Bonne saison pour le Swiss team. Six médailles mondiales et quatre coupes d’Europe

Six médailles mondiales et quatre coupes d' Europe

La saison 2002 de ski-alpinisme de compétition aura été celle des premiers championnats du monde et des six médailles suisses, mais aussi celle des turbulences qui agitent ce sport sur le plan international. Un règlement contesté et la création d' un circuit parallèle à celui de

1 International Council for Ski Mountaineering Competition

l' ISMC 1 en sont les points sombres. Cela n' a cependant pas empêché le Swiss team de conquérir quatre coupes d' Europe. Sur le plan suisse, cet hiver a été celui de la Patrouille des Glaciers. Dans son sillage, l' image de la Coupe suisse devra être renforcée.

Bien qu' arrivant tôt dans la saison, le championnat du monde de Serre-Che-valier a été l' objet de toutes les convoitises. Le nombre de coureurs par nations étant limité – dix pour la Suisse – les grandes nations ont dû organiser des sélections internes. En Suisse, c' est le Trophée de la Tête de Balme qui a servi de juge. Sur place, le manque de neige a compliqué la tâche des organisateurs qui ont dû jongler entre pistes et hors-piste, avec des horaires « touristico-compa-tibles » et une météo capricieuse. Cela n' a rien enlevé au niveau des compétitions

La dernière montée de la Patrouille des Glaciers qui, malheureusement, a dû être interrompue cette année La locomotive du ski-alpinisme suisse: le grison Heinz Blatter, deuxième de la coupe d' Europe individuelle Le champion suisse de la saison 2002, Pius Schuwey, lors du trophée des Dents Blanches Pho to s:

Gé ra rd Be rt ho ud LES ALPES 6/2002

qui ont couronné les meilleurs. Pour le Swiss team, deux regrets: la maladie de Heinz Blatter, son meilleur élément, et la blessure de Jean-Yves Rey, alors à la lutte pour une médaille par équipes. A l' inver, les six médailles, remportées essentiellement par des jeunes, sont la promesse d' un bel avenir.

Concurrence européenne La Coupe d' Europe a souffert de la création d' un circuit « dissident », le Trophée des Alpes. Cette compétition a été voulue par trois organisateurs italien, français et suisse ( Trophée des Gastlosen ) pour rassembler de bons coureurs étrangers sans avoir à supporter les charges qu' implique l' organisation d' une Coupe d' Europe. Au bilan, le Trophée des Alpes n' a pas acquis de véritable notoriété et la Coupe d' Europe a perdu un peu de sa valeur. On ne partage pas impunément un peloton qui ne compte guère qu' une cinquantaine de coureurs de très haut niveau.

A cela s' est ajouté un calendrier pléthorique. Huit épreuves, sur une saison de quatre mois, c' est excessif. De plus, ce calendrier de l' ISMC – fédération internationale dont fait partie le CAS – n' a pas tenu compte de grands rendez-vous tels que la Pierra Menta notamment. Résultat, une partie des équipes ont boudé certaines épreuves.

Pour corser le tout, l' ISMC a adopté un règlement qui prend en compte toutes les épreuves pour son classement et qui interdit tout changement de coéquipier en cours de saison. Indisponibi-lités, maladies et blessures se sont alors liguées pour pénaliser la Coupe d' Euro. Ces décisions, prises avec l' accord des délégués suisses, ont des conséquences dont on ne mesure peut-être que maintenant toute l' ampleur. Ce constat a incité le CAS à demander officiellement à l' ISMC une rencontre de ses instances avec les principales équipes et les coureurs, rencontre qui a été refusée. L' ISMC préfère attendre les propositions individuelles des différentes fédérations. Il ne fait cependant aucun doute qu' une collaboration étroite entre tous sera nécessaire. Cette situation n' a pas empêché le CAS, fidèle à ses engagements envers l' ISMC, de disputer la Coupe d' Europe et d' en ramener quatre trophées, tous acquis individuellement.

Catherine Mabillard, championne suisse de la saison 2002, ici à l' Altiski 2000 de Valerette Vainqueurs du trophée de la Tête de Balme, Florent Troillet suivi de son coéquipier Damien Farquet dans le cadre grandiose du massif des Dents Blanches

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