L'Aiguille du Chardonnet. Une variante et ses conséquences

Remarque : Cet article est disponible dans une langue uniquement. Auparavant, les bulletins annuels n'étaient pas traduits.

Une variante et ses conséquences. Par Jacques Dunant.

Ils étaient trois qui montaient le glacier du Chardonnet, leurs crampons mordaient bien sur la glace et sur la neige encore dure; contournant quelque crevasse, ils continuaient leur route tout droit vers le haut et, bosse après bosse, ils gagnaient de la hauteur.

S' arrêtant un instant, ils regardèrent en arrière et cherchèrent à évaluer la distance parcourue. Un certain point près de l' Aiguille des Grands Montets devait être à l' altitude du col du Chardonnet et leur indiquait ainsi la hauteur qu' ils avaient encore à gravir pour atteindre ce premier but. Leur regard suivit l' arête dentelée, s' arrêta un instant sur un gros gendarme carré et arriva à l' Aiguille Verte, puis il escalada en passant les jolis petits Clochetons et suivit l' arête tranchante des Droites; il descendit alors le long des grandes parois d' épouvante, dont le soleil levant révélait, à mesure que l' ombre descendait, les moindres détails, les longs couloirs de glace et les minces arêtes bien charpentées qui les séparent.

Se remettant en marche, ils pensaient à la route qu' ils allaient suivre; en effet, rien n' avait encore été décidé; aucun n' osait parler, espérant toujours qu' un autre recommencerait la discussion interrompue la veille au soir, au retour du Tour Noir. Il s' agissait de passer à la cabane Dupuis, mais par quelle route? L' un d' eux ne voulait pas passer par les cols comme un simple pékin, il lui fallait un sommet; la traversée du Chardonnet semblait tout indiquée, d' autant plus qu' il avait grande envie de faire connaissance avec son arête nord-est, la « longue arête ». Son frère suivrait, mais l' ami objectait leur peu d' entraînement et les gros sacs à transporter. On avait alors proposé la Grande Fourche, aller et retour par le même chemin, en laissant les sacs sur le glacier.

Ils étaient arrivés sur le long plateau qui précède le col et le premier de la cordée allait toujours droit devant lui, pensant avec regret à la belle arête; il ne voulait pas faire la course sans l' assentiment de tous et se résignait. Il s' arrêta pourtant et entama la discussion; il était tard, il est vrai, 8 heures passées; il faudrait tant d' heures pour monter, tant pour descendre, plus deux sur le glacier pour atteindre la cabane; avec un peu de marge cela devait encore aller, quoique bien juste.

Silence...

Ils avaient repris leur marche et la trace rectiligne s' allongeait sur la grande nappe blanche. Un grand et beau soleil remplissait ce plateau suspendu entre l' Aiguille d' Argentière et celle du Chardonnet; la vallée du glacier d' Argentière se creusait davantage et la grande muraille étincelante de l' Aiguille Verte se dressait toujours plus majestueuse derrière leurs dos.

L' un des trois pensait: Ils doivent avoir bien envie de faire cette course et c' est à cause de moi qu' ils y renoncent; j' aimerais y aller aussi, mais serait-ce prudent de se lancer ainsi? Après tout, profitons de la dernière occasion que j' ai cette année et allons-a! ce sera dur, mais courage...

« Si vous voulez, traversons par le Chardonnet. » Le premier fit un angle à gauche et ses deux compagnons coupèrent au plus court, si bien que de plus haut ils virent deux petits triangles semblables enfoncés dans ce grand angle que faisait la trace.

Aux premiers rochers, un petit arrêt s' imposait; un dernier regard sur le guide et en avant le long du grand couloir évasé qui mène au sommet; il faudrait tirer à droite un peu plus haut pour rejoindre l' arête nord-est. Il ne devait pas y avoir de difficultés.

Le flanc sud du Chardonnet a une architecture incompréhensible; c' est un chaos de parois et de ressauts superposés dans le désordre le plus complet, coupés de ravins profonds, et formant parfois une petite crête qui vient se perdre dans une nouvelle paroi. Pour finir, toute cette masse se réunit en des rudiments d' arêtes qui se rejoignent l' un l' autre pour conduire au sommet.

Ils montaient, escaladaient de gros blocs, puis traversaient des creux encore pleins de neige. Pour pouvoir préciser leur hauteur et savoir ce qu' ils avaient encore à gravir, les trois amis regardaient l' Aiguille d' Argentière et, visant horizontalement, ils cherchaient le point correspondant à leur altitude sur l' arête élancée qui monte du col du Chardonnet. Peu à peu ce point, cet alpiniste virtuel, montait lui aussi; il chevauchait une arête aiguë et dentelée, puis gravissait une pente de glace; mais comme il avançait lentement et que le sommet paraissait encore loin au-dessus de lui!

A un moment donné, le couloir qu' ils suivaient buttait contre un formidable ressaut de rocher chauve; ils étaient sur la rive droite, progressant régulièrement, enfonçant profondément dans la neige molle. Ils suivaient la voie la plus facile, montant toujours, quand ils s' aperçurent qu' ils auraient dû passer beaucoup plus à droite, sur la rive gauche du couloir. Fallait-il redescendre pour prendre le bon chemin? Quel ennui. Pourquoi ne pas essayer l' autre route? La fantaisie ne leur déplaisait pas.

La pente se redressait de plus en plus, ils brassaient jusqu' aux genoux et plus haut encore; il y eut des passages de la neige au rocher un peu difficiles, avant de pouvoir l' aborder; ils enfonçaient dans des trous pleins de neige fraîche qui n' offraient aucune résistance au pied ou au piolet et d' où ce n' était pas commode de sortir.

Ils montaient l' un après l' autre, et chaque fois que le premier partait, il croyait s' élancer pour la dernière fois avant d' atteindre un petit col convoité; la distance paraissait courte et pourtant la longueur de la corde n' y suffisait pas; après avoir confectionné son escalier, il devait s' arrêter à mi-chemin pour assurer ses compagnons et leur redonner la confiance que la raideur de la pente leur enlevait un peu. Le second le rejoignit une dernière fois, il reprit son travail et put enfin enjamber la petite crête de neige et s' asseoir.

Tout en tirant la corde mouillée qui venait doucement, il regardait attentivement de l' autre côté: la paroi contre laquelle ils avaient butté se continuait un peu, puis se perdait dans un couloir étroit et bien marqué, dont la rive droite formait une arête très prononcée qui semblait devoir mener jusqu' au sommet.

Le couloir paraissait inabordable, et dans tous les cas trop raide pour pouvoir être remonté facilement; la seule issue, s' il en existait une, était dans la paroi. Une petite fissure se perdait dans une belle dalle verticale, puis une autre, difficile d' accès, menait plus haut; mais il restait toujours deux ou trois mètres de dalle à franchir pour arriver sur ce qui semblait être une plateforme. Ensuite cela devait aller, supposition appuyée uniquement par la force du raisonnement.

— Si on passe par là, on est bon, sinon il n' y a plus qu' à descendre piteusement sur nos traces et passer tout bonnement le col du Chardonnet; cette fente est notre chance, il faut l' essayer tout de suite pour en avoir le cœur net.

Assez sceptiques, les deux autres avaient plutôt envie de manger que de tenter l' impossible; ils assurèrent pourtant leur camarade qui fila prudemment, enfonçant tour à tour ses jambes jusqu' aux hanches, puis son piolet jusqu' au bec dans une neige trempée et molle. Arrivé au pied de la fissure, il attendit le second et regarda en bas par-dessus son épaule: l' étroite bande étincelante de soleil filait d' un jet presque jusqu' au glacier d' Argentière tout en bas. Quelle glissade!

Mais non, pourquoi y penser? Il faut ne voir que les choses toutes voisines, la neige solide et résistante quand on a fait une bonne marche et le rocher chaud et robuste qui ne trahit pas l' effort; il y avait aussi les copains à assurer, à encourager, leur montrer que tout est sûr si on fait attention; si on s' ancre bien dans le névé tassé, cette neige fraîche ne présente pas de danger.

Le départ ne fut pas commode, un ou deux beaux rétablissements permirent au premier de la cordée d' atteindre un petit replat, où il fit venir le second pour être assuré de près pour la petite dalle bien raide et lisse qui suivait. Sans sac, il étudia bien les rares prises, étendit une main qui tâtonna un instant, puis l' autre, et son corps se souleva doucement; il mit la pointe d' un pied dans un petit creux; l' autre râclait la paroi sans parvenir à accrocher ses clous nulle part.

— Tiens-moi un peu ce pied, je n' ose pas me lancer.

Les deux bras s' allongèrent de nouveau avec mille précautions, le corps se tendit insensiblement, les pieds lâchèrent peu à peu et montèrent silencieusement sous les yeux anxieux du second: ils cherchaient çà et là un vain appui quand un genou se posa dans une prise:

a y est!

D' un bond il fut sur une belle plateforme et reprit son souffle, longuement, avidement.

La paroi se continuait, offrant peu de prises aux grimpeurs qui jouissaient de ces beaux pas de varappe; ils se sentaient unis et seuls, livrés à leurs seules ressources, accrochés ainsi à ce flanc sauvage du Chardonnet.

Une fois, il fallut passer dans le couloir de glace et le remonter quelques mètres, puis reprendre les rochers de droite, car il était toujours impossible de rejoindre l' arête convoitée. La progression était lente, la chaleur intense; la faim et la soif commençaient à torturer les deux plus jeunes qui se deman- daient quand donc s' arrêterait ce grand diable qui allait, qui allait. A peine l' avaient rejoint qu' il savait déjà où était la prise suivante; en deux ou trois bonds, il était à bout de corde et il lançait un joyeux:

— Vas-y!

Comment y venait-il, n' avait pas un estomac qui crie et vous coupe bras et jambes?

L' endroit était trop sérieux pour songer à ces choses-là; la responsabilité peut tenir lieu de tout pour un peu de temps et la pensée fixe d' arriver sur un chemin qui menât sûrement au sommet lui donnait des ailes; le corps et ses désirs importaient peu, ce n' était plus qu' un esclave bien dompté et obéissant.

Après deux ou trois cordées faites presque en courant dans des rochers faciles, ils atteignirent une petite épaule assez confortable, d' où l'on pouvait enfin rejoindre l' arête tant désirée. Un petit arrêt-buffet fut alors autorisé; c' était tout de même nécessaire pour ce pauvre être charnel qu' on n' arrive pas à spiritualiser autant qu' on le voudrait.

De nouveau, ils pataugèrent dans la neige profonde, traversant une pente assez raide et gravissant le dernier bout de couloir pour arriver sur l' arête 1 ). Un grand soulagement tomba sur le petit groupe, ils étaient sur une voie praticable et probablement pas bien loin du sommet.

— Où en est notre ascensionniste de l' Aiguille d' Argentière? 0h! comme il va lentement. Il a encore un sérieux chemin à faire pour arriver en haut; donc nous aussi.

La varappe devint plus aérienne, ils passaient d' un gendarme à l' autre, pensant toujours que ce serait le dernier et que le sommet du Chardonnet serait juste derrière. Ils n' étaient plus la mouche collée à la vitre, mais la fourmi qui monte et se balance sur un brin d' herbe. Ils grimpaient, jouissant pleinement de leur situation et de l' effort fourni, quand un sérieux obstacle se présenta: une belle dalle lisse comme une cuirasse défendait ce gendarme d' aspect rébarbatif, qui devait être le dernier à n' en pas douter. Le contourner ne paraissant pas très prudent, le premier s' élança alors tout droit devant lui et, profitant de petites fissures peu visibles d' en bas, il réussit à se mettre à califourchon sur le casque tranchant. Il poussa un cri de joie. Le vrai sommet était proche, petite tourelle noire émergeant de l' arête neigeuse. Et là, tout près, il y avait le chemin ordinaire, un vrai escalier tout saupoudré de blanc.

Des bouffées de brouillard commençaient à se rassembler dans les couloirs et montaient à l' assaut des crêtes, en masquant une partie, puis l' autre. Par moment, il se croyait perdu en plein ciel, rattaché au monde terrestre uniquement par un bout de corde qui plongeait dans la grisaille; la minute d' après, le grand ciel consolateur s' étendait sur le monde entier, pendant qu' un joli petit nuage blanc s' accrochait à l' éperon voisin.

Arrivés au sommet, ils virent avec effroi qu' ils avaient mis presque le double du temps qu' ils avaient compté employer; un dernier coup d' œil sur le guide et la carte et une orientation générale avec la boussole ne seraient pas de trop avant que le temps ne se gâtât. Puis, d' un long regard calme qui fit le tour de l' horizon, ils se fixèrent dans la mémoire un panorama qu' on voit rarement de si haut à cette heure tardive, adouci par les teintes reposantes du soir; de grands châteaux de nuages blancs montaient de la vallée de Chamonix et venaient se fondre dans un ciel pur et velouté.

Les crampons aux pieds, ils s' apprêtèrent à chevaucher la longue arête; à gauche, une pente de neige d' une raideur inouïe se terminait par une chute de séracs et par derrière, tout en bas, calme et plat, le glacier du Tour était le lieu de refuge à atteindre; à droite plongeaient les grandes parois du flanc sud-est, taillées de couloirs et de brèches profondes.

Ils étaient sur l' arête tant désirée, mais en jouissaient-ils autant qu' ils l' avaient espéré? Question qu' on peut se poser après coup: ils n' y pensaient même pas. D' un feston à l' autre, trois êtres bossus se déplaçaient lentement, l' un avançait d' abord, pas à pas, la tête en avant et courbé sur son piolet; arrivé à bout de corde, il s' ancrait solidement, et le second suivait immédiatement, puis le troisième; le premier repartait alors, il descendait ou remontait un peu, brassant la neige fraîche qui s' échappait traîtreusement sous le pied pour filer en bas la grande pente de gauche; quand les crampons avaient trouvé un appui solide, le piolet avançait d' un pas, s' enfonçait profondément et l' autre pied suivait. Parfois, un son inarticulé sortait de ses dents serrées: « dégrouille » ou bien: « gaffe-toi », et ses compagnons le rejoignaient.

Ils perdirent encore du temps en allant tailler des marches dans de la glace vive pour contourner un gendarme par la gauche, au lieu de le passer à droite dans les rochers. Le soir approchait, et l' arête ne finissait pas, la pente de gauche était toujours aussi rapide, il n' y avait pas moyen de rejoindre le Dôme; feston après feston, ils avançaient peu et descendaient encore moins. Deux heures passèrent ainsi, quand enfin, après un dernier gendarme rocheux, ils purent couper à gauche, sauter la rimaye et se trouver sur un terrain plane.

Joie de courir en bas sans faire attention où l'on met les pieds et regarder autour de soi pour contempler le chemin parcouru. Les nuages avaient presque disparu et le soleil se couchait dans une gloire de pourpre; le sommet était si proche qu' il semblait impossible d' avoir mis tant de temps pour en venir; ils voyaient leurs pas dans la neige et les marches faites dans la glace au prix de longues minutes.

L' inclinaison devint bien plus raide qu' ils ne se l' étaient imaginé auparavant et la couche de neige dure diminuait; il n' était plus question de courir, la glace affleurait même par endroits. Un ou deux coups de piolet suffisaient encore à tailler une marche, puis la pente devint encore plus raide. On ne voyait rien plus bas qu' une épaule de neige où il fallait arriver; qu' y avait-il entre deux? un mur, un surplomb? et pourtant ils avaient la conviction d' être sur le bon chemin.

Il commençait à faire sombre; le plus jeune taillait et, pas à pas, disait ce qu' il voyait: de la glace assez dure, très raide, toujours plus raide... et puis! Soulagement, la pente régulière jusqu' en bas. Après une traversée horizontale il retrouva de la neige solide, peu épaisse, mais formant une croûte très résistante qui, une fois cassée, offrait de bonnes prises. Là il attendit longtemps.

L' homme du milieu faisait connaissance avec la glace qui ne lui plaisait pas beaucoup; il était de plus fatigué et avait faim; que fallait-il de plus pour lui enlever confiance en lui-même? Les marches étaient trop petites et il ne les distinguait plus bien; il se représentait, plutôt inconsciemment, que tout allait bientôt cesser pour le plus grand bien de son corps qui en avait assez, assez de lutter, assez de s' accrocher à des riens qui ne tiennent pas. Appuyé contre la pente, les mains agrippées au piolet, il ne bougea plus.

La parole ne servant plus à rien, le dernier dut descendre vers lui pour tailler quelques marches exceptionnelles et il s' ancra bien fortement; à cette vue, sa volonté reprit le dessus et il se mit à descendre l' échelle préparée, assuré à bout portant.

Le premier se hâtait pour arriver sur l' épaule blanchâtre avant que le rayon de lune ne l' ait quittée, mais chaque fois il devait s' arrêter à bout de corde et attendre patiemment et longuement. Finalement, il put se tenir debout sans avoir besoin de s' appuyer des genoux à la pente, il aurait voulu bondir en bas et rejoindre la ligne blanche qui n' était plus qu' à quelques pas, et la corde l' arrêtait.

Le petit croissant de la lune naissante se couchait déjà quand ils atteignirent le petit espace plat qu' elle éclairait encore; ils arrivaient trop tard pour qu' elle leur fût utile à quoi que ce soit; tout le reste était dans l' ombre.

La dernière goutte de thé et les quelques œufs crus qui restaient glissèrent en bas des gosiers altérés et allèrent redonner un peu de vie à tous ces membres raides et endormis.

Pas à pas, en sondant l' obscurité du piolet, ils descendaient la pente de droite, que de jour on aurait parcourue en courant. Il y eut une crevasse, et puis ce fut facile; ils se croyaient presque sur le glacier du Tour. Tout à coup une profonde coupure, un saut de 20 m. à pic les arrêta; ils allèrent à gauche et la lanterne leur montra un chaos de séracs emmêlés; ils remontèrent sur la droite en longeant le précipice, cherchant une issue dans ce désordre, sans qu' ils puissent voir à plus de 5 m. d' eux. Arrivés dans une sorte de couloir entre le glacier et les rochers de l' Aiguille Forbes, ils voulurent le descendre, mais crurent arriver à un surplomb. Conciliabule: le mot de bivouac passa deux lèvres sèches et épaisses; têtu, le chef ne voulait pas s' avouer vaincu si facilement, il monta sur un rocher voisin, regarda autour de lui et ne vit rien; entre temps, le ciel s' était couvert, tout était gris.

— Faisons du thé... Suggestion qui voulait donner sa dernière condition en vue d' un nouvel effort éventuel.

La réponse fut bourrue, à dents serrées:

— Si on continue, on trouvera bien.

— Restons ici... c' est 1 heure, il fera bientôt jour.

Et ils restèrent là, firent du thé, s' installèrent chacun sur une dalle étroite, les pieds dans le sac et la tête sur une pierre; les genoux étaient maillés; ils sentaient le froid qui gagnait lentement les cuisses. Un petit « biset » passa, il neigeotait, une douce langueur les enveloppait peu à peu et... le sommeil les délivra de toute sensation.

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