Visite à une gardienne de cabane. Une cuisinière pleine d'humour

Une cuisinière pleine d' humour

Heidi Schlunegger, 30 ans, s' occupe d' un des gîtes les plus élevés du pays, la cabane Oberaarjoch ( BE ), propriété de la section de Bienne, située dans la région du Grimsel. Quiconque arrive au refuge après une journée d' alpinisme peut bénéficier des fruits de sa passion culinaire: les desserts.

Emploi à 3258 m Que peut-il arriver de mieux à un alpiniste que de rencontrer une gardienne de cabane dont le lieu de travail s' ouvre sur un panorama de 24 sommets de près de 4000 mètres, lieu de départ de quantité de courses intéressantes de rocher et de glace, et qui déclare par ailleurs: « Les desserts, c' est ma passion !»? C' est ce qui se passe à la cabane de l' Oberaarjoch, à 3256 m, à l' ouest du lac et du glacier de l' Oberaar, avec ses quelque 60 places, sa vue sur le Finsteraarhorn, et surtout, en cuisine, Heidi, une Bernoise de l' Ober qui concocte avec un humour pétillant des menus dont on se souvient longtemps.

Heidi Schlunegger, 30 ans, de Lauterbrunnen ( BE ), dirige les lieux depuis 1997, rit souvent mais pas toujours, car, affirme-t-elle, « au printemps, quand la saison de ski de randonnée commence et qu' il y a des mètres de neige, le gardiennage d' une pareille cabane est dur, à cette altitude, et n' est pas sans danger. qu' on est seule, on touche à la limite. Il faut être psychiquement et physiquement résistante, tout particulièrement lorsqu' il fait mauvais temps pendant des jours et que la radio et le téléphone sont les seuls liens avec le reste du monde. »

Un travail dur... Heidi est réaliste lorsqu' elle parle de son travail, près de six mois par an, à la cabane Oberaarjoch. « Tous ceux qui rêvent de prendre en charge une cabane devraient être conscients que le travail consiste essentiellement en nettoyage, en cuisine, en nettoyage, en cuisine et... en lavage de vaisselle !» Mais elle reste quand même enthousiaste. « Je veux recevoir aussi bien que possible les gens qui viennent ici et qui ont fourni un gros effort pour y parvenir. Moi aussi – dit-elle – je vais volontiers en montagne, même si je passe le plus clair de mon temps en cuisine. Les contacts avec les hôtes et les discussions qui naissent lorsque je place plusieurs personnes à une table me font plaisir, tout comme leur reconnaissance et leurs sourires. »

Ces moments lui font oublier les jours pénibles dans les neiges éternelles – par exemple en mai, lorsque des chutes de neige recouvrent la cabane et que l'on ne peut que rêver d' habits d' été, ou en août, lorsqu' il faut économiser l' eau, ou lorsque les revenus dépassent à peine le minimum, ou encore lorsque l'on ne rejoint son lit qu' après une journée de seize heures de travail et qu' il faut se relever deux heures plus tard... parce que le lever du soleil sur l' Oberaarhorn est particulièrement apprécié des hôtes.

... récompensé par des moments uniques Heidi s' occupe de tout ce qui précède et suit les courses; d' ailleurs, la moitié de sa famille, dans la vallée, collabore aux achats, à la lessive, au conditionnement des marchandises pour leur transport par hélicoptère. Tout cela pour qu' il ne manque rien à la cabane, y compris les ingrédients indispensables à la préparation de quelques « spécialités », les

Heidi Schlunegger, gardienne de la cabane Oberaarjoch La cabane Oberaarjoch nichée dans les rochers, au pied de l' Oberaarhorn; à droite, à l' arrière, le Studerhorn et le puissant Finsteraarhorn, sommets dont on peut entreprendre l' ascension à partir de la cabane Pho to s:

ar chi ve s C h.

Kopp LES ALPES 9/2001

« Chrigels Steigeisenwürste », le « Berg-führerkiller » ou encore le « Bettmümpfe-likaffee ». En soirée, il arrive même à la gardienne de lancer à la cantonade – non sans arrière-pensée: « Et maintenant, je vous chante une chanson. Ensuite, tout le monde au lit !»

Quelques heures plus tard, Heidi prend congé de nous devant la cabane. « Quand les montagnes prennent, comme aujourd'hui, une couleur d' or, on vit ici des moments d' une beauté inoubliable et l'on retourne heureux vers le travail », dit-elle avec un soupir dans l' air frais du matin avant de retourner à ses occupations. a

Christine Kopp, Unterseen ( trad. )

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