A skis et encordés autour du plus haut sommet obwaldien Le légendaire Tour du Titlis

Faut-il préciser que le Titlis est un paradis pour les skieurs? Ce n' est pourtant ni son ascension, ni sa descente, qui procurent les plus belles émotions, réservées à ceux qui en font le tour.

Steinberg, Sulzli, Laub, Galtiberg, Firnalpeli, Südwand, Ostwandcouloir, Gipfelkuppe-Nordflanke, Titlisjoch-Südwand: c' est un choix presque inépuisable de parcours variés et de descentes extrêmes qui s' offrent aux visiteurs de la plus haute montagne d' Obwald. Ce n' est pas seulement à sa topographie favorable que le Titlis doit de figurer parmi les destinations préférées des amateurs de pentes escarpées, malgré son altitude relativement modeste de 3268 mètres: cet engouement est favorisé par le dense réseau de remontées mécaniques sillonnant son flanc nord jusqu' au proche voisinage du sommet. Elles permettent de se lancer sans risque et sans le moindre effort de montée dans la plupart des pentes propices aux descentes. Mais si bonnes et belles ou si téméraires que soient ces variantes, elles sont éclipsées par une excursion d' un tout autre style: le légendaire Tour du Titlis.

On ne sait pas qui le premier a fait sur des skis le tour de la montagne, ni quand. Mais le guide CAS de 1939 décrit déjà les différents secteurs du parcours comme adaptés à la randonnée à skis. Toutefois, le tour du Titlis n' est pas mentionné dans le guide de randonnées à skis CAS Zentralschweiz-Tessin de 1962. Le changement ne viendra qu' en 1980, lorsque le guide CAS décrit un « Tour à skis du Titlis » et que la nouvelle édition du guide de randonnées à skis y met une couche d' éclat avec la description d' un « itinéraire de haute montagne exigeant en technique alpine et de ski, avec deux endroits nécessitant des rappels ». Il y ajoute une variante de deux jours, nettement plus longue, le « Rundtour Titlis – Grassen – Spannort ».

Le Tour du Titlis, au moins la variante « courte » sans le Spannortjoch, s' est vite révélé par la suite un but d' excursion apprécié des skieurs alpinistes ambitieux. Depuis la construction en 1967 de la télécabine du Klein Titlis et en 1970 du Grassenbiwak, il est possible de boucler le tour en un jour ou d' y faire étape, mais il reste une entreprise exigeante et originale: à quel autre endroit faut-il franchir des passages rocheux en rappel, skis sur le dos? Le bon choix du moment est aussi une question délicate, car la course comporte des pentes raides exposées au nord et d' autres au sud. Le Tour du Titlis était un défi dont beaucoup rêvaient; une course de rêve.

Le Tour du Titlis n' est plus vraiment hasardeux grâce à la qualité du matériel actuel, aux rappels bien aménagés, au niveau technique des skieurs et aux meilleures sources d' information concernant les conditions du jour ( particulièrement par internet ). Mais cette grande course reste une aventure unique dans un environnement impressionnant. De la station d' arrivée de la télécabine au Klein Titlis ( 3032 m ), l' itinéraire passe par des pentes raides, des arêtes exposées et des descentes en rappel spectaculaires, pour gagner le flanc sud de la montagne, dont l' isolement contraste crûment avec le versant nord mécanisé et couvert de pistes aménagées. Suit alors une agréable montée par le vaste Wendengletscher, à proximité immédiate de l' imposante face sud du Titlis, pour atteindre le Grassenbiwak, où l'on peut apprécier une dernière pause au soleil. On se lancera alors dans une des plus longues et plus belles descentes de Suisse centrale, celle de Grassen ou Firnalpeli. C' est après avoir avalé plus de 1500 mètres de dénivelé que l'on pourra jeter un coup d' œil reconnaissant sur une course de rêve dont le souvenir ne s' effacera pas si vite. 

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