Souvenirs

Remarque : Cet article est disponible dans une langue uniquement. Auparavant, les bulletins annuels n'étaient pas traduits.

Par Marcel Grisel.

A un ami disparu.

Réveil, départ. Adieu cabane... Un vent frais descend du glacier. Le falot, sous la nuit qui plane, Cherche un chemin dans le pierrier.

Au lointain l' avalanche tonne; Tout en bas le torrent mugit; En cadence le piolet sonne Sur le dur clavier de granit.

L' air frémit. La dernière étoile Pâlit et s' éteint au couchant, Alors qu' Apollon se dévoile D' un geste large et triomphant.

Comme pour une grande fête, II a suspendu des flambeaux Au long de la farouche arête Frangée de tours et de créneaux.

Muscles tendus pour l' escalade, Cœurs palpitants, avec bonheur Goûtons la brutale accolade Que la roche donne au grimpeur.

0 paix céleste de la cime!

Bouche, tais-toi; les mots sont vains.

Cette félicité s' exprime

En un long serrement de mains.

Solitaire aujourd'hui, je songe A ces lieux que baigne l' azur, Loin de la haine et du mensonge, Où tout est grand, où tout est pur.

Toujours présente à ma pensée, 0 Montagne! ton souvenir Consolera l' âme lassée Qui jusqu' à toi voudrait s' enfuir.

Cormondrèche, février 1933.

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