Un paradis de la randonnée à ski. Petit et grand circuit de la Bannalp

Un paradis de la randonnée à ski

Lorsque la limite de la neige est relativement haute et que le stratus s' ar à basse altitude, les randonneurs du Plateau sont généralement obligés de se déplacer jusque dans les vallées intérieures des Alpes pour faire des courses à ski. Dans le canton de Nidwald, il y a cependant une alternative: la Bannalp.

Située à 1600 m, la Bannalp est atteignable en téléphérique depuis Oberricken-bach/NW. Ici s' ouvre un univers préalpin qui n' a rien à envier à la haute montagne: la région entre les Walenstöcke et le Uri Rotstock. Dans cette zone, il y en a pour tous les goûts: des Walenstöcke, qui enchanteront les amateurs de montées raides et de descentes à pic, au Laucherenstock, course classique entre les Walenstöcke et le Ruchstock. Certains connaisseurs, amateurs de pentes raides, s' attaquent aussi au couloir du Ruchstock, qui rejoint la trace de montée du Laucherenstock depuis le P. 2720.

Le Chaiserstuel

Le sommet le plus facile d' accès de la région – qui n' est pas moins beau que les autres – est le Chaiserstuel. La montée, courte et peu difficile, passe par la Bannalper Schonegg. En montant depuis la Bannalp, on se pose des questions: on dirait qu' il n' y a pas de montagne de ce côté-là. Mais une fois en haut, il n' y a plus de doute: la vue de la face nord-ouest force le respect. Le panorama aussi, d' ailleurs: au nord, le Brisen et derrière, la partie supérieure du Stanserhorn, le sommet du Pilatus et, surtout lorsqu' il y a du brouillard, la colonne de nuages s' élevant au dessus de la centrale nucléaire de Gösgen. Au loin, à l' est, le Säntis dépasse des nuages, suivi vers le sud des Alpes glaronnaises, schwyzoises et uranaises et enfin du Uri Rotstock, du Wissigstock et du Ruchstock, qui masque le Titlis. Depuis le sommet, une vaste étendue toute plate, la majorité des skieurs redescend sur la Bannalp. Mais pas ceux qui connaissent le coin: ils sont partis tôt le matin – le patron du téléphérique étant lui-même un randonneur, on peut négocier l' heure de la première montée – car ils ne comptent pas s' arrêter là. Deux circuits commencent ici: le « petit » qui s' adresse au commun des mortels et le « grand » pour les plus entraînés.

Le « petit » circuit

Quand on dit « petit », voici ce que cela implique: montée au Chaiserstuel et descente vers l' est sur 1000 m de dénivelé jusque dans le Grosstal. De là, une route de montagne descend doucement qu' au Schattenberg, tout près de Sankt Jakob. C' est là qu' on prend le prochain téléphérique, qui monte à la petite station de Gitschenen. Au cas où le restaurant à l' arrivée ne serait pas ouvert, on peut à nouveau compter sur l' aide du Vue du Chaiserstuel vers l' ouest. Au fond, les Walenstöcke. Beaucoup de randonneurs s' arrêteront là; mais pas ceux qui veulent effectuer l' un des deux circuits de la Bannalp Photo: David Coulin gérant du téléphérique. Ses réponses seront peut-être même accompagnées d' un café uranais. De quoi reprendre des forces et du courage pour mettre les peaux avant de se lancer dans la traversée vers le Sulztal, en passant à côté d' une jolie chapelle. A nouveau, la croix marquante et l' énorme trou dans le rocher de l' Oberalper Grat deviennent visibles: ils resplendissaient au nord pendant la descente du Chaiserstuel. Cette fois, c' est côté sud qu' ils se trouvent, visibles pendant toute la montée menant à la Sinsgäuer Schonegg ( 350 m ). Il faut bien compter une heure et demie car avec la fatigue, chaque mètre compte double. Mais une fois en haut, comme depuis un nid d' aigle, le regard plonge dans la douce vallée du Sinsgäu, vous remettant d' aplomb. Et c' est parti pour la descente: si la neige dans le flanc est du Chaiserstuel n' est pas toujours de première qualité, ici, on n' est jamais déçu. Que les pentes soient recouvertes de poudreuse ou de neige de printemps, le plaisir est garanti jusqu' à Ober Spis. De là, on continue la descente sur un terrain semblable à une piste pour arriver au point d' où on est parti le matin même.

Le « grand » circuit, c' est pas de la rigolade!

Le « grand » circuit implique une bonne dose de dénivellation et surtout des distances plus que respectables. Dans l' idéal, on attendra donc que la neige se soit un peu tassée – et que le risque d' avalanche se soit réduit – pour s' assurer de trouver des traces toutes faites. Ce qui devrait être le cas au moins jusqu' à la Bannalper Schonegg et généralement un peu plus La Bannalper Schonegg, passage obligé quel que soit le circuit choisi. Vue du Chaiserstuel depuis le sud La descente du Chaiserstuel dans le Grosstal fait partie du petit circuit de la Bannalp Montée au Rot Grätli ( grand circuit ) Photos: David Coulin loin au sud-est, jusqu' au départ des traces qui montent sur le Ruchstock par l' est. Après, il se peut toutefois qu' on se trouve face à une couverture blanche et immaculée qu' on entaillera de ses carres aiguisées... Jusqu' au Rot Grätli, normalement, pas de problème: c' est là qu' on retrouve le soleil qu' on gardera à l' œil Sur ces sommets peu fréquentés, on trouve souvent des pentes vierges: le Brunnistock, 2952 m, et le Blackenstock, 2931 m Sur le grand circuit de la Bannalp, en route vers la Schlossstocklücke Descente du Blüemlisalpfirn en direction du Grosstal Alt Rüti, où les deux circuits se rejoignent jusqu' à une brèche entre l' Engelberger Rotstock et le Wissigstock. On quitte ici le Schöntal pour le Griessental; le regard porte jusqu' à Engelberg. Après la brèche, il faut trouver de nouveaux repères car on accède soudainement à un large plateau glaciaire. L' œil et l' esprit apaisés, on continue tranquillement jusqu' à la Schlossstocklücke, où l'on atteint le Blüemlisalpfirn – eh oui, ce n' est pas que dans les Bernoises qu' il y a un glacier qui porte ce nom. Et pour la première fois de la journée, on enlève les peaux et on se prépare pour une descente. A moins, bien sûr, qu' on ne tienne à continuer jusque sur le Brunnistock, voire même le Uri Rotstock – son versant ouest est tout à fait skiable par très bonnes conditions. Il est tout de même conseillé de garder assez de temps et d' énergie pour la suite: après être descendu dans le Grosstal par la Gitschenhörelihütte, d' abord par le glacier, puis par un raidillon et en visant le nord, on tombe sur le tracé du « petit » circuit. Si on le rejoint à 15 heures, on arrivera à Oberrickenbach peu avant la nuit. a David Coulin, Horw ( trad. ) La dernière descente du grand et du petit circuit de la Bannalp mène de Sinsgäuer Schonegg à Oberrickenbach Photo: David Coulin Renseignements sur les circuits de la Bannalp Général: le grand circuit exige une situation peu avalancheuse et une très bonne condition physique. La difficulté de cette course – qui fait aussi son intérêt – réside moins dans le dénivelé que dans la distance à parcourir. Le petit circuit, avec ses 1100 m de dénivellation, représente déjà une journée bien remplie. Point de départ: Bannalp, 1700 m.

Accès: RER de Lucerne à Wolfenschiessen, car postal pour Oberrickenbach. Horaire 480, 48O.20. En voiture, prendre l' A2 Lucerne–Gothard jusqu' à la sortie Stans Süd, puis la route cantonale en direction d' Engelberg jusqu' à Wolfenschiessen. Tourner à gauche, direction Oberrickenbach sur une route en lacets. De Oberricken-bach/Fell, téléphérique pour Bannalp. Horaire 2540.

Logement: Berghaus Urnerstafel, à 15 min de l' arrivée du téléphérique, 40 lits, 110 places en dortoir, ouvert toute l' année, tél. 041 628 15 75; Chrüzhütte, à 5 min du téléphérique, 48 lits, parfois ouvert en hiver, possibilité de faire la cuisine, tél. 041 628 23 09/041 628 28 21.

Cartes/Guides: CN 1: 25 000, feuille 1191 Engelberg, CN 1: 50 000, feuille 245 S Stans. Willy Auf der Maur, Alpine Skitouren Zentralschweiz-Tessin, Editions du CAS, Berne 2002. Itinéraires Petit circuit: de la Bannalp, monter par Räckholteren à la Bannalper Schonegg puis au sommet du Chaiserstuel. Si les conditions sont bonnes, descendre directement flanc est, sinon, revenir à la Bannalper Schonegg d' où l'on atteint des pentes orientées est pas trop raides qui passent par Oberalp et Gossalp pour arriver à Alt Rüti. Suivre une route enneigée jusqu' à Schattenberg via Gross Wald. Téléphérique pour Gitschenen d' où l'on gagne Egg pour aller au sud, puis à l' ouest jusque dans le Sulztal. Longer la vallée d' abord à plat, puis en montée assez directe sur une pente raide qui mène à la Sinsgäuer Schonegg. Descente par Rinderstafel–Haghütte–Ober Spis jusqu'à Oberrickenbach/Fell.

Grand circuit: depuis la Bannalper Schonegg, partir assez au sud et longer le Ruchstock et l' Oberberg jusqu' au Rot Grätli, 2559 m. De là, tirer à l' est jusqu' à la brèche entre l' Engelberger Rotstock et le Wissigstock – en option, ascension du Wissigstock par l' arête nord-ouest. Sur le Schlossfirn, passer sous le versant NE du Wissigstock jusqu' à la Schlossstocklücke, P. 2665. Descente par le Blüemlisalpfirn – éventuel détour par le Brunnistock – jusqu' à la cabane Gitschenhörelihütte, P. 2380. Après le refuge, traverser vers la droite en effectuant un large arc de cercle et descendre côté gauche de la pente raide, passer au-dessus de la cabane de Steinhüttli jusqu' à Alt Rüti, où le parcours rejoint celui du petit circuit.

Extrait de la CN 1: 50 000 feuille 245 S Ruchstock bleu: grand circuit de la Bannalp vert: petit circuit de la Bannalp rouge ( gras ): circuit d' Engelberg Brunnistock Reproduit avec l' autorisation de swisstopo ( BA057434 )

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