Les variations périodiques des glaciers des Alpes suisses. 53e rapport, 1932

Remarque : Cet article est disponible dans une langue uniquement. Auparavant, les bulletins annuels n'étaient pas traduits.

Cinquante-troisième Rapport — 1932.

Avertissement Des nécessités rédactionnelles ont malheureusement forcé « Les Alpes » à restreindre un peu la place jusqu' ici dévolue à ces Rapports. Soucieux de maintenir aussi complète que possible la « chronique des glaciers », origine et raison d' être des dits rapports, l' auteur a fait porter son effort de concentration sur la partie « nivométrique » en la réduisant aux faits essentiels, nécessaires toutefois à la saine appréciation des variations glaciaires.La rédaction.

L' enneigement des Alpes suisses en 1932.

L' année nivométrique a eu les caractères généraux suivants: fin d' au 1931 et début d' hiver à températures quasi normales mais un peu trop secs; janvier 1932 trop chaud encore. Dès février et jusqu' au début d' août, tous les mois sont trop froids et trop sombres avec, pour la plupart, un excès de précipitation. Ensuite changement complet: chaleur et sécheresse. Août 1932 a été le plus chaud depuis 1864 en Suisse. En septembre excès de chaleur aussi avec cependant un léger déficit d' insolation.

( Brückmann, Résumés mensuels. ) La modicité de l' enneigement a réduit beaucoup l' ampleur du phénomène de l' avalanche. On n' en a mentionné qu' une de vraiment grave, celle qui, le 10 avril 1932, a bousculé le train allant d' Interlaken à Lucerne, près de Kaiserstuhl. Partout les restes d' avalanche ont disparu très tôt; on n' en trouvait plus, notamment, aux alentours de Gletsch, à la fin de l' été, et à peine dans les Twingi de Binn et sous la Furka.

Observations et mesures de l' enneigement le montrent régressif. Il avait débuté tôt mais n' a été fort qu' au printemps et s' est maintenu tel jusqu' en été, où les chaleurs d' août en ont eu raison. Les totalisateurs ont en général emmagasiné moins d' eau qu' en 1931. Voici maintenant quelques données numériques:

Suisse orientale. A la cabane Parsenn ( 2280 m .), l' enneigement maximum n' a atteint que l,6 m. ( 1931: 2,4 m .); à la Weissfluh ( 2740 m. ), 2,75 m. ( 1931: 3,2 m.).Skiklub de Davos. ) Les balises du Silvretta ( 2760 et 3013 m .) ont eu, vers le 20 avril, des enneigements respectifs de 2,5 et 2,6 m ., depuis le 26 septembre 1931; mais le 23 septembre 1932, ce gain avait fait place à des déficits de 0,9 et 0,75 m. par rapport à 1931 1 ).

Au Sœntis ( 2500 m .), l' enneigement maximum n' a atteint, en avril, que 3,4 m. au lieu de 5,0 m.

Suisse centrale. Aux Clarides, même diminution générale: du 16 septembre 1931 au 13 juin 1932 l' enneigement maximum n' a atteint que 4,15 m. à la balise inférieure ( 2708 m .) et 4,2 m. à la supérieure ( 2900 m .); en 1931 on avait eu, et même dépassé, 5,5 m.Billwiller. ) Au flanc nord du Bristenstock et au Belmelen dont notre patient collègue M. Oechslin, forestier cantonal d' Uri, surveille la couverture neigeuse au jour le jour, celle-ci était remontée à 2410 m. à fin août, 70 m. au-dessus de son maximum de 1931. Dans les Alpes uranaises, la limite moyenne du névé a été 2380 m. ( 1931: 2330 m. ).

Du 6 octobre 1931 à fin mai 1932, la balise supérieure du Jungfraufirn ( 3300 m. environ ) s' est enneigée de 3,8 m .; le 14 octobre suivant, étiage de 1932, le résidu d' enneigement n' était plus que 2,75 m ., dépassant pourtant de 0,25 m. celui de 1931. Quant au nivomètre de l' Eiger ( 3100 m .), dont M. le Directeur Liechti et le personnel du Chemin de fer de la Jungfrau continuent à prendre soin avec une ponctualité précieuse, il a manifesté, en avril, un maximum de 52 degrés ( 2 degrés valent 1 mètre, comme aux échelles des Diablerets et d' Orny ). L' étiage a été atteint en septembre, par 6 degrés ( 1931: 24 ). Les bilans des trois dernières années ont été:

AccumulationDissipationRésidu annuel HiverMètresEtéMètresAutomne Mètres 1929—1930221930201930 +2 1930—1931 > 261931 > 181931 + 8 1931—1932141932231932 — 9 Suisse occidentale. L' équipement nivométrique des Diablerets a été surveillé toute l' année par M. Reber, guide, et son fils. Le contrôle d' automne a eu lieu le 22 octobre.

Le nivomètre ( 3030 m .), dégagé dès le 20 juillet ( dès le 19 juin ), a marqué l' étiage le 27 septembre: 74 degrés; celui de 1931 avait été 83, en août. Voici les bilans:

AccumulationDissipationRésidu annuel HiverMètresEtéMètresAutomneMètres 1929—1930 > 131930 > 8,51930 + 4,5 1930—1931 > 8,5 1931 > 41931 + 4,5 1931—1932 > 41932 > 8,51932 — 4,5 La balise érigée en 1931 émergeait de 0,9 m. le 19 juin; elle s' est abattue, déchaussée, vers le 13 septembre, témoignant que la dissipation a dépassé de 0,5 m. l' accumulation. Quant à la précipitation elle a été:

TsanfleuronDiablerets-Village Epoques2870 m.1170 m. ) 9 X 1931—19 VI 1932 105 cm.73,5 cm.

19 VI 1932—22 X 193247 cm.48,5 cm.

9 X 1931—22 X 1932 152 cm.122 cm.

soit 146 cm. en 365 jours, un demi-mètre de moins qu' en 1931.

Pour Orny ( massif du Mont Blanc ), nos renseignements sont moins complets que d' ordinaire, les contrôles annuels ayant dû être avancés pour cause de réparation du totalisateur. Ils ont eu lieu du 12 au 14 août, sous la direction du Dr Gaschen. Le mougin ( 3150 m .) avait, le 14 août, 274 cm. d' eau météorique, emmagasinée depuis le 18 octobre 1931. C' est quelque 1 m. de moins que l' année précédente, durant le même laps de temps. Orsières ( 980 m .) n' a reçu que 59,5 cm ., selon l' Observatoire de Genève.

La balise émergeait le 12 septembre 1932 ( Farquet ) de 1,8 m ., mais l' étiage, indéterminé, n' a guère été atteint avant la fin du mois et, l' émergence maximum de 1931 ayant été 2,3 m ., le résidu nival de 1932 n' a pu qu' être infime, si même il y en a eu un.

Les soufflures se sont encore agrandies. Celle de la Tour Rocheuse avait une largeur de 27,6 m. le 14 août avec 15,5 m. de profondeur; c' est un élargissement de 3,8 m. La grande crevasse du Col d' Orny s' était dangereusement rouverte.

Le contrôle du niuomèlre, toujours regrettablement désenneigé, s' est fait deux fois, les 18 juin et 15 octobre 1932. Le rapporteur, à bord d' un avion de chasse Potez, de l' Aviation militaire suisse, piloté successivement par MM. du Pasquier et Jolly, officiers aviateurs, a pu passer une demi-douzaine de fois le Col d' Orny « en rase-mottes » et prendre chaque fois une photographie du rocher portant l' échelle. Ces photographies se sont montrées parfaitement utilisables pour la mesure, et le procédé se recommande une fois de plus. Le 18 juin le zéro de l' échelle dominait le glacier de 7 m. ( degré — XIV ); le 15 octobre, c' était 12 m.XXIV ). En octobre 1931 on avait 10 m.XX ). Les bilans sont donc:

AccumulationDissipationRésidu annuel HiverMètresEtéMètresAutomne Mètres 1929—1930 > 71930 > 11930 + 6 1930—1931 > 31931 > 91931 — 6 1931—1932 > 31932 > 51932 — 2 Conclusion. En 1932 l' enneignement a été nettement régressif tant par déficit de précipitations qu' en raison des chaleurs de l' arrière. P.L. M.

Chronique des glaciers suisses en 1932.

Les contrôles de 1932 ont porté sur 108 glaciers. Les données émanent en majeure partie de nos agents forestiers; le reste nous vient de clubistes, membres et collaborateurs de la Commission des glaciers de la Société Helvétique des sciences naturelles. Ce sont MM. Guex ( Trient ), Imhof ( Binn ), Campiche ( Rosenlaui ), Vogt ( Bregaglia ), Maag ( Findelen ), Renaud ( Zmutt ), enfin MM. Lütschg, Mercanton, Oechslin de la dite Commission. La Compagnie des Forces motrices de l' Oberhasli a continué, sous l' impulsion résolue de son Directeur M. Kaech, les mensurations détaillées de l' Unteraar. Enfin le chroniqueur, obligeamment accueilli à bord de ses machines par l' Aviation militaire suisse, a pu constituer nombre de documents photographiques, ici reproduits en partie. Grâce à ces divers concours il peut donner, une fois de plus, un tableau satisfaisant des variations glaciaires de nos Alpes en 1932. Que tous en soient remerciés ici.

Voici maintenant, dans leur forme habituelle, les résultats de ces contrôles:

I. Bassin du Rhône.

Tableau I. Variations, en mètres, en Glaciers19301931 1932 Rhône201616 Gratschlucht46,510 Thali ( Binn ) 02330Turben137 Mittlenberg3,506 Fiesch81,52,5 Aletsch184,52,5 Kaltwasser6,61412 Ofenta11,5121,5 Schwarzenberg35 ( 3 ans21,5 Thäliboden2511 Kessjen10 ( 3 ans3 5 Allalin3,59,57,5 Fee151216,5 Gorner15,57,59,5 Zmutt 002 Findelen23,525,53 Turtmann12,56,69 Lœtschen 6,550 Duran ( Tsinal)1,51,6 Moming38,58 Moiry14,55 Ferpècle8144,5 Arolla2,5411 Tsigiorenove10,522,561Duran ( Seillon)4,522,5 Grand Désert12,59,510 Mont Fort 01,52 Valsorey 000 Breney11 Otemma32 Saleine460 Orny5,52Trient1716,510 Martinets345 Paneyrosse 11,53318 Grand Plan Névé 22 Tableau I ( suite).Variations, en mètres, en Glaciers193019311932 Petit Plan Névé5713 Prapioz15512 Scex Rouge30144 Lendarrey03,5 Sont, en outre, en décrue: Tseudet, Botseresse, Mont Duran. L' extrémité du glacier du Rhône a reculé de 16 m. encore et s' est rétrécie sur le profil bleu à 139 m. de largeur. Son levé sommaire, effectué le 1er octobre par le chroniqueur avec M. Héli Badoux, a fourni les données ci-dessous:

Aire couverte en aval du profil bleu 1570 m2 Largeur sur le dit profil 139 m.

Variation d' aire totale en 1931— 2110 m2 Aire sans le portail 1020 m2 Ordonnée moyenne de l' aire totale ll,5 m.

Le portail a perdu beaucoup de son ancienne majesté. Deux cryocinémètres ancrés dans la falaise du lobe gauche, à 30 et 40 m. du Rhône respectivement, y ont mesuré, le 28 septembre 1932, des vitesses de 1,8 et 2,8 cm./j ., soit 2,3 cm./j. en moyenne; c' est un ralentissement de 2,2 cm./j. par rapport au 12 septembre 1931. Du côté droit, les deux instruments reliés à l' éperon de glace saine terminant le piédroit occidental du portail, ont marqué, à 20 et 25 m. du torrent, ce même 28 septembre, respectivement 11,9 et 11,3 cm./j ., soit 11,6 cm./j. en moyenne, vitesse supérieure de 5,7 cm./j. à celle de 1931 mais inférieure de 3,4 cm./j. à celle de 1930 dans les mêmes parages. Le « mouvement glaciaire » paraît prendre chez ces masses terminales peu épaisses, appuyées aux inégalités du lit rocheux, une allure plutôt saccadée de déplacement en bloc autant que d' écoulement plastique. Le retrait du glacier, à son flanc gauche, privant les masses de leur appui inférieur, y provoque de continuels éboulements balayant le talus incliné terminal. Au Belvédère même, la glace s' écartait, le 29 septembre, de 25,6 m. du repère plombé ( mesurés perpendiculairement au rocher ); c' est 8,5 m. de plus qu' en 1931. On a eu mille peines à maintenir en état de visite la grotte creusée en cet endroit.Mercanton et Badoux. ) Au Gorner, M. André Renaud, avec l' appui de la Commission des Glaciers, a fait une quatrième campagne d' étude des « dolines » qui singularisent ce glacier. Ses recherches ont cette fois porté aussi sur l' origine des entonnoirs parsemant les affluents de Grenz et des Zwillinge. Ces derniers ne semblent pas, comme celles du Gorner proprement dit, procéder d' initiales « crevasses en poches », élargies ultérieurement par l' eau, mais être plutôt des « moulins » temporairement obstrués par les neiges de l' hiver et agrandis au printemps par les ruisselets y confluant et la stagnation de l' eau. Cette stagnation paraît bien jouer le rôle essentiel dans le développement et la configuration des dolines.Renaud. ) Le lagot observé depuis 1929 au front du Moiry s' est beaucoup agrandi par la retraite du glacier.Müller. ) Le recul du Tsigiorenove, 61 m ., paraît excessif; y aurait-il eu erreur dans la mensuration de l' année précédente?

M. Gaschen, bien secondé par M. Georges Fellay, de Lourtier, a refait, après deux ans, la visite des glaciers bagnards. Il les a trouvés tous en retrait, celui d' Otemma notamment. Le régime du Giétroz n' a pu cependant être avéré de façon précise; il était stationnaire ou en faible recul. Le Montduran a perdu 7,5 m. depuis 1927.

Parmi tant de glaciers en recul ceux de la chaîne vaudoise-valaisanne: Martinets, Paneyrosse, Grand et Petit Plan Névé, en crue, font une exception assez surprenante; ce sont tous de petits glaciers de cirque, tournés vers l' ouest.

II. Bassin de l' Aar.

Tableau I. Variations, en mètres, en Glaciers193019311932 Oberaar134,516,5 Unteraar141311,5 Rosenlaui91812 Grindelwald Supérieur. .411929 Grindelwald Inférieur, front8,553 Eiger406 Stein2012 Blümlisalp076 Schwarz02,51 Tsanfleuron 24038 Gamchi1518 Ratzli4714,5 Tschingel5 En outre sont:

stalionnaires: Renfen, Wildhorn, en décrue: Trift, Gauli, Tierberg, Wiessbach, Gruben, Aerlen, Bächli..

Voici, obligeamment communiqués par M. le Dr h.c.. Kaech, directeur, les mesures faites aux glaciers de l' Aar par le personnel de la Compagnie des Forces motrices de l' Oberhasli, spécialement par M. Flotron, ingénieur-géomètre. Cet ensemble tire un intérêt renforcé du fait que les eaux retenues par le barrage de la Grimsel ont atteint déjà en automne 1931, temporairement, le front de l' Unteraar et l' ont baigné de toute leur hauteur, 18 m ., entre le 19 août et la mi-octobre 1932, sans d' ailleurs l' avoir abandonné jamais tout à fait, entre temps. L' attaque, tant par fonte que par affouillement, a amené en certains points un recul dépassant 50 m. et le « vêlage » ( Kalbung ) a formé des falaises azurées superbes.

Les photographies ci-contre donnent une faible idée de ce travail, comme aussi de l' aspect de l' Unteraar devenu un vrai glacier de fjord polaire.

Dans son recul moyen de 11,5 m. en 340 jours, le glacier a libéré 6885 m2 de terrain et perdu environ 206,500 m3 de sa masse frontale.

Le tableau III montre les changements de niveau et de vitesse superficielle des profils.

Glacier d' Unteraar. Mensurations de la Compagnie des Forces motrices de l' Oberhasli.

Tableau I. Variations du niveauVitesses superficielles .moyen, en m./anmoyennes, en m./an des profils 1929/301930/311931/321929/301930/311931/32 Grunerhorn, Finsteraar: 2602 m. 1,21,7044,544,344,7 Mieselen: 2419 m. 1,5 - 1,1 - 0,336,437,0536,45 Pavillon Dollfus: 2284 m. 0,1 — l,05 — 0,2533,033,6532,9 Brandlamm, Supérieur: 2126 m.0,95 -1,35 +0,216,217,116,55 Brandlamm, Inférieur: 2020 m. 1,2 — 1,9 — 1,855,45,755,25 En outre, après deux ans, le profil du Wildläger ( Lauteraar ) ( 2556 m .) a pu être remesuré. Il s' est abaissé de 1,55 m. et la vitesse y a cru de 32,25 à 33,0 m./an. De ce profil à celui du Mieselen, le glacier a perdu en deux ans 2,373,000 m3 de son volume. Du profil Grunerhorn-Finsteraar au même Mieselen la perte n' a été, de 1931 à 1932, que 415,000 m3. Pour l' Unteraar même, en aval du Mieselen, on a les chiffres du tableau ci-dessous:

1930/311931/32 Du front de 1931 au front de 1932 223,000 m3206,500 m3 Du front au profil Brandlamm Inférieur. .726,000 m3688,000 m3 Du profil Brandlamm Inférieur au Brandlamm Supérieur1,786,000 m3924,000 m3 Du Brandlamm Supérieur au Pavillon Dollfus2,647,000 m378,000 m3 Du Pavillon Dollfus au Mieselen3,230,000 m3873,000 m3 Total 8,612,000 m3 2,769,500 m3 C' est pour toute l' étendue de la langue un amaigrissement notablement moindre qu' en 1931.

L' Oberaar a reculé de 16,3 m. en 336 jours, dénudant 6840 m2 de terrain.

( Kraftwerke Oberhasli. ) Le Rosenlaui a reculé de 12 m. en moyenne et l' amaigrissement de ses parties basses et moyennes est frappant. Le nounatak rocheux, au milieu du cours glaciaire s' est considérablement agrandi. Des éboulements de glace menacent derechef le sentier de la cabane Dossen.

Le Tierberg est revenu par retrait à ses dimensions de 1920.

( Campiche. ) Au côté droit du front du Grindelwald Supérieur, où, en 1931, on voyait encore un lobe de glace, il n' y a plus qu' un amas de matière, éboulée de la falaise terminant le glacier dans les rochers au-dessus. Quant au lobe gauche du glacier, il est maintenant très détaché de la moraine du Milchbach. La grotte a dû être retaillée maintes fois; l' amincissement de son plafond en provoquait l' effondrement.

En revanche, le Grindelwald Inférieur a manifesté une crue. Son milieu s' est notablement exhaussé. La grotte a dû être recreusée aussi, mais cette fois parce que bousculée par le mouvement glaciaire. Le Tschingel a avancé de 5 m. depuis deux ans.R. Schwammberg. ) III. Bassin de la Beuss.

Tableau V. Variations, en mètres, en Glaciers193019311932 Firnalpli E2 Griess ( Klausen)311 Kartigel4,59,55 Wallenbühl ( Voralp ) ...17 16,57 Kehlefirn107,518 Schlossberg5 2,51,5 Hüfi24,51,5 Brunni8 012 Schiessbach21 417 Damma18,5116 St-Anna442 Tiefen1,53,51 IV. Bassin de la Linth.

Su/2 — 5,502 Clarides115 Biferten00Tableau V.V. Bassin du Bbin.

Sardona — 5,5419 Piz Sol — 15,535 Punteglas — 4,594 Ober-Segnes25,612 Vorab1927,5 Lavaz3,53,57,5 Tambo423 Zapport24Porchabella12,5134,5 Paradies10103 Scaletta 068 Tableau V ( suite).Variations, en mètres, en Glaciers1930 1931 1932 Verstankla6,5 — 3,5 — 7,5 Lenta0 — 30,5 — 6,5 VI. Bassin de l' Inn., Morteratsch — 111215 Roseg — 12,512 Lischanna — 9,511 Schwarzhorn — 100 Picquogl — 714 Tiatscha — 3,51,57 VII. Bassin de l' Adda — 722 Palü — 15,527 Albigna257,5 Cantone142 VIII. Bassin du Tessin.

Rossboden — 5120,57 Muccia — 60 Bresciana — 915,514,5 Basodino1011,618 En outre sont en décrue ( depuis 2 ans ): Bondasca, Cengalo.

Les glaciers en crue sont ceux exposés au nord.

Au Schlossberg, 1a masse neigeuse apportée par les avalanches de 1931 devant et sur le front recouvre encore le portail mais a régressé d' aval en amont de quelque 80 m.

Le Griess ( Klausen ) est si couvert de moraine qu' on n' y voit la glace qu' à son portail. Dans cette région les eaux de fonte ont souvent nettoyé les glaciers des couches de débris épaisses qui les salissaient en maint endroit.

Le Kartigel a cru de 5 m. en moyenne, de 9 m. même sur son côté droit. Il a décru de 4 m. à gauche. L' apport des glaces du Winterberg-Fleckistock l' emporte donc sur celui de la région Winterberg-Spitzli, pourtant plus inclinée.

Au St-Anna, en retrait, un lagot s' est formé entre la moraine frontale de 1925 et le glacier toujours plus maigre.

M. Oechslin remarque enfin que la décrue, en dénudant le terrain devant les petits glaciers « suspendus », l' expose de plus en plus au ruissellement, accentuant en conséquence l' empierrement des pâturages contigus.

( Oechslin. ) M. Streiff-Becker qui a mensuré le Claridenfirn ( lobe NE ) l' a trouvé en recul de 15 m. au moins et s' inscrit en faux contre l' avance de 3,5 m. indiquée pour 1931.

MM. Vogt et Meisser qui mesurèrent les glaciers du Val Bregaglia ont dû renoncer à le faire au Bondasca, trop crevassé. Comme le Cengalo, il est en décrue depuis 1930.Vogt et Meisser. ) Le tableau VI récapitule les observations suisses de 1932. Tableau VI.

Nombre de glaciers Bassinsobservésen crue stationnaires en décrue Rhône446335 Aar223217 Reuss133010 Linth2002 Rhin120012 Inn5014 Adda6006 Tessin4211 Totaux 10814787 % en 1931221266 % en 193213780 Différences en %9 — 514 Donc, en 1932, de 100 glaciers des Alpes suisses, 13 étaient en crue, 7 étaient stationnaires, et 80 étaient en décrue.

Les chaleurs de l' arrière l' ont emporté sur l' enneigement médiocre de l' hiver précédent. La proportion des glaciers en décrue a repris sa valeur de 1930.

Pour finir, je tiens à signaler le très intéressant parallèle établi, sur la base de ces Rapports et des observations du réseau météorologique suisse, par le Dr Billwiller, entre les variations de nos glaciers et les éléments température de l' air et précipitation atmosphérique 1 ):

La crue générale de la deuxième décennie du XXe siècle a coïncidé avec une augmentation des précipitations en haute montagne et un abaissement de la température estivale. Le recul de la troisième décennie a concordé non pas avec une diminution sensible de la précipitation, mais bien nettement avec une accentuation des chaleurs de l' été. Ainsi donc la température de la belle saison serait le facteur de variation essentiel. Forel l' avait indiqué déjà, peu avant sa mort.P.L. M.

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