Dimanches de printemps à Rambert

Remarque : Cet article est disponible dans une langue uniquement. Auparavant, les bulletins annuels n'étaient pas traduits.

Avec 4 illustrations ( n°B 73—76Par Ph. Bérard Le Val de Derborence Le val qui descend de Derborence vers la vallée du Rhône garde encore toute sa beauté sauvage. Ni routes ni villages ne viennent distraire le regard de ses pentes boisées coupées de précipices d' ardoise et de dalles de calcaire. Le sentier d' Ardon, sur la rive droite, et celui de Châteauneuf-Conthey, sur l' autre rive, s' élèvent chacun bien au-dessus de la rivière pour contourner des parois de rochers.

Par un beau vendredi du milieu de mai nous débarquons en gare d' Ardon. Une petite route blanche remonte le cours de la rivière jusqu' aux gorges que l' érosion a taillées dans la muraille bordant la plaine du Rhône. Mais nous faisons le détour par la Fonderie, où nous avons eu la chance d' être mandé ce jour là par Monsieur Delaloye. Lorsque l' entrevue est terminée, notre hôte a l' amabilité de nous indiquer le raccourci que l'on aperçoit très bien de sa villa rose, Lα Mésange.

Les gorges d' Ardon forment un profond défilé sinueux qui semble infranchissable. Le sentier s' élève dans la paroi ensoleillée, à gauche de la brèche sombre. Dès les premiers lacets, la plaine du Rhône commence à se dérouler comme une carte de géographie jusque vers les collines de Valére et Tourbillon.

Quittant bientôt les dalles surchauffées où les sauterelles chantent comme des cigales, nous entrons alors dans le val dont le flanc est ombragé de verdure variée, pins au tronc brun rouge, petits chênes et grands hêtres.

Puis le sentier contourne un angle de rocher en surplomb et traverse une gorge avec une cascade éblouissante dont l' eau va disparaître sous un névé amoncelé par les avalanches de printemps. Et voici les forêts de sapins vert sombre et les clairières tapissées d' erica d' un rose carminé exubérant. La différence d' altitude nous a transporté en quelques heures du Midi en Ecosse.

Des clochettes tintent, un pâturage apparaît, puis trois ou quatre vieux chalets, c' est le Mottelon. Le berger, seul habitant du hameau, va traire une de ses jolies petites vaches brunes; puis il coupe une grande tranche de pain de seigle et froment, et nous nous régalons en écoutant sa conversation. Hier matin son pré était encore couvert de neige fraîche. Dans quinze jours il montera avec son troupeau à l' alpe de Montbas, de l' autre côté de la vallée. Il se réjouit, il y aura plus de soleil.

— Combien y a-t-il encore de temps jusqu' à Derborence?

— 0h! trois quarts d' heure ou une heure, on ne va pas bien vite quand on est gonflé de lait.

Nous le remercions pour son accueil hospitalier et rechargeons sac et skis sur nos épaules pour nous plonger de nouveau dans la forêt.

Derborence Le bruit de la rivière se rapproche, et le sentier s' engage dans un dédale de blocs moussus ou recouverts de bruyère. C' est la pointe de l' immense delta de DIMANCHES DE PRINTEMPS À RAMBERT l' éboulement de 1749. Une bifurcation et un vieux pont de bois effleuré par l' eau bouillonnante marquent le sentier qui longe l' autre flanc en direction de Sion.

Le delta s' élargit, les sapins sont plus petits, et bientôt apparaît tout le cirque de la Tour St-Martin et des Diablerets, panaché d' un nuage blanc montant encore plus haut dans le ciel bleu. Au pied de cet immense entonnoir de rochers, sur l' autre rive du delta, quelques chalets brunis, le hameau de la Combaz.

C' est dans un chalet de ce hameau qu' un berger fût enterré vivant par l' éboulement. Après deux mois d' efforts il parvint à se frayer un passage au travers de la masse qui recouvrait les ruines de sa maison. Lorsqu' il arriva à son village, au bas de la vallée, les habitants le prirent pour un esprit. Puis, passant à l' autre extrême, ils lui donnèrent trop à manger après sa longue diète d' eau et de fromage. Et ils ne purent réussir à le guérir de l' ob qu' il avait, d' aller chercher les siens restés sous l' éboulement.

A un détour du sentier nous rencontrons un homme au torse bronzé, avec les skis sur l' épaule et son sac surmonté d' un piolet, d' un énorme paquet de corde et d' une paire de crampons. Nous échangeons quelques paroles. C' est un guide des Diablerets allant rejoindre à Britannia des clients qu' il conduira pendant une semaine sur les glaciers enneigés.

Le hameau de Derborence, au bas de la forêt qui couvre la pente du Pas de Cheville, avait été miraculeusement préservé de l' éboulement. Un joli petit lac s' était formé au bas du pâturage. Après bientôt deux siècles, le delta est couvert de végétation, et le paysage présente un aspect extraordinaire, à la fois de douceur angélique et de force terrible.

Nous avons trouvé un tout petit chalet adossé à la forêt, d' où nous admirons le tableau, couché dans le foin et accoudé sur l' appui d' une fenêtre juste assez large pour passer les épaules.

Le soir plonge bientôt le val dans l' ombre. Les sommets rosissent, puis se glacent. Les premières étoiles s' allument. Le silence de la nuit est adouci par le chuchotement des eaux. Nous nous endormons.

Le lendemain nous pouvons mettre les skis à la sortie du hameau, le léger repli de terrain formé par le point 1756 étant encore tout enneigé. Puis nous rejoignons la Derbone, en suivant un replat en courbe de niveau. Le versant droit présente déjà de belles plaques d' herbe fleurie.

Des marmottes, muettes de surprise, accourent vers nous à bras ouverts, puis s' arrêtent devant leur trou pour nous considérer encore pendant quelques secondes avant de disparaître sous terre. Nous en rencontrons ainsi une quinzaine; quelques-unes sont déjà lourdes de petits.

Suivant le cours de la rivière par son versant gauche, nous passons un premier défilé, puis un second suivi d' une petite plaine dominée par le Haut de Cry et enfin un troisième défilé s' ouvrant sur une immense combe immaculée s' étendant entre le Zériet, la Tita Neire et la Tête à Pierre Grept. La neige porte bien, en sorte que nous laissons bientôt la Tita Neire à notre droite et découvrons tout à coup le ravissant petit Lac de Forclaz, encore tout blanc mais entouré d' un délicat liseré bleu pâle. Le Pascheu semble le surveiller d' un œil jaloux avec sa calotte de rochers noirs émergeant d' une pente de neige couverte d' avalanches.

Les sommets des Alpes Valaisannes défilent dans la brèche du Col de Forclaz, où seul un chamois solitaire se promène, sans s' inquiéter de notre présence. Il sait que le chasseur n' existe plus que dans la chanson. Mais le Grand Muveran, lui, est bien toujours là et se dresse fièrement en une pointe blanche élancée se découpant sur le ciel bleu. Nous l' abandonnons cependant aux touristes d' été et gagnons plutôt le petit col qui le relie à la Dent de Chamosenze.

Vue de la plaine du Rhône qui apparaît à deux mille mètres plus bas, la Dent de Chamosenze ressemble à un poing fermé dont l' index montre le ciel. Mais son versant ouest présente une pente très praticable en skis lorsque la neige a été un peu amollie par le soleil. C' est le point de départ de la descente sur Chamoson, par les mayens. Comme nous disposons encore de vingt-quatre heures de liberté, nous ne descendons que juste ce qu' il faut pour éviter le danger d' avalanche des dalles sud du Muveran, puis nous remontons le vallon jusqu' au Col du Lac Rouge.

La cabane Rambert Du col le regard découvre tout l' amphithéâtre de la Frète de Sailles et du Petit Muveran. Puis on aperçoit la cabane minuscule perchée sur un rocher émergeant de la neige. Pas une trace. Ici encore, la paroi de rochers qui semble nous barrer le passage présente une pente skiable aboutissant dans la combe. Une dernière montée et voici la cabane hospitalière.

La porte est toujours prête à accueillir le touriste heureux de venir se reposer au frais après l' étape éblouissante. Nous montons tout d' abord à la Frète, pour admirer le précipice surplombant le vallon de Nant et repérer le fameux itinéraire de ski du glacier des Martinets, qui s' élève jusqu' au Roc Champion, devant les Dents de Morcles.

La bibliothèque de la cabane est très bien fournie. En souvenir des belles courses de vacances que nous avons faites en France et en anticipation de celles que nous espérons pouvoir faire encore, nous lisons, étendu sur la paillasse près de la fenêtre, l' aventure merveilleuse des deux aviateurs français naufragés en pleine Méditerranée. Paul Chack nous raconte comment ils dérivent dans le mistral pendant près d' une semaine, pour être enfin recueillis au Capo Rosso, en Corse, le jour même où l'on célèbre leur service mortuaire en la cathédrale de Toulon.

Puis nous allumons un petit feu de bois de mélèze rosé, et l' eau du ruisseau qui s' ébroue à deux pas de la cabane nous donne bientôt une bonne tasse d' ovomaltine fumante. Une souris beige qui a hiverné ici sort du trappon mal joint de la cave et recherche les miettes sous la table.

Mais voici que le ciel se colore. Montons vite à la Frète, pour voir le soleil d' or qui plonge dans la brume lumineuse en faisant briller le Rhône et le bout du Léman. Des nuages floconneux aux franges dorées voguent dans une légère bise. Tout va bien.

Le lendemain le temps est en effet très beau. Mais la neige s' est durcie à bloc pendant la nuit. Aussi les premières pentes près de la cabane sont traversées prudemment en portant les skis et en marchant dans la trace de DIMANCHES DE PRINTEMPS À RAMBERT la veille, qui forme comme un petit sentier. Nous mettons les skis un peu plus bas et arrivons bientôt sur une hermine effarouchée, toute gênée d' être surprise sur la neige dans sa toilette d' été de fourrure brune. Elle trotte de son mieux jusqu' au premier îlot rocheux.

Le passage du Pessoz où le sentier est taillé dans le rocher au bord d' une cascade est heureusement déjà sec. Le pâturage de Sailles est tout ponctué de fleurettes jaunes et bleues et de pensées violettes. Aux premiers chalets nous bifurquons sur la droite, pour remonter tranquillement à l' alpe de Bougnonnaz, sur les pentes clairsemées de mélèzes, au milieu des crocus blancs.

Le Lac de Fully Le Col du Petit Pré serait encore peu praticable avec ses pentes raides de neige de printemps. Nous montons donc à la brèche entre le Châtillon et le Six à Germain, qui est très facile et aboutit directement sur le Grand Pré. L' immense combe est encore toute blanche, mais sur les dalles de la Tête Noire l' épaisse couche de neige s' est crevassée comme un glacier.

En Luey une marmotte et ses petits plongent dans le trou que la maman a pratiqué dans la neige au-dessus de leur terrier. A la montée du Col de Fenestral le moteur chauffe un peu, et la marche se ralentit, mais la vue que nous découvrons nous défatigue aussitôt.

Le Lac de Fully est une vraie banquise en miniature. L' eau bleu-vert foncé porte d' épaisses plaques de glace blanche. A l' arrière le massif du Mont Blanc dont les glaciers étincelants semblent transpirer au soleil d' altitude. A droite la Dent de Mordes à qui nous rendrions volontier visite, s' il nous restait suffisamment de temps et d' élan.

D' une seule descente nous glissons jusque près du lac, mettant en fuite des marmottes avec leurs marmousets. Nous entrons dans la région granitique. De beaux mamelons de rochers bruns plongent dans l' eau verte.Voici déjà le barrage minuscule, comme une représentation à l' échelle 1j5 de celui de Barberine. Encore une dernière glissade, puis il faut reprendre les skis sur l' épaule en longeant un sentier en courbe de niveau dominant le Lac inférieur de Fully. Quelques soldats prennent un bain de soleil près de leur cantonnement. Au bord du petit lac on entend les pompes électriques qui envoient l' eau dans le lac supérieur afin qu' elle descende par la conduite forcée.

Le sentier arrive à l' extrême bord de l' immense balcon que forme la combe des lacs. Deux pylônes supportent le téléférique de service dont les câbles plongent dans le vide jusque vers l' usine monumentale, tout en bas, à la lisière de la forêt. Les sons harmonieux d' une fanfare lointaine montent du village. Le chemin à suivre jusqu' à la gare de Charrat est visible comme sur un plan.

Le raccourci descend tout droit à travers paroi de granit, forêts, clairières et hameaux. Puis ce sont des vignes et enfin une belle forêt de grands châtaigniers, à l' ombre desquels broute un petit troupeau gardé par une jolie bergère de tableau ancien.

Le village est tout animé d' un match de football. Les joueurs viennent de terminer la partie et sont accueillis chacun par sa préférée. Le type aie- manique se mélange avec le type italien, tous deux également bien représentés. Un grand goal-keeper blond est reçu par le rire moqueur, mais éblouissant, de son amie aux yeux bruns et aux cheveux noirs.

La traversée de la plaine du Rhône est agrémentée d' un vent à faire pencher les peupliers, qui réussit à nous rafraîchir malgré le soleil torride du Valais. Nos skis font l' effet d' une bonne plaisanterie, car vues d' ici les montagnes ont l' air complètement sèches. Mais cette course était au contraire si belle que le prochain beau week-end, en fin mai, nous repartons pour Derborence et traversons cette fois de Gryon sur Saxon.

Le Pas de Cheville Le dernier train du B. G. V. nous dépose le vendredi soir à Barboleuse. La route agréable du Solalex gagne rapidement le fond sauvage de la vallée de l' Avançon d' Anzeindaz. Des bergers descendent le lait à Gryon, d' autres font rentrer leurs génisses pour la nuit. La route franchit la rivière et s' engage dans la forêt. Une clairière permet d' admirer la paroi arquée du Grand Miroir d' Argentine, toute proche et inondée des rayons orange vif du soleil couchant.

Puis la nuit vient avec son haleine glacée. Le torrent d' Anzeindaz remplit le vallon du bruit de ses cascades. Un chamois siffle dans le couloir du Culant. Tout en haut Vénus et Jupiter en conjonction brillent comme un lustre au-dessus de la Tête d' Enfer.

Le vallon s' élargit et s' aplanit. La lumière du restaurant de la Tour semble vouloir attirer les papillons de nuit. Le sentier se perd, il faut contourner des blocs de rocher, franchir des ruisseaux, traverser des névés. Pour plus de sécurité nous prenons l' itinéraire d' hiver, qui tourne à droite avant d' arriver au terme du Pas de Cheville, afin de rejoindre le vallon facile de la Chevelentée près de sa source.

Sur l' autre versant il fait tout à fait noir. La lampe de poche devient indispensable. Aux premiers sapins il faut laisser la rivière sur la gauche et passer directement sur Derborence. Quelques petites parois de rochers, sans difficulté de jour, font un curieux effet de nuit, lorsque le faisceau de la lampe électrique s' obstine à ne rien vouloir éclairer au-dessous de nous que la fine vapeur de la rosée nocturne.

Voici enfin un petit bout de sentier, puis une tache vert sombre sur ce sentier, indiquant que le hameau est maintenant habité. On entend en effet une clochette dans le lointain. Les sapins s' éclaircissent et notre petit chalet apparaît, encore tout silencieux, à la lueur des étoiles.

Le lendemain, à la pointe du jour, après une bonne nuit dans le foin parfumé, c' est le déjeûner de lait frais trait, mousseux et tiède, que l'on puise dans la boille posée sur l' herbe, devant un chalet habité par un berger solitaire. En savourant ce nectar, nous regardons les petits nuages rosés qui flottent au-dessus du glacier de Zanfleuron, et le gouffre des Diablerets dominé par la Tour St-Martin.

Aujourd'hui les marmottes ont réappris à lancer leur coup de sifflet d' alerte, aussi aucune d' entre elles n' est visible. Seul un chamois apparaît DIMANCHES DE PRINTEMPS À RAMBERT sur une éminence rocheuse pour se rendre compte de la cause de cette alarme. Puis il étire ses jarrets et s' élève au galop vers le promontoire sauvage du Plan Quen et du Grand Toz.

Nous mettons les skis sous le Monta Câvoère. La limite de la neige est plus haute qu' il y a quinze jours, mais il a reneigé en altitude, et tout le paysage est bientôt du plus beau blanc. Le même itinéraire que la dernière fois nous ramène à la cabane I Lambert, toujours aussi tranquille. La souris se promène maintenant sur la terrasse, à la vue des Alpes Valaisannes.

La Grande Garde Le lendemain nous redescendons jusqu' à Bougnonnaz, pour remonter au Col du Petit Pré. La neige a bien fondu sur les pentes sud, et nous pouvons monter directement au col.

Une vipère, surprise par la marche silencieuse de nos semelles en caoutchouc, fait la morte au bord du sentier, dans les branches de myrtilles. Son corps distendu semble vide d' air. Une fourmi lui court sur le dos, fait demi-tour au bout de son nez, marche sur sa paupière, mais la vipère ne bronche pas.

Pensant qu' elle est morte, nous lui touchons le bout de la queue, de la pointe de notre bâton de ski. Pendant dix secondes elle garde encore son immobilité de musée, puis brusquement elle se met sur la défensive: s' en en anneaux serrés, dressant la tête, soufflant comme quelqu'un qui a retenu sa respiration pendant plusieurs minutes, elle fixe son regard féroce sur le bâton de ski, comme si elle se rendait compte que cette fine tige de bambou va bientôt la mettre hors d' état de nuire.

Arrivé au col où nous laissons les skis, nous grimpons sur le Seya, pour avoir un coup d' œil d' ensemble de la chaîne des Alpes Vaudoises. On peut repérer à merveille l' itinéraire d' été qui permet, après avoir passé à droite du Petit Muveran, en venant de Rambert, de traverser le flanc sud-est de la Pointe d' Aufallaz et de la Dent Favre pour rejoindre directement le Col de Fenestral.

Nous suivons encore en flânant la jolie arête fleurie, garnie de mélèzes au lichen vert-jaune vif, jusqu' à la Grande Garde. Le point de vue vaut vraiment la peine. Une paroi à pic, dont on peut s' approcher jusqu' à l' extrême bord sans danger, permet de faire d' un coup d' œil le trajet de Martigny à Sierre, en suivant tous les méandres du Rhône ou la ligne droite des C. F. F. et en dénombrant tous les villages et les plantations d' abricots, de fraises et d' asperges de Saxon.

Plus près, immédiatement sous nos pieds, un vaste pâturage où tintent plus de deux cents clochettes nous donne l' idée de descendre par là. Un ravin sauvage et desséché nous y conduit directement du Petit Pré. Les vaches sont maintenant toutes installées dans leur dortoir ombragé. C' est le jour des visites pour leurs propriétaires. Chacun va voir sa chacune. Ils admirent les bienfaits du séjour de montagne. On dirait, à voir leur sollicitude, une visite de parents dans une pension d' enfants.

Après avoir refait le plein... de lait, dans la fruitière fraîche, nous reprenons notre route qui descend en lacets dans la forêt jusqu' à la plaine.

Arrivé au bord de la petite rivière la Sarvaz, nous nous plongeons dans l' eau cristalline et nageons sur le dos en admirant l' aiguille du Tour et le glacier du Trient, qui apparaissent dans une gerbe de gouttelettes d' eau étincelant comme des diamants dans les rayons du soleil.

Le train ne nous laisse pas le temps de visiter le village de Saillon et la vieille fortification, ni la petite chapelle blottie entre les deux, le tout perché comme un village corse sur un cap rocheux qui s' avance dans les anciens marais du Rhône. Lors d' une prochaine course, il vaudra la peine de réserver une heure pour ce détour pittoresque.

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