Région du Gauli (La-)

roposte di gite

vial recouvert d' une couche de neige, pour atteindre le glacier du Bächli que nous allons franchir dans un instant. « La montée par l' Ubachtal est délicate, à cause du danger d' ava, et ne peut être entreprise que par d' excellentes conditions. L' ac au départ du Räterichsbodensee par Obri Bächli-Licken ( facilité par les échelles installées sur le versant est ) est moins exposé au danger d' ava. » Voici ce que mentionne le guide du CAS, Alpine Skitouren 4, Waadt-Freiburg-Berner Alpen, à la page 73. Nous gravissons maintenant les derniers mètres de ces échelles. Encore une douzaine d' échelons et notre but sera enfin visible: la région du Gauli.

Un nom magique, l' incarnation de la solitude, le point de fuite d' innom rêves. Une vallée presque sans accès, semblable à une soupière dont une main maladroite aurait ébréché le bord, créant un goulet à peine plus large qu' un torrent. Pas de route, pas de remontées mécaniques, pas de tourisme de masse, pas de câbles à haute tension, mais des falaises sauvages, des glaciers inquiétants, des couloirs raides, des cours d' eau au débit changeant et, bien camouflés dans cet univers, de timides

m La région du Gauli

contre les peaux de phoque Si l'on possède un peu d' expé de la montagne et une bonne condition physique, la région du Gauli offre plus de magnifiques courses à ski qu' il est possible d' en faire en une semaine de beau temps. La visite d' une des régions sauvages les plus étendues des Alpes suisses va de pair avec celle de sommets où s' adonner au ski de randonnée: Ewigschneehorn, Trifthorn, Wetterhorn, Mittelhorn, Rosenhorn, etc.

L' approche Encore une douzaine d' échelons et nous pourrons jouir enfin de la vue. Nous sommes en route depuis quatre heures. Les skis aux pieds dès le départ, nous sommes passés par la cabane du Bächlital, sur un sol allu- En hiver, le meilleur accès part de Räterichsboden et longe le Bächlisbach ( à l' image ) jusqu' à Obri Bächli-Licken Dans la montée vers Obri Bächli-Licken, on traverse les magnifiques hauts plateaux du Bächlisboden signes de vie végétale ou animale. Plantée dans ce décor féerique, une petite cabane, qui peut loger tout au plus soixante-cinq personnes. On y accède de la vallée de l' Urbach, par un chemin compliqué et impraticable en hiver. Les meilleurs itinéraires hivernaux passent par le bord de la « soupière ». Ils demandent un effort physique plus conséquent, ce qui sélectionne le nombre et la qualité des visiteurs. Cependant, « lorsque l' alpi a atteint le réfectoire de la cabane, il se trouve au cœur d' un secteur classique, presque parfait, de randonnées à ski, avec au moins huit sommets et itinéraires de difficulté variable et des versants exposés dans toutes les directions » {Alpine Skitouren 4, Waadt-Freiburg-Berner Alpen, p. 602 ). La région du Gauli a figuré pendant longtemps en tête de liste de mes projets, mais j' en avais toujours repoussé la réalisation, car le nom de ce secteur isolé n' était pas exclusivement associé à des pensées positives.

La région est réputée pour ses épisodes tragiques: la chute d' un avion de fabrication américaine, un Dakota, sur le glacier du Gauli en novembre 1946. La chance a voulu que l' équipe de sauvetage parvienne sur les lieux de l' accident avant la mort des occupants. Le 5 mai 1990, par contre, la chance n' était pas au rendezvous: une énorme avalanche a emporté sept jeunes amoureux de la montagne, âgés de 18 à 27 ans. C' était un groupe de l' OJ qui voulait gravir le Wetterhorn et qui ne revint jamais à la maison.

Encore une douzaine d' échelons, puis, enfin, la vue. Dix, huit, cinq -inspiration -trois, zéro. A côté de moi, Fabrizio lance un « stupendo » aux quatre vents. Ou peut-être était-ce plutôt un « geniale », de toute façon, il a absolument raison. C' est lui qui avait eu l' idée de venir ici dans le but d' insérer cette région dans son nouveau guide du CAS, Scialpinismo in Svizzera. La petite vallée qui s' étend à nos pieds conduit le regard, au loin, vers une cuvette éloignée où le blanc domine. De la neige, de la glace d' un bleu tendre et, entre deux, une arête rocheuse presque noire qui descend du sommet. On se croirait devant un vieux cliché en noir et blanc. Une combinaison de tons de gris, de noir et de blanc, une aire sauvage à l' état pur. « Les pupilles s' écar lorsque l'on atteint la haute montagne » observa Niklaus Meienberg avec pertinence.

Premières impressions Nous descendons en nous retenant à quelques chaînes bienvenues et nous atteignons le glacier de Hiendertellti, qui ne porte pas de nom sur la carte nationale. Fabrizio et moi n' avons pas grand chose à nous dire.

La suite est claire: chausser rapidement les skis et tester tout de suite la neige du Gauli. Je m' élance le premier, heureux, jusqu' au moment où les nuages de neige que Fabrizio soulève à mon côté me mettent dans une position peu glorieuse. Fabrizio file devant, je me vengerai plus tard. Le chapitre « chutes » est refermé pour la journée et la neige a passé le test avec bravoure! La descente se fait dans une ambiance printanière: des virages fougueux dans du gros sel ramolli font que les mètres péniblement gagnés à la montée sont dévalés un peu trop rapidement à la descente. Le compte y est pourtant. Comme deux enfants, enfin autorisés à ouvrir le cadeau si longtemps convoité au pied du sapin de Noël, nous nous retrouvons au bas de la pente, émus, les yeux écarquillés et le souffle court. Pris par l' enthousiasme, nous avons manqué le meilleur itinéraire de descente vers la cabane. Nous sommes descendus trop bas, attirés par les belles pentes. Assis au bord du lac du glacier, nous reprenons notre souffle et nous nous accordons une pause bien méritée.

Après tout, nous sommes en route depuis cinq heures du matin. Nous nous restaurons en admirant le paysage. D' autres travaillent maintenant à l' usine, au bureau ou sur les bancs d' école. Nous sommes allongés sur un gros rocher et savourons notre dîner. Les efforts de la journée sont derrière nous. La cabane n' est plus qu' à un jet de pierre. Quelques traces tantôt bien visibles, tantôt à peine perceptibles, entre les éboulis et la moraine, nous indiquent la voie à suivre. Nous arrivons bientôt devant une charmante petite maison recouverte de bardeaux: la cabane du Gauli, avec, à l' entrée, le gardien Daniel qui nous tend la main en signe de bienvenue. Le sourire aux lèvres ( nous a-t-il vus chuter ?), il disparaît à l' intérieur et ressort avec deux chopes de bière panachée. Nos nez et nos yeux plongent vers le liquide et disparaissent. Ils ne refont surface que lorsque la boisson a diminué de moitié. Je passe le reste de l' après et la soirée à prendre des notes dans un cahier sous la rubrique « bonne compagnie, conversations et humour ». Il se fait < Encore un échelon pour jouir de la vue tant attendue!

Suggestions de courses La cabane du Gauli, située à 2205 m d' altitude, est le point de départ d' une quantité de magnifiques randonnées à ski Une masse de nuages compacts stationne derrière les sommets du Trifthorn et de' Ewigschneehorn qui baignent dans la lumière matinale. Le soleil brille dans la région du Gauli - son microclimat tient généralement ses promesses L' itinéraire du Hangendgletscherhorn passe par des pentes abruptes qui exigent beaucoup de concentration, surtout lorsque le névé est gelé. A l' ar, le Golegghorn et le Hiendertelltihorn tard, il pourrait pleuvoir ou neiger demain.

Une découverte par jour Non, il ne pleut pas, les étoiles brillent. Il faut donc se lever, et même très tôt, se mettre quelque chose dans l' estomac et s' enfoncer dans la nuit glacée des hautes alpes bernoises. Bien plus que les peaux de phoque, les doigts gourds semblent coller aux skis. Cependant, par habitude et par entraînement, notre moteur intérieur se met insensiblement en marche, d' abord en première, puis en deuxième. Une heure plus tard, nous nous trouvons quatre cents mètres plus haut. Nous avons passé la cinquième et nous sommes à peu près réveillés. Les dents rocheuses de la Chammligrat nous accompagnent et chacun cherche un tracé à travers les pentes. Ici, les traversées dans des pentes gelées inclinées à 40° nous forcent à progresser dans une posture très inconfortable - mais comment donc font les vaches du Bisital et les chèvres de la Verzasca? Nous trouvons malgré tout le temps d' admirer le magnifique panorama. En face de notre œil droit se dresse le Hangendgletscherhorn. L' œil gauche louche en direction du sud-ouest et observe le front de nuages menaçants qui sta- Il fait encore un froid de canard, les gants et la veste disparaîtront cependant bientôt dans le sac à dos. Du Chammliegg, vue sur le Ritzlihorn Une neige poudreuse à souhait et des virages qui « tiennent bon »: le Ankenbälli nous offre une somptueuse descente par des pentes généreuses tionne dans la région du Lauteraar. « Ici, nous sommes dans un trou à fcehn, nous avait dit Daniel, le gardien de la cabane du Gauli. Les prévisions météo sont rarement fiables. » Bien que le gardien de cabane qui se fie aux prévisions de la météo nationale reste encore à trouver, Daniel a parfaitement raison. Le front nuageux reste stationnaire, jusqu' au moment où nous nous trouvons cent mètres en dessous du sommet. Là, il nous rattrape par retour de courrier et nous enveloppe sur le sommet avant. L' altimètre indique 3270 mètres, nous en avions prévu 3291,. " " .9. Le sommet principal est à portée de main, mais l' arête qui y conduit est exposée et dangereuse. Le vent intense, fier de ses mécanismes liés au fcehn -comme il nous en fait la démonstra- tion - nous pousse à renoncer. Nos cuisses seront à l' épreuve sur les 1070 mètres de dénivellation. Au départ, la pente, légèrement supérieure à 40°, est parfaite. Elle s' adoucit ensuite un peu, puis augmente de nouveau dans les couloirs enneigés, devant les roches dénudées, jusqu' à la cabane. Il faut compter environ trois cent cinquante-sept virages dans une neige la plupart du temps excellente. Dans notre élan, nous glissons presque jusqu' à la cabane. Les cinq dernières minutes, nous déchaussons les skis et marchons du même rythme soutenu. Nous sommes fiers de notre planification « avisée »: une minute après notre arrivée, la pluie s' est mise à tomber. Le groupe qui se trouve en même temps que nous à la cabane arrive une heure plus tard, trempé jusqu' aux os, mais incroyablement heureux. Il est midi. Nous avons tous une faim de loup. Daniel arrive à peine à suivre avec la commande: des rösti avec un œuf au plat et une bière, puis une autre bière, et encore une autre... La petite sieste réglementaire des randonnées à ski de printemps est suivie de parties de jass, de UNO et de dés. Celui qui ne connaît pas encore parfaitement les règles de ces jeux aura sûrement l' oc de les peaufiner après le souper. Ou peut-être le lendemain, ou peut-être jamais.

Encore un matin, encore un ciel étoile et il faut encore se lever. Même marche à suivre: une heure après avoir quitté la cabane, nous sommes à nouveau quatre cents mètres plus haut, nous avons passé la cinquième vitesse et nous sommes à peu près réveillés. Nous nous trouvons simplement sur une autre montagne: le Ankenbälli. Son nom est plus doux que celui du Hangendgletscherhorn, ses pentes aussi. Leurs contours arrondis et rapides conduisent au point le plus Suggestions de courses a. < élevé et, de celui-ci, au pied de la montagne. Le sommet à proprement dit nous reste interdit, car la dernière pente est recouverte d' une calotte de neige peu propice. En contrepartie, le gros sel fait place à de la poudreuse, déposée par la tempête de fœhn de la nuit. Nous exprimons notre satisfaction en traçant des courbes serrées dans la neige et, plus tard dans la journée, nous levons notre verre à la santé du sommet, installés sur le banc devant la cabane.

Futur incertain Et ainsi de suite: Ewigschneehorn, Trifthorn, Hubelhorn, Ränfenhorn, Wetterhorn, Mittelhorn et Rosenhorn sont les sommets de la région du Gauli à recommander à tout prix. Comme nous n' avons pas encore pu tous les visiter pour vous les présenter, nous avons une bonne raison de retourner dans la région. Reste-t-il encore du temps pour le faire? Bien que la région du Gauli figure à l' In fédéral des sites et monuments naturels de portée nationale ( IFP ) et qu' elle bénéficie d' une pro- tection supplémentaire en tant que région de haute montagne, le projet de construction du téléphérique du Rosenhorn fait peser lourdement sur toute la région la menace de conséquences fâcheuses, qui ne sont pas encore écartées définitivement.

Informations pratiques Guides: Daniel Anker et Ralph Schnegg, Alpine Skitouren Berner Alpen Ost, Lötschenpass bis Grimsel, Berne, Editions du CAS, 1999.

Cartes nationales: 1230 Guttannen, 1229 Grindelwald; 255 S Sustenpass, 254 S Interlaken.

Logement: cabane du Gauli du CAS, 2205 m, tél. 033/971 31 66. Soixante-cinq places en période de gardiennage, sinon trente places. Gardiennage toute la semaine en avril et mai. Käthi et Daniel Flühmann, tél. 033/971 48 40, fax 033/971 32 58.

Saison favorable: avril et mai.

Meilleur accès en hiver: de Räterichsboden ( 1782 m ) par le Obri Bächli-Licken ( 3074 m ), six heures. Difficulté: peu difficile. Si la route est libre de neige ( information routière par téléphone au 033/971 25 50 ), prendre un taxi de Meiringen ou de Guttannen jusqu' à Räterichsboden, sinon, à pied sur la route en quatre heures de Guttannen à Räterichsboden ( danger d' avalanches dès Handegg ). La liste des taxis figure dans la brochure AlpenTaxi, qui peut être demandée au secrétariat administratif du CAS, auprès de Mountain Wilderness, groupe de la région de Berne, Aarbergergasse 24, 3011 Berne, ou dans les magasins d' articles de montagne.

Randonnées à ski: le guide du CAS, Alpine Skitouren 4, Waadt-Frei-burg-Berner Alpen ( 1994 ), mentionne le détail de toutes les randonnées à ski dans la région du Gauli. Par de bonnes conditions, il vaut la peine de quitter la vallée en franchissant le massif du Wetterhorn ( ou, selon le cas, le Ränfenhorn ) et le glacier du Rosenlaui en direction du Rosenlaui.

Marco Volken, Zurich ( trad. ) M En dessus des grandes barres de séracs, le glacier du Gauli luit, calme et vierge. Qui devinerait la présence d' un Dakota?

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La difesa dell' ambiente

Schutz der Gebirgswelt

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