Gorges de la Massa (Les -).

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gées par des conduites souterraines vers l' usine hydroélectrique Electra-Massa de Bitsch. Depuis cette année-là, le débit des eaux de fonte des « gorges impressionnantes » est si fortement réduit qu' on peut les traverser en toute sécurité. Attention aux périodes très chaudes: les eaux s' échappant du glacier dépassent la capacité du bassin d' accumulation du barrage, ce qui fut le cas en août dernier avec un débit de 90 mètres cubes par seconde. Il y a alors risque d' inon et la descente des gorges devient dangereuse, voire mortelle.

La Massachi

Si l'on désire traverser les gorges de la Massachi, ainsi nommées en dialecte haut-valaisan et sur la carte nationale également, en disposant de suffisamment de temps pour savourer tout à loisir une multitude d' impressions fascinantes, il faut largement compter sept à huit heures. Cette imposante balafre dans la montagne mesure cinq kilomètres de long et plonge de cinq cents mètres vers le bas. Si l'on choisit de parcourir ces gorges en deux jours, le souvenir en sera encore plus marquant. Pour la première étape, on combinera de merveilleux parcours sur un sentier, puis dans les gorges elles-mêmes. Par le « chemin de la Massa », ouvert en 1996 et qui offre de nombreux et splendides points de vue, on atteint l' entrée des gorges. Cet itinéraire relie Ried-Mörel à Blatten en longeant l' ancien bisse appelé « Riederi », mentionné pour la première fois au XIVe siècle. Ce sentier, confortablement aménagé et partiellement creusé dans la roche, surplombe les gorges par quelques passages auda-

Fourentipp

Les gorges de la Massa

Descente du « Grand Canyon » valaisan Dans le Haut-Valais, les gorges de la Massa sont renommées au-delà de nos frontières. La construction du barrage de Gebidem, au-dessous du grand glacier d' Aletsch, a rendu possible la visite de cette merveille de la nature. Un nombre grandissant d' amateurs de canyoning tiennent à vivre cette aventure inoubliable.

Le guide Baedeker de 1901 suggère vivement le détour jusqu' à la Massa, effluent du grand glacier d' Aletsch, qui s' échappe de gorges impressionnantes, à quinze minutes seulement de la route. Si l'on suit son conseil, on ne découvrira actuellement, au fond d' un canal en béton, qu' un maigre filet d' eau s' écoulant vers le Rhône. Quelle pitoyable vision!

Les gigantesques quantités d' eau, que fournit aujourd'hui encore le plus puissant fleuve de glace des Alpes, s' accumulent depuis 1969 dans un bassin de retenue à plus de 1400 mètres d' altitude, d' où elles sont diri- De l' Eggishorn, vue sur le glacier d' Aletsch. Toutes les eaux de la fonte des neiges et du glacier qui ne sont pas dérivées vers la centrale électrique, dévalent les gorges de la Massa cieux, mais sans danger. Du pont de fer enjambant la Massa au-dessous du barrage, une piste conduit au fond de la Massachi.

Première partie des gorges

Mise en train Bordant un large couloir, deux parois de rocher dominent le lit de la rivière, rempli de galets et de gros blocs entre lesquels l' eau du glacier clapote joyeusement. La place est suffisante pour éviter les nombreux filets d' eau. Sur la droite, des roches lisses et verticales délimitent les gorges, tandis que des pentes abruptes et arborées s' élèvent sur leur rive gauche. A l' exception d' un petit éboulis qu' il faut escalader, il est conseillé de passer fréquemment d' une berge à l' autre. Ce premier trajet peut décevoir quelque peu, mais cela ne rendra que plus captivante la suite du parcours.

Peu à peu, les gorges de la Massa gagnent en envergure. Une bande rocheuse de serpentine vert mat marque la transition. Les blocs et les L' itinéraire des gorges de la Massa permet de se familiariser avec l' univers des gorges. Les passages exposés sont bien assurés Suggestions de courses La nature a façonné le rocher des gorges de la Massa en un formidable d' œuvre Pour sortir des gorges, on peut emprunter les galeries creusées dans les falaises pour la dérivation des eaux. La lampe frontale est indispensable a. 4 dalles animent maintenant les rives de formes spectaculaires, de teintes et de lignes magnifiques. Rigoles, gradins, éboulements et bassins, parcourus par une eau cristalline aux reflets verdâtres, semblent fraisés dans la masse du rocher et produisent un effet esthétique étonnant.

Celui qui souhaite ne pas se mouiller peut contourner ou descendre en escalade ces dénivelés aux formes bizarres, voire franchir en rappel les ressauts rocheux les plus importants. Toutefois, cela supprimerait le plaisir que presque tous viennent chercher en suivant le fil de l' eau: plusieurs plongeons dans de jolies vasques, dont l' un, de presque huit mètres, aboutit dans un bassin arrondi, d' un vert profond. Cette curiosité naturelle est bien visible du chemin de la Massa.

Trajet en « téléphérique » Peu après ce saut périlleux, voici une nouvelle attraction. Sur la paroi verticale de droite, des pitons métalliques fixes conduisent à une étroite vire. Ce passage vertigineux est assuré par une balustrade de corde. Sur le replat, de solides ancrages en fer, scellés au rocher, retiennent un câble d' acier tendu entre les deux rives. Des guides de Blatten et des environs ont installé cette sorte de téléphérique, appelé « tyrolienne ». En accrochant à une poulie la boucle d' assurage du baudrier d' escalade, on peut atteindre l' autre rive en passant par-dessus un joli bassin, avec une sensation de vitesse impressionnante. Celleci oblige cependant à recourir à une corde de freinage, sinon on se laisserait follement entraîner dans le voyage et le choc contre le rocher, à l' autre extrémité, serait inévitable.

Cette « tyrolienne » constitue la fin de la première partie des gorges de la Massa. Juste après, on aperçoit, en haut à gauche, une galerie dans le rocher qui permet de sortir aisément du canyon. Dans les parois de la galerie, on a aménagé des conduites d' eau remplaçant les sections les plus exposées et très dangereuses de l' ancien bisse « Bitscheri ». Avec une bonne lampe de poche, on parcourt facilement les tunnels de cet itinéraire et les parties à ciel ouvert offrent de splendides coups d' oeil dans les gorges. A proximité de Flesche, on rejoint un joli sentier permettant de se rendre à Bitsch ou de retrouver, plus haut, le chemin de la Massa.

Fascinant paysage minéral Dans la première partie de la Massachi, l' aspect des rochers et des cailloux offre un avant-goût de la descente ultérieure. Imposants par leurs formes et leurs teintes insolites, les blocs et les parois verticales créent un spectacle fantastique dont le décor change constamment. Depuis des temps immémoriaux, la glace et l' eau ont poli sans relâche les aspérités des cailloux et de la roche. Abondant dans toutes les gorges, le sable fin joue un rôle essentiel dans l' usure de ces masses rocheuses très résistantes. Etant elle-même le produit de l' ac \ tion abrasive du glacier, cette poudre de roche projetée par l' eau agit sur la pierre comme un jet de sable permanent.

Eparpillés et entassés tout autour, les gros blocs rocheux exposent l' his de notre planète. Leurs filons, parcourus d' incrustations minérales colorées, dessinent des rubans, des stries, des éventails, tantôt polis et brillants, tantôt rayés et cannelés. Les particularités de ces éboulis se retrouvent aussi dans les motifs, les es-tompages et les contrastes colorés du gneiss dans lequel sont creusées les gorges de la Massa. Ici, cette roche métamorphique se présente sous une diversité d' aspects que l'on voit très rarement ailleurs.

libre à la corde au-dessus d' un petit étang et de gros blocs, à moitié cachés par la falaise affouillée. Quelques pas plus loin, l' eau a scié le rocher blanchâtre pour disparaître dans les profondeurs. Recouverte de gravier, une plate-forme constituée d' un enchevêtrement de blocs et de souches d' arbres, masque le précipice à demi-obscur qui, pendant la descente le long de la corde, se transforme graduellement en une sorte de caverne à l' architecture fascinante.

Chaos naturel Des rochers éboulés édifient entre les deux murailles des gorges de gigantesques barrières de blocs et de dalles imbriquées les unes dans les autres. Par endroits, ces formidables entassements aux couloirs mystérieux forment les insurmontables obstacles d' un véritable labyrinthe. Celui qui ignore le cheminement à travers ces fentes, ces cavernes et ces interstices, aboutira souvent dans un cul-de-sac. Il est important de ne choisir, dans la recherche d' une issue praticable, que les passages que l'on peut escalader sans problème dans l' autre sens. On trouvera certainement un débouché à travers cet imposant dédale naturel à force d' escalades, de glissades et de progressions par adhérence. Quelle aventure amusante et captivante!

Seconde partie

La tension monte Des scènes de rêve charment le visiteur tout au long de la seconde partie de la descente. La tension monte d' un cran à l' entrée d' une entaille étroite et profonde, précédée d' une cascade très raide. Une piste s' en écarte sur la berge arborée et conduit à un gradin rocheux où l'on a installé des assurages très solides. On se trouve maintenant au bord d' un gouffre, face à la paroi opposée où jouent l' ombre et la lumière. La dernière section se parcourt en descente A la fin de la première partie, on peut traverser les gorges à l' aide d' une amusante tyrolienne La cathédrale Deux pans de rocher rongés par l' eau flanquent un étroit corridor où la pâleur de la pierre évoque des formes abstraites. C' est l' entrée de la « cathédrale ». Du bord d' une sorte de balcon surplombant un profond précipice, le regard se perd dans le vide qui s' élargit vers le bas. Tout en haut, les rebords très proches des deux falaises ne laissent passer qu' un faible rayon de lumière. Tout autour, le relief de la surface des parois, de couleur ocre, donne l' impression qu' elles ont été sculptées au ciseau, au burin et à la lime. Il faut descendre tout droit dans cette magnifique salle, le long d' une corde de plus de trente mètres, sans astuce technique particulière, mais en gardant constamment le contact des chaussures contre la roche. D' en bas, l' impres de « cathédrale » se confirme; des sculptures de pierre, un gros surplomb ressemblant à une chaire, une sorte de baptistère abrité par un ressaut de la roche blanchâtre, ornent Suggestions de courses In forma ti on s Saison. Les mois de mai à octobre sont les plus favorables pour l' excursion de la Massa.

Renseignements, Avant de descendre dans les gorges, il est impératif de se renseigner sur le niveau des eaux dans le lac de retenue. Au numéro 027/921 65 25, on obtient sept jours sur sept des indications quotidiennement actualisées.

Exigences. Bien que les gorges de la Massa ne posent aucun problème aux canyonistes expérimentés, il est toutefois recommandé de les parcourir avec un guide ou un bon connaisseur du site.

Pendant la saison touristique, des visites guidées des gorges de la Massa sont régulièrement organisées par des guides qualifiés et qui connaissent bien les lieux. L' équi nécessaire est également mis à disposition. Les offices de tourisme de la région fournissent tous les renseignements à ce sujet. On peut aussi y obtenir des prospectus sur le chemin de la Massa, les bisses et la région d' Aletsch.

Carte. CN 1:25 000, 2516 Région d' Aletsch.

cette salle, de même que, juste à côté, un puissant à-pic rocheux d' une teinte luisante et presque noire, sur lequel l' eau cascade en minces filets blancs. Depuis que l' un des premiers visiteurs des gorges de la Massa a prononcé le mot « cathédrale » à la vue de ce spectacle, ce terme s' est imposé pour désigner cette fascinante merveille architecturale de la nature.

Surplus et manque d' eau Les gorges de la Massa n' ont pas toujours soulevé l' enthousiasme. Pendant des siècles, c' était un endroit terrifiant pour les habitants des vil- Temps fort de la descente des gorges de la Massa: la cathédrale. La photographie n' offre qu' un pâle reflet de l' at intense qui règne dans cette magnifique caverne En plein été, les eaux glacées de la Massa apportent une fraîcheur appréciée lages environnants. L' eau de la Massa dominait leur vie. Comme les pentes exposées plein sud autour de Ried souffraient constamment d' une grande sécheresse, on a depuis longtemps tenté d' utiliser les eaux du grand glacier d' Aletsch pour irriguer ces prairies et ces pâturages.

La construction des bisses fut de tout temps un travail éreintant. Les mouvements du glacier mettaient les captages hors d' usage, les éboulements détruisaient les canalisations et leurs ancrages. Le bisse « Riederi » détournait l' eau du glacier à proximité de l' entrée actuelle des gorges et Descente en rappel dans la deuxième partie des gorges. En bas, on s' enfonce dans une vasque à moitié recouverte par un toit de falaise la conduisait le long de ses parois abruptes par un itinéraire périlleux. La construction de ces conduites a coûté la vie à plus d' un villageois, ce que rappelle une petite chapelle érigée au bord du chemin de la Massa, perpétuant le souvenir de l' un d' entre eux, originaire de Ried, mortellement blessé dans cette gorge. Quant aux travaux d' entretien, tâche difficile et très dangereuse, ils étaient assurés par le « désableur » ( Sander ) chargé d' améliorer les bisses et de les débarrasser des dépôts de sable.

Sortie des gorges On sort de la Massachi par sa rive droite très pentue, le long d' une canalisation en ciment. Elle conduit à une galerie creusée dans le rocher qui débouche sur des prairies en pente surplombant la graviere, située à l' embouchure de la Massa. De là, les chemins divergent. Le premier conduit à Bitsch, de l' autre côté de la rivière, le second emprunte la descente sur Naters, au bord du Rhône, et le troisième mène à l' accès à la route, en direction de Blatten.

Roger Büdeler, Hambourg ( Allemagne ) ( trad. )

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