Un bus là où il faut, quand il faut

Chaque fois que je fais une randonnée à skis dans le Kiental depuis Tschingel, je trouve dommage de ne pas pouvoir m’y rendre en transports publics. Car pour moi, randonnée à skis et voyage en transports publics vont de pair. J’ai à cœur de limiter autant que possible mon empreinte écologique lors de mes loisirs. Nous, passionnés de montagne, sommes directement concernés par les conséquences des changements climatiques, qui rendent de nombreuses courses plus difficiles, plus dangereuses, voire impraticables.

Comme beaucoup de courses à skis ne sont pas près de chez moi, c’est le déplacement qui pèse le plus lourd dans la balance du gaspillage des ressources. Souvent, ce sont les derniers kilomètres qui posent problème en transports publics, parce qu’il n’y a pas d’arrêt de bus à proximité du point de départ des randonnées à skis. Quand les conditions sont bonnes, les grandes places de parc près des points de départ sont bondées, tandis qu’elles sont désertes par mauvais temps ou par manque de neige. C’est de ce constat qu’a émergé l’idée d’un bus qui ne circulerait que lorsque la demande existe. Cette idée a débouché sur le projet du bus de randonnée hivernale («Skitourenbus»), réalisé sur six tronçons-pilotes en Suisse alémanique dès le
9 décembre prochain. Cette nouvelle offre facilite les déplacements en transports publics pour les amateurs de sports d’hiver tout en permettant aux entreprises de transport une exploitation rentable (voir p. 26). Je me réjouis de m’asseoir pour la première fois dans le bus de randonnée hivernale. Par exemple pour me rendre à la Sustlihütte, en prenant le bus depuis Göschenen, ou pour une course au Piz Rondadura, sur les hauts du col du Lukmanier, en partant de Disentis. Nous espérons que les randonneurs seront nombreux à donner une chance au projet. Si la phase-pilote de cet hiver en Suisse alémanique est probante, il est prévu d’étendre le projet à d’autres régions de Suisse.