Sobre mais exigeante. Via ferrata de la Sulzfluh

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Via ferrata de la Sulzfluh

Sobre mais exigeante

Située au bout de la vallée de Sankt Antönien, la première via ferrata des Grisons a été aménagée en 2005 dans la face sud de la Sulzfluh. Elle est d' autant plus intéressante qu' elle offre de nombreux passages à même le rocher et exige par conséquent une bonne condition physique.

La route se hisse à travers les prairies grasses et colorées. La chaleur de la plaine a fait place à des températures plus fraîches. Seules quelques fermes alpestres rompent la solitude. Au détour d' un virage, une majestueuse montagne de calcaire apparaît tout à coup à l' horizon. Voici le massif du Rätikon, qui marque la frontière entre l' Autriche et la Suisse. En route vers la via ferrata, qui mène au sommet de la Sulzfluh.

Dans cette traversée, la possibilité de prendre appui sur le rocher a permis d' éviter d' aménager des marches artificielles.

Nous sommes à Sankt Antönien, « à gauche derrière la lune », selon le prospectus. Le dernier village de la vallée est aussi le terminus de l' autocar postal. Ses maisons sont souvent à moitié enterrées, parfois protégées par des pare-avalanches. En une bonne heure de marche, nous atteignons Partnunstafel. Là, au pied de l' im paroi de la Schijenflue, une auberge accueillante résiste depuis 1875 au vent et aux intempéries. Telle une montagne dolomitique, la Sulzfluh se dresse au-dessus du vert vif des collines environnantes. Ce sommet, que les randonneurs aiment gravir ou contourner en suivant le légendaire chemin panoramique du Prättigau, est également connu pour une autre raison. En effet, la section Davos-Prättigau y a installé une superbe via ferrata en juin 2005.

Naturelle mais aérienne

Pour attirer les ferratistes, les concepteurs du premier parcours grison de ce Photos: Iris Kürschner La via ferrata passe au cœur de la paroi sud de la Sulzfluh. Un petit pont constitué de câbles pour quitter momentanément le rocher.

Même s' il est souvent en contact direct avec le rocher à la Sulzfluh, le ferratiste aura tout avantage à porter des gants.

Photos: Iris Kürschner genre n' ont misé ni sur les installations sophistiquées, ni sur les échelles. Ils ont privilégié les marches naturelles et le contact direct avec le rocher. L' accès présuppose déjà un pied montagnard et une bonne condition physique, car ses derniers mètres se font dans un éboulis instable qui demande un effort soutenu. On entre dans le vif du sujet par une échelle courte qui débouche sur un secteur rocheux compact marqué par une alternance de passages verticaux et de brèves traversées. Le taux d' adrénaline grimpe à mesure que l'on gagne de l' altitude, sans possibilité de rebrousser chemin. Concentré, le randonneur apercevra au passage les primevères auricules qui attirent son regard. Mais il devra atteindre le sommet et retrouver son calme après l' effort pour apprécier la vue. Il découvrira alors un panorama impressionnant: la Zimba – le « Cervin » du Montafon –, le Piz Buin et le Piz Linard ( chaîne de la Silvretta ), puis le massif de la Bernina, le Piz Mitgel – équipé lui aussi d' une via ferrata entre-temps – et le massif de Sardona qui domine la vallée du Rhin.

A saute-frontière

Tout aussi varié que l' aller, le retour se fait par des chemins empreints d' histoire. Jadis, ces sentes étaient empruntées par les Walsers et les Romanches. Les contrebandiers les ont ensuite utilisées pour acheminer, de nuit et dans le brouillard, leur marchandises de l' autre côté du Montafon et du Rätikon. Ils n' avaient guère le temps d' admirer les phénomènes géologiques que la nature présente ici comme dans un livre ouvert. Le fait est que la coexistence de plusieurs roches se traduit par une grande diversité de la flore et marque par ailleurs la transition entre les Alpes orientales et occidentales. Le randonneur qui franchit le faîte de la Sulzfluh pénètre en territoire autrichien. S' il est pressé de rejoindre le point de départ, il redescendra par un couloir raide, le Gemschtobel. Il a toutefois avantage – et ses genoux lui en sauront gré – à longer le chemin panoramique jusqu' à la Tilisuna-Hütte, où il pourra reprendre des forces. Il découvrira quelques spécialités savoureuses, tel que le strudel aux pommes, dont les Autrichiens ont le secret. Le franchissement de la Tilisunafurggli lui permettra de regagner le sol helvétique. Au lac de Partnun, véritable bijou serti dans un cirque rocheux imposant, on a le choix entre un petit bain dans ses eaux fraîches pour se revigorer ou une petite promenade dans une barque. La location d' une des deux barques coûte deux francs. Enfin, les adeptes de la relaxation pure opteront pour les délices de l' eau effervescente agréablement chauffée au feu de bois. Dans le bassin aménagé à cet effet sur la terrasse de l' auberge d' altitude « Sulzfluh », ils pourront se laisser aller aux douces rêveries d' un soir.

Informations pratiques

Caractéristiques: parcours aménagé dans la face sud de la Sulzfluh, essentiellement à même le rocher. Il fait la part belle à l' escalade, offre de splendides coups d' œil sur les Alpes et présente un intérêt géologique certain.

Point de départ: Partnunstafel ( 1770 m ). Compter 1 h à pied depuis Sankt Antönien, terminus du car postal.

Exigences: KS4-C, longueur de la via ferrata 750 m, dénivelé total 1047 m; exigeant de par sa longueur et son caractère alpin. Les pierres qui jonchent les vires indiquent que le port du casque est indispensable en plus du matériel de ferrata.

Durée: approche 1 h 30, via ferrata 2 h 30, retour 1 h 30 à 2 h

Accès: de Partnun, longer la piste carrossable sur sa gauche jusqu' au pont. Suivre un sentier vers le nord-ouest jusqu' au chemin panoramique du Prättigau, puis gravir un éboulis raide pour rejoindre l' attaque au pied de la paroi sud-est ( 2360 m ).

Itinéraire: il débute par une échelle courte. Un dièdre mène ensuite à la traversée « Obélix », suivie d' un passage vertical. Après avoir gravi les passages Passage aérien pour franchir une paroi rocheuse.

Photos: Iris Kürschner nommés « Rampe » et « Geissrücken », on atteint une large bande herbeuse que l'on traverse vers la gauche. C' est là que commence la partie exposée, dont les traversées aériennes « Panora-mica » et « Mur des lamentations » constituent les passages clés. Deux ponts, constitués l' un d' une corde et l' autre d' une échelle, ajoutent à la diversité du parcours. Depuis la sortie, on atteint la croix sommitale ( 2817 m ) en cinq minutes.

Retour: du sommet, rejoindre le sentier du côté nord ( où des résidus neigeux persistent jusqu' en juillet ), puis descendre vers l' est en suivant les marques blanc-rouge-blanc qui jalonnent le Gemsch tobel ( couloir d' éboulis ). La dernière partie forme un gradin qui est sécurisé par des chaînes. Le détour, d' une heure, par la Tilisunahütte permet de ménager ses genoux tout en profitant du beau paysage.

Saison: de mi-juin à mi-octobre. Informations auprès de l' office du tourisme de Sankt Antönien, tél. 081 332 32 33, www.st-antoenien.ch

Cartes: CN 1: 25 000, feuille 1157 Sulzfluh; 1: 50 000, feuille 238 Montafon a Iris Kürschner, Grenzach/D ( trad. ) Le chemin qui mène à la Sulzfluh passe par Partnunstafel, au milieu des pâturages.

Un site idéal et reposant au pied du Schollberg. A Sankt Antönien, une possibi lité agréable de se détendre après la via ferrata.

Histoire, culture et littérature alpines

Storia, cultura, letteratura alpina

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