Le Lac Bleu

Remarque : Cet article est disponible dans une langue uniquement. Auparavant, les bulletins annuels n'étaient pas traduits.

Marcel Michelet, Vollèges

La terre sombre, la terre matérielle, la terre opaque, la terre maternelle et sépulcrale:

par où le ciel, de sa lumière azuréenne, pour-rait-il y pénétrer et lui donner son âme?

Il y a la mer: elle est sombre, salée et amère.

Il y a les lacs de plaine: offusqués des flaques de pétrole et de la fumée des villes.

Il y a les hautes vallées: à peine ouvrent-elles un sillon noir entre deux mâchoires de pierre.

Il y a le glacier: trop fier de sa propre blancheur pour accueillir les rayons impalpables.

... Il y a ce petit lac bleu, bleu comme un œil d' en: tout le ciel y prend place avec une teinte bleu foncé, plus incarnée, et le mélèze qui s' embrase de mourir.

Le cœur sombre, le cœur matériel, le cœur opaque, le cœur mourant qui désire vivre:

Par où y pénètres-tu, mon Dieu, sinon par sa blessure à peine visible, son ardent petit lac de sang et de douleur?

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