A la Madone de Savièse

Remarque : Cet article est disponible dans une langue uniquement. Auparavant, les bulletins annuels n'étaient pas traduits.

Offrande d' un chasseur de chamois.

Par Granit.

Sur les rochers abrupts qui surplombent le bisse — Si haut que d' y grimper je fus presque un peu fou — Penchant sur l' eau rapide et sur le précipice, Quelques fleurs ont ouvert leur corolle pour Vous.

Vous m' avez, au printemps, sauvé de l' avalanche; Et je verrai toujours, quand je vivrais cent ans, Descendre autour de moi la terrible Mort Blanche, Et Vous, pour m' en garder, Vos deux mains étendant!

Vous dont le Fils périt d' une mort si cruelle, Vous n' avez pas voulu que ma vieille maman Connût Votre tourment, et par pitié pour elle Vous m' avez délivré du trépas imminent.

Quand le flot eut passé, ravageant les alpages, Vous aviez disparu, mais où posaient Vos pieds, Je vis sortir du sol, petits bourgeons sauvages, Les buissons qu' aujourd tout fleuris j' ai trouvés.

Ces bluets des rochers, ces fraîches centaurées, Et ces rhododendrons d' un rouge si ardent, Sans crainte des vents froids, pour Vous, Immaculée, Ont pendant tout l' été fleuri joyeusement.

Avant que de l' hiver la rude et longue étreinte Ne fît taire le bisse et se mourir les fleurs J' ai cueilli cette gerbe aux éclatantes teintes, Pour la mettre à Vos pieds, ô Mère des douleurs!

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