Che Kei Shan, Hongkong (L'ascension du -)

Le 1er juillet 1997, la Grande-Bre-tagne remettra sa colonie de Hongkong à la République populaire de Chine, un événement sans précédent dans l' histoire. Cependant, le présent article ne traite pas des perspectives politiques liées à ce tournant radical; son but est de présenter le paysage très montagneux de Hongkong et d' attirer l' attention sur les beautés naturelles de cette ville fascinante et de ses environs.

Le détroit parfumé Hongkong signifie « le détroit parfumé ». Le territoire de l' ancienne colonie britannique se compose de l' île de Hongkong ( 75,. " " .5 km2 ), de la presqu'île de Kowloon, des Nouveaux Territoires ( 924 km2 ) situés au nord et d' innombrables îles plus au sud. Près de sept millions d' êtres humains y vivent, entassés sur 1045 km2 seulement, la densité la plus forte se mesurant à Kowloon et à Hongkong. Selon les quartiers, on y recense jusqu' à un quart de million d' habitants au kilomètre carré! La matière première la plus demandée est donc sans aucun doute la place.

Par-delà le bras de mer qui sépare Kowloon de Hongkong, nous contemplons Victoria Harbour, l' un des ports de mer naturels les plus beaux du monde. Une surface liquide de 1,2 km de large environ, agitée de fortes vagues, nous sépare du plus grand « musée en plein air d' art moderne » de la planète, le miracle architectonique de Hongkong. C' est un ensemble gigantesque, en perpétuel renouvellement, de gratte-ciel qui sont autant de cathédrales de l' argent. Et, dominant la ville de très haut, se dresse immuablement la plus haute montagne de l' île, le Che Kei Shan, notre but d' aujourd. Immuable-ment? Aucune montagne ni aucune île n' est à l' abri de Hongkong et de son extension effrénée. La carte de la gigantesque. « Qu' est qui va arriver après 1997 ?» demandons-nous au marchand qui a pris place derrière son vieux boulier patiné. Sa réponse, aussi laconique que déconcertante: « 1998 »! Un peu plus tard, nous achetons sur un autre marché de Wan Chai Road des cerises de Californie et des mangues séchées. Les unes sont tout de suite mangées, tandis que les autres disparaissent dans le sac à dos.

En route Sur le chemin du Che Kei Shan, nous marchons d' abord dans des « gorges profondes » entre des maisons. Puis nous arrivons au jardin botanique, où nous nous remettons de la chaleur subtropicale et où nous admirons la végétation grandiose qui nous entoure. Au lieu de prendre la directissime vers le sommet, nous descendons un peu pour atteindre le portail d' entrée du Peak Tramway, qui circule depuis 1888 sans un seul accident, et qui est en fait un funiculaire. Nous assurons notre retour à la civilisation en prenant un billet aller et retour. Le voyage ne dure pas très longtemps, mais le tracé est très raide et riche en virages.

La station supérieure s' appelle Shan Teng ou The Peak. La plupart des passagers croient effectivement être arrivés tout en haut du pic. Mais cette station n' est qu' une sorte de Un beau point de vue sur les collines vertes et les baies bleues; la tour locative fait l' effet d' un corps étranger camp intermédiaire sur le chemin du Che Kei Shan.

Le sommet L' intérieur de l' île de Hongkong est étonnamment vert. De nombreux arbres et buissons colorent les montagnes de granit arrondies d' une plaisante teinte verte. Ces zones de verdure forment les « Country Parks », des jardins agrémentés de belvédères, de lacs artificiels et naturellement de chemins de randonnée. Au contraire du centre ville très animé, on n' y rencontre que peu de monde; en revanche, une avifaune très riche s' y est développée. Entre octobre et avril, il y règne en général une fraîcheur agréable et souvent on y rsncontre même du brouillard.

En été, les promenades « dans l' œil du cyclone » sont moins appréciées, car l' atmosphère est très humide. La proximité de la mer est sensible, la vue est toujours spectaculaire, surtout lorsque les flots bleu acier sont parsemés d' îles au relief tourmenté, comme c' est le cas devant Hongkong.

Dans un paysage semblable à un parc invitant à la contemplation, nous nous élevons sur un chemin carrossable. A main droite, nous reconnaissons le sommet du Che Kei Shan, muni d' une tour de télévision et d' un réservoir d' eau. Les gratte-ciel au-des-sous de nous deviennent toujours plus petits, tandis que le volume du bruit faiblit.

Nous empruntons un raccourci, un sentier raide relayé par un escalier délabré. Tout à coup, nous débouchons sur une surface verte à côté de la tour. Il doit s' agir du toit du réservoir d' eau. Nous jouissons d' une vue circulaire très dégagée sur la mer, les îles, le continent, l' embouchure de la rivière des Perles. Pour être précis, nous sommes en ce moment au sommet du Victoria Peak et nous regardons Hongkong; après le 1er juillet 1997, on admirera plutôt Xiang Gang du haut du Che Kei Shan.

En face, un homme se tient sur une pointe raide et solitaire; il regarde en bas vers la rade et photographie les nombreux bateaux à l' ancre. De rapides canots à moteur laissent derrière eux des traits d' écume bien droits.

Vue du « sommet » sur les bateaux à l' ancre. Les bateaux rapides laissent derrière eux des sillages d' écume rectilignes, le soir tombe sur le Che Kei Shan.

Nous nous asseyons sur une plate-forme aérienne et jouissons de cette atmosphère étonnamment calme, des parfums qui montent de la végétation luxuriante et du silence qui nous entoure. Nous mangeons de petits morceaux de mangue séchée. Quelles autres excursions pourraient nous tenter? Peut-être le point culminant de l' île de Lantau, avec le cloître de Po Lin et le Sunset Peak? Le soir est tombé sur le Che Kei Shan. Nous retournons lentement vers les flots de lumière de la mégapole. Bernhard Rudolf Banzhaf, Saas Fee ( trad. Des pentes boisées du Che Kei Shan, vue sur le trafic extrêmement dense de Victoria Harbour

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Alpine Geschichte, Cultur, Erzählungen

Une intéressante exposition au Museo di Valmaggia, à Cevio TI A son siège de Cevio, le Museo di Valmaggia présente cette année une exposition intitulée Campo Tencia, un « tremila » tra Valmaggia, Leventina e Verzasca.

Le massif du Campo Tencia Le massif du Campo Tencia se situe au point de jonction des trois vallées principales du Tessin, Maggia, Leventina et Verzasca, et il s' étend entre le Passo Campolungo et les sommets du Barone et du Forno, avec quelques embranchements secondaires. On y trouve les seuls sommets de plus de 3000 mètres entièrement tessinois, le plus haut étant le Pizzo Campo Tencia ( 3072 m ). Autour de ce massif se développent les vallées latérales de Prato, Lavizzara, Piumogna, Chironico et Vogornesso. En raison des extrêmes différences de dénivellation, la région est souvent escarpée mais le paysage est très varié: il s' étage des zones de châtaigniers au glacier sommital et offre des conditions idéales à de multiples associations végétales et animales.

La découverte touristique Le Pizzo Campo Tencia fut gravi pour la première fois en 1867 par Gottlieb Studer. Ce pionnier et historien de l' alpinisme, excellent connaisseur des Alpes, fut membre fondateur puis membre d' honneur du CAS. Il a publié une description des principaux sommets des Alpes avec l' histoire de leur conquête' et a laissé un héritage de plus de 2000 dessins, croquis, esquisses panoramas, réalisés en un demi-siècle d' ascensions.

Malgré les difficultés qu' ils rencontrèrent pour trouver un logement, des renseignements et un porteur, Studer et ses compagnons relièrent Dalpe à Bignasco via le sommet du Campo Tencia en une seule journée! Il publia un compte rendu de son ascen- sion dans l' annuaire du CAS de 18682 mais sa voie, extrêmement longue et pénible, issue d' un malentendu avec le porteur engagé à Dalpe, fut laissée de côté par ceux qui s' attaquèrent à la montagne par la suite, tels Freshfield et Devouassoud3 P. Conti4, et le Tessinois Federico Balli.

C' est grâce à l' engagement de Remo Patocchi, président de la section Ticino, qu' en 1912fut inauguré dans la Val Piumogna le « Rifugio alpino del Campo Tencia », la première cabane tessinoise du CAS5. Un cours de guides de montagne avait lieu dans la région l' année suivante déjà.

1 G. Studer, Über Eis und Schnee. Die höchsten Gipfel der Schweiz und die Geschichte ihrer Besteigung, en 3 vol., Berne 1896-99.

G. Studer, « Der Piz Campo Tencia, 3078 M = 9475 P. F, Eine Bergfahrt in den Tessiner-Alpen », in Jahrbuch des Schweizer Alpen-Club, V, 1868.

3 D. W. Freshfield: Italian Alps. Sketches in the mountains of Ticino, Lombardy, the Trentino and Venetia, London 1875.

A P. Conti « Campo Tencia ( 3075 M ) », in Annuario del Club Alpino Ticinese, 1894.

^ R. Patocchi, « Excursions au Tessin », et C. Bödmer, « Eine Campo Tencia-Besteigung im September 1912 », tous deux in Jahrbuch des Schweizer Alpen-Club, XLVIII, 1912.

Un abri sous roche dans les hauts pâturages du Val Per-tüs Un alpage abandonné du Val di Prato Un espace vital pour des populations de montagne Comme partout dans les Alpes, les gens de la région furent les premiers, avant les alpinistes, à pénétrer les vallées de ce massif. Pour exploiter ses ressources naturelles: herbe, forêts, cristaux et gibier. Au début encore de notre siècle, on entendait, dans les 20 alpages de la région, les cloches de 650 vaches et 1700 chèvres, qui produisaient une richesse irremplaçable pour les villages de montagne.

L' exposition de Cevio Le visiteur est invité à reparcourir les itinéraires des premières caravanes d' alpinistes, lire les récits et admirer les dessins des explorateurs d' antan. D' anciennes publications du CAS, de nombreux documents concernant les cabanes et la profession de guide, des photos d' époque ainsi que les panoramas dessinés par Müller-Wegmann, Buss, Fahrni ou Patocchi, recréent l' atmosphère de l' époque des pionniers.

L' exposition ne concerne pas seulement la conquête des sommets. On y trouve également une explication didactique de leur formation géologique ainsi que des mouvements du

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