Les variations des glaciers suisses 1958

Remarque : Cet article est disponible dans une langue uniquement. Auparavant, les bulletins annuels n'étaient pas traduits.

PAR A. RENAUD

Avec 7 illustrations ( 101-107 ) L' ENNEIGEMENT ALPIN 1957/58 L' automne 1957 fut marqué dans les Alpes suisses par un temps d' une clémence exceptionnelle, ensoleillé, chaud et sec. En octobre, la température moyenne de l' air au Säntis ( altitude 2500 m ) surpassa la valeur normale de 3 degrés. Le même excédent thermique fut relevé au Jungfraujoch et au Gothard en novembre, alors que la chaîne des Alpes émergeait de la mer de brouillard étalée sur le Plateau suisse. Les précipitations furent rares, de courte durée et ne touchèrent guère que le versant et le pied sud des Alpes. L' enneigement alpin permanent débuta déjà le 19 octobre dans les Alpes orientales et centrales, puis s' étendit les 8-10 novembre au Valais méridional; mais il n' augmenta que faiblement jusqu' à la fin de l' année.

Au nord et dans la partie occidentale des Alpes, l' enneigement s' effectua normalement en janvier 1958 et se renforça notablement au cours de février. Toutefois, si ce dernier mois connut de très fortes précipitations, il fut aussi exceptionnellement doux: le plus chaud à Bâle depuis 1826. On ne pouvait pratiquement plus faire de ski dans les régions d' altitude moyenne, et les 16/17 février, il pleuvait même au Säntis. Par conséquent, à cette époque, l' enneigement ne progressa que dans l' étage alpin proprement dit. En avril et mars, les chutes de neige ne furent pas importantes; mais les invasions d' air froid favorisèrent la conservation de la couche accumulée et en retardèrent la fonte. Le mois d' avril 1958 est à compter parmi les plus froids. Au Weissfluhjoch sur Davos ( altitude 2540 m ) l' enneigement maximal fut noté à mi-mars ( 245 cm ) et au Gütsch sur Andermatt ( altitude 2290 m ) à mi-avril ( 325 cm ). Pour ces stations il s' agit naturellement d' un enneigement temporaire qui disparut totalement au cours de l' été.

Quant à l' enneigement alpin, il atteignit son maximum plus tard, en mai ou en juin, selon l' alti et la région considérée. Au Jungfraufirn, l' épaisseur de la neige accumulée depuis l' automne précédent s' éleva à 410 cm le 19 mai 1958 à la balise P 3 ( altitude 3450 m ).

Au cours de l' été 1958, la fonte des névés fut beaucoup plus intense qu' en 1957. En effet, exception faite de juin, l' été fut plus chaud que la moyenne. Au Säntis, la somme des températures moyennes journalières positives du ler mai au 30 septembre atteignit 816 degrés, marquant un excédent de 9 % sur la normale. L' insolation fut intense et la limite inférieure des névés s' éleva plus haut que d' habitude. Dans le massif de la Bernina, la glace apparut en certains endroits qu' à 3450 m d' altitude.

Dans l' ensemble, et la fin de Vannée nivologique 1957j 58, V enneigement alpin laissa un résidu d' ac plutôt inférieur à la moyenne.

Les résultats détaillés récapitulés dans le tableau 3 nous ont été communiqués par MM. P. Kasser pour le Jungfraufirn, la Compagnie du chemin de fer de la Jungfrau pour Eismeer. Pour les Cla- 1 Observations annuelles publiées par la Commission des Glaciers de la Société helvétique des sciences naturelles avec la collaboration du CAS ( 79e rapport ).

rides et la Silvretta, ils sont extraits de la publication de M. W. Kuhn 1, dans laquelle les climatologues trouveront, outre des renseignements plus détaillés, des considérations extrêmement intéressantes sur le rôle du vent dans l' enneigement alpin. Il en ressort notamment que le vent tempétueux qui accompagna les chutes de neige en février en chassa une grande partie et modifia profondément la répartition initiale. Ce fait explique la grande variation constatée d' une région à l' autre dans la mesure des résidus d' accumulation.

Sur le Jungfraufirn, la balise P3 a permis de constater un résidu d' accumulation de 320 cm, supérieur à celui de l' année précédente. Or, malgré cela, la surface du névé s' y est abaissée de 50 cm alors qu' elle y était en hausse constante depuis 1950. Il s' agit peut-être pour l' année 1957/58 d' une conséquence tardive de la faible valeur du résidu d' accumulation de l' année précédente ( 230 cm ). Il est bien certain, en effet, que le tassement du névé persiste au-delà de la première année ( densité 0,5 à 0,6 ) pour atteindre finalement et après plusieurs années seulement, la densité du glacier proprement dit. Des études en cours préciseront dans un proche avenir la durée de cette transformation.

Au Jungfraujoch, la grande balise de 10 m de hauteur installée sur le col même par R. Haefeli 2 a montré que l' accumulation ne s' y effectue qu' au début de l' été, par chutes de neige mouillée. Une échelle nivométrique a été peinte sur le rocher à la sortie de la galerie du Sphinx; elle complétera désormais très utilement le réseau déjà important des balises d' enneigement de la région supérieure du Grand Glacier d' Aletsch.

CHRONIQUE DES GLACIERS 1957/58 En raison du but poursuivi par l' Année Géophysique Internationale 1957/58, les contrôles glaciaires furent intensifiés et l'on s' efforça, en automne 1958, comme en 1957 déjà, d' étendre les observations au plus grand nombre possible de glaciers. Les observateurs eurent donc à fournir un effort particulièrement important, ce qu' ils firent avec un intérêt et un empressement pour lesquels nous les remercions ici tous très vivement.

Le beau temps favorisa les mensurations et seuls les glaciers de Vorab ( GR ), Glärnisch ( GL ), Giétro ( VS ) et Plan Névé ( VD ) ne furent pas observés. En revanche, le réseau des contrôles s' est accru du Glacier de Gauli ( BE ) qui n' avait plus été visité depuis 1938. Le Glacier de Fee ( VS ) fut observé à nouveau après une longue interruption due, en 1953, à un éboulement de rochers qui avait recouvert la langue terminale. Le Glacier de Ried pourvu de repères en 1957 fournit ses premiers renseignements dans la région sèche particulièrement intéressante du Valais central.

En 1958, le réseau des contrôles des glaciers suisses s' étendait à 95 appareils et les observations recueillies donnent une image générale assez complète du régime actuel de la glaciation en Suisse.

1 W. Kuhn, Der Firnzuwachs pro 1957/58 in einigen schweizerischen Firngebieten. V. Bericht ( in Vierteljahrschrift der Natf. Ges. Zürich 1958 ).

2 Cf. A. Renaud, L' Année Géophysique Internationale 1957/1958. Les Alpes 1957, 4e trimestre, fig. n° 100.

La Commission des Glaciers a assumé elle-même les contrôles aux glaciers du Rhône et de Mutt ( MM. P.Ls.Mercanton et P. Mercier ), d' Aletsch ( P. Kasser ), de Grindelwald ( MM. W. Jost, V. et H. Boss ), de Findelen, Z' Mutt et Ried ( M. A. Renaud ).

Nos collaborateurs directs nous ont fourni les résultats de leurs mensurations pour les glaciers de Trient ( M. A. Guex ), Paradisino et Cambrena ( M. A. Godenzi ), d' Otemma, Mont-Durant et Breney ( M. J. Ls. Blanc, accompagné de clubistes du CAS, Section Diablerets ).

La Section d' Hydrologie de VInstitut VAWEjETH ( M. P. Kasser ) nous a aimablement communiqué les observations faites par ses soins aux glaciers d' Allalin, Schwarzberg, Tälliboden, Ofental et Kessjen. L' Institut fédéral pour V étude de la neige et des avalanches ( M. Th. Zingg ) s' est occupé du Glacier de Silvretta.

Plusieurs sociétés hydroélectriques nous ont prêté leur précieux concours pour les glaciers de Findelen et Gorner ( Grande Dixence ), Corbassière ( Electro-Watt ), Fiesch ( Société neuchâteloise d' étude de concessions hydrauliques ) et pour les glaciers de l' Aar ( Forces motrices de VOberhasli ).

Nos fidèles collaborateurs des Services forestiers cantonaux nous ont maintenu leur précieuse coopération vieille déjà de trois quarts de siècle.

Si le réseau s' étend à 95 glaciers, 4 d' entre eux déjà cités n' ont pas pu être contrôlés en 1958. En outre, au Glacier de Gauli, seule la cote terminale a été déterminée, et le lac temporaire qui s' est formé devant le Glacier de Blümlisalp ( voir plus loin ) a contraint l' observateur, M. A. Lombard ( Frutigen ), à suspendre les mesures de longueur, et seule la cote terminale a été mesurée en 1958.

On dispose ainsi, pour 1957/58, de 89 observations valables dont 83 se rapportent à des glaciers en décrue et 6 à des cas de crue.

La décrue des glaciers suisses est donc générale et ne se manifeste pas seulement par une décrue du front, mais aussi par un affaissement de la langue terminale qui a frappé tous les observateurs. Cette décrue résulte pour une grande part de l' ablation exceptionnellement forte que les glaciers subirent durant l' été 1958, dont on a déjà relevé plus haut les caractères d' insolation exceptionnelle, d' excédent thermique et de précipitations déficitaires.

Au Grand Glacier d' Aletsch, la limite du névé atteignit 3000 m, soit 100 m au-dessus de la moyenne. La fonte superficielle dépassa la normale et atteignit 4 m au travers de Märjelen, 9 m sur le profil de Katzlöcher ( environ 2080 m d' altitude ) et atteignit le record de 16 m à l' altitude de 1800 m, au-dessous de la forêt d' Aletsch. Le bilan hydrologique du bassin versant de la Massa ( 205 km2 ) marque pour l' année 1957/58 un déficit correspondant à une hauteur d' eau de 433 mm.

Au nombre des glaciers en crue, on retrouve celui d' Allalin dont nous avons déjà relevé l' avance irrécusable. Nous ne reviendrons pas sur l' essai d' interprétation que nous avons tenté pour expliquer la grande sensibilité de ce glacier aux variations de régime du névé. Il nous paraît intéressant par contre de signaler la ressemblance que ce glacier offre avec le Glacier des Bossons 1 A. Renaud, Les variations des glaciers suisses 1956/57.

( Chamonix ). Tous les deux sont des glaciers de pentes dans lesquels les réactions aux variations de régime du névé sont beaucoup plus rapides que dans les glaciers de vallées dont la dynamique d' écoulement est bien différente. D' après les observations de l' Administration française des Eaux et Forêts 1, le Glacier des Bossons a aussi manifesté de brèves avances, notamment en 1934, 1936, de 1937 à 1942, en 1946, de 1953 à 1956 enfin où la cote de l' extrémité inférieure s' est abaissée de 1325, 50 m à 1240 m, correspondant à une avance de plusieurs centaines de mètres.

A part le Glacier d' Allalin, les crues relevées en Suisse de 1957 à 1958 ne concernent que de petits glaciers: Bella Tola, Prapio, Paneyrosse et Martinets. Selon M. Max Oechslin, la crue du Glacier de Damma serait due à une accélération de l' écoulement sans rapport avec l' alimentation des névés.

La variation moyenne de longueur est de —16,2 m par glacier ( recul ), valeur supérieure à celle des trois années précédentes. Il y a lieu de remarquer ici que cette moyenne est basée sur 85 observations valables, à l' exclusion des valeurs relatives aux Glaciers d' Oberaar ( voir plus loin ), Fee et Findelen. En effet, la réduction de la langue du Glacier de Fee est essentiellement la conséquence d' un éboulement qui l' a recouverte de débris rocheux dont la présence a profondément modifié le processus de fonte. Des résidus de « glace morte » inapparents n' y sont pas exclus. Au Glacier de Findelen, la décrue des dernières années a fait apparaître d' abord un rognon rocheux en amont du front sur la partie droite; puis le torrent sous-glaciaire, d' une puissance d' érosion considérable, a découpé le lobe gauche, achevant de séparer la partie frontale du glacier de l' amont reposant sur un verrou rocheux ( voir illustration n° 107 ). Le résultat de cette évolution complexe est de laisser subsister entre le front de 1957 et celui de 1958 une masse considérable de « glace morte » dont la disparition exigera encore plusieurs années. Le déplacement du front n' est donc pas un fait « climatique pur » et un recul de cette sorte n' a pas de signification pour notre statistique.

Ajoutons enfin que le relèvement de l' émissaire du Glacier de Findelen de la cote ancienne de 2325 m à la cote actuelle de 2476 m permettra l' utilisation de ses eaux pour les déverser dans le bassin d' accumulation de la Grande-Dixence S.A. en les y conduisant par le collecteur « supérieur » situé à la cote d' altitude de 2400 m, la cote maximale de la retenue étant fixée à 2364 m.

Les observations commencées en 1922 au Glacier Inférieur de VAar, puis en 1926 au Glacier Supérieur de F Aar et dont nous donnons chaque année des extraits ( tableau 2 ) ont un intérêt considérable. Elles peuvent être considérées comme le type même des études systématiques propres à renseigner les ingénieurs et les glaciologues sur les aspects hydrologique et dynamique de l' écou glaciaire. Les deux glaciers de l' Aar diminuent toujours de volume, ce qui se traduit par l' abaissement persistant des profils. Toutefois, cette diminution marque un certain ralentissement. On y a relevé en outre une certaine augmentation de la vitesse superficielle des régions supérieures du Glacier Inférieur de l' Aar et, au front même, certaines parties ont avancé, ce qui est d' ailleurs compensé par le recul des autres portions.

Un phénomène bien curieux est l' accélération de la vitesse superficielle sur tous les profils du Glacier Supérieur de l' Aar depuis 1955, et cela malgré l' abaissement de la surface et une diminu- 1 Garavel et Poggi, Comportement des glaciers français depuis 1930. Publication n° 47 de l' Association Internationale d' Hydrologie scientifique ( Symposium de Chamonix 1958 ).

tion de volume persistante. Il y a là un paradoxe, apparent sans doute, mais intéressant à signaler. Serait-ce une conséquence de l' ennoyage, datant de 1953? Cela n' est pas exclu, mais nous n' ose l' affirmer.

En 1958, le lac d' accumulation du Grimsel a atteint le Glacier Inférieur de l' Aar, le 9 août, à la cote 1906,7 m. Le contact entre les eaux du lac et le front du glacier n' a duré que 74 jours et le niveau du lac s' est élevé au maximum à la cote 1909,54 m. Le front qui s' étend sur 500 m n' a été touché par l' eau que sur une longueur de 70 m. Nous avons par conséquent négligé l' action des eaux sur la fonte et admis que le recul moyen de 1,85 m avait, comme l' an dernier, une signification climatique.

Il n' en est pas de même pour le Glacier Supérieur de l' Aar dont le front a été ennoyé par le lac d' accumulation d' Oberaar durant 185 jours, du 16 juillet 1958 au 17 janvier 1959, et cela sur toute son étendue et une hauteur qui a atteint 17,1 m ( cote maximale de 2300 m ). Dans ces conditions, le recul de 36,75 m n' a pu être pris en considération dans le calcul de la variation moyenne de longueur des glaciers suisses.

La diminution progressive et constante de certains glaciers a provoqué en divers endroits la formation de lacs temporaires qui évoluent en s' agrandissant. Tel est le cas au Glacier de Stein \ où, selon les renseignements fournis par M. R. Haefeli, les études entreprises après la désastreuse débâcle des 29/30 juillet 1956 ont révélé que la glace morte constituait non seulement le barrage de retenue des eaux en aval du front, mais encore le fond même du lac. La langue terminale du Glacier de Stein s' avance à l' intérieur même du lac et l' émissaire du glacier y construit un delta de sable et de limon. Tandis que la surface du lac se maintient à la cote stationnaire de 1932,5 m, l' ablation de la glace se poursuit dans le fond et le volume des eaux accumulées augmente d' une façon inapparente de l' extérieur.

Le lac temporaire que nous avons visité le 12 octobre 1958 devant le Glacier de Blümlisalp en compagnie de A. Lombard a probablement une origine et une constitution analogues. En 1923 déjà, il mesurait quelque 50 m de largeur. Dès lors, le front du glacier s' est retiré en aval de plus de 200 m et le lac s' étend sur quelque 80 à 100 m. En 1957, sa largeur atteignit 16 m et la profondeur 5 à 7 m. Toutefois, à la différence du lac du Stein, l' eau s' écoule par le fond où, à l' arrière, les entonnoirs qu' elle creuse dans la glace ( moulins ) peuvent être facilement observés. Les eaux circulent ensuite dans les moraines et probablement aussi dans la roche sédimentaire sous-jacente. Quelques résurgences apparaissent en effet au-dessus de l' Alpe de Bergli.

Selon nous, le lac temporaire de Blümlisalp ne présente pas de danger apparent de débâcle catastrophique, car l' excédent des eaux, à l' époque des fortes fontes ou à l' occasion de grosses pluies peut s' échapper par-dessus les points bas de la moraine. Malgré cela une surveillance du lac nous paraît être une mesure de prudence nécessaire, car il suffirait que l' évacuation par le fond du lac soit entravée par la formation de bouchons de neige ou de glace au cours de l' hiver ou du printemps par exemple, pour modifier l' équilibre actuel.

M. Oechslin ( Altdorf ) nous a signalé également l' existence d' un grand lac devant le Glacier de Hufi, s' étendant en 1958 sur une longueur de 286 m, une largeur de 130 m et une profondeur moyenne de 1,8 m, maximum 2,5 m ) et qui s' écoule à ciel ouvert.

1 A. Renaud, Les variations des glaciers suisses 1956.

En résumé, durant l' Année Géophysique Internationale 1957/58 la décrue générale des glaciers suisses a été très active et s' est manifestée non seulement par le recul des fronts, mais aussi par la diminution de leur masse.

Récapitulation - Zusammenfassung 1956/571957/58 Glaciers observés 8889 Glaciers en crue 10 = 126=7% Glaciers stationnaires3=30=0% Glaciers en décrue 75 = 8583=93% Variation moyenne de longueur — 10,2 m16,2 m Variation de surface des glaciers suisses ( aires englacées ) de 1876 à 1934 ( 58 ans ) En comparant l' Atlas topographique de la Suisse ( Atlas Siegfried ) établi vers 1876 à la Carte Nationale de la Suisse établie vers 1934, toutes deux à la même échelle, M. P. Ls. Mercanton1 a établi que les glaciers suisses ont perdu durant ce laps de temps une surface totale de 275,47 km2, soit les 14,8 %. Le tableau 4 donne le détail de cette variation, par bassin hydrographique. Ces résultats sont définitifs et annulent ceux qui avaient été publiés antérieurement2.

1 Dr P.L. Mercanton ( Commission des Glaciers SHSN ), Aires englacées et cotes frontales des glaciers suisses, dans: Cours d' eau et Energie 1958, n° 12, Zurich.

2 P.Ls.Mercanton et A. Renaud, Les variations des glaciers des Alpes suisses 1952.

VARIATIONS DE LONGUEURS DES GLACIERS 1957/58 LÄNGEÄNDERUNGEN 1957/58 Bassin du Rhône - Einzugsgebiet der Rhone Tableau 1 Glacier Rhône 2 Canton

vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs

Mutt Fiesch Grosser Aletsch

Lans?

Kaltwasser

Allalin.

Tälliboden Schwarzber? 3 Ofental JCessien Fee 0953 1958 ).

Ried Gorner4 Z' Mutt

Findelen

Turtmann ( Ouest )

Turtmann ( Est ou Brunegg )... Zinal

Moming

vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs vs

VD VD VD VD VD Bella Tola

Moiry

Ferpècle

Mont-Miné

Bas d' Arolla ( Arolla )...

Tsidiiore-Nouve Cheilon L' En Darrey...

Cïrand Désert Mont Fort Otemma Mont Durand ( Val de Bagnes ).. Breney Valsorey Tseudet.

Corbassière Giétro.

Saleina...

Trient Tsanfleuron Plan Nevé ( Grand )...

Martinets

Prapio.

Sex Roupe Paneyrosse

Variations, en mètres, en Alt. front.m ) 1956/57 1957/58 1958 — X — 2 206514 — 10 26202,55 155024 — 20,5 1491 — 5 — 12 2010 - 17,5 - 35,5 + 17,5 + 2 2334 — 10 - 0,5 — 7,5 — 10 — 5,5 — 2,5 — 2 — 12 -^K)8 ( 5 ans )...

— 9 204036 — 20,5 202224 ( 2 ans36 2230 — 24 ( 2 ans ) —478 2476 — 11,5 — 66 2235,45 — 8 — 5 2370 — 8 - 10,5 19888,5 - 10,5 231521,5 ( 2 ans4 2760 — 6 — 14 — 34 — 42 - 6,5 — 54,5

— 23,5 - 10,5 — 9 — 12 — 18 — 2,5 + 27 — 41 — 7 — 7 — 2,5 — 6 0 — 22 2355,1 — 30 ( 2 ans53 225016 — 14 256022 — 15 249514 — 5 252015,4 — 46 2160 ( en 19520,5 — 9 — 11 178037 — 43 — 6 — 39,3 — 11 ( 2 ans8 ( 2 ans1 209012 + 1,5 23623 .__ 2

— 2 ( 2 ans1,5 1 Les valeurs munies d' un astérisque * sont approchées ( déterminations d' après la carte, altimétrie barométrique, p. ex. ).

2 Diminution de surface au front 1957/58: 5200 mètres carrés.

3 Partie supérieure: —10,7 m; partie inférieure: —9,7 m.

4 Diminution de surface au front 1957/58: 3733 mètres carrés.

Bassin de l' Aar - Einzugsgebiet der Aare Glacier Oberaar.

Canton... BE Unteraar.

BE Oberer Grindelwald.

BE Unterer Grindelwald1 BE Stein BE BlümlisalD BE Schwarz VS Gamchi

BE Rätzli.

BE Wildhorn BE Gauli

... BE Variations, en mètres, en Alt. front ( m ) 1956/57 1957/58 1958 — 44 — 37 2282,9 — 5 — 2 1906,7 — X — X

— 14 — 16 140087 1920 — 12 ( 2 ans ) 2180j — 2 21953 — 13 191543 — 47 2290

— 1 2452 2220 * Bassin de la Reuss - Einzugsgebiet der Reuss Griess ( bei Unterschächen(1955-1958 ) Wallenbühl ( bei Vorab ) UR UR UR UR UR UR UR UR UR OW OW Chelen ( " Kehlen " ) Rotfirn Hüfi..

Brunni Damma.

St-Anna..

Tiefen

Firnälpli Ost ( Grassengletscher )... Griess ( Griessengletscher )

— 5 ( 3 ans ) 2208 ± 2 — 21 — 27,5 2239 ± 5 — 22,5 - 13,5 2039 ± 5 — 7,5 — 26 2031 ± 5 — 25 — 37 17408 ( 2 ans ) 2255 ± 5 — 22,5 + 12 2065 — 11 — 8 2595 ± 3 — 11,5 — 5,5 2483 ± 4 + 11,5 — 31

— 29,5 Bassin de la Linth - Einzugsgebiet der Linth Sulz

.... GL Biferten

GL Glärnisch

GL

+

2,5 ( 2 ans7 1800 *

90 ( 8 ans2,5 1918

23,5 ( 10 ans...

Bassin du Rhin - Einzugsgebiet des Rheins Punteglias.

GR Vorab..

GR Lavaz...

GR Porchabella GR Verstankla

GR Silvretta

GR Lenta

GR Sardona SG Paradies GR Suretta GR Pizol

SG — 1,5 — 9 2330 — 28,5 ( 2 ans25 22608,5 — 22 256043 ( 2 ans11 2240 — 8 _ 9 2460 — 56 — 7,5 0 — 12 2450 — 33,5 — 16 2358 — 51 — 16 2192 — 0,5 — 38 2550 Bassin de l' Inn - Einzugsgebiet des Inns Mortenitsch GR Tschierva..

GR Tiatscha GR Sesvena.

GR Calderas

GR — 31 — 45,5 1990 —117 ( 2 ans40 2120 + 9,5 — 14 2500 *

— 8,5 271217,5 ( 2 ans8 2660 1 On donne ici la cote de la partie mesurable du front. Le torrent sort par contre à la cote 1260 m environ, au fond d' une gorge inaccessible.

Bassin de l' Inn - Einzugsgebiet des Inns Variations, en mètres, en Alt. front, ( m ) Lischana..

Glacier Canton... GR 1956/57 + 14 1957/58 - 30,5 1958 2272 Roseg..,... GR — 77,5 ( 2 ans32,5 2180 Bassin de l' Adda - Einzugsgebiet der Adda Forno GR — 31 - 23,5 0 — 5 — 28 — 20,5 — 15 - 2,5 2130 2330 2818 2522 Palü GR Paradisino.

GR Cambrena

GR Bassin du Tessin - Einzugsgebiet des Tessin Rossboden.

VS — 2,5 ( 2 ans18,5 — 18 — 2 — 22 — 7,5 Bresciana TI 2558 * Basodino

TI Tableau 2 Aaregletscher Mensurations des glaciers de l' Aar ( 1957/1958 ) par les « Forces motrices de l' Oberhasli » ( KWO ) Unteraar 1957/58 ( »56/58 ) Ecarts sur 1957 ( »56 ) Vitesses superficielles en m/an Profil Altitude moyenne m de cote, en m moyennes Ecarts sur 1957 ( »56 ) maximum moyenne maximum Grunerhorn ( Finsteraar.

2570,0 — 0,882,7* 38,35 + 0,53 * 52,8 Wildläger ( Lauteraar.

2523,1 — 2,24,5* 30,02 + 0,90 * Mieselen

2384,5 — 1,05 25,80 — 2,10 36,8 Pavillon Dollfus. Brandlamm 2242,1 -2,4 19,30 -1,50 25,2 Supérieure..

2028,81 — 2,33 — 7,5 7,37 — 0,46 11,6 Oberaar ( 1957/58 ) Suprême

2574,9 -2,2 13,13 + 1,02 19,4 Supérieur....

2506,8 — 1,9 -2,5 8,54 + 0,81 12,6 Médian

2406,9 — 3,2 — 3,5 8,25 + 0,52 11,9 Diminution de superficie en mètres carrés Unteraar

1956/57 2 320 1956/58 796 Oberaar

17 500 15 756 1 En 1956, la cote moyenne de ce profil était de 2031,1 m et non de 2085,1 m, valeur publiée par erreur dans le précédent rapport.

Variation de masse en milliers de mètres cubes Unteraar De front à front

1956/57 220 1957/58 34 1956/58 — 254 Du front au profil Brandlamm SupérieureDe Brandlamm Supérieure au Pavillon Dollfus... Du Pavillon Dollfus à Mieselenegg

— 2613 + 3197 + 1500 — 2 412 — 5 097 — 5 025 — 5 025 — 1900 — 3 525 Finsteraargletscher de Mieselen à Grunerhorn... Lauteraargletscher de Mieselen à Wildläger

— 2 086 — 2 660 Total Unteraar sans Lauteraar et Finsteraar.... Total Unteraar 1956/58 ( 2 ans )

+ 1864!

— 12 568 — 10 704 —15 450 Oberaar De front à front

430 — 500 930 Du front au profil Médian

2023 — 1 763 — 3 786 Du profil Médian au Supérieur

— 1729 — 1 414 — 3 143 Du profil Supérieur au Suprême

— 1271 — 1 349 — 2 620 Total Unteraar ( par an )

— 5453 — 5 026 Total Unteraar 1956/58 ( 2 ans )

—10 479 ENNEIGEMENT ALPIN 1956/57 - EINSCHNEIUNGEN IN HOCHLAGEN 1957/58 I. Observations au moyen de balises - Pegelmessungen Tableau 3 Glaciers Altitude en m Enneigement maximal ( fln d' hiver ) Résidu à l' étiageaccumulationdissipation ) Variation de niveau de la surface Aletsch 3345 4,1 m le 19 V 58 + 3,2 m le 11 IX 58 — 0,5 m Clarides 2440 3,5 m le 19 IV 58 0 le 10 IX 58?

Clarides 2700 4,4 m fin avril 58 — 0,05 m le 10 IX 58?

Clarides 2900 5 m fin avril 58 + 1,74 m le 10 IX 58?

Silvretta 2750 3,38 m le2V 58 — 0,6 m le 9 IX 58?

Silvretta 3000 3,15 m le2V 58 + 0,35 m le 9 IX 58?

II. Observations au moyen d' échelles nivométriques sur des parois ro cheuses Bei Felsmarken Glaciers Altitude Niveau maximal Niveau minimal 24 degrés le 10 X 57 18 degrés le 1 X 58 Variation de niveau de la surface Grindelwald Inférieur ( Eismeer ) 3100 48 degrés * le 22 IV 583 m * Enneigement hivernal maximal apparent de 24 degrés = 12 m.

1 Cette valeur doit remplacer celle publiée dans le précédent rapport.

Variation de surface des glaciers suisses ( aires englacees ) de 1876, époque du levé de l' Atlas Siegfried, et 1934, époque du levé de la Carte Nationale, d' après l' étude de P. Ls. Mercanton. Tableau 4 Aires englacées en km2 Variations des aires englacées Bassin versant Atlas Siegfried env. 1876 Carte Nationale env. 1934 de 1876 à 1934 Suisse Etranger Total kmla Aar, jusqu' à l' embouchure dans le Rhin, sans Reuss et Linth/Limmat

296,52 277,50 277,50 — 19,02 — 6,4 lb Reuss, jusqu' à l' embouchure de l' Aar.

134,37 112,07 — 112,07 — 22,30 — 16,6 le Linth/Limmat, jusqu' à l' embouchure dans l' Aar

38,59 32,95 — 32,95 — 5,64 — 14,6 lac Aar, jusqu' à l' embouchure dans le Rhin 469,48 422,52 — 422,52 — 46,96 — 10,0 \d Rhin, jusqu' à l' embouchure de l' Aar.

193,93 105,86 19,54 125,40 — 68,53 -35,3 I Rhin, jusqu' à Bâle/St. Alban

663,41 528,38 19,54 547,92 —115,49 -17,4 II Rhône, jusqu' à l' entrée dans le Léman.

933,96 841,60 1,73 843,33 — 90,63 - 9,7 III Tessin, territoire suisse seulement....

60,06 43,65 — 43,65 — 16,41 -27,3 IV Adda, territoire suisse seulement...

44,92 38,29 — 38,29 — 6,63 -14,8 V Inn, jusqu' à la frontière et territoire suisse du Fimberbach.

153 72 103 94 3 61 107 55 46 17 30 0 VI Rom ( Val Müstair, affluent de l' Etsch Adige )

0,25 0,11 0,11 — 0,14 — 56,0 IVI Total

1856,32 1555,97 24,88 1580,85 —275,47 -14,8

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