Chronique himalayenne 1963

Remarque : Cet article est disponible dans une langue uniquement. Auparavant, les bulletins annuels n'étaient pas traduits.

PAR G.O. DYHRENFURTH, RINGGENBERG BE

et compléments des années précédentes Avec 3 illustrations ( 19-21 ) 1. Au Bhutan il faut remarquer que la haute montagne reste fermée aux expéditions jusqu' à nouvel avis. Le roi lui-même s' est exprimé à ce sujet avec toute clarté.

Référence: Les Alpes, 6/1964, p. 138.

Région du Kangchendzò' nga 2. Sous la direction de K. Miyazawa, une équipe de l' Université d' agriculture de Tokyo a essayé les Twins ( 7350 et 7005 m ) de l' ouest, mais le mauvais temps et le danger d' avalanche l' obligèrent à abandonner. Elle n' eut pas plus de succès au Cross Peak ( 6510 m ). En revanche elle réussit la première ascension du sommet double du Tsisima Peak ( 6370 et 6300 m ).

3. Une autre grosse expédition japonaise, de Tokyo et Osaka, grimpait dans le massif Nupchu-Sharphu en automne 1963, sous la direction de M. Hirano. Le mayen de Kangbachen ou Kamachin ( 4000 m ) lui servait de camp de base. Le Sharphu, coté jusqu' ici 6410 m, se trouva être beaucoup plus haut: 7200 m! Cette importante conquête fut réussie par l' arête ouest à partir d' un camp 3 place vers 6250 m. Tous les grimpeurs atteignirent le sommet: trois Japonais le 22 octobre, trois autres et deux Sherpa le 23, et encore quatre Japonais et deux Sherpa le 25.

Référence: Communications de I. Yoshizawa, AAJ ( American Alpine Journal ) 1964, p. 226/227.

4. Forked Peak ( 6108 m ), petit sommet double sur l' échine au sud du Kabru, semble avoir été déjà atteint en 1883 par W. Graham avec les guides suisses Emil Boss et Ulrich Kaufmann. Les deux Sherpa Ang Kami et Tashi, instructeurs à l' Ecole d' himalayisme de Darjiling, répétèrent l' ascension en mai 1963.

Référence: HC ( Himalayan Club ) Newsletter n° 21, mai 1964, p. 5.

Région de VEverest 5. L' Expédition américaine au Mont Everest, de 1963, dirigée par Norman G. Dyhrenfurth, atteignit trois fois le sommet ( 8848 m ): 1. James Whittaker et Nawang Gombu le 1 er mai à 13 heures par l' arête SE, 2. Barry Bishop et Luther Jerstad le 22 mai à 15 h. 30 par l' arête SE, 3. Thomas Hornbein et William Unsoeld le 22 mai à 18 h. 15 par l' arête ouest, avec descente par l' arête SE. C' est la première fois que réussit la traversée d' un grand sommet himalayen. Voir Les Alpes IV/1964, p. 252-265.

Autres références: National Geographic vol. 124, n° 4, oct. 1963, p. 460-515. AJ ( Alpine Journal ) 307, p.237-242; 308, 1-22. AAJ 1964, p. 1-29. HJ ( Himalayan Journal ) XXIV, 1962/63, 1 Les Alpes- 1965 -Die Alpen1 p. 35-40. J. R. Ullman: Americans on Everest. The official account of the ascent led by Norman G. Dyhrenfurth. Philadelphia: Lippincott 1964 ( XI et 429 p., 74 illustrations ).

6. Le travail principal de Y Expédition 1963 de Hillary doit être signalé avec reconnaissance: c' est la construction de deux écoles, au Khumbu, dans les villages de Pangpoche et Thami. L' activité alpine se résume en une ascension du Taboche ( 6542 m ) jusqu' à une cinquantaine de mètres sous le sommet, un Point 6041 anonyme dans le vallon de Mingbo, et la première ascension du beau Kangtega ( 6811 m ), réussie le 5 juin 1963 de l' est, du vallon d' Inukhu, par B. Dornan, M. Gill, T. Frost et J. Wilson.

Références: AJ 308, p. 23-33; AAJ 1964, p. 31-36.

7. ( Complément ). Les Japonais ont réussi en 19621a remarquable conquête du Chamlang(J317 m ). Le rapport officiel en a maintenant été publié.

Référence: Sangaku LVIII, 1963, p. 1 ( résumé anglais ), p. 28/29 ( photos ).

8. Lors d' une expédition japonaise du Club alpin de l' Université de Chiba ( Tokyo ) fut réussie la première ascension du beau Nambur ( 6955 m ). Sous la direction du professeur Numata, le camp supérieur fut établi vers 6000 m, et Hiroshi Matsuo Kamera et le Sherpa Mingma Tsering atteignirent le sommet le 29 mai 1963 après une ascension de cinq heures. Un bel exploit! Notre compatriote Hirsbrunner arriva malheureusement un peu trop tard.

Références: Communication de R. Hirsbrunner, Club alpin académique de Berne, 58e rapport annuel, 1962/63, p. 7-9; correspondance avec R. Hirsbrunner.

9. Plan de recherche dans Himalaya du Népal: Le sixième groupe était au travail durant l' automne 1963 dans les domaines de la météorologie, de la répartition des plantes, de l' étude de l' habitat, de l' étude des sols, etc.

Références: Der Bergsteiger mars 1964, p.431. Les Alpes 5/1964, p. 122/123. W. Hellmich: Khumbu Himal. Springer-Verlag 1964.

10. Trois Américains firent une excursion au Khumbu en novembre et décembre 1963. A la descente du col de Tashi Lapcha ( 5600 m ) D. Wyatt fit une chute mortelle.

Référence: HC ( Himalayan Club ) Newsletter 21, mai 1964, p. 2.

Langtrang Himal 11. Une expédition du Club alpin italien - U. G. E. T. de Turin - entreprit en automne 1963 l' esca du dangereux Gangchen Ledrub ( 7245 m ), qui avait déjà été essayé plusieurs fois. Le chef était Lino Andreotti. Le 17 octobre Giorgio Rossi fut tué par une chute de séracs. Le médecin de l' expé, le Dr Cesare Volante, fut si grièvement atteint qu' il en succomba plus tard. Les Italiens renoncèrent au sommet principal et se tournèrent vers les « six mille » situés à l' est. Il subsiste diverses imprécisions dans ce massif:

Le P.6745 m s' appelle Tsangbu Ri pour Peter Aufschnaiter, et Kimushyun pour les Japonais; le P. 6543 m est le Dragpochhe Ri pour Aufschnaiter, le Yansa Tshenji pour les Japonais; tous deux sont encore vierges. Plus au NE Aufschnaiter, les Japonais et les Italiens ne diffèrent pas seulement pour les noms, mais aussi pour les cotes et pour l' esquisse orographique. Le Phrul Rangjen Ri ( 6918 m ) d' Aufschnaiter est le Shalbachum ( 6700 m ) des Japonais ( dont l'«Iida Langtang Himal Expedition 1959 » a atteint le sommet ), et le P.6818 ( « Città di Torino»des Italiens. Les Japonais en 1959 et les Italiens en 1963 ont-ils vraiment gravi le même sommet? Ou le sommet des Italiens est-il identique au P. 6979 que les Japonais comme Aufschnaiter appellent Kyungka Ri? Une prise de vue photogrammétrique serait plus satisfaisante que toutes les esquisses et les croquis.

Références: AAJ 1960, p. 69; Sangaku LV 1960, p. 12/13, photos entre les p. 76 et 77, panorama en face de la p.94; Sangaku LVI 1961, p.7/8, panorama entre les p. 100 et 101; Sangaku LVII 1962, p. 13-15, esquisse p. 100/101; M. Kurz: Chronique himalayenne II ( Supplément ) 1963. ÖAZ ( Österreichische Alpenzeitung ) 1332, p. 179. Lo Scarpone 16.10., 16.11., 16.12., 1963. Croquis de P. Meciani 1963. Correspondance de P. Aufschnaiter. AJ 309, p.287-288.

12. Au début de juin 1963 l' Agence Reuter annonça que 1'« alpiniste australien Peter Taylor avait, avec deux Sherpa, conquis le sommet vierge du „ Langtang Li ", haut de 21592 ft.6580 m ) ». Les précisions géographiques manquent, le nom est vague et faux, et il est impossible de dire s' il s' agit vraiment d' une nouvelle ascension.

Groupe du Manaslu et environs 13. Le Peak 29 ou « Dakura » ( 7864 m ) fut le but d' une nouvelle entreprise japonaise. G. Shinoda essaya cette fois-ci le versant E avec une équipe de l' Université d' Osaka. Le camp supérieur fut monté le 30 octobre 1963. L' arête est de ce puissant sommet semble possible. Nous en entendrons probablement reparler. Grâce à leur travail méthodique les Japonais sont devenus durant ces dix dernières années des himalayistes comblés.

Avec sa cote insensée de 24150 ft. = 7361 m, le « Granit Peak » est un sommet très douteux; se confondrait-il avec le Sommet Nord et n' aurait que 6862 m? De toute façon cette nouvelle cote me semble un peu faible. D' après la photo prise par les Japonais du camp 5 du Manaslu ( vers 7200 m ), le Sommet Nord doit avoir environ 7000 m, et le Granit Peak n' existe simplement pas.

Références: AAJ 1964, p.228. HC Newsletter 21, mai 1964, p. 1-2. Voir aussi O. Dyhrenfurth: Der dritte Pol, 1960, photos 10 et 11.

14. Sous la direction de H. Zengyo, une expédition de la Fédération montagnarde japonaise fit une tentative au Himlung Himal ( 7126 m = 23 380 ft. ) au NW du Larkya-Pass ( 5213 m ). Le 13 mai 1963 le Japonais Soga et un Sherpa atteignirent 6800 m mais durent abandonner à cause du mauvais temps.

Références: AAJ 1964, p.226. HJ XXIV, 1962/63, p. 168. Voir aussi M. Kurz: Chronique Himalayenne II, esquisse entre les p. 498 et 499.

Massif de VAnnapurna 15. Le célèbre Macchapuchharé ( 6997 m ), le « Cervin du Népal Central », a été mis à ban par le Gouvernement. Cette montagne princière doit rester vierge « pour toujours ». Même les Japonais - qui pourtant sont bien notes à Kathmandu - se sont vu refuser leur demande. Mais dans notre époque mouvante on peut cependant douter que cet interdit reste en vigueur bien longtemps.

Références: AJ 308, p. 147. Alpinismus ( Munich ) 4/64, p. 48.

16. Une expédition géologique franco-suisse travailla dans la région de la vallée supérieure de la Kali Gandaki en automne 1963. L' abbé Pierre Bordet, de Paris, dirigeait l' abbé Mouterde, de Lyon, M. Remy, de Montpellier, et Daniel Krummenacher, de Genève, tous géologues. Leur centre était le village de Jomossom, à trois heures de marche au nord de Tukucha. Ils firent de là des excursions autour de Thinigaon, Kagbeni et Muktinath, avec de très beaux résultats dans le domaine de la stratigraphie.

Références: Les Alpes 1963, p. 178; 1964, p.41. La Montagne, avril 1964, p.231/232. Voir aussi G.O.D.: Der Dritte Pol, p. 137.

17. ( Complément ) Annapurna III ( 7577 m = 24860 ft. ) et le Gangapurna(7315 m = 24000 ft. ) ont souvent été confondus ou identifiés quoiqu' il s' agisse de deux sommets tout à fait différents. Cette erreur s' est même glissée dans la littérature alpine spécialisée. Rappelons donc que l' Ânna III a été gravi en mai 1961 par une expédition indienne dirigée par M. Kohli, tandis que le Gangapurna n' a pas encore été escaladé au ter décembre 1964. Sa cote déjà ancienne et arrondie à 24000 ft. est probablement trop faible; la différence avec l' Annapurna III ne me semble de loin pas si grande.

Références: W. Noyce: Climbing the Fish' s Tail, 1958. M. S. Kohli: Last of the Annapurnas, New Delhi 1962. Der Dritte Pol, p. 122. AJ 309, nov. 1964, p. 288.

Massif du Dhaulagiri 18. Les membres de 1'«Expédition Dhaula-Himal 1963 » organisée par la Société himalayenne d' Autriche étaient les grimpeurs W. Gstrein, F. Huber, E. Kulhavy, A. Weissensteiner, le géographe Hans Fischer, le géologue Gerhard Fuchs et le médecin Klaus Kubiena, sous la direction de Egbert Eidher. Pour la période précédant la mousson on choisit la marche d' approche par Nautanwa-Bhai-rawa ( poste frontière)-Butwal-Tansing-Dhorpatan-Jangla Bhanjyang ( col de 4300 m)-Tarakot--Barbung Khola-Mukutgaon ( 4000 m ).

Le camp principal fut installé près de ce hameau. On reconnut dans l' arête du Chorten une brèche ( 5600 m ) par laquelle on peut atteindre le bassin enfermé entre les Dhaulagiri II, III, V et IV. Dans ce bassin fut monté, à 5300 m, un camp 2 servant de base pour la tentative au Dhaulagiri II ( 7750 m = 25429 ft. ). L' attaque, commencée le 7 mai, comprit encore trois camps d' altitude, le dernier vers 6850 m. Le 20 mai Kulhavy et deux Sherpa poussèrent jusqu' à 7000 m environ sur le flanc NW du Dhaula II, mais le mauvais temps, la difficulté de la suite, des gelures et la maladie de plusieurs porteurs obligèrent l' équipe à renoncer.

Fuchs, le géologue, passa encore tout l' été dans la région avec un seul Sherpa. Les autres, avec une colonne de porteurs et des yacks, franchirent le col de Mu ( 5640 m ) pour visiter Sangdah, dans une vallée latérale de la Kali Gandaki, puis la petite ville de Mustang, près de la frontière tibétaine, et rentrer par Tukucha jusqu' à Pokhara.

Référence: ÖAZ 1332, n ov.déc. 1963, p. 173-178. Voir aussi Sangaku 1960, p.42. Alpinismus 5/64, p. 48.

Népal occidental 19. L'« Expédition de Nuremberg au Népal, 1963 », dirigée par H. Biller, semble avoir fait une excursion sans succès dans le Sisne Himal ( 6600 m environ ), au nord-ouest du Khan Jerowa Himal.

Référence: ÖAZ 1333, p. 10.

20. Un trio du Club alpin de l' Université de Tokai, dirigé par K. Nagasawa, s' en alla dans le Patrasi Himal, à l' ouest du Khan Jerowa, et s' attaqua au Kangde Hiunchuli ( 7000 m environ ) par l' ouest. Deux camps d' altitude suffirent pour que N. Hoshino et un Sherpa atteignent le sommet le 13 septembre.

Référence: Communication de I. Yoshizawa dans AAJ 1964, p.228. Voir aussi M. Kurz: Chronique Himalayenne 1959, p. 309.

21. Le Saipal ( 7034 m = 23079 ft. ), auquel une expédition autrichienne fit une tentative en 1954, fut conquis en automne 1963 par une expédition japonaise de la Société alpine de l' Université de Doshishi. K. Kojima y dirigeait une équipe composée de K. Hirabayashi, K. Fukada, T. Matsumura, K. Sato et K. Okada. Une marche d' approche par Tanakpur-Silgarhi-Bajang-Chainpur les amena le 27 septembre à un camp de base ( 4070 m ) sur le glacier de Saipal, et un camp 1 ( 4750 m ) le 2 octobre. Tous les camps suivants furent placés sur l' arête sud: le 2 à 5900 m, le 3 à 5990 m, et le 4 à 6450 m. Le 21 octobre 1963 K. Hirabayashi et le sirdar Pasang Phutar III touchaient le sommet. Encore un triomphe de l' exploration systématique des Japonais dans l' Himalaya!

Référence: Communication de K. Kojima dans AAJ 1964, p. 229.

22. L'« Expédition de recherche scientifique dans le nord-ouest du Népal », lancée par l' Université de Hokkaido, visait le Nalakantar. Ce sommet est placé sur les vieilles cartes vers 30° 17y de latitude N et 81° 29' de longitude E, dans la partie septentrionale la frontière tibéto-népalaise, à l' est Taklakot. Mais les Japonais n' y trouvèrent pas la montagne convoitée, peut-être parce qu' ils s' attendaient à un sommet de 24032 ft. = 7325 m, alors que le Nalakantar ne semble coter que 21895 ft. = 6674 m d' après les nouvelles mesures. L' expédition comprenait Hisao Andò comme chef, K. Watanabe, R.M.iyaji, T. Endo et M. Hashimoto. Durant leur recherche ils franchirent la frontière, ou tout au moins foulèrent le territoire gardé par les communistes chinois. Miyaji et le Sherpa Ang Temba furent saisis, mais bientôt relâchés quand leur innocence fut reconnue. Les Japonais se dirigèrent alors plus à l' est vers le Takpu Himal, on ils firent la première ascension d' un six mille.

Références: Correspondance de I. Yoshizawa; AAJ 1964, p.229/230. HC Newsletter 21, mai 1964, p. 1.

Garhwal 23. Le Hathi Parbat ( 6727 m = 22070 ft. ) a été gravi par une expédition indienne que dirigeait Sonam Gyatso. Sept grimpeurs touchèrent le sommet les 6 et 7 juin 1963.

Référence: HC Newsletter 21, mai 1964, p. 5.

24. Dans le massif de Gangotri, le Sri Kailas ( 6932 m = 22742 ft. ) fut déjà conquis en 1938 par l' Expédition autrichienne au Garhwal. L' ascension fut répétée en juillet 1963 par une expédition de douze hommes de l' organisation Paribhraman d' Ahmedabad. On signale d' autre part que deux petits six mille anonymes ont été visités dans le Gangotri. Le Matri ( 6721 m ) ne se trouve pas parmi eux, et la presse a visiblement exagéré en célébrant trois jeunes Indiennes et leurs entreprises hardies.

Références: HJ XXIV, 1962/63, p. 169. HC Newsletter 21, p. 4.

Himalaya du Panjab 25. ( Complément ) Correction au paragraphe 25 de la « Chronique himalayenne 1962 »: Mmea J. Scarr et B. Spark n' ont pas gravi le P. 21760 ft. = 6633 m, mais ont limité leurs activités de 1961 à la partie inférieure du glacier de Bara Shigri, on d' ailleurs elles ont remporté de beaux succès.

( Complément ) La même année 1961 l' Expédition italienne au Panjab que dirigeait P. Consiglio a réussi le Lai Qila ( 20830 ft. = 6349 m, entre les glaciers de Bara Shigri et de Dibi Bokri ) par la face sud et l' arête SW. L' escalade atteint le Ve degré et demanda 20 pitons. C' est ce qui s' est fait de plus difficile au Kulu et au Lahul.

Références: Correspondance de J. P. O' F. Lynam. HJ XXIII, p. 56-70,110-132. HJ XXIV, p. 86-89, 159-163.

27. ( Complément ) En 1960 et après un voyage de quatre semaines qui les conduisit en bus VW d' Autriche en Inde, W. Hamberger et R. Weber gravirent le C. B. 12 ( 6187 m = 20 300 ft. ), au Lahul.

Référence: HJ XXIV, 1962/63, p. 81-85.

28. R. B. Pettigrew fit en 1963 de nouveaux voyages au Kulu, surtout dans la région de Solang et la vallée de Malana. Ce ne furent pourtant que des explorations, sans grandes ascensions.

Références: HJ XXIV, p. 136-138; HC Newsletter 21, p.4. AAJ 1964, p.230.

Massif du Nanga Parbat 29. Au printemps 1963 le Dr Karl M. Herrligkoffer fit une petite expédition dans la région de Rupal en guise de reconnaissance à la tentative prévue pour 1964 ou 1965 au versant sud du Nanga Parbat ( 8125 m ). Son équipe escalada un cinq mille dans la chaîne de Rupal, et il estime avoir découvert un accès plus ou moins à l' abri des avalanches jusqu' à l' arête WSW du Nanga Parbat. En cas de succès on pourrait envisager une traversée du géant, avec descente par le Plateau, le Silbersattel et le Pic Rakhiot.

Références: Alpinismus \I6A, p.50. AAJ 1964, p.232. Dolomiten n° 168, 24.7.1963, p.4-6.

Karakorum 30. ( Complément ) Après huit ans paraît maintenant une très importante addition à l' Expédition 1955 de Harvard et à son rapport publié en 1956. Il s' agit d' un petit travail du topographe de l' expé, John F. Noxon, sur les mensurations des bassins glaciaires de Ghondokoro et de Chogolisa, avec une esquisse au 1:200000 environ. On se demande depuis longtemps s' il existe une traversée pratique entre les glaciers de Baltoro et de Ghondokoro. Cette esquisse y donne une réponse surprenante, car elle semble bien montrer une brèche entre les massifs du Masherbrum et du Biarchedi: c' est, vers 5200 m d' altitude, une selle glaciaire horizontale qu' on ne voit pas du Baltoro mais par laquelle on peut atteindre le glacier médian de Ghondokoro en partant du glacier de Yermanendu. Ce col n' a encore été franchi par personne, mais on en reparlera peut-être.

Remarquons d' autre part que, dans le haut glacier de Chogolisa, le sauvage K7 ( 6934 m = 22750 ft. ) ne se trouve pas exactement où l' avait placé le Service topographique indien, mais presque 1,5 km au NW. Quant au Trinity Peak, un sommet cartographiquement important, sa position et son altitude peuvent aussi être maintenant précisées: 6614 m = 21700 ft., 35° 37' de latitude N et 76° 28' de longitude E.

Références: AAJ 1956, p. 60-65; AAJ 1964, p. 121-123. Entre les p. 122 et 123, l' esquisse porte 70° de longitude au lieu de 76une simple faute d' impression, évidemment.

31. L'«Expédition 1963 de l' Université de Tokyo au Karakorum » choisit pour but le Golden Throne ou Baltoro Kangri ( 7312 m = 23 990 ft. ) dont nous n' avions gravi que le sommet E ( 7260 m environ ) en 1934. Le chef d' expédition, le prof. S. Kato, tomba malade dès le début et dut rentrer au Japon. Le Dr H. Watanabe le remplaça à la tête d' une équipe formée de huit grimpeurs âgés de 22 à 30 ans et de deux cinéastes, avec quatre porteurs d' altitude et plus de 200 coolies. Le camp de base fut placé le 12 juillet à 5200 m près du confluent du glacier Sud du Gasherbrum et du glacier des Abruzzes.

Les camps d' altitude furent ensuite montés suivant le plan établi: le ler à 5600 m dans le haut du glacier des Abruzzes, le 2e à 6000 m sous la selle Conway, le 3e à 6550 m et le 4e à 6950 m sur l' iti de la brèche située à l' ouest du sommet oriental ( Baltoro Kangri V ). Le 3 août T. Shibata et M. Kono se mirent en route pour le sommet Le temps était beau, mais la neige profonde et un mur de glace leur prirent tellement de temps qu' ils durent bivouaquer sur l' arête principale et n' at le sommet III ( 7312 m ) que le lendemain matin après quatre heures encore de gros travail. S. Shima et K. Fujimoto, partis de bonne heure du camp 4, purent utiliser leurs traces et touchèrent le sommet principal une demi-heure après eux.

L' expédition quittait la base le 12 août pour arriver à Skardu le 24.

Références: Correspondance de S. Shima. The Report of Tokyo University Karakorum Expedition, nov. 1963. AAJ 1964, p. 231/232.

32. ( Complément ) Correction de la liste chronologique parue dans Les Alpes IV/1963, p. 183: le Kanjut Sar n' a pas été gravi en 1958 mais le 19.7.1959, et passe ainsi du 47e au 50e rang. Cela n' altère pas le total au 31.12.1962.

Hindukush L' Hindukush est situé en dehors du système himalayen et n' entre pas à proprement parler dans notre Chronique. C' est pourquoi cet appendice se limitera à un résumé. L' Hindukush est à la mode depuis quelques années. Les expéditions s' y rendent tellement nombreuses que ce massif, récemment encore peu connu, pourrait bientôt être épuisé du point de vue alpin. Il existe déjà dans plusieurs pays des spécialistes mieux à même de tenir une chronique exacte de l' Hindukush qu' un vieux chroniqueur de l' Himalaya et du Karakorum. Brièvement, donc:

33. L' Expédition munichoise 1963 à VHindukush, dirigée par A. von Hillebrandt, Dr géol., opéra dans la chaîne du Khwaja-Muhammad où elle rafla 38 cinq mille.

Références: Correspondance avec Dr A. Diemberger ( Salzburg ). ÖAZ 1331, p. 147; 1332, p. 180.

34. L1Expédition de Garmisch-Partenkirchen 1963 à VHindukush, dirigée par Th. Trübswetter, gravit 3 six mille et 13 cinq mille - des premières pour la plupart - dans les massifs d' Anjuman et de Munjan.

Références: ÖAZ 1332, p. 180; 1335, p.72, 76-79.

35. \JExpédition autrichienne à l' Hindukush de l' Ecole des mines de Leoben, conduite par Sepp Kutschera, a fait la première et la seconde ascension du Kishmi Khan ( 7200 m ) les 27 et 28 juillet 1963, les premières de deux six mille et la seconde d' un cinq mille.

Références: ÖAZ 1331, p. 157/158; 1332, p. 179/180; 1334, p.32-34.

36. " L' Expédition de Steir 1963 à l' Hindukush, dirigée par le Dr Gerald Gruber, et l' Expédition de la Haute Autriche à l' Hindukush, dirigée par Hans Pilz, ont collaboré par moments, surtout au Noshaq. Elles ont réussi la traversée de ses trois sommets le 21 août 1963: première ascension du sommet W ( environ 7220 m ), troisième du sommet principal ( 7492 m ), première du sommet E ( environ 7480 m ). Après le départ des hommes de Steir, ceux de la Haute Autriche firent encore la première du Gumbaz-i-Safed ( 6600 m environ ).

Références: Der Bergkamerad, cahier 3, 6.11.1963. Der Bergsteiger 1964, p. 797-801. ÖAZ 1331, p. 164; 1332, p. 180; 1334, p.26-29, 34; 1335, p.72-79.

37. L''Expédition 1963 à VHindukush de V ÖA V-HG de Salzburg était dirigée par Marcus Schmuck. W. Frisch et H. Eggert se rendirent au Pakistan avec une petite voiture surchargée. Des pannes variées et leurs longues réparations firent durer le voyage plus d' un mois. Une étape avant Rawalpindi, Eggert fut blessé dans un grave accident et dut rentrer en Autriche par avion. Frisch rejoignit Schmuck et M. Gmachl à Peshawar. Du Chitral ils passèrent au district de Saraghrar. En septembre ils réussirent la première ascension du Koh-i-Shoghordok ( 6855 m ) et du Koh-i-Shayoz ( 6920 m ), sur la chaîne frontière entre le Chitral et l' Afghanistan, à l' est de l' Urgend.

Références: Der Bergkamerad 6.11.1963. ÖAZ 1332, p. 180; 1334, p.34-36.

38. La Première expédition suisse à VHindukush, 1963, se composait de Simon Burckhardt, médecin, Hanspeter Ryf, Alois Strickler et Viktor Wyss, cinéaste, sous la direction de Max Eiselin. Voyage d' aller en deux bus VW jusqu' en Afghanistan, et de Kabul à la province de Wakhan. Dans la chaîne faisant frontière avec le Chitral ils firent, au départ de la vallée d' Urgend, la première ascension du Shah ( 6550 m ) et d' un cinq mille. Puis ils établirent un camp de base à 4650 m et deux camps d' altitude à 5400 et 6400 m sur les flancs de l' Urgend ( 7037 m ). Le sommet fut atteint le 4 septembre 1963 par l' arête W et le flanc NW: d' abord Strickler seul, puis l' équipe principale Eiselin-Burckhardt-Ryf; enfin Strickler y remonta avec Wyss, en sorte que les cinq participants ont atteint le but.

Références: Neue Zürcher Zeitung, sept articles du 24.10. au 12.11.1963. Max Eiselin: Wilder Hindukusch... Zürich, Orell Füssli 1964. ÖAZ 1335, p.73/74. Les Alpes 1964, p.241.

39. Les buts de l' expédition italienne Oxus 63 étaient essentiellement scientifiques, son chef, le professeur A. Pinelli, étudiant la vieille Route de la soie. Elle gravit pourtant le Baba Tangi ( 6513 m ), la dernière montagne importante à l' extrémité NW de l' Hindukush.

Références: ÖAZ 1332, p. 179; 1335, p.73.

40. Organisée par le Club montagnard de Lodz, la Troisième expédition polonaise à V Hindukush, 1963, comprenait dix grimpeurs polonais dirigés par M. Wilczkowski. Parties de la vallée de Sha- chaur, deux équipes tracèrent un nouvel itinéraire au Kishmi Khan ( 7200 m ) dont elles firent les 3e et 4e ascensions les 22 et 25 septembre. Une autre cordée réussit la première du Languta-i-Barf ( 7017 m ). En revanche, la saison avancée les obligea à renoncer au Shachaur I ( 7116 m ). Les résultats topographiques, géologiques et météorologiques sont nombreux.

Références: Correspondance du Dr J. Hajdukiewicz; Rapport Wilczkowski avec esquisse.ÖAZ 1335, p. 74-75.

41. R. Reiser ( chef ), W. Lutz ( chef technique ), D. Grundig et A. Kehrle formaient Y Expédition de Stuttgart à VHindukush, 1963. Son terrain s' étendait sur la vallée de Bologron et le massif du Kalautsha, où elle s' adjugea 22 cinq mille entre le 23 août et le 27 septembre.

Références: Correspondance du Dr A. Diemberger. ÖAZ 1335, p. 77-79.

Le « Club montagnard de l' Université de Peshawar » fit en juillet 1963 une excursion dans la vallée de Rosh-Gol, sur le versant Chitral de la chaîne principale, au sud du Saraghrar, mais sans succès dignes d' être mentionnés.

Référence: AAJ 1964, p. 232.

Pamir et Tien-Shan 43. On signale que W. Nekrasow et cinq autres grimpeurs moscovites ont, en six jours de travail, réussi la première escalade de l' arête SE du Pic Engels ( 6510 m ).

44. B. Studenin et trois autres jeunes grimpeurs ont réussi une autre première extrêmement difficile, celle de la paroi nord du Pic Kirgistan ( 4840 m ), en cinq jours.

Référence: Alpinismus ( Munich ) 4/64, p. 45.

45. ( Complément ) Quatre alpinistes tchèques - Vl.Vujta, V. Smida, D. Forejtnik et M. Jilek - et quelques Russes firent une première ascension dans le massif du Tien-Shan en 1958. Il s' agit d' un point de L' arête faîtière à l' est du Pobeda ( 7439 m ). Mais comme cet « avant-sommet » a 7050 m et se trouve à près de cinq kilomètres du sommet principal, il a reçu le nom kirghiz de Pic Dostuk ou Pic de l' Amitié. Encore un sept mille.

Références: Alpinismus 7/64, p.7. Correspondance du Dr A. Cernik. I. Vujta: Kvrcholum nebeskych hor. Prague 1961.Traduit de l' allemand par Pierre Vittoz )

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