Magie de l’hiver dans le Simmental A raquettes au Cheibehore

Non loin du Stockhorn, dans l’Oberland bernois, se cache une perle facile d’accès pour les raquetteurs. Au Cheibehore, l’euphorie transporte le randonneur loin au-delà de son sommet.

Une fine couche de poudreuse recouvre le manteau neigeux compact et soufflé de la pente sommitale. Les crampons des raquettes peinent à s’accrocher, nous n’arrêtons pas de glisser en arrière. Les derniers mètres jusqu’au sommet deviennent vraiment pénibles, mais un sommet, ça se gagne. Une fois parvenus sur le Cheibehore, au-dessus des derniers épicéas, nous admirons le magnifique panorama. Le Stock­horn vis-à-vis et une vue qui s’étend jusqu’aux Alpes bernoises et fribourgeoises. Le tout d’une blancheur immaculée. L’hiver tient ses promesses. Notre euphorie culmine au moins 1000 mètres plus haut que les modestes 1952 mètres indiqués sur la carte.

Entre tourisme et tranquillité

La vue s’étend sur les différents endroits que traverse l’itinéraire emprunté, car le Cheibehore trône en plein cœur de cette course à raquettes. En contrebas de la station intermédiaire du téléphérique du Stockhorn, on attire les touristes à grand renfort d’igloos et d’événements hivernaux. Pour les raquetteurs, le vrai conte de fée hivernal débute un peu plus loin, lorsque le sentier raquettes remonte la première pente et disparaît dans une forêt d’épicéas clairsemée. Le retour au calme est instantané. Les arbres enneigés étouffent même le bruit des raquettes. Et le Cheibehore ne cesse d’apparaître entre les cimes: vu d’ici, c’est un pic imposant, bien qu’il ne culmine même pas à 2000 mètres.

Plongée en pleine hibernation, l’Oberstockenalp se niche sur un haut plateau sans arbres. En été, on y jouit d’une auberge de montagne populaire. En hiver, ses bâtiments se retrouvent vides et barricadés sous les masses de neige. De l’autre côté de l’alpage se trouve l’Oberstockesee. On ne le distingue qu’à un petit coin de son replat d’une blancheur immaculée, ainsi qu’à deux ou trois trous creusés à la main, entourés de quelques personnes. Des pêcheurs sur glace sont à l’œuvre.

Blanc en bas, azur en haut

Dans une caverne près de l’Oberstockesee, des archéologues ont trouvé des outils datant du paléolithique. Des hommes semblent avoir déjà traversé cette région il y a 30 000 ans. Bien plus tard, les Romains sont arrivés et doivent probablement avoir foulé le sommet du Stockhorn. C’est en tout cas ce qu’atteste la découverte de pièces de monnaie romaines.

Notre sentier contourne le lac par sa rive sud pour attaquer ensuite un flanc très abrupt. La montée à travers cette blancheur toute légère en direction de l’azur, avec le soleil en contre-jour, est un passage particulièrement beau de cette randonnée circulaire. Après la traversée à plat et à l’ombre près de l’Oberstockesee, la chaleur s’invite ici tout d’un coup. On ouvre les fermetures éclair, on enlève les bonnets, les lunettes de soleil deviennent indispensables et notre sommet panoramique est tout proche.

Nous y rencontrons quelques touristes qui profitent de cette journée radieuse pour enchaîner avec quelques autres sommets. Aucun problème avec les skis. Autour des deux lacs de la région, nombreux sont les sommets qui invitent à des courses en dehors des sentiers battus. A raquettes en revanche nous serions un peu trop lents pour jouer les prolongations. Aujourd’hui, nous préférons la contemplation. C’est donc paisiblement que nous attaquons la descente sur l’autre flanc du Cheibehore, à travers des plissements, les combes et les saignées dans la forêt jusqu’au Hinderstockesee, où s’achève notre circuit.

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