Dans les Alpes uranaises. Ski au Bristen

Ski au Bristen

Par bonnes conditions – suffisamment de neige, météo optimale, bonne forme physique et expérience de la technique de montée – l' ascension à ski du Bristen, 3072,. " " .50 m d' altitu, est un vrai plaisir.

En route Au départ de notre course, le lundi de Pâques 1999, nous devons fixer les skis sur le sac malgré les nombreuses chutes de neige récentes. En cette heure matinale, il fait encore plus sombre que d' habi, car le ciel est nuageux, mais les prévisions météo annoncent une amélioration. Lorsque nous pouvons enfin descendre les skis du sac – comme il se doit pour une course à ski – la couverture nuageuse commence à se dissiper. Peu de temps après, nous sommes de nouveau contraints d' enlever les skis pour monter une pente raide entre racines, touffes d' herbe et cailloux. Nous franchissons environ 300 m de dénivelé et dépensons beaucoup d' énergie.. " " .Vers 2000 m, nous traversons la couche de brouillard: la vue est libre jusqu' au sommet et les conditions correspondent à nos attentes. Dans un terrain moyennement raide, nous faisons notre trace en visant la rimaye de deux mètres de haut, remplie de neige dans sa partie gauche et son milieu. Nous remontons la pente qui se redresse en traçant des virages toujours plus courts et bientôt, nous devons à nouveau nous demander: faut-il déchausser? Nous montons un peu à droite par des goulottes et des couloirs et atteignons l' arête nord-est aux environs de 2900 m. Peu après, il n' y a plus à hésiter: il faut déposer les skis et faire, à pied, dans la neige profonde, les derniers 170 m. Une vue grandiose récompense nos efforts: voici l' Oberalpstock, le Gross Düssi, le Gross Ruchen et les Grosse Windgälle, sommets également propices au ski-alpinisme. Nous dominons la vallée de la Reuss, dont l' agita nous paraît bien lointaine, tandis que, près de nous, nous voyons les traces d' une grande avalanche et les dégâts qu' elle a causés dans la forêt.

Pour la descente, il faut se lancer dans la pente sommitale de 50° d' inclinaison maximale, ce qui fait battre nos cœurs un peu plus vite. Mais la neige est si bonne que nous pouvons même nous permettre de godiller. Nous glissons le long de nos traces de montée. La transition de la poudreuse au gros sel est imperceptible. Même en terrain médiocre et raide, nous trouvons un passage qui nous permet de faire toute la descente skis aux pieds.

Le Bristen, une belle montagne Le Bristen est un belvédère grandiose. Sa belle pyramide rocheuse forme l' extré septentrionale de la chaîne du Bristen. Il se caractérise par des itinéraires longs et souvent pénibles. Les arêtes nord-ouest et nord-est se rejoignent à 300 m au nord du sommet. Elles offrent une varappe facile, contrairement aux arêtes sud et est, qui sont en partie assez difficiles. Les versants sont dans l' en faciles mais très délités.

La course Le point de départ est le Maderanertal, derrière le village de Bristen ( Steinmatt et Fluh ) à environ 820 m d' altitude. Partir à l' ouest par les alpages en pente en direction de Limi et Breitlaui. A 1120 m env., partir à gauche direction Waldboden. Jusque vers 1600 m, le terrain est mauvais et il faut porter les skis. Tourner ensuite vers l' ouest, puis monter à l' alpage de Blacki, à 1869 m. Le terrain est ouvert et peu incliné. A la hauteur du chemin d' été, obliquer au sud-ouest, puis au sud, en direction du point 2094. De là, remonter la grande pente triangulaire, franchir la rimaye et poursuivre l' ascen sur la pente de 40° d' inclinaison. En haut, tourner légèrement à droite, direction point 2840 et atteindre l' arête nord/ nord-ouest à l' altitude de 2900 m. Les 100 derniers mètres sont inclinés à 50°. On dépose les skis ici ou plus bas. Par l' arête en partie étroite, atteindre le point de jonction des arêtes nord/nord-est et nord-ouest puis continuer jusqu' au sommet. Descente par le même itinéraire. Informations Pour faire l' ascension du Bristen à ski, il faut un hiver bien enneigé, comme par exemple en 1999. La couverture neigeuse devrait être suffisante, si possible jusqu' à 800 m, et en tout cas dans la zone comprise entre 1300 et 1600 m où le terrain est mauvais. Des conditions sûres du point de vue avalanche sont requises aussi dans la zone sommitale. Une bonne forme physique ( 2250 m de dénivelé ) et une bonne technique d' ascension ( terrain médiocre par endroits ) sont nécessaires. Compter six à sept heures de montée, sept à neuf heures pour la course entière. Crampons et piolet sont recommandés, certains tronçons étant exposés. Glissements de neige mouillée possibles dans la partie inférieure, raide et boisée. Carte nationale au 1: 25000, feuille 1212 Amsteg. a

Josef Ganter, Lucerne ( trad. ) La grande pente sommitale triangulaire LES ALPES 2/2002 Vue sur le Bristen ( 3072,. " " .5 m ). L' ascen se fait de gauche à droite En descendant la pente sommitale de 50°. Vue sur la vallée de la Reuss Vue du sommet, direction nord, sur la vallée de la Reuss et le lac d' Uri Pho to s:

Jo sef Ga nt er

l est vrai que nous avons l' air très exotique avec nos sacs à dos, hauts comme des tours, au milieu des masses de touristes pressés de quitter l' aéroport de l' île grecque de Kos pour se ruer sur les plages et les courts de tennis. Nos étranges bagages éveillent brusquement les instincts de détective d' un douanier. Je tente de lui expliquer la raison de notre présence, l' escalade, et le contenu de nos sacs, mais n' arrive qu' à renforcer sa méfiance. Dès lors, il ne me reste plus qu' à sortir mon arme secrète. J' ai en effet remarqué d' emblée que le douanier en question se donnait beaucoup de peine pour éviter de salir tant ses mains que son uniforme. C' est pourquoi, d' entre pitons et paquets de sangles, je sors mes pantoufles d' es, qui ne dégagent pas précisément un parfum de rose. Dégoûté, le douanier se détourne pour reporter ses intérêts de limier sur mon compagnon d' escalade, dont l' amabilité l' invite à remettre la main à la pâte. Mais, en examinant son sac, le fonctionnaire tombe de suite sur le

Photo: Kaspar Ochsner

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T E X T E Kaspar Ochsner

P H O T O S Kaspar Ochsner / archives Ochsner

LA PLANÈTE DES S

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