Praz-Mousse

Remarque : Cet article est disponible dans une langue uniquement. Auparavant, les bulletins annuels n'étaient pas traduits.

Par A. Wissmer

( Lausanne, section des Diablerets )

Lorsque ton nom, Praz-Mousse, assaille ma pensée,

Je vois une prairie entre les monts bercée,

Je vois des rocs géants, des glaciers suspendus,

Des mélèzes rugueux, par la foudre fendus,

Et dans ce cadre empli d' une grandeur antique

Un tout petit hameau met sa note rustique.

Oh, Praz-Mousse! souvent, tel un doux souvenir

Que l'on cherche en soi-même à faire revenir,

Je repense à ce soir, où lassé de la route

Et des pas qu' à des pas sans cesse l'on ajoute,

J' ai vu dans le couchant de pourpre et de reflets

Apparaître soudain les toits de tes chalets...

Et dès lors, pour jamais, cette image paisible

A laissé dans mon âme une empreinte indicible,

Et je n' ai maintenant qu' à refermer les yeux

Pour voir ton petit groupe étalé sous les cieux;

Pour voir près des rochers tes chalets et tes granges,

Tes mazots d' où le foin laisse pendre des franges,

Tes larges toits moussus, recouverts de granit,

Et, clouée aux auvents, la croix qui les bénit;

Pour voir à tes parois les poutres de mélèzes

S' accrocher l' une à l' autre en de fortes mortaises,

Ta fontaine bruissante et son flot transparent,

Et ton vieux pont de bois jeté sur le torrent...

Et je revois aussi, la crête immaculée

Du Pigne d' Arolla dominant la vallée,

Les Dents de Veisivi et la Dent de Perroc,

Et, creusant le zénith du talon de son soc,

L' Aiguille de la Za, tout près des Doves Blanches!

Et voilà des couloirs labourés d' avalanches,

Des limons, des séracs, vomis par les glaciers,

Des arolles tordus remontant les pierriers...

Et tout en bas enfin, quand la pente s' apaise,

Et qu' un sol plus fécond fait pousser le mélèze,

Voici les prés fleuris, les forêts, les ruisseaux,

Qui résonnent encore des cloches des troupeaux...

Vers tes chalets, tes rocs et vers tes monts, Praz-Mousse,

Un désir effréné me ramène et me pousse!

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