Montagnes et forêts vierges en Nouvelle-Zélande. Aux antipodes de nos Alpes

MONTAGNES ET FORÊTS VIERGESEN NOUVELLE-ZÉLANDE

Photos: Martin Laternser

T E X T E / P H O T O S Martin Laternser, Davos ( trad. )

L' origine géologique des Alpes néo-zélandaises

Il y a environ 100 millions d' années, le grand continent primitif méridional de Gondwana, qui réunissait ce qui est aujourd'hui l' Antarctique, l' Australie, l' Afrique, l' Amérique du Sud et le sous-continent indien, commença à se fragmenter. La partie qui allait devenir la Nouvelle-Zélande se sépara de l' Australie et de l' Antarctique. Depuis environ 25 millions d' années, la plaque Pacifi que se déplace vers le sud par rapport à la plaque australienne, le long d' une ligne de faille traversant l' île sud de la Nou-velle-Zélande. Les contraintes de cisaillement horizontales ont littéralement déchiré celle-ci dans sa longueur. La plaque Pacifi que et la plaque australienne sont aujourd'hui décalées de 450 km. La faille rectiligne ( « Alpine Fault » ) compte parmi les structures les plus impressionnantes du globe et elle est nettement visible sur les images satellite. Les Alpes néo-zélandaises sont nées il y a 5 millions d' an d' un soulèvement important et toujours actif à l' est de cette faille. La vitesse de soulèvement près de la faille est actuellement de 10 mm par an. Les Alpes néo-zélandaises

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Le glacier de Volta vu du Mt Aspiring: un large plateau glaciaire sur le 3000 m le plus méridional des Southern Alps Vue du Mt Aylmer sur le glacier de Tasman – le plus long des Southern Alps – et jusqu' au Mt Cook, 3754 m, sommet le plus élevé du Pacifi que sud Photos: Mar tin Laternser Gair Loch, un lac de montagne encerclé d' une végétation luxuriante dans la vallée de Seaforth, Fiordland Ambiance mystique sur le Garden of Eden, un plateau glaciaire diffi cilement accessible au centre de la côte ouest Montagnes du Westland dans le brouillard. Vue du Garden of Eden sur la Perth River

se sont jusqu' à maintenant soulevées de près de 25 km, mais elles n' ont jamais beaucoup dépassé leur hauteur actuelle. Leur importante vitesse de croissance est en effet pratiquement neutralisée par un taux d' érosion climatique élevé.

Régime de vents d' ouest et précipitations abondantes

La Nouvelle-Zélande est située dans la zone de vents d' ouest – « les quarantièmes rugissants » – de la circulation globale, ce qui implique avant tout un climat changeant et actif. De par son isolement, l' île sud se trouve sous l' infl uence des masses d' air saturées d' humidité venant de la mer de Tasman. Sous forme de front froid de secteur nord-ouest, ces masses d' air entrent en général perpendiculairement en collision avec la barrière des Alpes néo-zélandaises qui s' étire du nord-est au sud-ouest, ce qui les oblige à remonter à plus de 3000 m d' altitude sur une très courte distance ( 20 km dans la partie centrale de la zone côtière ). Le refroidissement qui s' ensuit arrose le versant ouest de précipitations extrêmement abondantes. Celles-ci atteignent leur intensité maximale à une altitude d' environ 1500 m, où la pluviométrie annuelle est de 15 000 mm. Le climat y est presque tropical: des nuages se forment pendant la journée et il commence souvent à pleuvoir l' après, lorsqu' il ne pleut pas toute la journée. En mars 1982, par exemple, il est tombé à Alex Knob ( 1330 m ) 1810 mm de pluie en trois jours, soit presque le double des précipitations annuelles enregistrées sur le Plateau suisse. Ces précipitations abondantes s' accompagnent en général de vents tempétueux. Sur le Main Divide, la chaîne principale, les rafales à plus de 300 km/h ne sont pas rares. Le versant oriental des Alpes néo-zélandaises est par contre relativement sec et chaud sous l' infl uence d' un foehn puissant appelé « Nor' wester ».

Des glaciers actifs à l' ouest

Lorsque le naturaliste autrichien Julius von Haast découvrit en 1865 un glacier impressionnant qui traversait la jungle des régions occidentales et descendait presque jusqu' au niveau de la mer, il l' appela le glacier de Franz Joseph en l' honneur de son empereur. Les Maori 1, très proches de la nature, l' avaient quant à eux baptisé « Nga roimata o hine hukatere » ( les larmes de la dame des avalanches ), une image fort appropriée qui rend compte à la fois de l' importance et de la formation de ce glacier.

En altitude, les précipitations tombent presque toute l' année sous forme de neige. En hiver et au printemps, la limite de la neige se situe entre 1200 et 1500 m, c'est-à-dire nettement plus haut que dans nos Alpes, et à la fi n de l' été, elle ne remonte qu' à 2100–2400 m, donc nettement plus bas que chez nous. Le climat est typiquement océanique; il ne fait jamais très chaud ni très froid, mais toujours humide et frais. Cela a permis la formation, sur le versant ouest, de glaciers actifs et turbulents qui se fi s-surent en raison de la forte pente et s' avancent très bas dans la zone de forêts. Une progression de 2 à 3 m par jour, atteignant jusqu' à 1 km par année, est normale ici. qu' on marche sur ces glaciers, on est entouré de grondements et d' éclats, de chutes de séracs, d' avalanches de glace qui descendent jusque dans la vallée dans un bruit de tonnerre. Cette activité impressionnante n' étonnera pas si l'on sait que dans ces régions, les chutes de neige peuvent atteindre 100 m par année, à savoir 10 à 20 fois plus que dans nos montagnes.

1 La population autochtone de la Nouvelle-Zélande est composée de Poly-nésiens qui colonisèrent la Nouvelle-Zélande il y a environ mille ans.

Photos: Mar tin Laternser Grand Plateau, Glacier Dome et Mt Dixon ( à g. ), à l' est du Mt Cook Le « Nor' wester » – vent de foehn – souffle sur le glacier de Tasman: précipitations intenses à l' ouest et vents tempétueux sur Main Divide Grâce à des chutes de neige abondantes, le long de Main Divide, on trouve des glaciers particulièrement actifs: la Sierra Range vue du Mt Sefton, région du Mt Cook Breakaway: une imposante zone crevassée dans la région du Mt Aspiring Glacier de Spencer depuis le Grand Minaret, région du Mt Cook: l' un des glaciers sauvages, raides et crevassés du Westland Vue du Glacier Dome, Grand Plateau et bassin versant du glacier de Tasman 2 « vert vivant » – la chercheuse néo-zélandaise Maud Moreland a donné naissance à cette expression en 1906 lors de son voyage scientifique.

Des glaciers calmes à l' est

Si les glaciers du flanc oriental profitent encore des énormes quantités de neige fraîche accumulées dans le haut du bassin versant, près de Main Divide, ils s' écoulent plus lentement compte tenu de la pente beaucoup plus douce, pour se terminer la plupart du temps dans un formidable chaos d' éboulis et de moraines. Comme la langue du glacier est fréquemment enterrée sous plusieurs mètres de sédiments, la limite de la glace, ainsi que ses variations, sont souvent difficiles à déterminer. Avec ses 29 km, le glacier de Tasman n' en est pas moins le plus long de l' hémisphère sud, après ceux de l' Antarctique et de Patagonie. Il mesure même 6 km de plus que l' Aletsch, le plus long glacier des Alpes.

La superficie des glaciers de Nouvelle-Zélande totalise 1160 km 2. Elle est donc comparable à celle des glaciers des

Alpes suisses ( 1340 km 2 ), mais nettement inférieure à l' ensemble des glaciers de notre arc alpin ( 2900 km 2 ). Pendant la dernière glaciation, jusqu' il y a 13 000 ans, les Alpes néo-zélandaises étaient recouvertes d' énormes calottes glaciaires. Sur le versant ouest, les glaciers arrivaient souvent jusqu' à la mer. Sur le versant est, les glaciers des vallées en pente douce s' avançaient très loin dans l' avant et ont laissé après leur retrait de grands lacs ressemblant à ceux du Plateau suisse. Dans certaines régions, ils ont façonné des fjords profonds comme en Norvège, à cette différence près que le « Fiordland » néo-zélandais est recouvert d' une végétation luxuriante.

« The living green » 2

Le visiteur est impressionné par la densité d' une végétation de caractère presque tropical, par la moiteur de l' air et le grondement de nombreux cours d' eau. Sur le versant ouest de l' île du sud notamment, les parois rocheuses verticales elles-mêmes sont souvent recouvertes d' herbe, de mousse et de fougères. L' isolement de cette région a permis le développement d' une flore variée et unique en son genre. Les espèces sont à 93% endémiques, c'est-à-dire qu' on ne les trouve qu' en Nouvelle-Zélande. A relever, l' incroyable diversité des fougères, dont on recense 164 variétés, allant des espèces naines aux arbres de 6 m de haut. Contrairement à la jungle luxuriante du versant ouest, les forêts du versant oriental sont nettement plus claires et dominées par le hêtre de l' Antarctique. La limite de la forêt, souvent comme tirée à la règle, se situe généralement à 1000 m. Ici, pas d' économie alpestre qui érode et repousse la forêt vers le bas!

De la ceinture arbustive aux gazons alpins

Sur 200 m au-dessus de la zone des forêts proprement dite, on passe dans le « subalpine scrub », une zone arbustive très dense. Les buissons noueux et rigides hauts de 2 à 3 m peuvent poser de réels problèmes à l' alpiniste et au randonneur, formant un tapis parfois impénétrable. On doit avancer à quatre pattes sur les buissons comme si l'on se trouvait sur une haie de hêtres taillée. Autant dire que la progression est presque impossible, surtout avec un sac à dos qui pèse lourd. Mais c' est précisément ce qui nourrit chez des générations d' alpinistes et d' aventuriers une quantité de récits drôles et invraisemblables.

A la ceinture arbustive succèdent plus haut les gazons alpins. Bien que le tussock, plante typique de cette zone, puisse également former de grandes touffes en tabourets pouvant atteindre 1 m de haut, il ne fait généralement pas obstacle à la progression du marcheur. Seul le taramea, ou speargrass, qui forme parfois des champs relativement

Photos: Mar tin Laternser Le sentier « Burn Flat », sur la célèbre piste du même nom, Mt Aspiring National Park. A noter, la limite très nette de la forêt

denses, peut être désagréable avec ses feuilles acérées comme des poignards et ses longues aiguilles épineuses. Le gazon alpin héberge de nombreuses fleurs de montagne qui, curieusement, sont toutes de couleur jaune et blanche. Autres traits caractéristiques de la végétation: des formations en coussins, de petites feuilles poilues enroulées sur elles-mêmes, ainsi que des tiges courtes et ci-reuses. L' edelweiss néo-zélandais, qui tapisse les pentes par milliers, est également un représentant typique de cette zone.

Kiwis, kéas et kakapos

Mis à part deux espèces de chauve-souris, la Nouvelle-Zélande n' hébergeait à l' origine aucun mammifère terrestre, car elle a longtemps été isolée et trop éloignée des autres continents pour que des espèces plus « modernes » y parviennent. Le long des côtes, on trouve des mammifères marins courants, des baleines et des phoques notamment. L' intérieur du territoire est depuis toujours peuplé presque exclusivement d' oiseaux qui, au fil de l' évolution, ont perdu la faculté de voler parce qu' ils n' ont jamais eu de prédateurs. L' exemple classique est le kiwi, un oiseau nocturne, un peu pataud, au long bec fouisseur. Même s' il est relativement rare de nos jours, il reste un emblème national cher aux Néo-Zélandais.

Les randonneurs et les alpinistes pourront observer des kéas, perroquets alpestres familiers et très répandus dont le vol est acrobatique, un peu comme nos chocards. Curieux, ils aiment piquer de leur bec pointu tout ce qui brille, avec une prédilection marquée pour les sacs à dos, les tentes, les bâtons de marche.

Le cours supérieur de la Rakaia River: une large vallée latérale avec des cours d' eau qui font de larges méandres Castor et Pollux ont fait le tour du monde. Mais ici, c' est le Mt Pollux qui est plus haut Photos: Mar tin Laternser Vue de Pleasant Range à Dusky Sound, Fiordland La nature pleine de vitalité: pousse de fougère sur le point d' éclore Mousse sur les rives de la Clinton River, Milford Track, Fiordland Gorges sauvages de la Harrison River, Fiordland

Quant au kakapo, un gros perroquet coureur de 2,5 kg autrefois répandu dans tout le pays, il était déjà un gibier pourchassé par les Maori. Les carnassiers introduits par les Européens ( belettes, rats et chats ) eurent tôt fait de l' exterminer et pendant des décennies, il passa pour disparu. Cependant, quelques spécimens furent découverts en 1977 sur la Steward Island et de nos jours, deux à trois dizaines de kakapos vivent dans des réserves étroitement surveillées du Fiordland et de Steward Island.

La talève takahé, un gros rallidé incapable de voler qui a été considéré comme éteint pendant un demi-siècle, a été redécouverte en 1948 dans les montagnes du Fiordland où vivent actuellement 150 à 200 individus. Mais pour beaucoup d' autres oiseaux, on ne put plus rien faire. C' est le cas du moa. Cet oiseau proche de l' autruche mesurait jusqu' à 3 m de haut et fut exterminé jadis par les Maori. Selon des témoignages oraux, les derniers moas furent abattus à l' époque des premiers arrivants européens qui ne trouvèrent plus que des os et des plumes de cet oiseau.

Des montagnes pour les amateurs de sensations fortes

Les Alpes néo-zélandaises englobent des contrées pratiquement vierges; les routes, les habitations et les infrastructures touristiques y sont rares. C' est précisément ce qui fait de cette région un terrain fascinant pour les randonneurs et les alpinistes qui ont assez de temps et la volonté de s' adapter aux caprices de la nature. Sur les Great Walks, intéressant réseau de longs itinéraires de randonnée, on trouve des cabanes gardées. Pour les plus entreprenants, il existe un grand nombre de pistes moins fréquentées de différentes qualités, allant du sentier qu' aux traces presque invisibles. Il est normal de devoir se mouiller les pieds pour traverser une rivière, car les ponts sont rares ou tout au plus constitués de 3 câbles ( « 3-wire-bridges » ): un pour les pieds et deux mains courantes. Les larges cours d' eau sont parfois équipés de « cableways », téléphériques à une place qui permettent de se tirer qu' à l' autre rive.

Au nord du Arthur's Pass, les reliefs n' atteignent pas plus de 2000 m. Recouverts d' une forêt très dense, ils offrent un terrain idéal pour les courses de plusieurs jours. Au nord-est, les Kaikouras, deux hautes chaînes de montagne légèrement à l' écart de la chaîne principale, culminent au Tapuae-o-Uenuku ( 2885 m ). Les beaux glaciers rocheux sont nombreux et typiques de cette région. Une bonne centaine de kilomètres au sud du Mt Cook, dans la région du Mt Aspiring, les Alpes remontent à 3000 m et les

Forêt vierge du Fiordland

paysages de haute montagne prédominent à nouveau. Par la suite, les reliefs s' adoucissent rapidement, surtout vers l' est; la montagne s' assagit, les forêts s' éclaircissent pour bientôt laisser la place aux larges vallées et aux collines herbeuses.

Le Fiordland, dans le South Westland, est la partie la plus sauvage, avec ses forêts pluviales humides et luxuriantes. Dans le « Tiger Country », la progression est souvent extrêmement difficile et seulement possible le long ou dans le lit des torrents et des rivières, en raison de la topographie escarpée et de l' épaisseur de la végétation. Au-dessus de la zone de végétation, les Darran Mountains offrent un granit idéal pour l' escalade en milieu alpin. Les « backcountry huts » néo-zélandaises n' ont pas grand-chose en commun avec les cabanes du CAS. Le « refuge » standard offre 4 à 6 places, des couches rudimentaires composées d' un matelas sans couvertures. Le sac de couchage fait donc obligatoirement partie de l' équipe de randonnée et, sauf dans les Great Walks ou les autres régions les plus populaires, il faut également se munir d' un réchaud, de vaisselle et de provisions. Le club alpin néo-zélandais compte environ 3000 membres, soit 35 fois moins que le CAS. Si les alpinistes étrangers viennent rarement dans les Alpes néo-zélandaises, c' est certainement aussi en raison de l' isolement de ce pays.

Les Suisses ont écrit leur page d' histoire

Les Suisses ont laissé des traces dans l' histoire de l' alpi en Nouvelle-Zélande: une fois l' âge d' or de l' alpi en Europe plus ou moins révolu, on se tourna vers les pays d' outre. Très tôt déjà, des guides de monta-

Photos: Mar tin Laternser Le Rock Wren, ou troglodyte des rochers, est le plus petit oiseau de Nouvelle-Zélande. Il cherche Comme le chocard de nos Alpes, le kéa, un perroquet des montagnes, accompagne souvent les randonneurs et les alpinistes en les taquinant Les Blue Ducks – canards bleus – apprécient les ruisseaux rapides dans les forêts. Tout comme le Rock Wren, on ne les trouve plus que dans certaines vallées reculées « Rock hopping and boulder climbing » – sauter de roche en roche et grimper sur les blocs: souvent la seule manière de se déplacer le long des rivières du Westland. Pas facile quand on a le sac au dos. Dans la Collier Gorge, Whitcombe River des insectes et des larves dans les éboulis de la zone herbeuse

gne suisses parcoururent la Nouvelle-Zélande avec leur clientèle britannique. En 1882, le révérend W. S. Green, l' hôtelier suisse Emil Boss et le guide Ulrich Kaufmann faillirent réussir l' ascension du Mt Cook. La cordée dut rebrousser chemin à 50 m du sommet en raison de l' approche soudaine d' une tempête. D' autres tentatives d' alpinistes indigènes se soldèrent également par des échecs. Mais la nouvelle qu' un duo helvético-britannique très qualifié avait embarqué pour la Nouvelle-Zélande galvanisa les jeunes alpinistes du pays. Le jour de Noël de l' année 1894, Tom Fyfe, George Graham et Jack Clarke réalisèrent ainsi la première ascension du plus haut sommet de Nouvelle-Zélande pendant que l' Anglais E. A. Fitzgerald et son guide suisse Matthias Zurbriggen, qui venaient d' arriver à Christchurch, étaient allés à la pêche. Ces derniers allaient ensuite se distinguer à leur tour par les premières ascensions du Mt Sealy, du Mt Haidinger, du Mt Tasman et du Mt Sefton. Zurbriggen termina finalement la saison en réussissant lui aussi l' ascen du Mt Cook, par l' arête qui porte aujourd'hui son nom: le Zurbriggen's Ridge 3. a

3 Voir Les Alpes, 1/1999 et 1/2004 Côte ouest sauvage sur Heaphy Track, tout au nord de l' île du sud Traversée de rivière, Dusky Track, Fiordland Waimakariri Falls Hut: un refuge typique dans la région de l' Arthur Pass

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