Pyrénées (Au coeur de la Haute Route des -) | Club Alpin Suisse CAS

Pyrénées (Au coeur de la Haute Route des -)

Au début, avec nos sacs lourds, notre tente et nos piolets, nous faisions figure de pionniers, voire de marginaux. Beaucoup devaient se demander qui étaient ces curieux pèlerins qui arboraient les signes

../ R. Tuquerouge LPic Gabiet " i Port de Boucharo Brèche de Roland ESPAGNE A3355 Monte Perido I. i.. I., i, I

Au cœur de la Haute Route des Pyrénées

Mario Colonel, Chamonix

d' une autonomie presque certaine. Nous partions pour huit jours d' un voyage vers ce socle de la terre, obéissant au conseil de Ramond de Carbonnières: « Du Mont-Blanc il faut venir au Mont Perdu: quand on a vu la première des montagnes granitiques, il reste à voir la première des montagnes calcaires. » Ainsi sommes-nous partis, mettant le cap plein Est vers cette ligne de crêtes, frontière naturelle pour les intempéries.

Nous aurions pu emprunter le GR10, beaucoup plus facile. Elaboré dans les années 60, il effleure à peine les hautes cimes. Mais nous avions opté pour la Haute Route pyrénéenne, une randonnée alpine

R. Orédon ▲ 3173 Pic de Campbieil 2031 Parc National MgnedeCoumélydes Pyrénées

plus en accord avec notre fringale d' aventure. Dès le deuxième jour, il n' y avait déjà plus grand monde et la montée à l' Hourquette de Badet, entre Pic Long et Pic de Campbieil, se révéla enchanteresse. Un groupe d' isards, surpris au détour d' un virage, disparut à toute vitesse. Nous abordions enfin cette montagne de solitude qui n' allait plus nous quitter le reste de la semaine, avec en prime cet animal symbolique qui souligne la différence entre Alpes et Pyrénées: l' isard. Pourtant, à y regarder de près, il n' est pas si différent de son cousin le chamois. Sauf qu' il est plus léger ( il pèse entre 2 5 et 35 kg ), avec une robe un peu plus claire. Au coeur du parc national des Pyrénées, on en recense plus de 4500.

En descendant à Gèdre, nous avons très temporairement quitté la solitude. Puis il a fallu remonter, chercher le lys des Pyrénées, nous aventurer dans les vallons suspendus, retrouver sur la carte les che-

En descendant de l' Hour d' Aubert ( 2498 m ), on pénètre dans la réserve du Néouvielle

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mins oubliés, suivre la dérive des nuages et du vent; et à mi-chemin, nous savions qu' un voyage à pied, s' il a un début et une fin, une couleur et un grain particulier, recèle aussi des plénitudes. Le passage de la brèche de Tuquerouge, avec sa dernière pente raide et en neige dure, en a été le premier exemple. Le plus vieux refuge des Pyrénées construit en dur, une vallée oubliée avec un lac glacé, voilà où serait notre prochain bivouac. Huit à dix personnes réparties sur des milliers d' hectares, un lac encore dans la glace, un sommet légendaire, le vol des vautours et pour finir un orage de cinéma: le décor était planté. Nul besoin, d' ailleurs, d' être un fort alpiniste ou un vertueux randonneur pour venir se perdre ici; il faut juste le vouloir.

Et d' un coup nous avons basculé. D' un côté s' étendaient les Astazous, la brèche de Tuquerouge, le Pic de Pinède, de Forcarral, la Munia et le Robi-nyera, le lac glacé et de l' autre s' offraient pour la première fois au regard le petit étang, glacé également, qui est à l' origine de la grande cascade de Ga-

Pour l' alpiniste, le skieur et le randonneur Depuis la brèche de Tuquerouge, la première vue sur le Monte Perdido

varnie et surtout l' Aragon, ses paysages encore plus minéraux, décharnés. Mais il a fallu très vite continuer, suivre les vires aériennes, longer les grandes parois, effleurer la grotte Casteret et puis revenir à la brèche de Roland... et, loin de l' image classique, la foule criarde qui nous y attendait. Alors nous avons imité les eterlous pour descendre encore plus vite les névés et rejoindre le refuge des Sarradets.

La montagne nous avait déjà beaucoup donné et notre vagabondage aurait pu s' arrêter là. Mais nous avions encore rendez-vous avec la vallée d' Ossoue, et surtout avec le massif du Vignemale, incontournable pour tout pyrénéiste qui se respecte; le Petit Vignemale aux heures d' initiation, le Vignemale tout court à celles de l' accomplissement.

En montant au refuge de Bayssellance, nous avions aperçu trois grottes, apparemment anodines, creusées à travers les schistes. C' est l' œuvre d' un original qui imaginait les Pyrénées comme « des montagnes féminines, qui, plus sveltes, plus onduleuses et délicates ( que les Alpes ), sont allongées et somnolentes: elles ont l' air de rêver au soleil... »: le Comte Henri de Rüssel, autre figure emblématique des Pyrénées. Personnage fabuleux que cet aristocrate né à Toulouse en 1832 et qui, après avoir passé le Cap Horn, traversé la Sibérie en plein hiver, visité la Chine déguisé en pèlerin, parcouru le désert de Gobi, exploré la Nouvelle-Zélande, jettera son dévolu sur le Vignemale. Une passion si extravagante qu' il transformera cette montagne en résidence secondaire, formant dès 1880 le projet de creuser des grottes au sommet du glacier, à près de 2400 m! Pendant quatorze ans, on verra alors défi-

ler tout ce que cette fin de siècle compte de guides, de pyrénéistes et de célébrités originales, accueillis avec faste par un hôte devenu propriétaire de fait des lieux. Ce n' est qu' en 1888 que H. de Rüssel demanda une concession, qui lui sera accordée par la préfecture pour 99 ans, pour la somme d' un franc. Ainsi put-il jouir en toute légalité de cette montagne dont il était « tout à fait tombé amoureux »... En franchissant l' Hourquette d' Ossoue pour approcher la face nord du Vignemale, puis le lac de Gaube et le Pont d' Espagne ( autre lieu magnifique et terme de notre périple ), nous ne pouvions nous empêcher de nous demander qui des hommes ou des montagnes ont le plus imprégné l' autre. Des sommets fantastiques, des endroits préservés, une faune et une flore intactes, des histoires homériques: ce n' était pas simplement quelques verticales anodines ni même un quelconque sentier. Ce pays rugueux, qui s' apprivoise parfois, qui se rebelle souvent, est un pays authentique. Espérons qu' il restera longtemps ainsi.

Au Citello del Cilindro, la première vision des sierras espagnoles

Informations pratiques

Généralités

Le circuit proposé ici est à la limite de la randonnée pédestre et de l' alpinisme. Il inclut en effet des pentes à 35° ( brèche de Tuquerouge ) et quelques pas d' escalade en III ( montée au Mont Perdu ). Mais plus que la technique, c' est l' esprit dans lequel il est proposé qui en fait une randonnée à part. Pour des raisons de liberté et d' autonomie, on peut l' accom sous tente ( mais ce n' est pas une obligation ) et c' est ce qui en fait le charme. Car les Pyrénées, vaste espace sauvage, s' accommodent très bien de ce type de pratique. Ce circuit est donc réservé à des randonneurs expérimentés et entraînés qui n' hési pas à porter un sac un peu lourd ( bien que l'on puisse dormir à certaines étapes en gîte ou refuge ) et manient avec aisance carte, boussole, altimètre, ou à des alpinistes qui veulent découvrir les Pyrénées centrales.

Tuquerouge ( 2819 m ), le plus vieux refuge des Pyrenees, situe sur la frontière même entre Espagne et France La montée dans la face nord du Monte Perdido: quelques mètres d' escala conduisent aux pentes de neige faciles

Situation et accès

Ce circuit se situe au cœur des Pyrénées, dans un parc national qui permet de découvrir et de traverser quelques-uns des sites les plus remarquables de la chaîne pyrénéenne.

De Toulouse, on accède à la région par Tarbes, Lourdes, puis Pierrefitte-Nestalas, Lus Saint Sauveur, Barèges et le col du Tourmalet. Le départ de notre circuit est au Pont de la Gaubie.

Pour l' alpiniste, le skieur et le randonneur

Saison

En raison de l' altitude de certains cols, de traversées aériennes, de certains passages raides et d' un enneigement qui peut être important à certains endroits, ce circuit est praticable essentiellement du mois de juillet à fin septembre.

Bibliographie

Même si le parcours proposé ici louvoie entre l' itinéraire de grande randonnée GRIO et la Haute Route des Pyrénées, il demeure assez original. On en trouve l' essentiel des étapes, avec de nombreuses variantes, dans le livre de Georges Véron La Haute Route pyrénéenne, qui présente la traversée intégrale de cette chaîne en 43 étapes. Trois cartes

sont nécessaires: secteur Néouvielle: IGN 1748 ET Néouvielle, Vallée d' Aure, Parc national des Pyrénées; secteur Gavarnie - Mont Perdu: IGN 1748 OT Gavarnie, Luz Saint Sauveur; secteur Vignemale: IGN 1647 OT Vignemale-Ossau-Arrens.

Numéros de téléphone utiles

Météo: 0836 65 02 64 Secours: 0562 92 78 07 à Pierrefitte-Nestalas 0562 92 48 24 à Gavarnie Le Lago de Pineta ou de Marboré, ou encore de Tuca Roya: trois dénominations pour ce petit lac gelé situé _ au pied du Mont Perdu ( ou Monte Perdido ), juste sous la brèche de Tuquerouge Hébergement, refuges:

Néouvielle: refuge-hôtel de l' Orédon, ( 0033 ) 562 39 63 33 Gèdre: nombreuses possibilités, du camping à l' hôtel. Renseignements: Office du tourisme, ( 0033 ) 562 92 48 05 Gavarnie: refuge des Espuguettes, ( 0033 ) 562 93 30 60; Refuge des Sarradets, ( 0033 ) 562 93 37 20 Pour l' alpiniste, le skieur et le randonneur

Vignemale: refuge de Bayssellance, ( 0033 ) 562 92 40 25; refuge d' Oulette de Gaube, ( 0033 ) 562 92 62 97.

Renseignements, achats de cartes et topos: Cimes Pyrénées, BP24, 4 rue Maye Lane, 65240 Ibos Cedex, ( 0033 ) 562 90 09 92.

Matériel

Outre le matériel classique de randonnée, chaussures semi-rigides au minimum ( pour pouvoir mettre des crampons ), 1 piolet et une corde de 20 m pour assurer dans un ou deux passages. Si vous avez décidé de bivouaquer, matériel en conséquence. A noter qu' il est possible de dormir dans certaines cabanes équipées sommairement ( généralement un bat-flanc ) et offrant 4 à 6 places. Si on accepte ce confort rudimentaire, on peut donc se passer de tente.

L' itinéraire

1er jour: Pont de la Gaubie ( 1538 mHourquette d' Aubert ( 2498 mRefuge-Hôtel d' Orédon ( 1852 m ). Dénivelé: 960 m. Horaire: 5 à 7 h

Du pont, suivre le GR10 qui part plein sud en direction de la cabane de la Pégue.. " " .Vers 1740 m, le laisser sur sa gauche pour se diriger vers le lac des Coubous ( 2041 m ). En longeant celui-ci rive droite, on passe la cabane EDF puis on dépasse une succession de petits lacs. Le lac Espagnol à 2235 m termine cette succession. De là, on s' engage dans une traversée qui par quelques lacets raides conduit à

La Brèche de Roland ( versant français ), l' un des sites les plus fameux des Pyrénées r' y Dans la traversée aérienne sous le Pic de la Cascade et la Tour, en direction de la / '

PHourquette d' Aubert. Belle vue sur le Pic de Néouvielle et le pic des Trois Conseillers. De là, par une nouvelle traversée à flanc dans des pierriers, venir rejoindre le bout de la route qui conduit au lac d' Aubert ( 2148 m ). Passer alors au pied du barrage pour retrouver un sentier qui conduit aux La-quettes ( 2081 m ) d' où l'on rejoint le sentier principal qui mène au lac d' Orédon. On peut éventuellement bivouaquer dans ce secteur en demandant à la maison de la réserve naturelle où se situent les emplacements de bivouac ( attention, bivouac réglementé par le Parc national des Pyrénées occidentales ).

2' jour: Lac de l' Orédon ( 1852 mHourquette de Badet ( 2902 mGèdre ( 1001 m ). Dénivelé: 1050 m. Horaire: 7 à9h

Longue étape qui nécessite de partir de bonne heure. Du lac, commencer par prendre sur quelques centaines de mètres la route, avant de trouver un chemin qui le longe par le pas del Liom. On rattrape ainsi les lacets de la route qui mène au pied du lac de Cap de Long ( 2175 m ). De là, suivre le sentier rive droite, prendre quelques lacets, traver-

Brèche de Roland, versant espagnol

ser avant de redescendre un peu pour atteindre le vallon sud. Franchir le torrent de Cap de Long pour remonter rive gauche et accéder ainsi à un replat marécageux vers 2591 m. Traverser le ruisseau et continuer par un chemin marqué par des cairns sur un épaulement. Continuer sur le flanc gauche d' un vallon et déboucher dans un cirque où s' étale le Gourg de Cap de Long ( 2845 m ). De là, en amont de petits murs, monter à l' Hourquette de Badet ( appelée aussi Cap de Long, 2902 m ). Descendre alors hors sentier par un goulet pierreux, puis dans des pentes herbeuses assez raides. On perd très vite 350 m de dénivelé. Traverser alors à gauche pour rejoindre, 300 m encore plus bas, le sentier issu du Port de Campbieil ( vers 2351 m ). On est alors surla HRP. Passer à la cabane du Sausset ( 1935 m ), puis en se dirigeant vers l' Ouest, on descend doucement sur Gèdre. Ravitaillement, divers types d' héberge, camping.

3e jour: Gèdre ( 1001 mCabane Blanque ( 1777 m ) -Refuge des Espuguettes ( 2027 m ). Dénivelé: 1300 m. Horaire: 5 à 6 h.

Du village, prendre au début la route d' Héas et à la sortie du village, monter dans le bois de Coumély; un sentier raide permet de gagner rapidement de l' altitude. Rejoindre ainsi la cabane Blanque, puis abandonner le sentier principal pour prendre à l' ouest un sentier balcon qui va passer sous la Montagne de Coumély. On passe ainsi non loin du lac de la Hosse. Toujours à flanc, passer sous la face nord du Pimené et, par une dernière pente sans sentier réellement marqué, rejoindre un passage situé à 2275 m, juste au-dessus du Pain de Sucre. Une succession de vallons, de pentes d' herbes, avec une arête mi-herbeuse, mi-rocheuse, permet de rejoindre le Cap Latus ( 2149 m ) qui ramène en traversée sur le plateau des Cardous. De là, descendre d' environ une centaine de mètres pour atteindre le refuge des Espuguettes.

4e jour: Refuge des Espuguettes ( 2027 mLe Piméné ( 2801 m ) -Brèche de Tuquerouge ( 2666 m ). Dénivelé: 1300 m. Horaire: 5 à 6 h.

Du refuge, prendre le sentier qui ramène sur la HRP et qui à travers un bel alpage conduit au pied de la crête qui relie le Pic Rouge de Pailla au Piméné. Vers 2300 m, prendre le chemin de gauche qui mène en direction de ce dernier sommet ( variante Le refuge de Bayssellance ( 2651 m ), situé juste sous l' Hourquette d' Ossoue aller-retour conseillée, qui permet d' accéder à l' un des plus beaux belvédères sur le cirque de Gavarnie ). Laisser les sacs sur la crête même, vers 2480 m. Poursuivre sur le versant oriental, contourner le Cap Latus avant de revenir sur la crête, que l'on suit jusqu' au sommet du Piméné. Revenir alors sur ses pas et rejoindre le sentier principal sous l' Hour d' Alans ( 2430 m ). Prendre une longue traversée qui conduit à l' aplomb de la borne de Tuquerouge. Passer une série de gradins, et accéder à un petit col derrière cette borne. De là prendre pied dans la pente de neige que l'on remonte sur environ 200 m et qui devient plus raide sur la fin ( 35 à 40° ). Atteindre alors le refuge de Tuquerouge, le plus vieux des Pyrénées, construit en 1891 ( 20 places; un poêle à bois a été remis en 1997 et les bat-flanc ont été restaurés ). Il est également possible de bivouaquer au pied du Lac Glacé ( 2592 m ). ( Attention, cet endroit est l' un des rares sites, avec les alentours du refuge Goriz, où le bivouac est autorisé dans le Parc national d' Ordessa et du Monte Perdido. ) Descendre pour cela d' environ une centaine de mètres par des éboulis et choisir son emplacement au mieux.

5' jour: Lac Glacé ( 2592 mQuello del Cilindro ( 3100 mBrèche de Roland ( 2807 mPort de Gavarnie ( 2270 m ). Dénivelé: 600 m Horaire: 6à7 h Le Lac de Gaube, que l'on rejoint en venant du refuge des Oulettes. Nous sommes pratiquement au terme de notre randonnée, qui s' achèvera dans quelques heures au Pont d' Espagne

Du lac Glacé, se diriger vers le sud-ouest jusqu' à la base d' une étroite barre rocheuse qtii ceinture le bassin. Franchir la rimaye et gravir la cheminée qui fait suite ( pas de 3 ), retrouver alors une pente de neige assez raide. En partant en oblique à droite, rejoindre une arête de neige ( piolet utile ), et venir buter sur la pente qui conduit au Cuello del Cilindro. De là, descendre sur la gauche pour venir franchir une petite barre rocheuse qui domine l' Etang Glacé. A ce niveau, abandonner alors le sentier qui vient du refuge Goriz et partir à flanc, plein ouest, sur un sentier marqué de cairns qui longe l' arête issue du Cilindro ( 3328 m ). Se diriger alors en direction du col de la Cascade. Sous celui-ci, passer des petites barres rocheuses par des tronçons de couloirs ( cairns ). On se retrouve sur un sentier en bal-

con entre deux barres rocheuses. Continuer ainsi en louvoyant jusqu' au col des Isards et par une nouvelle traversée à flanc, remonter d' environ une centaine de mètres jusqu' à la Brèche de Roland. Descendre sur le refuge des Sarradets ( 2587 m ), où on peut éventuellement se restaurer. Une traversée à flanc sous le Taillon, légèrement descendante, amène au Port de Gavarnie.

Selon sa forme, on peut décider ou non de continuer un peu avant d' installer le bivouac.

& jour: Port de Gavarnie ( 2270 mCrête du Sown Blanc ( 2603 mCabane d' Ossone ( 1834 m ). Dénivelé: 600 m. Horaire: 4 à 6 h

L' étape démarre sur une arête très aérienne et on ne doit l' entreprendre que par bonnes conditions. Prendre vers le nord, en direction du Pic d' entre les Ports ( 2476 m ), continuer sur la ligne de crête en direction du sommet, qu' on atteint par un sentier soutenu, puis rester sur cette ligne pour passer le Pic de Saint-André, situé légèrement en dessous. S' engager dans un vallon étroit au début qui amène rapidement dans la Vallée de Sausse Dessus. On rejoint alors vers 1900 m la cabane du même nom. Traverser par une variante du GR10 en restant à flanc pour accéder à la Cabane de Lourdes ( 1947 m ). Toujours en traversée et sans perdre trop d' alti, on rejoint la Cabane d' Ossoue où l'on peut dormir.

( Si l'on s' y prend assez tôt le matin, il est possible d' effectuer un aller-retour en auto-stop à Gavarnie pour un ravitaillement. )

7e jour: Cabane d' Ossoue ( 1834 mHourquette d' Os ( 2734 mPont d' Espagne ( 1496 m ). Dénivelé: 900 m. Horaire: 6à8h

Du barrage, prendre rive gauche du lac avant de traverser pour suivre le torrent des Oulettes. Une première montée un peu raide conduit dans un cirque où persiste souvent un grand névé. Le traverser vers la droite pour rejoindre un sentier en balcon assez aérien et soutenu qui conduit par une traversée orientée ouest vers les grottes de Bellevue ( 2378 m ). Vers 2550 m, on abandonne à droite l' iti qui part vers le Petit Vignemale pour atteindre par un dernier raidillon le refuge de Bayssellance ( 2651 m ). De là, une courte traversée ascendante conduit à l' Hourquette d' Ossoue. Entamer la descente légèrement à droite vers la crête du même nom pour rejoindre après une zone de pierriers ( ou de névés ) une variante du GR10. Une longue traversée, puis une série de lacets permettent de gagner un vaste plateau marécageux où se situe le refuge des Oulettes de Gaube ( 2151 m ). Magnifique vue sur l' une des plus prestigieuses montagnes des Pyrénées: le Vignemale. Continuer à descendre en fond de vallon, pour rejoindre le lac de Gaube ( 1725 m ). Puis, en prenant rive droite, descendre rapidement sur le Pont d' Espagne, terme de ce périple. De là, navette ou auto-stop pour rejoindre le bas de la vallée ( à moins que l'on ait pensé à laisser une voiture ).

Sécurité, médecine, sauvetage

Sicurezza, medicina, soccorso in montagna

Sicherheit, Medizin ,'.__Rettungswesen

L' adaptation des yeux à l' obscurité demande parfois un peu plus de temps à 2500 mètres d' altitude déjà. Dès 3500 à 4000 mètres, elle se ralentit considérablement; en outre, le champ visuel et la profondeur de champ s' amenuisent.

De même que dans le cerveau et les poumons, l' altitude provoque des accumulations de liquide ( formation d' oedèmes ) et un gonflement des tissus autour des yeux. Un tiers des personnes inaccoutumées à l' altitude présentent des oedèmes des paupières dès 4500 mètres. A des altitudes bien inférieures déjà, les femmes, en particulier, souffrent souvent d' enflure des paupières et de malaises oculaires après une nuit en cabane. On y remédie le plus rapidement par application de compresses froides sur les yeux.

Au-dessus de 5000 mètres d' altitu, lorsque la pression partielle de l' oxygène descend au-dessous de la moitié de celle mesurée au niveau de la mer, de minuscules oedèmes apparaissent dans la cornée. Elle s' enfle légèrement et perd de sa transparence; la netteté de la vision s' en ressent et le malade voit éventuellement des anneaux colorés autour des sources lumineuses ponctuelles.

Verres de contact et lunettes en relation avec le déficit d' oxygène Les verres de contact peuvent déjà poser quelques problèmes à la cornée par beau temps dès l' altitude du Säntis ( 2500 m ), en raison de la raréfaction de l' oxygène et de la sécheresse de l' air. Condition de sa transparence, la cornée ne possède aucun vaisseau sanguin et tire son oxygène

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