itinéraire suivre ni où il se trouve!

D' autre part, ne codifions pas la pose de l' équipement: qu' elle soit réalisée du haut ou du bas, avec ou sans perceuse, elle peut être aussi bien exemplaire que ridicule. Laissons s' exprimer la créativité, mais dans le respect des précédentes réalisations. Respecter le passé, c' est se respecter soi-même. Buoux et les autres sites suréquipés, c' est très bien; il serait cependant regrettable que tous les Mähren A: Thorwächter B: Sonnenkönig C: Trachsel D: Passion E: El condor pasa F: Góry G: Fröre H: Lupus I: Sternschnuppe J: Inuit K: Stars away L: Excalibur M: Lancelot O: Blaue Lagune P: Legacy Q: Ibicus R: Andorra S: Jedniòka n° 1 T: Aureus U: Charia V: Strada del sole massifs se ressemblent. Pourquoi offrir partout la même qualité d' équipement fixe et à distance « réglementaire »?

Hommage aux prédécesseurs Curieusement, jusqu' à la fin des années 1950, aucune voie n' a été forcée sur les parois des Wendenstöcke, à l' exception de quelques rares passages par des couloirs. Pourtant, ce ne sont pas les tentatives qui ont manqué. Mais, comme le relèvent des anciens, à l' époque tout était différent: les longues approches, le matériel, et il y avait tant de choses à faire sur d' autres montagnes, somme toute plus... avenantes.

C' est en 1958 qu' a failli démarrer, de manière très audacieuse pour ne pas dire visionnaire, l' escalade dans ces hauts lieux: une cordée de deux alpinistes, avec les moyens et les connaissances limités de l' époque, tente la première ascension de l' impressionnante et très isolée face sud du Titlis! Un incroyable défi.

W: Secteur des voies:

- Ochsner - Las aguas del inferno - Todo o nada 1: Kleopatra 2: Batman 3: Trash 4: Pain-killer 5: Caminando 6: Dingo 7: Spasspartout 8: Rockmantic 9: Virus Kurt Grüter et Max Niedermann abordent la paroi quelque 150 mètres à gauche du pilier sud-est ( c' est, plus ou moins, la ligne que Hans Howald empruntera en 1981 ). Mais la compacité de la roche les arrête après 250 mètres environ. Ces deux extraordinaires grimpeurs, sur lesquels nous reviendrons, représentent un formidable duo qui a marqué le pays pendant une génération, soit depuis le milieu des années 50 jusqu' aux années 70. Mais le plus souvent, ils « opèrent » séparément.

En 1959, sur la paroi sud du Tällistock ( ou Tälli ), deux équipes différentes ouvrent chacune une voie, le long de faiblesses évidentes. En juillet, Max Niedermann et Dietmar Ohngemach suivent le flanc gauche d' un pilier de la face sud. Un mot de présentation de Max s' impose. Doué d' un flair légendaire pour découvrir des parois encore vierges, il inaugure inlassablement de très belles voies nouvelles, dans toute la Suisse: Graue Wand, Salbitschijen, Bielenhorn, Rätikon et, en 1954, peut-être son apothéose, sa voie sur la face nord du Scheidegg-Wetter-horn, haute de 1300 m. Il témoigne d' une longévité exemplaire puisque, actuellement encore, il est toujours en train de « bricoler » des voies. L' autre cordée, celle de Sepp In wyler et Willi Richard, dans le courant de septembre 1959, trace une nouvelle voie sur le pilier de l' extrémité droite de la face du Tällistock. Sepp est l' un des plus actifs grimpeurs de Suisse centrale. A 16 ans déjà, il gravit l' arête nord du Piz Badile, puis les années suivantes le voient ouvrir des itinéraires, tandis qu' en 1961, en compagnie de Kurt Grüter, il parcourt la redoutable face nord de l' Eiger.

Les années 1960 En 1960, Sepp Inwyler réalise en compagnie de Sepp Bielmeier une première étonnante, directement sur le grand et vertical mur de 400 mètres du Tälli. Aujourd'hui encore, cette voie force le respect par son am-

Li -,

Dans le rocher du Wenden Dans « Aureus » ( Gr. Wendenstock ) 228pleur, ses nombreuses traversées, ses dalles compactes entre des toits impressionnants et l' absence de retraite possible. Si l'on songe au contexte de l' époque et surtout à la manière dont l' affaire a été menée, soit plutôt rondement, en deux jours, il faut bien reconnaître que la cordée a réalisé là un tout grand exploit. D' autant plus que les grimpeurs étaient partis lourdement chargés, sous l' influence de la mode de l' escalade artificielle: 120 pitons et deux douzaines de coins de bois! En fait, ils n' ont enfoncé, en tout et pour tout, qu' une quarantaine de pitons et pratiqué très peu d' artificielle.

En 1990, à l' âge de 50 ans, Inwyler parcourt sa voie, devenue « la » classique du Tälli, afin de fêter le trentième anniversaire de la première ascension. Réconfortant pour nos vieux jours!

Mais 1960, dans le massif, c' est encore l' ouverture de deux autres itinéraires, dont l' un au-dessus de tout.

Les Jurassiens A l' instar des Genevois, les Jurassiens forment un des groupes d' alpinistes les plus soudés et actifs de Suisse. Ils s' entraînent sur les modestes rochers et falaises de leur région. Le Jura est déjà un véritable tremplin de la haute difficulté pour les Alpes. Leader de l' époque, Hugo Weber. Pour situer le personnage, rappelons qu' en 1959 il est l' auteur d' une voie nouvelle sur l' extraordinaire face nord déversante de la Cima Ovest di Lavaredo, dans les Dolomites. L' année suivante, Hugo est ( avec, entre autres, le Genevois Michel Vaucher ) au sommet du Dhaulagiri ( 8167 m ), lors de la première ascension de cette montagne. Max Eiselin, chef de cette expédition et autre alpiniste suisse très actif, indique à Hugo un certain pilier, encore vierge, en plein coeur de l' Helvétie.

Une reconnaissance à ski fait découvrir aux Jurassiens les Wendenstöcke et surtout l' élan stupéfiant du pilier sud du Titlis. Il s' agit de l' éperon rocheux le plus raide et le plus haut du pays, qui se présente tel une gigantesque proue de navire surplombante.

Les habituelles vacances programmées à Chamonix passent alors aux oubliettes. Les Jurassiens préparent leur projet un peu comme une expédition. En plus de tout leur matériel, ils amènent 200 gollots, faits maison. Le Titlis implique plusieurs heures de marche d' approche et impose le bivouac à la belle étoile ( le bivouac du Grassen, au pied même du pilier, sera construit ultérieurement par le CAS ). L' équipe est constituée d' un doux mélange de « vieux briscards », tels Hugo Weber, Jean Braun, Martial Perrenoud, encadrant de jeunes talents aussi audacieux qu' inconscients: Bernard Meier, Robert Boegli et surtout deux « gamins » âgés de 17 ans seulement, Michel Zuckschwerdt et Raymond Monnerat.

D' entrée, l' équipe apprend à connaître la redoutable météorologie locale. Alors, pour tromper l' ennui et entre deux averses de pluie ou de neige, les compagnons ouvrent une voie sur la face la plus proche et la plus aisée du Tällistock.

Non sans plusieurs assauts et péripéties, et en essuyant un dernier et violent orage, les Jurassiens viennent enfin à bout des 700 mètres extrêmes du Titlis. C' est la plus dure ascension rocheuse à l' époque en Suisse, et ses auteurs sont particulièrement fiers de n' avoir placé que quelques rares gollots. Hugo Weber, qui n' a pas pu faire partie de l' équipe lors de la réussite finale, effectue avec Sepp Inwyler la première répétition. A ce jour, ce pilier, très peu fréquenté, est toujours considéré comme l' une des plus dures voies du pays.

La marque de Hans-Peter Trachsel En 1962, âgé alors de 18 ans, Hans-Peter Trachsel, jeune génie de l' alpinisme, a déjà gravi l' éperon Walker aux Grandes Jorasses et le pilier Bonatti aux Drus! En janvier 1970, il sera de l' équipe qui effectue la première hivernale ( et deuxième ascension ) de la voie japonaise de la face nord de l' Eiger; et en été de la même année, il réalise avec P. von Känel une autre importante première, celle du pilier ouest direct du Scheidegg-Wetterhorn, haut de 1000 mètres. Dans la région du Wenden, il parcourt au Tälli la voie des Jurassiens, effectue la 3e ascension de la voie Inwyler dans l' horaire très rapide de 5 h 30, alors qu' elle n' était que peu équipée, ainsi que la 3e ascension du pilier sud du Titlis.

Les 30 et 31 juillet 1968, Markus Brechbühl et Hans-Peter Trachsel remontent le vaste pilier sud-ouest du Pfaffenhuet, alors vierge d' itinéraire. L' accès de cette imposante montagne s' effectue par de très raides et longues pentes herbeuses, dépourvues de cheminement évident. Cette approche a dérouté plus d' une cordée, équipée parfois de crampons et piolets bienvenus... et ne parlons pas de ceux qui ont été surpris sur ce terrain par le mauvais temps. Enfin, lorsqu' on connaît la longueur et la difficulté sérieuse de l' ascension qui attend le grimpeur après cet accès éprouvant, on saisit pourquoi le Wenden est entouré d' un véritable mythe!

Le pilier Trachsel, logique et élégant ( surtout lorsqu' on l' observe de la vallée ), conduisant directement au sommet, deviendra une discrète classique des lieux. L' engagement de l' itinéraire est quelque peu atténué grâce à la présence de deux grandes vires offrant, cas échéant, une échappatoire.

Poursuite des explorations dans les années 70 En 1970, une voie nouvelle au Tälli franchit directement les grandes dalles d' aspect compact. Les auteurs en sont Hans Berger et Jürg von Känel. Tous deux sont très actifs, mais Jürg concentre particulièrement son intérêt sur l' escalade rocheuse et il fera partie des avant-gardistes suisses d' une escalade exclusivement libre. Pendant plus de 20 ans, il reste à la pointe de l' escalade de haut niveau du pays, et à 39 ans, en 1990, il effectue la première de « Mission Miranda », à Leen, cotée et confirmée 8b + après répétition!

Toujours en 1970, c' est le pilier sud-est du Pfaffenhuet qui est gravi, par H. Howald et J. Whiting. ( Par ailleurs, ce n' est pas à cette époque ni au Wenden que Hans Howald provoque une petite révolution dans le monde alpin helvétique, mais plus tard, en ouvrant une série de voies fabuleuses sur des dalles de granit uniques dans les Alpes: à la Handegg, en 1979. Hans met alors en évidence la pratique d' une belle escalade, rigoureusement libre et comme but en soi. ) En 1981, Hans Howald s' adjuge encore une importante réalisation dans le Wenden: la première de la face sud directe du Titlis, tandis que, dans la foulée, il ouvre une autre sérieuse voie sur la proche face nord de l' Eiger.

Une nouvelle et quelque peu insolite équipe de Jurassiens Les années 70 voient encore l' apparition au Wenden d' une nouvelle équipe de Jurassiens. Mais cette cuvée-là, la bande des « Tabornios », se comporte de manière pour le moins déroutante, bouscule les traditions et ne respecte que ses propres lois. Même en montagne, sa conduite n' est pas toujours exemplaire. Toujours est-il que ces gaillards pulvérisent les horaires, épurent les itinéraires de leur ferraille et ouvrent de nombreuses voies dont ils fournissent des topos farfelus, indiquant des cotations considérablement « dégraissées ».

En 1973, ils ouvrent une voie difficile au Tälli, à proximité de la « Directe » de J. v. Känel: « L' Antidirecte »! Cinq ans plus tard, les Tabornios réalisent la première ascension de la paroi sud, alors vierge, du Klein Wendenstock: 750 mètres sinueux, dans un dédale jamais extrême mais truffé de pièges. Main- tenant que l' équipe s' est assagie ( ce qui n' empêche pas certains de ses membres d' être toujours aussi actifs sur les montagnes ), les identités peuvent être dévoilées: Charles Oppliger, Gérard Vouga, Benoît Nicoulin ( coauteur d' un récent et extraordinaire film alpin: Totem ), et les plus « enragés » du groupe, Christian Lemrich et Stéphane Schaffter, sans oublier Thomas Gross, disparu entre-temps ( un géant venant de Tchécoslovaquie, à l' époque réfugié en Suisse et qui a réalisé seul, en 1975, une voie nouvelle dans la face ouest du Dru ).

Au Reissend Nollen En 1976, la paroi sud du Reissend Nollen, haute de presque 900 mètres, est gravie pour la première fois selon une étonnante ligne cachée de rampes, couloirs et cheminées proposant une escalade plus aisée que pré- 231 Gross Wendenstock, voie « Chiaria » vue. Après différentes tentatives, Etienne Gross et Walter Keusen parviennent à leurs fins, non sans avoir laissé en place tout l' équipement utilisé. Attitude généreuse rare à l' époque. Les 200 pitons enfoncés peuvent sembler nombreux, mais lorsqu' on a déduit ceux des relais, il ne reste en moyenne « que » quatre à cinq points par longueur sur cette voie qui est la plus haute de l' ensemble du massif. Heureux coup de maître, elle se gravit tout en libre: 6bc ( 56a obligatoire ).

Avant de quitter ces années « classiques », revenons encore à Kurt Grüter, l' un des plus actifs alpinistes suisses. Il a tracé, avec beaucoup de discrétion, une foule d' itiné dans tout le pays, toujours de très haut niveau. Que l'on songe seulement à ses deux voies ( 1958 et 1971 ) ouvertes dans la haute face SW méconnue du Schlossberg, sommet situé dans le prolongement du Titlis. Après avoir déjà essayé la face sud du Titlis en 1958, Kurt tentera l' ascension de la grande paroi est, en 1974. Malheureusement, après 400 mètres, son compagnon Erwin Saxer fait une chute mortelle. Depuis lors, cette paroi est toujours vierge.

Les années 1980 On assiste à l' irruption de l' escalade moderne, concrétisée par l' ouverture de voies extrêmes en dalles, ainsi que par l' introduc de l' escalade libre de haut niveau.

Avec de nouvelles méthodes ( pose de gollots, d' abord manuellement, puis dès 1988 à l' aide de la perceuse autonome ) et d' une autre disposition psychique, on aborde des zones si raides et si compactes qu' elles étaient impensables peu de temps auparavant. Et surtout, on envisage des escalades sans nécessairement pousser jusqu' au sommet, en ne restant que sur du bon rocher.

En 1983 et 1985, Pierre-Alain Steiner et Paul Maillefer ouvrent deux belles voies au Tällistock, non sans placer parfois quelques gollots depuis le haut, profitant des voies proches existantes. En 1986, Pierre-Alain, peu avant son accident fatal au Cho Oyu ( 8201 m ), réalise encore, avec François Studemann, une superbe voie sur les dalles du Reissend Nollen. ( Rappelons au passage que ce sont les frères Bühler, en 1985, qui se sont les premiers intéressés à cet immense secteur vierge. Une chute et une jambe cassée devaient cependant mettre un terme à leur tentative. ) Mais c' est surtout à partir de la fin des années 1970 que le tandem le plus actif de Suisse centrale fait la démonstration de ses talents, en ouvrant une multitude d' itiné de grande classe. Après avoir épuisé le maigre stock des lignes évidentes, Peter Lechner et Kaspar Ochsner s' aventurent de plus en plus sur le vaste domaine, combien déroutant, des dalles. Les gollots, certes, apportent le moyen technique de l' indispensa sécurité, mais lorsque le grimpeur est Dans océan vertical de « Caminando » perdu seul dans son océan vertical, loin au-dessus du dernier point d' assurage, « l' aven de la grimpe » reste diablement réelle et terriblement exigeante. C' est ainsi que ces deux inconditionnels du Wenden vont réaliser des voies audacieuses, sans abuser de moyens qu' ils maintiennent toujours en relation avec les difficultés franchies. Lors de son passage dans le Wenden en 1990, Bernd Arnold, le maître est-allemand bien connu de l' escalade engagée, qualifie les voies qu' il a parcourues de « très exposées ».

Indiquons encore une autre direction de l' escalade dans laquelle les grimpeurs du Wenden se sont investis: le franchissement tout en libre des rares passages artificiels. Approche aussi très exigeante qui, en plus des capacités physiques spécifiques à l' es de haut niveau, implique une parfaite maîtrise psychique ainsi qu' une continuité et une détermination énormes. Rares sont ceux qui ont osé aborder le massif sous cet aspect, et plus rares encore ceux qui ont réussi.

L' escalade des degrés Les premiers grimpeurs à franchir la barrière du 7e degré sont Alexander Ogi ( qui signera également le premier 8a de Suisse, en 1984, dans la voie « La nid la ga », à Wildi ) et Robert Marti. Ils effectuent la première en libre de « Men at work », au Tälli, où se succèdent une longueur en 7a et une autre en 7b. Mais le Tälli, disent les puristes, ce n' est pas le Wenden; juste un échauffement...

Dès 1985, la pratique de l' escalade exclusivement libre dans le massif mobilise les meilleurs grimpeurs du pays. Ils essaient d' abord de gravir de cette manière une seule longueur dure. Ainsi, longueur après longueur, sont tentées tout en libre des voies telles que « Andorra », « Elefantenohr » ou « Jednicka n° 1 ». Cependant, ces voies d' am, se déroulant dans un cadre alpin, sont équipées d' un matériel en place ( le plus souvent, pitons et cordelettes espacés ) qui ne favorise guère cette approche.

L' étonnante réalisation de la première en libre ( et presque à vue ) de « Blaue Lagune » revient aux Allemands Alexander et Thomas Huber, en 1988 déjà ( voie exposée, 7b. L' année suivante, un nouveau palier est franchi, non sans plusieurs tentatives échelonnées sur quelques saisons: Hanspeter Sigrist parcourt en libre « Andorra », qui comporte plusieurs longueurs en 7b et 7c.

Signalons également l' enchaînement peu commun effectué par les Hauts-Valaisans Bruno Pfaffen et Freddy Tscherrig, qui avalent trois voies en un seul jour de l' été 1989: « Sternschnuppe », « Inuit » et « Stars away », soit plus de trente longueurs oscillant toutes entre 6b et 7a!

Un mot encore concernant les hivernales. Plusieurs des voies du Wenden ont été gravies durant la froide saison, principalement par Peter Lechner et Kaspar Ochsner. Ce dernier s' offre même le luxe d' ouvrir plusieurs voies en solo ( mais alors en été ), telles « Lochstreifen » et « Passion ».

Les années 1990 Le 8a est cerné par le Jurassien Philippe Steulet en « sautant » le troisième relais de « Cléopâtre », sans néanmoins réussir l' en du passage; performance réalisée en août 1992 par l' Autrichien Beat Kam- merlander ( assuré par son épouse Cornelia ), qui confirme la difficulté annoncée. Peu après, ce dernier s' adjuge encore la première en libre de « Jednicka n° 1 », cotée 7c, ainsi que la première à vue de « Batman », 7bc. Rappelons que Beat a ouvert plusieurs longues voies extrêmes au Rätikon. Son d' oeuvre: « Endlose Geschichte », une succession de longueurs en 7c obligatoires et des passages en 8a et 8b! A ce jour, cette voie est la plus dure des Alpes. La venue de Beat au Wenden est heureuse. D' une part, il introduit un nouveau degré dans le massif; d' autre part, il établit une comparaison intéressante: « Au Rätikon, l' escalade est plus technique et les difficultés plus longuement soutenues qu' au Wenden. Si l'on compare les cotations proposées pour chacun des deux massifs, en ne tenant compte que de la difficulté pure, il est sûr qu' au Wenden, on surcote un peu. Mais il est vrai qu' il ne faut pas oublier les particularités de ce massif, ses accès, ses rudes conditions atmosphériques et son aspect alpin. » Cependant, avant de faire des premières en libre ou à vue, il faut d' abord réaliser des nouvelles voies. Pour ce qui est d' Yves Remy, sa particularité consiste à ouvrir très rapidement de nombreuses voies engagées, puis de les parcourir tout en libre immédiatement après. Citons « Legacy », « Ibicus », « Pain-killer », « Rockmantic », « Virus » ou « Torah », comportant plusieurs longueurs en 7bc.

Mais déjà s' ouvrent au Wenden de nouveaux horizons: les ascensions tout en libre et à vue des longues voies dures. Ose-t-on déjà imaginer un autre superdéfi: le parcours de voies en solo intégral?

En conclusion, et pour ne pas négliger une réalité malheureusement moins réjouissante mais bien réelle, rappelons que tous les problèmes qui agitent la communauté des grimpeurs du Wenden, concernant la prolifération des voies et des gollots, se résoudront peut-être de manière aussi expéditive que radicale, à coups... d' obus! En effet, ces lieux uniques en Suisse, à la beauté naturelle en- core intacte et de grandiose ambiance de montagne, sont menacés par le projet de construction d' une place de tir à la Wendenalp. Un projet insensé de l' armée!

Notes techniques Nous effectuons ici un bref survol du massif, en présentant un choix de ses voies les plus importantes par leur intérêt ou leur nouveauté ( voir, par ailleurs, RT 111/90, p. 129, BM 3/91, p. 96 et BM 3/92, p. 94 ). Les voies, qui sont toutes orientées globalement au sud, sont abordées successivement de gauche à droite ( du Tällistock au Titlis ). Dans tous les cas, emporter une gamme de rocks; cordes de 50 mètres en double. F = friends. Rappels = descente en rappels équipée sur la voie ou à proximité. Pa = points d' aide. Les cotations sont données selon l' échelle française. La première indique la difficulté obligatoire, la seconde, entre parenthèses, la difficulté tout en libre. ( Notons au passage le caractère inévitablement fluctuant et quelque peu relatif des cotations, toujours susceptibles d' être revues - généralement à la baisse - après quelques répétitions d' un itinéraire. ) Les voies sont équipées très « sportivement ». En place, en général, des gollots M10.

On observera que les accès routiers empruntent des routes d' alpages privées. On s' acquitte d' un péage à Furen ou à Gadmen. Quant à l' approche pédestre, par les pentes très raides, sans cheminement marqué, il peut se révéler dangereux en cas de mauvais temps. Bonnes chaussures recommandées, bâtons de ski utiles. Se méfier des risques d' orages.

Tällistock ( 2579 mTalmud: C. et Y: Remy, 1992. 400 m, 6b/A1 ( 7a ). Cent gollots M10 en place. Belle voie, variée, qui remonte la facette juste à droite du pilier sud-ouest. Rappels.

- Polybe: C. et Y. Remy, 1992. 450 m, 6ab ( 7a ). Nonante-cinq gollots M10 en place. La voie se développe à proximité de celle des « Jurassiens ». Rappels.

- Voie des Welsches: P.A. Steiner et P. Maillefer, 1983. 6b ( 6c. F 1 à 3. Très bel itinéraire en dalle. Dans le haut de la voie, au niveau de la grande vire, on peut soit descendre en rappel par la voie, soit sortir au sommet par la cheminée de VInwyler.

- Voie Inwyler: S. Inwyler et S. Bielmeier, 1960. 6a ( 6b ). Très bel itinéraire, très classique, surtout en raison de la raideur du terrain et du niveau relativement abordable de la voie. Itinéraire varié, comportant de nombreuses et aériennes traversées. F 1 à 3. Attention: la cheminée de sortie peut s' avérer impraticable en début de saison ( glace ) ou dès les premières neiges d' automne. Retour pédestre.

- Marti-Flük: G. Flück et P. Marti, 1978. 6b/A2 ( 7c ). F 1 à 3. Belle voie, sur un éperon qui se termine astucieusement dans les grands toits. Equipement un peu vétusté de pitons et gollots. On descend par les rappels de Torah.

- Torah: C. et Y. Remy, 1991. 6c ( 7c ). Plusieurs répétitions. Voie de grande classe, très soutenue, la plus belle et la plus dure à ce jour sur ce sommet. Equipée de 100 gollots. Retour en rappel.

- Men at work: P.A. Steiner et P. Maillefer, 1985. 6c ( 7b ). Belle voie, équipée de gollots.

F 1 à 3. Retour en rappel, sans aller au sommet.

Le retour du Tällistock par le couloir, 500 m à droite de la face ( désescalade et plusieurs rappels ) est déconseillé par risques d' orage. Mieux vaut faire le tour par le nord ( rappel ) et revenir au Sätteli.

Mähren ( 2970 m ) Sommet imposant, dominant les chalets de Mettlenberg. Sa face sud, haute de plus de 500 m, compte actuellement plus de 15 voies dans cet incroyable mur.

- Milchsuppe: voie ouverte dans la partie extrême gauche, soit encore plus à gauche que l' aiguille bien individualisée Muggen-stutz, par P. Schoch et F. Humm, 1990. Douze longueurs, 350 m, équipées de 90 gollots.

Voie située dans l' axe d' un couloir qui l' ex aux chutes de pierres. 6b ( 6c ). F 1 à 3. Retour en rappel.

-Zyklopenauge: P. Lechner, M. Pitelka, T. Ulrich. Terminée en 1989.500 m. ( 7b + avec deux pa ). F. Retour en rappel par la voie, puis par Vrenli. L' une des voies les plus longues et surtout les plus exposées du massif, équipée ( nombreuses sanglesRare-ment parcourue.

- Eiserner Vorhang: P. Lechner, M. Pitelka. Voie en chantier. Fabuleuse aventure qui s' attaque au gigantesque surplomb situé à la base du Mähren.

- Vrenli: C. et Y. Remy, 1989. 500 m, 22 longueurs. 6c ( 8a ). Très bel itinéraire, rarement parcouru intégralement. Rappels.

- Vulture: C. et Y. Remy, 1992. 6b7b ). Sept longueurs, équpées « expo ». Retour par Vrenli.

- Thorwächter: R. Baldinger et K. Ochsner, 1991. 6bA0 ( 7a ). Onze longueurs, équipées de 59 gollots. Belle escalade. Rappels.

Pfaffenhuet ( 3009 mSonnenkönig: R. Baldinger, K. Ochsner, 1990. 23 longueurs de rêve, toutes équipées. 6b, un passage 6c. F 1 et 1,5. Rappels. La plus belle des longues voies accessibles de tout le massif, devenue classique.

- Voie Trachsel: P. Trachsel, M. Brechbühl, 1968. 600 m, équipée de pitons. 6a/A1 ( 6b ). La voie se déroule sur le beau et haut pilier sud-ouest. Deuxième ascension: G. et J. v. Känel, 1969. Première hivernale: R. Descloux et H. Berger, 1973. Première en libre: H. Bühler, 1983. Retour pédestre ou rappels.

- Passion: K. Ochsner, en solo, 1992. 6b/AO ( 6c ). En place, 56 gollots. Dix belles longueurs en dalle. Rappels.

- El condor pasa: R. Baldinger, K. Ochsner, 1991/92. 6b/A1 ( 7a ). 300 m, 11 longueurs, équipée. F 2. Escalade variée, avec une longueur athlétique. Retour en rappel par Sonnenkönig.

- Gory: C. et Y. Remy, 1992. 6b ( 7a. Neuf longueurs, 60 gollots. Retour en rappel par la Voie du frère.

- Voie du frère.y. Sprungli et M. Piola, 1991. 6b ( 6c ). Neuf longueurs, 76 gollots. Belle voie. Rappels.

Gross Wendenstock ( 3042 mLancelot: C. et Y. Remy, 1990. 6b ( 7b ). Dix longueurs superbes, 60 gollots. Voie si- tuée entre Excalibur et Blaue Lagune. Retour par les rappels d' Excalibur. Devenue classique.

- Legacy: C. et Y. Remy, 1991. 6c ( 7c ). Première ascension tout en libre: Y. Remy; deuxième: M. Pitelka et Mike Schwitter. Superbe escalade, équipée de 70 gollots, située à gauche d1Andorra. Retour: rappels.

- Ibicus: C. et Y. Remy, 1992. 6bc/A1 ( 7c. Première: Y. Remy .) superbe escalade de 10 longueurs, avec 70 gollots. Retour par Legacy.

-Jednicka n° 1:1. et R. Ulrich, M. Pitelka, D. Weibel, 1988. 6c ( première en libre par Beat Kammerlander, 1992: 7c. ) -Charia.C. et Y. Remy, 1991. 6b ( 7b ). 60 gollots. Voie située juste à droite d' Aureus. Retour: rappels d' Aureus. Belle escalade, variée et peu soutenue.

- Strada del sole: P. Lechner, Heidi Willener, Mark Anderegg. « Vieux chantier » achevé en 1991. 6c très exposé ( 7b ). Voie de 7 longueurs, située juste à droite de Charia et Esprite, équipée selon les normes « aérées » du gourou local. Rappels.

- Querrschlägger: P. Lechner, sa fille Barbara ( 16 ans ), M. Pitelka, 1991. Voie de 8 longueurs située 100 m à droite d' Aureus. 6c ( 7ab ). F 1 à 2. Rappels.

Klein Wendenstock - Las Aguas del Inferno: Michel Piola et Daniel Anker, 1992. 550 m, 16 longueurs. 6b+ ( 7a. Equipée de gollots. Retour par la voie ( attention en cas d' orage: certaines longueurs sont exposées aux cascades ).

- Todo o nada: M. Piola, Georg Hödle, 1991. Voie non terminée, qui totalisera environ 800 m. Actuellement, 19 longueurs ouvertes, équipées pour le rappel. Au départ, deux longueurs communes avec Las Aguas... 6a6c ). Il s' agit ici de la plus haute paroi du secteur, avec l' approche la plus courte. Ambiance de grande face.

Reissend Nollen ( 3003 mCléopâtre: B. Pfaffen, F. Tscherrig, 1990. 6c. Première en libre: Beat Kammerlander, 1992; 6c à 8a. Voie très bien équipée qui re- monte le superbe pilier déversant, dans la partie gauche de la face. Rappels.

- Batman: Heinz et Ueli Bühler, 1989. Six longueurs, 60 gollots. 6c ( 7bc ). Première à vue: Beat Kammerlander, 1992. Retour en rappel. Superbe escalade qui remonte la gauche du pilier. Rappels.

- Trash: C. et Y. Remy, 23-25 juillet 1990. 6c expo ( 7bc ). 80 gollots. Retour par des rappels parfois pendulaires et en fil d' araignée. Première en libre: Y. Remy; deuxième: M. Pitelka et un compagnon. Voie de grande ambiance, qui monte directement au sommet du grand éperon.

- Pain-killer: C. et Y. Remy, 1992. 6c ( 7b, première Y. Remy ). Superbe escalade, de grande ambiance. Cent gollots. Retour par Trash.

Dans la nouvelle voie « Incas », au Titlis Vue depuis la partie supérieure du Titlis sur le Gadmertal. A droite, la chaîne des Wenden: à gauche, les montagnes de l' Oberland bernois - Dingo: K. Ochsner, P. Abegglen, 1990. 6c ( 7c ). Première en libre: P. Abegglen, 1991. Voie de grande classe, équipée, qui se déroule sur le grand mur à droite de la classique et très belle Caminando. Rappels.

- RockmanticeX Virus: Deux grandes voies de 20 longueurs, équipées de 120 gollots chacune. Toutes deux 6c ( 7bc, première Y. Remy ). Retour en rappel.

- Spasspartout: R. Baldinger, K. Ochsner, 1988. 6ab. Sympathique et classique voie dans le socle du Reissend Nollen.

Titlis ( 3239 m ) Les soubassements de cette importante face sud comportent plusieurs piliers séparés par des dépressions. Ceux-ci, comme au Wenden, meurent à hauteur d' une grande vire et aucun ne gagne directement le sommet.

L' éloignement et la sauvagerie des lieux sont ici encore plus marqués qu' au Wenden, bien qu' au pied des voies se trouve l' agréa bivouac fixe du Grassen ( 18 places ). Le seul bon chemin d' accès monte d' Engelberg ( 1500 m de dénivellation; compter 4 heures ). Depuis Wendenalp, l' approche est plus expéditive, mais sans marquage ( dans la dernière partie, glacier à traverser, d' ailleurs facile ): 2 h 30-3 h.

Le retour depuis le sommet du Titlis s' ef facilement en descendant 200 m de dénivellation direction ouest ( glacier ) jusqu' au téléphérique pour Engelberg ( 30 min. ).

- Truth of human desire: K. Carrigan et M. Scheel, 19-21 août 1985. Neuf longueurs équipées, dont 5 belles. ( 6c ). F 1 à 3. Retour en rappel. Il s' agit de l' éperon le plus marqué, 350 mètres à gauche du pilier sud-est.

Profitons de rendre ici un vibrant hommage à Martin Scheel, le meilleur grimpeur helvétique des années 80-86. Pour ouvrir ses voies, devenues réputées pour leur engagement et leur niveau ( en particulier au Rätikon ), Martin s' était fixé une règle stricte: chaque mètre conquis ( depuis le bas ) devait l' être exclusivement en libre. Si ce n' était pas possible, il remettait le projet à des jours meilleurs ou l' abandonnait. Extrême et avant-gardiste ( en tout cas dans les Alpes ) respect du rocher.

- Wasserkraft: P. Schoch, T. v. Atzigen, P. Abi, K. Winkler, 16-19 août 1988. 6a ( 6b ). Onze longueurs, plus aisées que prévu, qui remontent le pilier central quelque 40 m à gauche de Handstreich. F 1 à 4. Retour: rappels. Belle voie équipée.

- Handstreich: H. Howald, E. Neeracher, 4 et 5 août 1981. 6b/A2 ( 6c ). Equipement vétusté de gollots et rares pitons. Gamme de F et pitons. Première voie directe sur la face, remontant une belle ligne, principalement en libre. Elle démarre 150 m à gauche du pilier sud-est, qu' elle rejoint dans le haut afin de gagner le sommet. La deuxième ascension ( août 1984 ) revient à Peter Diener, Edwin Good et une certaine Susi John, qui deviendra l' épouse d' Edwin et... championne du monde d' escalade. Troisième ascension:

R. Bösch et M. Scheel, septembre 1985, en un jour, en libre et à vue.

- Incas: C. et Y. Remy, 1992. 6bc ( 7a ). Voie de grande ampleur, 700 mètres, dont 450 mètres très beaux. Equipée de 75 gollots. Retour par Turni.

- Turni: C. et Y. Remy, 9 et 10 septembre 1991. 6b ( 7a ). Voie de grande ampleur, 700 mètres, dont onze longueurs équipées de 65 gollots. Retour en rappel. Si l'on veut gagner le sommet: depuis R11, passer la grande vire puis emprunter la voie du pilier sud-est, équipée de vieux pitons et rares gollots ( 5, 6a ). F 1 à 2.

- Pilier sud-est: R. Boegli, J. Braun, B. Meyer, R.M.onnerat, M. Perrenoud, M. Zuckschwerdt, été 1960. 700 m, 6a/A2. Voie de grande classe, impressionnante, l' une des plus dures voies rocheuses de Suisse, parfois exposée ( équipement vétusté et rocher pas toujours sain ). A ce jour reprise moins de dix fois.

- Ajoutons encore que, à gauche des piliers évoqués ci-dessus, se trouve un vieil itinéraire d' ascension, relativement aisé, de la face sud du Titlis. Il est très occasionnellement emprunté à ski: pentes raides ( 45-50° ), cheminement difficile à trouver ( nombreux « faux » couloirs ), avant d' attein le glacier par un saut ou un rappel, selon l' enneigement.

J' adresse mes vifs remerciements à tous les grimpeurs cités dans cet article, pour l' aide aussi spontanée que généreuse qu' ils m' ont accordée.

Bibliographie Akademischer Alpenclub Zürich: Urner Alpen. Ed. CAS, Berne 1980.

J.von Känel: Schweiz-Extrem, Filidor Verlag 1989.

Hans Grossen: L' Oberlandbernois. Ed.Denoël, Paris 1982.

Revues Les Alpes ( CAS ), Mountain, Rivista della Montagna, Desnivel, Vertical, Rotpunkt, Bergsteiger ( pour cette dernière, en particulier le n° 12/90, article de A. Kubin sur la face sud du Tällistock ).

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ndex1992

Redaction, Redazione, Redacziun François Bonnet, Etienne Gross Impression, Stampa, Druck Stämpfli + Cie SA Berne Copyright 1992 by Club Alpin Suisse Aellen Markus Les glaciers des Alpes suisses en 1990/91 204 Alaska ( Les parcs nationaux de IChlaus Lötscher 87 Aveugles en haute montagne ( Des- ) Heinz Högger 55 Baltoro ( Retour auAndré Roch 25 Bon chemin ( LeErnst Siegenthaler 118 Cordillera Real de Bolivie ( Andinisme dans laRuedi Horber 45 Courses de haute montagne sont-elles dangereuses(Les

Ueli Mosimann 62 Cuisset, Thibaut et Salamin, Maurice Le hasard et l' errance 110 Crivelli, Giosanna Viaggio nel misterioso Mustang 191 Donatsch, Peter Tant qu' il y aura des rêves... 130 Donatsch, Peter et Rhyn, Henrik Randonnée au Tibet 182 Gasser, Markus Indian Creek et Moses Tower 162 Glaciers des Alpes suisses en 1990/91 ( Les- ) Markus Aellen 204 Hans, François Raid en Islande 37 Hasard et l' errance ( LeThibaut Cuisset et Maurice Salamin 110 Hawaï, ou l' union du feu et de l' eau Stefan Pfander 2 Högger, Heinz Des aveugles en haute montagne 55 Horber, Ruedi Andinisme dans la Cordillera Real de Bolivie 45 Indian Creek et Moses Tower Markus Gasser 162 Islande ( Raid enFrançois Hans 37 von Kaenel, Vincent Para-trekking en Himalaya 151 IV Karakoram ( Cinq femmes dans le nord du- ) Ruth Steinmann 138 Kipfer, Margrit et Hans-Ruedi Le Mont Kinabalu ( 4101 m ) 175 Loretan: un « petit » parmi les grands ( ErhardClaude Remy 77 Lötscher, Chlaus Les parcs nationaux de l' Alaska 87 Mont Blanc ( Retour auPierre-Alain Treyvaud 122 Mont Kinabalu, 4101 m ( LeMargrit et Hans-Ruedi Kipfer 175 Moses Tower Voir Indian Creek Mosimann, Ueli Les courses de haute montagne sont-elles dangereuses? 62 Mustang ( Viaggio nel misteriosoGiosanna Crivelli 191 Para-trekking en Himalaya Vincent von Kaenel 151 Pfander, Stefan Hawaï, ou l' union du feu et de l' eau 2 Remy, Claude Erhard Loretan: un « petit » parmi les grands 77 Les Wendenstöcke 224 Rhyn, Henrik Voir Donatsch Roch, André Retour au Baltoro 25 Salamin, Maurice Voir Cuisset Sesiano, Jean Les montagnes Uinta ( Utah, USA ) 170 Siegenthaler, Ernst Le bon chemin 118 Steinmann, Ruth Cinq femmes dans le nord du Karakoram 138 Tant qu' il y aura des rêves...

Peter Donatsch 130 Tibet ( Randonnée au Peter Donatsch et Henrik Rhyn 182 Treyvaud, Pierre-Alain Retour au Mont Blanc 122 Uinta ( Les montagnes -, Utah, USA ) Jean Sesiano 170 Wendenstöcke ( LesClaude Remy 224 Die dekorative Benzinvergaserlampe ( 280 Watt, mit Kochaufsatz !) ist ein exklusives Schmuckstück und geschichtsträchtiges Sammlerobjekt: Bis 1991 nämlich diente sie der Schweizer Armee während fast einem halben Jahrhundert, rückte den Soldaten die Nacht in ein gutes, flatterfreies Licht. Senden Sie den Coupon an die Agrimag AG. Damit auch Ihnen im Dunkeln ein Licht aufgeht.

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