Escalades dans le Schächental

dans le Schächental

Texte: Christine Kopp1, Bürglen OW Photos: Robert Bosch, Oberägeri ZG

baptisée Herbalpina !) à fantastique. Le caractère alpin de la région est Oencore souligné par le fait que même les meilleures voies sont entrecoupées de zones délitées. On y trouve donc de tout: escalade de parois très raides, de dalles, de tissures, de réglettes.

Des classiques toute l' année

Des hauts et des bas

« C' est à Pentecôte que ça va le mieux... », dit un adage. Pentecôte 1985: initiation à l' escalade dans le Schächental. Mais ce ne fut pas si simple! C' est par la voie classique, ouverte en 1969, de la face sud-est du Berglichopf, peu homogène, avec des prises usées et plutôt « grasses », que débute mon initiation dans les raides calcaires uranais, en compagnie d' un guide uranais. Une photo de mon livre de courses me montre en sueur, brûlée par le soleil

de printemps et les cheveux en bataille. Mon commentaire en dit long: « Epuisée après du Al. » Il était alors plutôt courant de franchir avec des étriers le passage le plus difficile de la voie, cotée aujourd'hui 5+ AO ou 7-. Les choses ont changé, même dans le Schächental où le temps s' écoule pourtant plus lentement qu' ailleurs. On ne rencontre plus guère jourd' hui de grimpeur avec des étriers, pas même dans une voie classique comme celle du Berglichopf.

Nouvel amour

Nouveau rendez-vous avec le Schächental en 1985. Début octobre, je fais connaissance avec l' aé pilier central ( 6- AO ou 6+ ) du sommet central des Läged Windgällen, une autre voie classique de 1973, souvent parcourue. Mes sentiments pour le premier de cordée et l' ambiance automnale font de ce 6 octobre un de ces jours merveilleux qu' on ne peut oublier. Je me souviens de la montée des pentes raides qui mènent au pied de la paroi. Un brouillard élevé nous entoure, d' abord épais puis se dissipant peu à peu pour laisser le regard porter vers les parois des Läged Windgällen. Ambiance magique. Dans des trouées de nuages apparaissent des barres, de petites tours et les piliers de cette

montagne aux puissantes structures. Une trouée se ferme tandis qu' une autre s' ouvre, dégageant d' au gorges, d' autres parois ou arêtes. Au-dessus, un ciel bleu d' acier. Peu avant le départ de la voie, nous laissons le brouillard derrière nous et nous émergeons dans un monde automnal superbe, tout particulièrement beau sur le versant ensoleillé de la vallée. Solitude de la voie, tranquillité mélancolique des alpages déserts, miroitements des montagnes fraîchement enneigées, teintes jaunes des feuillus... Et sur le rocher, la chaleur du soleil d' au. Telle était l' ambiance lors de ma deuxième escalade dans le Schächental - un jour béni. Pas étonnant que la remarque, dans mon livre de courses, soit différente de celle notée quatre mois auparavant au Berglichopf: « Bien grimpé, ça me plaît -raide !»

Longue saison d' escalade

C' est une particularité du Schächental qu' on peut y grimper toute l' année et qu' une grande partie des voies sont sèches, en été ou en hiver, après deux jours de beau temps. Le début de l' été et l' au sont particulièrement recommandables. En hiver, les voies du Hagelstock, de la Selezerflue et

La face S du Chli Glatten, au-dessus de la route du col du Klausen; à gauche, derrière, les Schächentaler Windgällen Heinz Müller dans la voie Extasy; à l' arrière, le Schärhorn Heinz Müller dans Poker

Ganderflue, par exemple, sont praticables et on peut les atteindre à ski ou en raquettes. Mais ce n' est pas le cas pour les faces tournées au nord du Brunnital, dont il sera question plus loin, du Griessstock et du Wiss Stöckli, où l'on peut geler même en été!

Au royaume des redoutables parois nord

Le Schächental est encadré de parois abruptes des deux côtés. Les plus impressionnantes sont celles du Brunnital, cette vallée latérale qui, d' Un, file droit au sud. De puissantes parois

calcanes de près de 1000 m de hauteur ferment ce vallon étroit mais idyllique. Elles appartiennent à la chaîne des Windgällen, dont les points les plus élevés sont le Gross Windgällen ( 3187 m ) et le Gross Ruchen ( 3138 m ). De sombres faces s' élancent ici vers le ciel. Il n' est donc pas étonnant que, au milieu du siècle dernier, ces montagnes aient été explorées et gravies par leurs versants sud, plus faciles, en partant du Maderanertal. Environ 50 ans plus tard, les grandes parois nord ont suivi. En 1906, le Club alpin académique de Zurich ( AACZ ) fit construire la cabane Windgällen au pied du Gross Windgällen. Par la suite, ses membres ont fait de la région le berceau de l' escalade extrême en Suisse. Otto Gerecht, Felix Tharin, Hans Rein, Leni Merk et leurs compagnons ont ouvert de grandes voies de V et VI dans les parois sud et nord de la chaîne des Windgällen. La spécialité de Félix Tharin, c' était les descentes « criminelles », par exemple celle effectuée en 1935 avec Heinrich Trachsel dans la paroi nord du Höhlenstock, haute de 900 m, et cotée V aujourd'hui encore à la montée. On peut lire ceci dans le guide des Alpes uranaises de 1954: « La descente de la paroi nord a été tentée et réussie par Félix Tharin et Heinrich Trachsel, avec beaucoup de cordes et de courage. La lecture du compte rendu est à préférer à la course. »

Aujourd'hui, presque plus aucun grimpeur ne va se perdre dans les faces nord de la chaîne. Peut-être viendront d' autres temps qui verront ces terrains attirer ceux qui rêvent d' aventures exigeant une grande expérience, un sens aiguisé de l' itinéraire et un assurage par ses propres moyens.

Pour l' alpiniste, le skieur et le randonneur

Au soleil des Préalpes

A peine 10 km au nord des montagnes englacees de la région Schärhorn-Gross Windgällen, le Schächental est limité par les chaînes du Chaiserstock et des Schächentaler Windgällen qui, du Hagelstock, loin au-dessus de Bürglen, s' étendent jusqu' au Chli Glatten, près du col du Klausen. Le caractère de ces montagnes est préalpin. Des parois de quelque 300 mètres s' élèvent des alpages, occupés en été, et des petites fermes qui, jusqu' à 1700 mètres, sont habitées toute l' année. Les sommets et les passages ont été jadis parcourus par les bergers et les chasseurs mais ils n' ont intéressé les alpinistes qu' assez tard. Le Schwytzois Franz Anderrüthi, ouvreur passionné de voies, a tracé les premiers itinéraires du Spilauerstock dans les années 50 et réveillé ainsi ces Couleurs d' automne dans le Schächental. Vue en direction des Schächentaler Windgällen Les bastions rocheux des Schächentaler Windgällen dans la lumière du matin parois ensoleillées de leur sommeil de Belle au Bois dormant. Ces premières voies, d' un point de vue actuel, ont un caractère nettement alpin: elles sont très herbeuses et plus guère parcourues. C' est à la fin des années 60 que les nombreuses parois ont commencé à être fréquentées. Les ouvreurs provenaient tous de la région: Hans Kempf, Hans Sonderegger, Toni Fullin, Franz Gisler, Beat Gehrig et Alois Herger. La cordée Kempf/Sonderegger réussit les classiques déjà mentionnées de la face sud-est du Berglichopf et du pilier central des Läged Windgällen. L' utilisation des perceuses autonomes, dès le milieu des années 80, a eu pour conséquence une augmentation considérable du nombre des voies. En conséquence, s' y retrouver est devenu plus difficile pour les gens de l' extérieur. On se référera avantageusement au guide du CAS Urner Alpen Ost de Toni Fullin, ainsi que Schweiz extrem ( calcaire ) et Schweiz Plaisir ( volume Est ), tous deux de Jürg von Känel ( Edition Filidorou directement aux connaisseurs de la région afin de trouver son chemin et ne pas finir dans les plates-bandes d' un jardinier amateur!

Rudes coutumes uranaises

Des crottes dans le sac à magnésie

Le nouvel arrivant fera bien de ne pas sousestimer la population locale. Il y a en effet dans l' histoi de la vallée quelques récits de pitons arrachés ou dévissés, de prises cassées et de confrontations plutôt vives. Des exemples?

A l' époque où la magnésie était depuis longtemps en usage dans d' autres régions, elle était encore considérée avec une grande méfiance dans le Schächental. L' un des principaux ouvreurs raconte qu' il tomba un jour, au départ d' une voie, sur un sac de magnésie déposé là par une cordée « de l' ex »: « Nous ne savions pas vraiment ce qu' était cette poudre blanche et nous n' avions pas encore entendu beaucoup parler de l' escalade libre. » Et c' est ainsi que nos deux Uranais remplirent le sac douteux avec des crottes de moutons. Au retour de la cordée au point de départ, une sérieuse prise de bec s' ensuivit mais « ...lorsque l' un de nous remonta ses manches et lit voir ses muscles, les autres se retirèrent sans un mot... ».

Citons également l' épisode du Marchstöckli. Après qu' un grimpeur eut taillé quelques prises, de vigoureuses critiques apparurent dans le livre de passage. Sur quoi les prises taillées furent rebou-chées. Mauvaise surprise pour les premiers grimpeurs qui suivirent: les prises en question, remises à peu près dans leur état naturel, n' étaient pas sèches et leur restèrent plus ou moins collées dans les mains!

Des bruits courent aussi à propos de voies où l' équipement posé par un grimpeur « étranger » fut complètement démoli ( mais il les rééquipa néan- Le Brunnital est fermé au sud par les versants nord qui vont du Gross Ruchen au Gross Windgällen. Ces moins par la suite ). Ou encore l' histoire de cette première réalisée par des gens d' ailleurs et qui revint tout à coup à des grimpeurs de la région. Selon Toni Fullin, l' un des principaux « aborigènes » et auteur du guide du CAS des Alpes uranaises, « beaucoup de grimpeurs d' ici étaient et sont encore des individualistes. Malgré la petite taille de la région, des groupuscules concurrents se sont formés qui avaient beaucoup de peine à accepter ce qui venait d' ailleurs. Ils sont donc restés longtemps fermés à toute nouveauté. Finalement, ce sont des grimpeurs comme Howald et von Känel qui ont amené l' escalade libre. On s' est rencontré, on a parlé et, lentement, la mentalité a changé. »

Enracinés dans la tradition

Ces épisodes reflètent bien le caractère traditionaliste des Uranais et en particulier des gens du Schächental. Marqué par une histoire mouvementée et par un relief de pentes raides et de vallées étroites, l' Uranais est resté jusqu' à aujourd'hui souvent sceptique face à la nouveauté. Mais celte attitude a aussi ses bons côtés: un solide bon sens qui ne se laisse pas éblouir par ce qui est moderne, et une simplicité sans détours. Le grimpeur de l' exté ne doit donc pas se vexer si on l' aborde dans parois sont parcourues par quelques coriaces itinéraires - les « big walls » du Brunnital, où le moins qu' on puisse dire est qu' on ne se bouscule pas dans les voies...

Pour l' alpiniste, le skieur et le randonneur

le Schächental avec un « Et toi, tu viens d' où ?». Il aura peut-être aussi de la peine avec le dialecte uranais originel, particulièrement marqué dans la vallée et qui a laissé ses marques dans les dénominations de voies. Bützliläll ou Schlanggä Ughyr sont des figures du riche patrimoine de légendes du Schächental, tandis que Diä Schenscht, aux Läged Windgällen est tout simplement La plus belle. Le grimpeur, au Schächental, rencontre encore des traditions qui ne sont pas du folklore touristique mais bien des usages; par exemple, la prière vespérale des bergers. Il y a aussi le café noir mais léger, que l'on consomme en grandes quantités et en toutes occasions. Même si la médecine d' aujour décrète que trop de café nuit, on n' en continue pas moins dans le canton à en boire sans réserve. Le grimpeur tombera peut-être aussi sur une de ces fêtes campagnardes - où l'on festoie comme il se doit et dont parle une chanson de bergers en ces termes: « Qui meurt aujourd'hui n' ira pas au ciel. Saint Pierre n' a pas le temps. Il réclame des pâtés et des friandises, des violons, des accordéons et des trompettes: il est à la fête aujourd'hui. Et crois-moi, le diable ne reçoit personne aujourd'hui, chez lui aussi c' est porte fermée. »

Un paysage magnifique

Le Schächental est indiscutablement un but d' es qui en vaut la peine et on peut s' y rendre sans difficulté par les transports publics ( car postal de la gare de Flüelen UR ). Pas de queue au pied des voies: généralement la cordée y est seule. Quelques voies courtes seulement ont un caractère de jardin d' escalade. Les autres relèvent de l' escalade sportive alpine et l' atmosphère y est plus sérieuse que dans de nombreuses autres régions des Préalpes. Le paysage dans lequel est logée la vallée est particulièrement remarquable. Les montagnes englacées telles que les Clariden et le Schärhorn contrastent avec les parois ensoleillées des Préalpes, les gras pâturages s' opposent aux parois nord froides et raides du Brunnital. Evidemment, toute la région est merveilleusement adaptée à la randonnée, à pied ou à ski. En balade dans la région, on se ralliera volontiers à la conclusion d' une pièce de cabaret dans le dialecte du Schächental: « Non, je n' ai pas envie d' être un citadin, oh non, pas un citadin, jamais!... »

Sites et itinéraires

Hagelstock - Selezer et Ganderflue -Marchstöckli

Environ 80 voies, 1 à 9 longueurs, difficulté de 5 à 9. Meilleur site d' escalade en hiver ( situation protégée et exposée au sud ), avec le plus grand choix de voies aménagées. Qualité de rocher la plus homogène de toute la vallée! Escalades les plus di-

verses. Les voies les plus intéressantes sont, notamment, Cosa Nostra, Zwingli, Chryz Wäg, Gandertanz ( Ganderflue et Selezerflue ), Venga, No Way-José, Standart, Jubilé, Did Ruch ( Marchstöckli ).

Höch Pfaffen - Berglichopf - Mettener Butzli

Environ 30 voies, l à 8 longueurs, 5 à 8. Quelques mètres de gazons ou de mauvais rocher dans les voies. Au Höch Pfaffen, deux itinéraires moyennement difficiles mais exigeant une certaine expérience alpine: Via Sonja, Chlauswlig. La Face sud-est du Berglichopf' est une des voies les plus anciennes et les moins polies du Schächental; elle est également peu homogène. Au Mettener Butzli, raides escalades dans un rocher rude et bien pourvu de prises, avec de longues distances entre points d' as ( friends indispensables ); on peut recommander entre autres Zifennanndli, Bützliläll ou Vo rächts nach links.

Sites autour des Schächentaler Windgälle

Environ 40 voies, 3 à 12 longueurs, 5+ à 8+.

Unter Band Un des nouveaux sites. Accès délicat! Excellent rocher. Les voies ont toutes été rééquipées - auparavant, longues distances entre les points d' assura. Recommandables: Terror, Liächtblick.

Läged Windgällen - Sommet ouest Terrain très alpin et herbeux. Deux courses intéressantes ( Linke S-Wand et Diä Schenscht ). Jusqu' à 8 longueurs, bon rocher coupé par de larges vires.

- Sommet principal et bastion Au sommet principal, les voies qui offrent le plus d' intérêt sont Südrippe et le classique Pilier central. Celui-ci se distingue par son ambiance aérienne et son rocher raide mais néanmoins modérément difficile. Sur le bastion, Hans Kempf a ouvert plusieurs Soir d' hiver, sous le charme du Gross Windgällen voies ( jusqu' à 4 longueurs, relativement bien assurées, dans un rocher excellent, presque toujours sec, très raide ). Recommandable: Goldvreneli.

- Chäserturm Chäslad fera la joie de lous les photographes! La voie Urhart, avec son rocher dur et coupant, a une histoire mouvementée ( voir plus haut dans le texte ).

Chli Glatten

Environ 30 voies, 4 à 8 longueurs, 5+ à 9. Accès court, escalades variées. Rocher de qualité variable, généralement bon mais avec de mauvaises zones dans presque chaque voie. Escalades très variées ( dalles, surplombs, réglettes etc. ). Classique de la vallée: Glatten-Siidpfeiler. En cas de nécessité, on Pour l' alpiniste, le skieur et le randonneur

peut dévier à gauche ou à droite de la voie; un peu plus difficile. On recommandera: Doppelgänger, Hirnwind, Vesper, Chryzund Quär. Rééquipée, la voie Poker est une des plus belles classiques extrêmes du Schächental. Certaines zones de parois sont à éviter jusqu' en juin en raison des eaux de fonte ( Plattenwand, Kägi Fret, Stärntaler, Trabant ).

Mittler Griessstock

Deux voies, 5 longueurs, 8. A l' ombre ( en été, soleil seulement à partir de 14 h ). Même les jours les plus chauds, de quoi se geler les doigts. Long accès. Deux grandes courses alpines: Halscheri et Kavaliersdelikt. Escalades sérieuses sur du rocher compact, très bon, éloignées de tout bruit, qui dédommagent des efforts consentis.

Vorder Chalchschijen

Deux voies et demi ( un projet... ), 9 à 28 longueurs, 6 à 8. L' ancienne voie, 28 longueurs, plaira aux passionnés de pitons et marteaux. Dornröschen offre une escalade sportive très variée et bien assurée. Les Chalchschijen se situent à l' écart et l' accès est long et délicat. Les rares grimpeurs qui s' y rendent apprécient le superbe paysage et la solitude.

Wiss Stöckli

Une quinzaine de voies, 7 à 20 longueurs, 5+ à 7. Seul site du Brunnital comportant des voies sportives. Longues voies dans les parois nord et est. Caractère quelque peu dolomitique: des vires de dé-

bris alternent avec un rocher parfait. Dans la face sud, au-dessus de l' impressionnante bande de névé, quelques nouveaux itinéraires ont été tracés. Longs accès.

Hoch Fulen

Trois voie ( une seule intéressante ), 8 à 10 longueurs, 6- à 8. Gschirrlade est actuellement la voie la plus difficile du Schächental. Dans la partie inférieure, le rocher est fortement stratifié, d' où le nom de la voieLe vaisselier ).

Brunnital

Les laces nord du Pucher-, Stäfel- et Höhlenstock, Gross Wingälle etc. offrent de grandes courses alpines. La face nord du Ruchen, en particulier, convient à l' initiation, offrant une ambiance grandiose et des passages de 3+. Toutes les autres parois nord sont très longues et exigent une grande expérience, le sens de l' itinéraire, de longues cordes, beaucoup de matériel pour les rappels, entre autres. Elles sont donc, en bref, réservées aux alpinistes complets.

Traduit de l' allemand par Gil Staulier Ambiance du soir sur le Schächental

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