A travers le Népal

Remarque : Cet article est disponible dans une langue uniquement. Auparavant, les bulletins annuels n'étaient pas traduits.

Par Pierre Vittoz

Depuis dix jours il n' arrêtait de pleuviner que pour neigeotter. Avec deux sherpas, Paul Gendre et moi vivions recroquevillés sous nos tentes humides, mouillés jusqu' au moral. La veille nous avions aperçu à la jumelle toute l' expédition montant dans le fond de la vallée. Et ce matin-là nous descendions moraines brouillardeuses et gazons détrempés pour aller rencontrer nos amis et conduire la troupe à l' esplanade choisie comme camp de base.

Au détour d' une moraine nous vîmes une longue chenille rampant dans un bas-fond parsemé de rochers: les porteurs. On distinguait bien les premiers, courbés sous leurs charges hétéroclites. Plus loin, éparpillés en petits groupes, les hommes n' étaient que des bâtonnets noirs, puis des points émergeant de la brume glacée. Quelques minutes après nous rencontrions la caravane. Premier, moulé dans son maillot bleu et ses pantalons d' un rouge éclatant, venait Eric Gauchat, superbe avec sa haute taille rehaussée encore par une charge de bois mort qui dépassait ses grosses épaules.

- Alors, tu vas faire du camping?

- Non, je gagne ma vie. Raymond a promis une roupie par corvée de bois! Et vous, ça a bien été, ces vacances?

- Charmant. Tout ce qui n' est pas gelé est moisi...

Gendre fit demi-tour pour guider la troupe. Je continuai vers l' aval pour rencontrer Lambert qui fermait la marche.... Et je me trouvai passant en revue le plus étrange défilé que j' aie jamais vu. Imaginez une file indienne avançant lentement sous la pluie entre des parois de rochers perdues dans les nuages, un décor aussi lugubre, aussi saumâtre que peut l' être l' Himalaya après des mois de mousson. La tristesse suintait de partout, et nous étions transis. Ils étaient septante pauvres bougres, aux traits tirés par des jours de portage et des nuits où ils avaient plus grelotté que dormi. Tous étaient en haillons. Haillons de laine pour ceux qui avaient été recrutés en montagne, haillons de coton pour ceux qui nous accompagnaient depuis Kathmandu. Ceux-là avaient des loques de feutre autour des pieds, ceux-ci marchaient pieds nus; sur les plus pitoyables je reconnaissais les chaussures de Morel ou la jaquette de Claude Kogan, qui bien sûr devaient leur rechauffer la peau et le cœur, mais qui accusaient encore leur misère et leur crasse. Ceux de la plaine avaient l' allure trop fine et grêle de gens minés par la malaria et incapables de faire face à ce froid. Ceux de la montagne avaient la carrure trapue, monstrueuse, les traits épais et mornes d' une tribu primitive. Avec un serrement à la gorge je voyais défiler les vieux qui toussaient, ceux qui avaient un goitre, ceux dont les pieds saignaient, les balafrés et les abrutis.

.. .A deux francs par jour, quel métier!

Chacun en arrivant à trois pas de moi levait le tête, me regardait. Et chaque fois le même miracle se reproduisait: Sur ces figures creusées, sur ces lèvres épaisses grimaçait un sourire. Ceux de la plaine marmonnaient la belle salutation apprise des Arabes:

- Paix avec toi!

- Paix avec toi...

Les autres, joviaux, m' interpellaient avec les mots familiers en usage parmi les Tibétains:

- Nous voilà!

- Vous êtes venus vite...

- Nous voilà!

- Passez, passez!

Pas une plainte malgré le froid, pas un murmure malgré le sapelot qu' on porte sur l' épaule en plus des trente kilos d' usage. Des sourires, des paroles calmes, une marche tranquille.

De ce matin date mon amour pour les Népalais.

En quittant Kathmandu au début de septembre, la chaleur était effarante et, les yeux pleins de sueur, nous avons parcouru les premières étapes sans regarder beaucoup autour de nous. Pourtant il est intéressant, ce peuple népalais des régions basses. Les princes, les dirigeants sont Gurkha, membres de cette tribu guerrière qui s' est rendue fameuse parmi les armées britanniques. Mais les Gurkha, excellents mercenaires, ont plus de courage que de cervelle. Ils sont même cordialement méprisés par leurs voisins, les Nyowar ou Newar, qui forment à la fois la paysannerie et les cadres de l' administration.

Ces Newar, que nous rencontrons dans chaque hameau, sont très bons cultivateurs. Près de cette Inde où on se contente dans des conditions excellentes d' une agriculture minable, ils ont réussi, dans des vallons encaissés et sur des talus, à cultiver le riz et les arbres fruitiers et à en obtenir un bon rapport. La pente est aussi forte que dans notre Lavaux, mais il faut pour le riz y faire des terrasses absolument plates reliées par des canaux qui n' ou pas la moindre parcelle. La plupart des terrasses n' ont qu' un ou deux mètres de large mais s' étirent au flanc de la colline dont elles épousent les moindres contours. On dirait la colline découpée en plateaux à chaque courbe de niveau. Soin et persévérance admirables. Aucun recoin n' est perdu. J' ai vu une « rizière » d' un mètre sur trente centimètres.

Pourtant, à part le plateau relativement élevé de Kathmandu, les fonds de vallées où habitent les Newar ont un climat terrible. Toute la population est minée par la malaria, ou par des fièvres dont au moins l' une ( la « fièvre noire » ), mortelle dans tous les cas, est encore un mystère pour la science.

Les Newar se targuent d' être les premiers habitants du Népal. En réalité tout ce qu' on sait, c' est qu' ils en sont les avant-derniers! us ont dominé le pays jusqu' au milieu du XVIIIe siècle. Depuis lors ce sont les Gurkha dont deux dynasties se sont imposées tour à tour. Les uns et les autres ont ces visages qu' on appelle mongoloïdes. Pour nous, grimpeurs pressés, les hommes nous semblent avoir des traits et des expressions sans le moindre intérêt. Mais leurs femmes sont étonnamment belles, et nombre d' entre elles éveillent l' attention des jeunes alpinistes... Dans une cour décorée de poutres sculptées nous avons même aperçu une déesse: une jolie fillette que les oracles ont désignée, qui est comblée d' honneurs, et qui a la bizarre particularité de n' avoir jamais perdu une goutte de son sang. Le jour où elle se coupera le doigt ou aura un saignement de nez la déesse ira s' incarner dans une autre enfant. Divinités fragiles.

Nous avons à l' avance repéré sur la carte le changement qui nous attend durant la quatrième étape: après le village de Betrawati, au nom indo-népalais, vient celui de Ramche, au son tibétain. Nous quittons une population indolente, se contentant de vivre dans des chaumières de boue sur le sol riche de ses rizières, et après une longue montée sous la pluie nous arrivons parmi une tribu rude qui se cramponne à ses parchets de maïs, et construit de solides chalets. C' est la tribu des Tamang.

Trapus, lents, ce sont des montagnards. Ils nous regardent de leurs yeux ronds, mais à part les enfants ils ne se collent pas à nous par curiosité. Plutôt, une fois le premier étonne- ment passé, leurs yeux montrent une pointe de pitié pour ces étrangers, qui malgré leur évidente richesse, s' obligent à marcher sous la pluie... Sans mot dire, les villageois quittent leurs plateformes de bois montées sur pilotis, et nous laissent nous y installer à l' abri des avant-toits. Entre les pilotis les poules montent la garde contre les sangsues!

Le propriétaire a disparu dans sa maison de pierres sèches. Je l' y suis pour marchander des œufs. De l' écurie en rez-de-chaussée une échelle monte à une grande chambre qui occupe l' étage sous le toit de bardeaux. Dans un coin, un trépied de fer et beaucoup de fumée: c' est la cuisine. Dans un autre, deux grandes caisses avec des serrures ouvragées contiennent sûrement la farine et les habits de réserve. Ailleurs un rouleau de couvertures et de toiles à sac tient lieu de chambre à coucher. Maison de pauvres? Je dirais plutôt: maison de fils de nomades. Car les Tamang sont proches parents des Tibétains. Nomades jusqu' aux tréfonds du cœur, ils ont eu beau descendre depuis des siècles de leurs plateaux déserts, apprendre l' agriculture et vivre sous toit, ils ont gardé cette extrême simplicité de mobilier qu' on peut charger sur un yak ou caser sous une tente.

Pauvres, ils ne le sont pas. Ça se voit à leur figures bien pleines et à leurs jambes musclées. Ça se voit aussi à leurs colliers où, sur une simple ficelle, ils ont passé des pierres précieuses - turquoises et cornalines - valant une, deux, parfois cinq têtes de gros bétail. Ça se voit encore à leurs prés, où ils gardent des chèvres hautes sur pattes et surtout des grosses vaches indiennes dites « mahé ». Et chaque village est assez riche pour construire un petit ermitage et y engraisser un lama...

Deux jours plus tard, Paul Gendre et moi nous nous trouvons en reconnaissance dans un autre hameau de Tamang. On nous fait les honneurs de la chambre du chef. Nos sacs de couchage sont étalés sous trois fenêtres grillagées de bois sculpté. Ces duvets couverts de nylon, informes et moelleux, font un contraste bizarre avec ces fenêtres sans vitres mais où un artiste patient a ajouré les planchettes de pin pour en faire une vraie dentelle. Au Népal, comme au Cachemire, on travaille le bois avec un art à faire rentrer sous terre tous les chamois et les ours taillés dans l' Oberland...

Un buffet de bois peint forme autel: sept coupes de laiton pleines d' eau pure offertes au dieu protecteur dont l' image est placée derrière. Sur le côté, une pile de paquets allongés enveloppés de soie: des livres tibétains. Pour me faire plaisir Gendre essaye d' en acheter un. Il va jusqu' à offrir sa boussole et sa lampe électrique! Mais rien n' y fait; un Tibétain ne vend pas ses objets de culte.

De Kathmandu, marchant plein nord durant une semaine, nous avons traversé le Népal jusque tout près de la frontière tibétaine. Nous avons remonté une de ces bizarres rivières qui étonnent les géologues, car, prenant leur source au nord de l' Himalaya, elles ne coulent pas en s' éloignant des montagnes mais se sont creusé des gorges à travers toute l' énorme masse pour aller rejoindre, loin au sud, la plaine de l' Inde. Maintenant il faut quitter la rivière principale et pénétrer dans une vallée latérale, celle de Chilime, qui vient du massif du Ganesh Himal.

La nature a fait de cette vallée un compartiment isolé, fermé par un portail de rochers qui ne laisse passer que le torrent. Pour y entrer nous devons escalader le pilier droit du portail, quatre cents mètres au-dessus de l' eau. Gendre et moi, nous nous y trouvons en fin d' étape; et, dans un décor de quartiers de granit piquetés de pins bossus, nous descendons lentement vers ce vallon inconnu baigné du soleil rouge du soir. Après quelques huttes misérables nous nous arrêtons dans un hameau au bord du torrent.

Première surprise: il y a bien quelques chalets de pierres; mais sales et mal agencés, ils ne rappellent que vaguement ceux des étapes précédentes. Deuxième surprise: j' ai beau me décrocher la mâchoire, seuls un ou deux naturels ont l' air de comprendre le tibétain, qui est pourtant la langue passe-partout, une sorte d' esperanto de l' Himalaya. Ils semblent parler un dialecte des plaines du sud du Népal, en face duquel même les sherpas s' avouent battus. Et à les regarder de près, troisième surprise: ces gens n' ont pas les traits tibétains que nous avons vus plus ou moins purs depuis Ramche. Comment expliquer tout cela? Les Tibétains sont une nation vigoureuse qui, mal contenue derrière la formidable chaîne de montagnes, a cherché un climat moins dur et a envahi certaines vallées du sud de l' Himalaya, pour s' y mêler avec les premiers occupants ou les refouler complètement. Il existe de cette migration d' innombrables témoignages linguistiques. J' imagine que, dans leur poussée vers le sud, ils sont descendus jusqu' à Ramche mais ont laissé le vallon isolé et ingrat de Chilime où, comme sur un îlot, s' est préservée la population primitive.

Primitive est bien le mot. Je connais d' autres petites tribus ainsi refoulées dans un recoin de pays par les Tibétains, mais nulle part je n' ai vu ces fronts bas, ces faces vides d' ex et une pareille négligence dans les habits et les maisons. Gendre aussi, qui pourtant a vu le Sahara, la Perse et le Garhwal, en est oppressé, comme le seront Mörel et Guinot en reconnaissance dans d' autres hameaux, comme le seront aussi Mme Kogan, Lambert et Gauchat, bloqués cinq jours dans la crasse du village pourtant le moins pénible. Ce sont de braves bougres, qui nous fourniront d' excellents porteurs et nous vendront œufs et moutons sans grogner. Mais quelles allures effrayantes d' hommes des cavernes avec leurs gourdins, leurs habits en lambeaux, leur musculature énorme et leurs mains comme des régimes de bananes!

Et le fond de la vallée est encore convenable, assez déboisé pour la culture, marqué par des maisons et des murs à prières qui témoignent d' une influence tibétaine. Plus haut les broussailles prennent le pas sur les champs, et les humains se contentent de vivoter dans des huttes faites de bambous fendus supportés par des perches: des repaires de saleté, d' humidité et de sangsues, où invariablement on est occupé à trier du maïs, piler du maïs, rôtir du maïs, manger du maïs. Une ou deux nattes pour s' accroupir et dormir, trois pierres pour un foyer, des nattes roulées comme des tonneaux pour entreposer le maïs. Et c' est tout. Pas un bout de bois travaillé, pas une décoration, rien qui laisse deviner le moindre sens religieux, artistique ou même industrieux. Ils savent faire le feu, rien de plus.

Un après-midi de pluie, errant entre les forêts et les coulées de boue, nous cherchons à grand' peine notre chemin. Notre sherpa Kami Ts' ering et moi-même pénétrons dans les huttes les unes après les autres pour essayer de tirer des renseignements de leurs habitants. Dans deux huttes j' aperçois des formes couchées qui n' articulent que des grognements. Dans la suivante il n' y a que deux hommes couchés devant un foyer éteint; seul l' un a la force de lever la tête quand nous entrons, mais il ne dit rien. En sortant j' interroge Kami, qui souffle trois mots:

- Variole, vingt morts...

S' est trompé? Je ne le saurai jamais. Nous passons devant les autres huttes en silence.

2500 mètres est l' altitude limite pour ces pauvres gens. Plus haut ils ne pourraient faire face à l' hiver avec leurs moyens misérables, ni lutter contre la végétation luxuriante qui s' étend entre 2500 et 3500 mètres. Là l' humanité semble à bout de force. Plus haut l' homme ne peut plus vivre et seul existe l' Himalaya.

Mais non! Quand nous avons, par une sente boueuse, franchi cette forêt - des sapins, des bambous, des cèdres, des lianes en un fouillis invraisemblable - nous trouverons des alpages avec des cabanes de pierre aux toits de bardeaux. Quatre mille mètres. C' est le royaume incontesté des Tibétains. Pourtant, pour quelque obscure raison, ils ne viendront pas pâturer cet automne et nous laisseront seuls dans leur domaine. Nous nous y installerons volontiers, plantant notre camp de base au plus haut de leurs alpages, au milieu du fer à cheval formé par les six sommets du Ganesh Himal.

La Pointe de Sangje... Une fois les tentes dressées et des murs en mottes de gazon construits autour du magasin à provisions, on lève le nez. Et on voit, droit au-dessus du camp, une aiguille rocheuse qui fait venir des démangeaisons dans les doigts des varappeurs impénitents. Lambert décrète un jour de « repos », et comme par hasard apparaissent des sacs pleins de cordes, de pitons et de chocolat. L' itinéraire est vite décidé, car, comme par hasard encore, Gendre et moi avons durant nos reconnaissances laissé errer nos jumelles autour de cette aiguille.

Deux heures à patauger dans la neige fraîche et à franchir des bancs de rocher, et nous sommes assis sur la selle qui relie notre but à la montagne principale. Restent cent mètres de gneiss, d' abord une grande dalle presque verticale, puis des surplombs embrouillés entre lesquels il faudra louvoyer. Gauchat est déjà accroché dans une fissure, avec une longue corde rouge pendant de sa ceinture. Après de vains efforts il doit redescendre et essayer à côté. Son inséparable Mörel court s' encorder derrière lui, et je dois me dépêcher pour attraper le bout du filin. Encordé avec Guinot, Gendre me talonne. Pour leur baptême des 5000, tous ces gars n' ont vraiment pas l' air essoufflés!

On se tire sur des prises distantes et arrondies, et on sent venir une fois de plus cette joie de l' escalade. Mais on se contente de dire:

- Quatrième degré.

- Restent trois mètres de corde.

La dalle est dangereuse. Il faut étudier ses mouvements avec soin. C' est ce qui en fait la beauté. Puis il y a un bombement qui oblige à faire un grand écart. On exulte de joie, de cette joie sauvage, un peu folle, qui vient de ce qu' on se sent sûr de passer. Mais on laisse tomber négligemment:

- Surveille la corde, ça fait du cinq.

Au long d' une écaille de roc verticale j' ai de la peine à me hisser. Les Français, goguenards, lancent:

- Allons, Pierre! Pour la Suisse!

Je ne pense guère à l' Helvétie, mais à ce centimètre carré de rocher dont j' essaie de me persuader qu' il est une marche d' escalier. Plus haut on franchit un surplomb d' un coup de rein, et on se faufile sous un autre pour s' agripper au mur terminal, le plus difficile. Enfin on avoue:

a vraiment, c' est beau.

Nous voilà tous les cinq en grappe sur le monolithe du sommet. Mörel a sorti un crayon et, comme une secrétaire parfaite, malgré ses cheveux en bataille et son anorak informe, note les chiffres que le cartographe de service marmonne sous sa boussole:

- Point F, quinze virgule deux ouest... quatorze pour cent... point H, douze virgule deux ouest... vingt-neuf pour cent...

A défaut du cairn traditionnel Gauchat plante un piton-souvenir. Dans les trouées de la brume surgissent des séracs monstrueux, d' immenses parois de glace. Nous sommes heureux.

Un quart d' heure plus tard, recroquevillé sur une vire, je regardais mes camarades empoigner tour à tour une corde double et glisser dans la brume. Ces passionnés d' escalade et de découverte, après des mois de préparatifs, des semaines de voyage, touchaient enfin leur première récompense. Et je ressentais leur joie autant que la mienne, cette joie qu' on n' explique pas - comme on n' explique pas l' amour - mais qui comme l' amour vous transforme et vous élève.

... Pouvais-je deviner que cette joie serait la dernière de l' expédition? Que notre passion ne nous réservait plus que des jours d' angoisse, de maladie, de deuil?

... Et maintenant, malgré le souvenir dans mon corps de la fièvre et de la résignation, malgré le visage de l' ami tombé qui revient si souvent devant nos yeux, pourquoi, mes amis, accordons-nous plus de place à cette joie de la Pointe de Sangje, à cette joie et à l' espoir de la recréer?

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