Aventure au Teufelsgrat

Remarque : Cet article est disponible dans une langue uniquement. Auparavant, les bulletins annuels n'étaient pas traduits.

En juillet 1952, une cordée de trois jeunes Anglais quittait la cabane de Täsch pour gravir le Täschhorn par le Teufelsgrat. Voici le récit de la fin de la course:

... Nous avions cheminé à bonne allure et étions arrivés au dernier gendarme avant le sommet lorsque le temps s' est gâté soudain, et nous nous sommes trouvés dans une tempête de neige; rapidement, les rochers se couvrirent de verglas. Dans ces conditions, il eut été dangereux de pousser vers le sommet, et nous décidâmes de descendre sur le glacier de Kien. Il y eut d' abord une alerte due au fait qu' un de mes compagnons avait des semelles Vibram. Nous commençâmes à descendre en rappels, ayant lié ensemble nos deux cordes de 40 mètres et passé le filin dans un anneau de nylon. Cela marchait très bien; qu' une fois la corde resta crochée, et je dus remonter à la force des bras pour la dégager. Au moment où j' allais atteindre le point d' attache, l' anneau lâcha et je filai sur la pente, la tête la première. Je tâchais de mon mieux de guider la glissade, des pieds et des bras étendus en avant. Au bout de quelques centaines de mètres la pente s' adoucit graduellement et, à ma grande surprise, je m' arrêtai. Ma première pensée fut pour rassurer mes camarades et leur crier que j' étais sain et sauf. Je leur dis de mettre les crampons et de descendre qu' à moi. De mon côté, creusant des marches à coups de pied dans la neige et la glace, je réussis à atteindre un îlot de rocher où mes compagnons me rejoignirent. Leurs premières paroles furent pour s' enquérir si j' avais du mal. Je leur montrai mes doigts, qui étaient dans un état pitoyable du fait de mes efforts pour m' agripper à la glace. Selon eux, c' était un miracle que j' en eusse réchappé, car ils m' avaient cru perdu. Ils estimaient à 300 mètres la hauteur de ma glissade, et j' avais fait encore quelque 500 pas jusqu' à l' endroit où nous étions maintenant. Nous avons découvert un lieu abrité dans cette face abrupte et y avons passé la nuit. A l' aube, nous sommes descendus sur le glacier de Kien, puis le long de la moraine et enfin à Randa, après trente-neuf heures passées sur la montagne, dont les douze dernières sans nourriture.

A notre retour à la cabane de Täsch, nous avons raconté notre aventure au gardien. Il nous dit qu' il ne croyait pas que cette face du Täschhorn ait jamais été descendue. Je vous serais obligé si vous pouviez me confirmer le fait...

( Extrait d' une lettre personnelle de Chas Salisbury, Bradford )

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