Aux Grisons en hiver

Remarque : Cet article est disponible dans une langue uniquement. Auparavant, les bulletins annuels n'étaient pas traduits.

Par Ed. Fischer.

Après plusieurs séjours en hiver dans ce beau pays, paradis des skieurs, nous avions décidé de faire un voyage en zigzag en ne restant que quelques jours dans le même endroit pour y effectuer des ascensions, puis, en traversée, nous rendre ailleurs continuer nos courses.

Disons d' emblée que ce mode de faire a été, pour nous, la source des joies les plus intenses.

En quittant le train à Tiefencastel, nous sommes montés en autocar, puis en traîneau à Bivio où, au seul hôtel de touristes de l' endroit, nous avons trouvé un accueil et une ambiance sympathiques.

A peine arrivés, nous étudions la carte et nous renseignons sur les courses, si bien que chaque jour nous avons effectué une nouvelle course dans cette merveilleuse contrée que nous avons quittée avec regrets.

De Bivio nous prenons comme but Fex dans la pittoresque vallée du Fextal en passant par le Julierpass, le val Julier, Corn Suvretta ( 3000 m .), d' où nous opérons une jolie descente sur la Suvrettahütte, 1e val Suvretta de St-Moritz sur Campfer et nous atteignons Silvaplana.

Nous sommes en pleine Engadine, le pays du soleil: en ce mois de février 1932 il y a plus de soleil que de neige; le ciel est bleu, d' un bleu particulier à ce beau pays.

Enfin nous arrivons à Sils-Maria où nous couchons et le lendemain, pour atteindre Fex, nous prolongeons notre itinéraire en montant à Muott Ota, d' où nous avons une vue superbe sur toute la vallée d' Engadine, le val aride de Fédoz, le Fextal et les sommités qui le dominent du Piz Corvatsch au Chapütschin, et 1e Piz Tremoggia; ces ascensions nous tentent; malheureusement, notre programme déjà chargé ne nous permet pas de réaliser notre désir, car si le temps venait à changer nous ne pourrions pas poursuivre nos projets.

Après trois jours de courses dans ce joli pays nous nous acheminons sur Zuoz.

Au ciel qui, depuis près de 15 jours, est resté d' un bleu immaculé, quelques nuages se promènent, nous annonçant un changement de temps prochain. Aussi, plutôt que de devoir renoncer à la traversée que nous avons projetée sur Davos — celle-ci ne pouvant pas, sans risques, avoir lieu par neige fraîche — nous partons immédiatement.

Montée agréable à la Raschèrhütte d' où nous jouissons d' une vue grandiose avant d' atteindre Forcla d' Es ( 3000 m .), d' où une descente superbe sur les contreforts de la Keschnadel nous conduit du glacier de Porchabella à la Keschhütte, 2360 m. Nous remontons ensuite au Sertigpass, 2760 m. Comme nous nous en doutions, nous avons des risques d' avalanches, aussi est-ce en une descente rapide que nous atteignons Sertigdörfli, soulagés de toute crainte.

Ce coquet petit village de Sertig est enseveli en partie dans la neige, contraste frappant avec l' Engadine que nous venons de quitter, où la neige n' était pas en grande abondance.

Puis, après nous être restaurés au petit hôtel de l' endroit, nous descendons le Sertigtal, vallée charmante qui termine cette belle course sur Davos.

Le lendemain de notre arrivée il neige à gros flocons et, pendant quatre jours, le temps, si beau et si régulier depuis notre départ de Bivio, nous oblige à un repos forcé, nous permettant ainsi de nous remettre de nos fatigues après 15 jours de courses.

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