Une p’tite dernière avant la fin Des itinéraires condamnés à disparaître au col de l’Oberalp

L’aménagement du domaine skiable d’Andermatt-Sedrun exige son tribut: il ne resterabientôt plus grand-chose des courses à skis à la Fellilücke et au Piz Tiarms.

Last chance to see (dernière chance de l’observer): c’est le titre d’une série de reportages radio et d’un livre publié en 1990 par l’écrivain Douglas Adams et le zoologue Mark Carwardine. Ils racontent leurs voyages autour du globe à la recherche des espèces les plus menacées.

Ce titre conviendrait bien à notre article. En effet, plusieurs sites des Alpes suisses sont aussi «en voie de disparition» et offrent une dernière chance d’être observés. C’est notamment le cas des pentes au nord du col de l’Oberalp, où l’extension du domaine skiable d’Andermatt-Sedrun avance à grands pas. Le nouveau télésiège «Vordere Felli – Schnee­hüenerstock» pourrait être mis en service cet hiver déjà. D’ici l’hiver prochain, la télécabine et la piste entre le col de l’Oberalp et le Schneehüenerstock seront construites. En outre, une piste de ski traversera la combe de la Hinterfelli, que l’on peut aujourd’hui encore parcourir à peau de phoque en toute tranquillité.

Dynamitages et nivellement du terrain

Les organisations environnementales et le CAS avaient fait recours contre ce projet en 2011. Le but n’était pas de l’empêcher de voir le jour. En effet, cela aurait été inopportun pour la vallée d’Urseren au vu des investissements de Samih Sawiris et de la perte de places de travail engendrée par le retrait partiel de l’armée. Mieux vaut un gros investissement ici que d’innombrables petits projets partout, telle était la réflexion. Cependant, les recourants voulaient améliorer le projet pour le rendre plus respectueux de l’environnement et du paysage. En 2013, après de longues négociations, les parties se sont mises d’accord sur un projet redimensionné, avec peu de pistes. Depuis lors, les associations environnementales sont toujours actives en toile de fond et accompagnent l’organisation de nombreux détails.

Ces transformations n’en font pas moins mal à tous ceux qui connaissent les environs du Lutersee. Malgré les opérations de l’armée, la nature y était encore préservée. Désormais, la zone va devenir un décor touristique. En été, ce ne sera plus non plus la même chose, par exemple pour la randonnée ou l’escalade au Gross Schijen.

La construction de la piste qui ira du Schneehüenerstock au col de l’Oberalp n’est pas non plus possible sans dynamitages et nivellement du terrain rocheux et raide autour de la Fellilücke. Autrement dit, ces mois-ci, c’est la toute dernière fois que l’on pourra profiter de la Hinterfelli et de la Fellilücke dans leur état originel, sans piste de ski: une dernière chance d’y faire un tour.

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