Le Gasteräspitz : un « nouveau » sommet. Randonnée alpine dans le Gasterntal

Proposte di gite

Tourentipp

Randonnée alpine dans le Gasterntal

Le Gasteräspitz: un « nouveau » sommet.

Flanqué des plus hauts sommets de calcaire des Alpes bernoises, un sentier exposé traverse des paysages sauvages. Il mène à un sommet dont le nom ne figure sur aucune carte. Le Gasteräspitz/BE offre aux randonneurs expérimentés une balade hors des sentiers battus et de nombreuses découvertes en matière de géologie et de flore.

Il y a 200 ans que l' homme s' est mis à explorer les Alpes et pourtant, il reste quelques sommets à découvrir. Ce n' est pas qu' ils soient apparus récemment mais un jour, quelqu'un a découvert leur intérêt, leur a donné un nom, a planté une croix à leur sommet – comme les membres de la section CAS de l' Altels l' ont fait en été 2004 sur le Gasteräspitz. Ce sommet, tout comme le Gasterntal, appartient à la commune de Kandersteg. Le tourisme est le moteur de l' économie de la région – un « avantage » dû à 73% de sol « improductif », selon la statistique. Pendant notre randonnée sur ce sommet « nouveau », ce manque de productivité fera notre bonheur à chaque pas!

Un petit sommet qui voit grand

Pour la majorité des alpinistes, le Gasteräspitz n' est qu' une étape insignifiante sur la route du Balmhorn qui, comme l' Altels, culmine près de 800 m plus haut. Mais pour le randonneur sans corde ni piolet, c' est un objectif de choix. Sa beauté vient justement de la proximité de ces géants couverts de glace et il ne serait pas étonnant qu' il devienne un classique. Le Gasteräspitz offre une ambiance de haute montagne, un itinéraire intéressant, des paysages sauvages et, à mi-chemin environ, la cabane du Balmhorn. Un minibus mène de Kandersteg à l' Hôtel Waldhaus, dans le Gasterntal, par Ici, le temps semble arrêté: le Gasterntal est l' un des recoins les plus sauvages de l' Oberland bernois. Au fond, l' Elwertätsch ( à g. ) et le Sackhorn Un panneau artisanal dans la vallée de Gasterntal: annonce prometteuse de la cabane du Balmhorn Photos: F redy Joss Photos: F redy Joss Les strates de calcaire des Jegertosse sont une illustration frappante des bouleversements géologiques qui ont provoqué la formation des Alpes une route étroite percée dans le roc. La Kander chemine librement à travers bois, formant de nombreux petits ruisseaux parallèles. De puissantes cascades s' élancent du haut des falaises. Depuis l' Hôtel Waldhaus, on suit une route non goudronnée qui s' enfonce dans la vallée. Un peu plus haut, un petit sentier quitte la route vers la droite. Il chemine entre les barres de rochers et à travers les falaises avec des marches taillées dans la pierre, des câbles d' acier pour faciliter certains passages, des passerelles de bois pour franchir les cours d' eau. Les coups d' œil sur le fond de la vallée ou les parois des Fisistöcke et du Doldenhorn – où un important éboulement s' est produit dans les années 80 – sont réservés aux randonneurs au pied ferme et au cœur bien accroché. On débouche ensuite dans un charmant vallon. La cabane du Balmhorn, admirablement située, y accueille les visiteurs fatigués. L' ascension du Gasteräspitz est possible en une longue journée, mais il serait dommage de ne pas profiter de l' hospitalité de ce lieu.

Tapis floral dans la vallée

A partir de la cabane, on traverse des prés et quelques pentes plus raides pour aboutir sur le Wildelsigengrat. Ici, le sentier disparaît parfois dans la pierraille mais des cairns indiquent la voie à suivre, le long de l' arête. Un dernier raidillon et l'on parvient au sommet du Gasteräspitz. Au menu visuel, le Gasterntal, les neiges du Kanderfirn et les quatre mille des Bernoises, les sommets des Mischabel Un lieu idyllique: une source cachée dans le Gasterntal Berges de gravier au bord de la Kander. A l' horizon, le Birghorn La largeur du Gasterntal laisse libre cours à la Kander La vallée resplendit de mille couleurs alors que le Balmhorn affiche une blancheur immaculée Le sabot de Vénus, ou cypripedium calceolus, une espèce protégée, pousse par bouquets entiers dans certains coins du Gasterntal qui luisent derrière le Hockenhorn et le Lötschenpass et bien sûr, la splendeur de rocher et de glace des imposants voisins: le Balmhorn et l' Altels. Parfois, un fracas épouvantable annonce qu' une chute de sérac balaie la face nord du Balmhorn. La voie normale redescend par le même itinéraire. Pour qui n' a pas eu sa dose d' aventure, une variante passe par les pentes escarpées versant est pour aboutir à l' alpe de Schönbüel puis à Selden, au fond du Gasterntal ( desservi par des bus ). Ce chemin est équipé de spits et de cordes fixes; on peut y pratiquer un assurage d' escalade ou de via ferrata, à choix.

Géologie et flore

Voilà bien un sommet qui a plus à offrir que de la hauteur. Les roches alentour livrent des informations passionnantes à qui se donne la peine de les regarder. Si au fond du Gasterntal, on est entouré du granit du massif de l' Aar, le bas de la vallée et les massifs environnants sont calcaires. Dans les faces sud des Jegertosse, qui bordent l' accès à la vallée, on reconnaît très clairement les différentes strates de calcaire. Quant au sol, il resplendit d' une pléthore de fleurs différentes. Le Gasterntal accueille non seulement la clématite des Alpes, une espèce rare, mais également 27 orchidées différentes. La plus grande et la plus connue d' entre elles, le sabot de Vénus, attire les insectes par des moyens pas très corrects 1... Des trésors qu' on peut aussi découvrir en longeant simplement la vallée de Gasterntal, par exemple de Selden à l' Hôtel Waldhaus et à travers le défilé nommé Chluse jusqu' à Eggeschwand, d' où part le téléphérique de Sunnbüel et le bus. La suite du chemin, le long de la Kander et jusqu' à la gare de Kandersteg, est elle aussi très agréable.

Informations générales

Situation: coordonnées du Gasteräspitz 620 460/142 940; 2821,. " " .7 m ( l' altitude indiquée sur la croix est erronéeCN 1: 25 000, feuille 1268, Lötschental Accès: en bus de Kandersteg à l' Hôtel Waldhaus, 1358 m, à l' entrée du Gasterntal; réservation obligatoire, tél. 033 671 11 72. Les véhicules privés paient une taxe. Itinéraire: 1 re étape: Hôtel Wald-haus–cabane du Balmhorn. A la bifurcation ( P. 1367 ), suivre l' indication « Balmhornhütte SAC »; 600 m de montée; 2 h 1 ⁄ 2. 2 e étape: cabane du Balm-horn–Wildelsigen–Gasteräspitz; 870 m de montée, 2 h 1 ⁄ 2, T3–T4.

Rhododendrons en fleurs sur le chemin de la cabane Le sabot de Vénus, sans doute la fleur la plus marquante du Gasterntal Un orchis miel ou pseudorchis blanchâtre sur le chemin de la cabane CAS du Balmhorn Photos: F redy Joss 1 Cf. encadré Variante à la descente: à partir de la combe qui part du P. 2729, descendre à Schönbüel par le versant est. Spits et cordes fixes. Il est vivement conseillé de s' assurer et de porter un casque. 1 h 1 ⁄ 2 jusqu' à Schönbüel ( T5 ) et 1 h 1 ⁄ 2 pour rejoindre Selden ( T2 ) Promenades dans la vallée: Selden– Waldhaus, 2 h, T1. Waldhaus–Egge-schwand, 45 min, T2. Eggeschwand– Kandersteg, 45 min, T1 Hébergement: cabane CAS du Balmhorn, 1956 m, gardée les week-ends de juin à septembre, le reste du temps sur demande; ouverte en permanence. Tél. cabane 033 675 13 40; renseignements et réservations: tél. 033 676 29 69 ou 079 745 37 56, www.luethistef.ch/sac- altels/balmhornhuette.htm ( en allemand ), balmhornhuette(at)luethistef.ch Hôtel Waldhaus, 1358 m, hôtel pittoresque à l' entrée du Gasterntal. Ouvert de juin à octobre, tél. 033 675 12 73 Cartes/Guides: CN 1: 25 000, feuilles 1267 Gemmi, 1268 Lötschental, 1247 Adelboden Ueli Mosimann, Alpinwandern – Rund um die Berner Alpen, Editions du CAS, Berne 2003; Jürg Müller, Berner Alpen 2, Editions du CAS, Berne 1993. Fredy Joss, Berner Hausberge, Editions AT, Baden ( disponible auprès des Editions du CAS ) En français: Maurice Brandt, Guide des Alpes bernoises – sélection d' itinérai, Editions du CAS, Berne 1982 a Fredy Joss, Beatenberg ( trad. ) Du haut du Gasteräspitz, le Balmhorn et l' Altels forment une coulisse distinctement alpine La cabane du Balmhorn est magnifiquement située, loin au-dessus du Gasterntal La cabane du Balmhorn vue de loin, au pied du Doldenhorn Le sabot de Vénus: beauté ne rimepas avec générosité Les insectes en quête de pollen ou de nectar sont irrésistiblement attirés par le parfum envoûtant de cette orchidée. En accédant à la fleur, ils s' engouffrent dans un piège: le sabot est un espace apparemment sans issue. Un peu de lumière filtre à travers la paroi, indiquant à l' insecte le chemin pour retourner à l' air libre. Mais avant cela, à l' arrière de la fleur, il se frottera à deux étamines qui déposeront sur sa tête deux boules de pollen. Lorsque l' insecte se fera piéger par un autre sabot de Vénus, les boules de pollen seront libérées exactement sur les stigmates: les organes femelle de la fleur. L' insecte pollinise ainsi l' orchidée à son insu, sans que la plante doive lui offrir nectar 0u pollen en contrepartie.

Sabine Joss, biologiste ( trad. ) L' agréable cabane du Balmhorn et le Doldenhorn Vue du Gasteräspitz sur le fond du Gasterntal, le Kanderfirn et les quatre mille des Bernoises Photos: F redy Joss

Feedback