Hans-Peter Duttle à l’avant-garde des expéditions légères

A propos de l’article «Tentative d’évasion. Comment un Suisse voulait illégalement vaincre l’Everest», paru dans «Les Alpes» 11/2014.

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt, de plaisir et des frissons d’excitation rétrospective l’article de Hans-Peter Duttle sur la folle aventure qu’il vécut en 1962 sur le versant nord de l’Everest en compagnie de trois compères américains. Je signale que le livre de W. W. Sayre Four Against Everest fut également traduit en français, sous le titre Quatre Hommes contre l’Everest (éd. Flammarion, collection «L’aventure vécue», Paris 1965). Comme le rappelle l’article, cette aventure abracadabrante avait été très diversement appréciée dans les milieux montagnards. Pour notre part, mon frère, mes copains grimpeurs et moi, tous fous de montagne et quelque peu anarchisants, avions été fascinés, à la lecture de ce livre, par le culot de ces quatre aventuriers à l’évidence sous-équipés et insuffisamment formés techniquement, mais prêts à affronter tous les risques (y compris les interdictions administratives, ce qui en rajoutait!) pour assouvir leur passion. Leur expédition, qui nous titilla, fut un exemple extrême du pouvoir de l’esprit et de la volonté. Woodrow Wilson Sayre, qui devait ses prénoms au fait qu’il était le petit-fils du président Wilson, était professeur de philosophie. Norman Christian Hansen était avocat, les deux autres étudiants. Soit tous les quatre des intellectuels. Et si, en l’occurrence, ces Don Quichotte de l’alpinisme eurent bien de la chance de rentrer vivants, ils avaient apporté une nouvelle preuve de la possibilité pratique des miniexpéditions en même temps qu’une illustration impressionnante de la devise de Mummery, sauf erreur: Where there is a will, there is a way!

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