Carte Dufour et atlas Siegfried

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A. 0berli

Carte Dufour

Carte topographique de la Suisse i: iooooo Calculs trigonométriques de ij8fj à 1864 A la fin du XVIIIe siècle, on se rendait généralement compte qu' on ne pourrait améliorer les cartes existantes que sur des bases mesurées avec soin, permettant l' établissement d' un réseau trigonométrique calculé scientifiquement. Pendant que se constituait l' atlas de Meyer ( 1796-1802, carte 1 a ), on mesura déjà des bases, la plupart du temps indépendamment les unes des autres -Trolles et Hassler à Thoune, à Suhr-Kölliken, au Grosses Moos et à Berne, Feer à Zurich et dans la vallée du Rhin - et on en étudia du même coup la triangulation. Mais l' époque, politiquement très agitée, ne facilitait en aucune manière l' établisse de cartes topographiques. On reconnaissait que ce travail, pour l' ensemble du pays, dépassait les forces de personnes isolées et, aussi, les moyens des cantons.

Les guerres d' abord, et ensuite le tourisme qui commençait dans les vallées des Alpes accrurent la demande de cartes. L' atlas de Meyer fut réédité. Les cartes routières de Keller connurent le succès et, à son grand regret, furent copiées de tous. Mais l' absence d' une carte géométriquement exacte, comme en avaient déjà les pays voisins, notamment la France, était ressentie désagréablement, surtout pour les opérations militaires. Pour la première fois, en 1809, quelques officiers fédéraux travaillèrent à l' arpentage sous la direction du colonel quartier-maître Hans-Conrad Finsler, et les frais qui en résultèrent furent pris en charge par la Diète. L' ingénieur Pestalozzi, sur les bases du Sihlfeld et du Grosses Moos, dressa un réseau de triangulation qui couvrait le Plateau et le Jura. Enfin, pour pouvoir présenter quelque chose aux autorités, il dessina une feuille spécimen au 1:43000 de la vallée de la Seez. On arriva ainsi en 1822, date à laquelle la Diète confia l' inspectorat général des relevés trigonométriques aux autorités militaires fédérales et tout spécialement au colonel quartier-maître.Voilà qui étonne au plus haut point si l'on songe que, à l' époque, on était bien loin de s' entendre sur les plans politique et confessionnel, qu' on avait encore des douanes cantonales, qu' on percevait des impôts régionaux et qu' il y avait en Suisse 60 unités différentes de poids et mesures ainsi que plus de 300 sortes de monnaies.

En 1832, Ludwig Wurstemberger, à l' instigation de Finsler à qui il avait succédé, réunit en une commission tous ceux qui avaient participé à l' ar. Le système de la projection fut proposé et l' observatoire de Berne fut choisi comme point de départ pour le quadrillage de triangulation. Les levés en plaine devraient être pris à l' échelle du 1: 25000, en montagne à l' échelle du :50000, et la carte serait gravée au 1: i o0 000. A la fin de l' année, Wurstemberger démissionna.

Lorsque Guillaume-Henri Dufour, au début de 1833, fut nommé colonel quartier-maître, ce qui était fait et décidé n' était pas considérable, mais c' était déjà quelque chose. Il n' était en tout cas pas obligé de repartir à zéro. Les progrès par rapport à l' atlas de Meyer de 1802 sont bien visibles sur une carte que Dufour a manifestement utilisée comme base de travail. Elle a les mêmes délimitations de territoires, la même répartition des feuilles, la même numérotation que la carte projetée, comme aussi le réseau de triangulation de Ier ordre et des inscriptions manuscrites de Dufour. Elle est une « Carte routière de la Suisse » à l' échelle du 11400000, parue à Munich en 1830, très détaillée et qui comporte de nombreuses cotes d' altitude. Si elle est encore imprécise dans le secteur Engadine—Valteline, on doit reconnaître en revanche qu' elle tient bien compte des cartes établies sur des données géodésiques, telles que: Neuchâtel ( Osterwald ), l' Oberland bernois ( Frey, Messmer ), le Grand-Duché de Bade et la Suisse du Nord-Est, la Savoie et le Valais ( officiers français, Raymond ) et enfin l' ancien évêché de Bàie ( Buchwalder ).

Dufour reçut sa formation dans des écoles militaires et d' ingénieurs français. En 1811-1812, capitaine à Corfou, il en dessina un plan à courbes de niveau. En 1817, il commanda à Genève le corps du génie, et devint en 1819, instructeur aux cours pour officiers à Thoune. De 1828 à 1850, il fut titulaire de la fonction d' ingénieur cantonal à Genève avec un traitement annuel d' abord de 10000 florins puis, à partir de 1839, de 4616 francs.

La grade de colonel quartier-maître, qui correspond aujourd'hui à celui de chef d' état général, n' était pas alors une fonction à solde fixe. Son titulaire était un des cinq membres d' une autorité de surveillance militaire qui se réunissait, en règle générale, une fois au printemps et une fois en automne. Dufour faisait donc environ trois mois de service militaire, pour lesquels il touchait, en solde et indemnités, de 1500 à 2500 francs. A Genève, il liquidait son courrier, ce qui faisait en moyenne par année 100 lettres à recevoir et 85 à expédier, et il consacrait le reste du temps à la carte topographique, c'est-à-dire le plus souvent une quarantaine de jours par an.

Dufour se fit d' abord mettre au courant des résultats déjà atteints. Puis il obtint qu' on doublât les crédits, fit payer des indemnités accumulées et les augmenta encore afin de s' attirer des collaborateurs. Il fit ensuite marquer définitivement les principaux points de triangulation au moyen de bornes fixes. En vérifiant les mesures des bases, on put faire disparaître la différence entre les réseaux de triangulation de l' ouest et de l' est. L' ingénieur Eschmann, pas du tout habitué à la montagne, aurait fait une chute qui faillit être mortelle, en 1835, au Piz Beverin, sur une longue pente de neige. Il réussit ensuite jusqu' en 1837 - grâce au réseau trigonométrique complété par Buchwalder, à passer la chaîne des Alpes et à faire la liaison avec les mensurations lombardes. En Valais, de 1831 à 1837, le chanoine Joseph-Antoine Bechtold mesura des bases et calcula une chaîne de points de triangulation qui, généralement reconnus utilisables, purent être insérés dans le réseau.

Avec ses collaborateurs, Dufour s' occupa aussi de la projection, des coordonnées géographiques et du calcul des coordonnées pour les points trigonométriques. Les cotes d' altitude, d' une importance particulière dans notre pays montagneux, furent d' abord calculées avec des baromètres, mais elles manquaient souvent sur des cartes bonnes par ailleurs. Les Français avaient calculé deux fois trigonométriquement la hauteur du Chasserai. Dufour et Eschmann prirent la moyenne arithmétique dont ils déduisirent, par la trigonométrie, les autres cotes d' altitude.

En 1840 parut le livre d' Eschmann: Résultats des mensurations trigonométriques en Suisse. Ainsi se trouvait achevé le grand travail préliminaire, la « triangulation primordiale ». Mais, pour pouvoir faire les levés topographiques, il était nécessaire de resserrer encore ce réseau fédéral à larges mailles. On confia cette tâche d' abord aux cantons; ce n' est qu' en montagne qu' on fit exécuter aussi cette tringulation secondaire par des ingénieurs fédéraux.

A cette époque, il n' y avait pas encore de chemins de fer; on commençait seulement à construire des routes. Nos ingénieurs devaient donc partir de Genève en diligence postale pour gagner la Suisse orientale ou passer pied Furka et Oberalp pour se rendre dans les Grisons. Leurs travaux exigaient d' innombrables ascensions, car on devait d' abord découvrir l' emplacement favorable pour un signal qu' il fallait dresser ensuite, et c' est après seulement que l'on pouvait, avec le théodolite, mesurer les angles. Mais il ne suffisait pas pour cela de faire une simple petite visite au sommet: que non point! car ces travaux demandaient des journées, et souvent dans le vent et le froid ( photo 1 ); par mauvais temps et dans des conditions défavorables de visibilité, il arrivait même qu' on dût attendre des semaines et camper sur les lieux... Songez en outre que l'on n' était même pas encore aux temps héroïques des premiers clubistes, qu' il n' existait encore aucune cabane du CAS et qu' on ne trouvait d' abri possible que dans les granges d' alpage ou sous la tente. Ajoutez à cela que les ingénieurs étaient souvent pris pour des espions par les indigènes et qu' ils se faisaient chasser sans ménagement. Ou bien il arrivait que les quatre porteurs que l'on voulait engager expliquaient que les charges étaient trop lourdes, si bien que l'on était réduit à en engager d' autres encore.

Levés topographiques i8ij—i86j On avait alors mesuré de nombreux sommets, clochers et autres points caractéristiques répartis sur tout le pays et, par le calcul, on les avait situés exactement sur une feuille de papier. Ainsi cependant, on ne connaissait le paysage que comme nous le montraient les cartes existant à l' époque. De celles-ci Dufour pouvait transcrire directement les levés déjà mentionnés, qui se présentaient à une échelle supérieure au 1: i oo 000, soit la carte de la région de Seez et celle de Neuchâtel, toutes les deux pourtant furent remplacées, avant la gravure, par des levés plus récents; celles de l' ancien évêché de Bàie ( de Buchwalder ) et du canton de Soleure ( de Walker ) furent, de cette façon, mises à sa disposition. Par la suite, Dufour se mit en rapport avec les cantons pour les engager à faire les levés topographiques de leur territoire. Au préalable, quatre cantons avaient déjà poussé assez loin leurs travaux préliminaires, mais leur représentation du terrain, correspondant à la conception de l' époque, se faisait encore par des hachures:

Appenzell Stimulé par Pestalozzi et Finsler, le lieutenant-colonel Merz prit plaisir, à partir de 1815 déjà et pendant des années, à relever la topographie de son pays natal. Dufour cependant ne fut pas satisfait des feuilles orientées vers le SSW et à l' échelle du 1:21 600. Il obtint alors du fils, L. Merz, des réductions au 1:25000 améliorées et complétées, et il reçut même, enfin, des dessins avec courbes de niveau de la région du Säntis.

Thurgovie Avec le capitaine Sulzberger, qui y travaillait, Dufour passa une convention en 1833, où il est question de la façon de représenter les sites, du format des feuilles et de l' échelle. Les levés à la planchette furent dessinés au 1:21600 sur 59 feuilles. J. Goll se chargea de la réduction en I4 feuilles au r :25000, dont Dufour reçut livraison avec plaisir de 1835 à 1838. Il avait désormais en main les premiers dessins originaux selon le système des hachures, et il pouvait les montrer aux délégués de la Diète.

Bâle Dufour engagea le voyer cantonal Baader à réduire à l' échelle du 1:25000 vingt plans communaux qui existaient au 1: 5000, à y faire figurer les caractéristiques du paysage et les cotes d' alti. De 1836 à 1845, Baader livra une feuille de Bâle-Ville et trois grandes feuilles de Bâle-Campagne. Le géomètre Jacques Christen collabora aux deux dernières feuilles pour les levés et le dessin. Christen dessinait les hachures avec de petites plumes de corbeau qu' il taillait lui-même.

Argovie En 1837, on confia le levé topographique à l' ex prussien E.H. Michaelis. L' arpentage dura jusqu' en 1843, et E.R.M.ohr ainsi que J.G. Steinmann y collaborèrent. Les résultats de leurs travaux, contenus dans 42 carnets de croquis pris sur le terrain, aboutirent à 18 belles feuilles, bien dessinées au 1:25000, qui comprennent beaucoup de noms de lieux-dits.

Dufour avait une autre idée en tête, comme en témoignent les travaux qu' il a fait exécuter dans le canton de Genève.

Genève D' abord, au Bureau, on réduisit le « Cadastre français » élaboré entre 1806 et 1818, et qui comportait plus de 200 plans. C' étaient des plans à différentes échelles, où les localités figuraient même au r :1250. La réduction se fit au r :12500. Afin d' avoir des indications suffisantes pour les courbes de niveau, on procéda au nivellement le long de toutes les routes d' une certaine importance et de tous les cours d' eau. Ensuite, l' ingénieur J. Ch. Wolfsberger, à partir de 1837, releva à la planchette, à l' alidade à lunette et au télémètre Stadia sur le terrain toutes les modifications, de même que les courbes de niveau d' une équidistance de 4 mètres. Il avait aussi deux jeunes gens, F. Bétemps et J. Anselmier, à initier à ce travail. Pendant l' hiver, Wolfsberger dessinait les réductions au 1:25000, une fois comme projets de gravure pour le canton de Genève ( carte 14a ), et ensuite comme documents de base pour la carte de la Suisse ( carte 1 b ). Ces dessins, faits à la main, sont d' une beauté extraordinaire tant par leur finesse que par l' harmonie de leurs couleurs. Dufour réussit là à obtenir des levés exemplaires et à former du personnel pour la Carte fédérale.

Neuchâtel La principauté de Neuchâtel avait alors un statut particulier: elle appartenait à la Prusse, mais comptait quand même comme 21e canton suisse. Le roi de Prusse, entre 1839 et 1845, finança un second arpentage - amélioré d' Osterwald. Il en résulta une reproduction extraordinairement expressive et naturelle du pays. Sur 16 feuilles se marient la finesse des traits, le gris des hachures et des ombres, le rouge des villages et les diverses teintes délicates, par quoi l'on a rendu le relief du terrain et la couverture du sol d' une façon à la fois exacte et artistique.

Vaud Les levés topographiques furent exécutés de 1838 à 1848. Le Jura et le Plateau furent dessinés avec des courbes de niveau d' une équidistance de 8 mètres et à l' échelle du I' 25000 La feuille XVII le fut au 1:50 000, avec une équidistance de 30 mètres.

Les Alpes II fut décidé que, pour tout le territoire alpin, c'est-à-dire dans tous les cantons financièrement faibles, la Confédération exécuterait seule les levés topographiques et qu' elle en assumerait aussi les frais. La Société suisse des sciences naturelles soutint l' entreprise par un subside de 3000 francs, en émettant le vœu qu' il fût consacré spécialement au levé de la feuille XVII. En 1838, Dufour donna des instructions pour chacune des deux échelles de levés.

C' est ainsi que, en 1839, Wolfsberger, Bétemps, de même que les ingénieurs nouvellement engagés Stryienski et J.A. Müller, commencèrent les levés des Alpes fribourgeoises, vaudoises, bernoises et valaisannes ( carte 2 ). La planchette était à cet effet plus légère et plus petite; par triangulation graphique, on fixa de 400 à 500 le nombre de points par feuille. Sur le terrain on ne dessinait qu' au crayon, puis, en hiver, au Bureau topographique, on procédait à la mise au net, en huit couleurs environ. C' est alors que commença une nouvelle ère de la cartographie alpestre. Wolfsberger était un observateur subtil et un excellent dessinateur. Ses feuilles de levés à la planchette, qui dégageaient clairement et en lignes nettes l' essentiel du paysage, servirent de modèles à suivre pour les autres topographes, pendant les 25 années que durèrent les levés.

Johann-Wilhelm-Fortunat Coaz, plus tard inspecteur en chef des forêts, qui de 1844 à 1852- soit avant la fondation du CAS - fit la topographie de son pays natal, les Grisons, accomplit au cours de son travail plusieurs « premières », ainsi par exemple le Hoch Ducan, le Piz d' Esen et la Bernina. Il portait des souliers de cuir de bœuf, enduits de poix, et, outre un fer à cheval au talon, il y avait ajouté, à gauche et à droite de la semelle, chaque fois deux ailes de mouche qui sont des pointes d' acier trempé débordant la semelle d' un demi-centimètre. Un logement à Laret lui coûta pour un mois 3 fr. 40. Il touchait par an un salaire d' environ 1800 francs. Par comparaison, un surveillant dans une fabrique d' impression d' in touchait annuellement 700 francs pour 14 heures de travail par jour.

En même temps, les levés sur le Plateau faisaient aussi des progrès, comme dans le canton de Fribourg et à Schaffhouse. A mentionner encore tout spécialement les cantons de St-Gall et de Zurich.

St-Gall L' ancien géodésien Joh. Eschmann dirigea, de 1841 à 1846, les levés topographiques du canton. Une instruction spéciale qu' il a rédigée décrit, entre autres, la conduite à tenir lors d' une escalade: « Les heures les plus exquises et souvent les seules possibles pour travailler sur les sommets sont celles du petit matin jusqu' à 8 heures, et du soir avant le coucher du soleil. Si l'on ne dispose pas d' une cabane à proximité, on doit emporter avec soi une tente et se pourvoir de quelques couvertures, d' un peu d' eau, de pain, de fromage de chèvre et de kirsch. Les autres vivres ne valent rien à la longue, excepté toutefois le lait, où l'on peut s' en procurer. Durant l' escalade, en revanche, le vin et la viande sont les nourritures les plus effi- caces. En outre, on ne doit pas marcher trop vite, mais ne pas non plus faire trop de haltes. Il faut, pendant la montée, être vêtu légèrement et, une fois en haut, chaudement. Après l' arrivée, on se reposera un bon quart d' heure, afin que les organes se détendent et que la main retrouve sa sûreté. Fumer une pipe aide bien au rétablissement de cet état. » Zurich Le levé topographique fut confié à l' ingénieur Joh. Wild qui avait déjà, en 1842, sous les ordres d' Agassiz, mesuré et dessiné avec précision, au 1: 10000, le glacier de Lauteraar. Les levés nécessités par la carte topographique du canton de Zurich se firent avec une grande compétence, beaucoup de soin et de sérieux, entre les années 1844 et 1851. Des villages furent même reproduits au 1:5000. Les copies qui en furent fournies, immédiatement après, au Bureau topographique fédéral à Genève comportent beaucoup moins de noms locaux.

La reproduction eut lieu de 1852 à 1865 en lithogravure et en lithographie. Elle est connue sous le nom de Carte Wild et compte, avec ses quatre couleurs: noir, bleu, brun et vert clair, parmi les plus belles cartes. C' est la raison pour laquelle on a espéré produire un travail semblable pour toute la Suisse ( carte 3 b ).

Outre les levés fédéraux en Suisse centrale et en Valais, ce furent surtout les cantons de Lucerne et de Berne qui, dressant en dernier lieu la carte de leur territoire, à savoir dans les années 1854 à 1862, comblèrent les lacunes encore béantes de la Carte fédérale.

Dessin 1838-1864 II a déjà été question plusieurs fois du Bureau topographique fédéral. Il fut fondé au début de 1838 à Genève, par Dufour. En liaison avec cet événement, il y eut un rapport qu' il adressa, en 1837, à la Diète. Dufour y expliquait avec objectivité combien la tâche était grande et accaparante, quels avantages il y avait à s' épargner du temps et de la peine grâce à un personnel plus nombreux, et réclamait, au lieu de 7000 francs, un crédit annuel double. Cette proposition fut acceptée et, au nouvel an 1838, il put engager entre autres le dessinateur J. Goll qui, en dernier lieu, avait été employé chez Sulzberger, en Thurgovie. Son travail consistait à recevoir les levés cartographiques et à les réduire au 1:100000 afin d' en faire des modèles pour la gravure. Dans beaucoup de pays, y compris la France, le paysage était représenté selon la méthode de Lehmann, c'est-à-dire sous un éclairage vertical. Pour un pays plat, cela pouvait convenir, mais en montagne les cartes qui en résultaient étaient peu nettes et trop sombres. Il y avait cependant de plus anciennes cartes françaises qui montraient clairement qu' un éclairage oblique, en montagne, donne de meilleurs résultats, notamment des cartes de file d' Elbe et de la Corse. C' est pourquoi Dufour donna la préférence à l' éclairage oblique pour les régions montagneuses. Ainsi virent le jour, en 1838-1839, les modèles pour la gravure i :1, c'est-à-dire au :100 000 pour la feuille XVI, de Goll et, pour le numéro XVII, de Stryienski. Une feuille se préparait par morceaux: chaque section de 24 X 35 centimètres, aussitôt terminée, était réduite à 12 X 17,5 centimètres à l' aide du quadrillage, d' abord au crayon, puis dessinée avec une finesse extrême à la plume d' acier.

C' est vraisemblablement en même temps que Wolfsberger pour la moitié, Stryienski et Bétemps chacun pour un quart, exécutèrent la feuille XVII comme des modèles de dessins à l' échelle t: 50000 ( carte 3 a ). Ces représentations de régions qu' ils avaient appris à connaître sur le terrain montrent un remarquable modelé du sol, sous éclairage oblique, rendu par des hachures; elles ne restèrent pas sans influence sur la présentation artistique future des cartes par les dessinateurs et les graveurs.

Si, au début, on dessinait des modèles de gravure complets avec des hachures, plus tard les courbes de niveau suffirent. Les modèles des dernières feuilles manquent même complètement.

Gravure sur cuivre 1841-1864 Bien que la lithographie eût déjà donné lieu à des applications diverses, il n' y avait que la gravure sur cuivre qui entrât en ligne de compte pour reproduire une Carte nationale. Par ce procédé d' impression en creux, l' image de la carte se présente comme une empreinte faite avec des burins, des aiguilles, des poinçons, gravée dans une plaque de cuivre plane ( photo 18 a ). Les creux peuvent aussi être obtenus par la morsure à l' acide ( on parle alors de gravure à l' eau ). Ensuite on enduit la plaque de couleurs, puis on en essuie proprement la surface. Lors de l' impression sous la presse à taille-douce, la table à imprimer, la plaque, le papier et le feutre passent entre deux cylindres fixes, et la couleur contenue dans les fines gravures se trouve reportée sur le papier.

Dufour put engager comme graveur Rinaldo Bressanini, un Tyrolien du sud qui avait déjà gravé la carte de Thurgovie. Il entreprit en premier lieu la gravure des quatre plaques de la carte du canton de Genève qui est admirée aujourd'hui encore pour son élégance et sa finesse. En 1841, il travaillait alternativement aux feuilles XVI ( lac Léman ) et XVII ( Bas-Valais ) de la Carte fédérale ( carte 4 ). Le report du modèle et la gravure se faisaient entièrement avec des outils et la main.

En 1841 déjà, Heinrich Müllhaupt entra comme apprenti chez Bressanini. On doit à Müllhaupt la plus grande part de la gravure de la carte Dufour car il resta fidèle au Bureau topographique jusqu' à sa mort en 1894.

Impression sur cuivre Les plaques de cuivre étaient de 78,5 X 57,5 centimètres; pour le papier on adopta le format de 88 X 67 centimètres. Afin de pouvoir imprimer convenablement un tel format, on avait besoin d' une « respectable » presse à imprimer en taille-douce, avec des cylindres de 70 centimètres de long. A l' époque, ils étaient faits presque exclusivement en bois; leur entraînement se faisait à la main, avec une roue à leviers en étoile, et exigeait une force considérable. Les premières épreuves des feuilles XVI et XVII sortirent à Genève, en 1842. En 1845, Foppert en tirait à Zurich la première édition. En avril 1846, le Conseil de guerre, à Genève, acquit en propre une presse, pour 1200 francs, qui fut conduite par l' imprimeur H. Koegel. De 1842 à 1865, on imprima en chiffre rond 58000 exemplaires. Une feuille de papier pour l' impression sur cuivre coûtait 18 centimes, et l' impression elle-même 50 centimes.

Vente et évolution ultérieure Lorsque les deux premières feuilles parurent, en 1845, elles furent accueillies d' une façon générale par des gens enthousiastes, mais aussi par des critiques, dont Durheim et Gottlieb Studer qui leur reprochaient des noms de lieux manquants ou inexacts et des chiffres illisibles. Studer, dans ses excursions en montagne, dessina d' innombrables panoramas et compta parmi les meilleurs connaisseurs de l' Oberland bernois et du Valais. On doit regretter que les feuilles n' aient pas été préalablement soumises à des personnes aussi compétentes; il est également regrettable que les critiques n' aient pas adressé leurs objections à Dufour directement, au lieu de le faire par la voie des journaux.

Les premières impressions des 25 feuilles sont extraordinairement belles et d' un relief puissant. La plupart des chemins de fer manquent encore, de même que les hachures au-delà des frontières. Hachures et chemins de fer furent complétés dans les années 50, mais sans que fit ajoutée, à gauche en bas, une remarque de mise à jour. Lorsque, en 1865, toutes les feuilles furent prêtes, on édita l' atlas entier, également sous la forme reliée. Les premières feuilles durent pour cela être regravées, car une partie d' entre elles avaient été déjà tirées à plus de 2000 exemplaires, avec des plaques non renforcées d' acier.

Au cours de ces années-là déjà, on commença à exécuter sur pierre des reports nécessaires aux places d' armes et aux manœuvres militaires. A partir de 1908-1910, on dissocia les deux couleurs: le noir et le bleu. Toutes les éditions furent désormais lithographiées, puis plus tard exécutées en offset. A partir de 1936 environ, on ajouta pour les besoins militaires un quadrillage kilométrique en surimpression rouge qui vira au violet pendant la Seconde Guerre mondiale. Au lieu du noir, on imprima du brun foncé et on y ajouta encore le vert « forêt ». Avec notamment plus de vingt mises à jour, les cartes Dufour de i960 en quatre couleurs ne ressemblaient plus à celles d' il y a i oo ans. Grâce à un procédé spécial de report, s' il était possible d' obtenir au moins la finesse et la précision de l' impression sur cuivre, en revanche la perfection veloutée d' une impression originale sur cuivre ne peut être rendue par aucun autre procédé.

Atlas Siegfried

Atlas topographique de la Suisse Préhistoire Nous avons déjà vu comment le CAS, entre 1865 et 1868, s' efforçait fermement d' obtenir de la Confédération non seulement qu' elle publiât les levés originaux au 1125000 et au 1150060, mais aussi qu' elle fit lithographier pour ses membres, de façon exemplaire, des cartes de régions montagneuses. Mais, depuis longtemps déjà, on ressentait un peu partout le besoin de cartes à plus grande échelle: voilà qui est montré clairement par les diverses feuilles qui, au nombre de plus de 60, parurent de 1840 à 1867. Ce sont surtout des cartes de cantons: celles de Genève, St-Gall, Bâle, Fribourg et Argovie à hachures, et celles de Zoug, Glaris, Zurich et Lucerne à courbes de niveau. Il est juste de mentionner que Ziegler et A. Escher de la Linth, en 1858 déjà, puis, en 1859, les géologues de la Société suisse des sciences naturelles réclamèrent par voie de pétition au Conseil fédéral un 1:50000 pour toute la Suisse.

Le colonel Hermann Siegfried ( 1819-1879 ), qui était à la tête du Bureau fédéral d' état, depuis 1866, était également devenu le successeur de Dufour comme chef du Bureau topographique. En 1867, il acquit la conviction que la Confédération devait prendre elle-même en main la publication des feuilles disparates. En 1868, il exposa un plan au Conseil fédéral. Une commission topographique l' examina, y apporta des changements et des améliorations, si bien que deux lois fédérales furent publiées à la fin de 1868: i° concernant la continuation des levés topographiques et 20 au sujet de la publication de ces levés.

Travaux de trigonométrie En relation avec les travaux de mensuration européens, la Commission fédérale de géodésie commença, en 1863, à travailler à la triangulation de IQ1' ordre, avec un nouveau point de franchissement des Alpes dans la région du Saint-Gothard. A cet effet on mesura, en 1880, trois nouvelles lignes de base à Aarberg, Weinfelden et Bellinzone ( photo 5 b ). Puis on procéda à d' autres mensurations de détail, motivées par la loi de 1876 sur les forêts. En même temps on vérifiait les cotes d' altitude. De la Pierre du Niton ( bloc erratique dans la baie de Genève ) partit, le long des axes routiers principaux, un nivellement de précision jusqu' à Martinsbruck et Chiasso.

Levés topographiques et révisions En i 869 déjà, Siegfried conclut un contrat avec le canton de Berne en vue d' une nouvelle cartographie du Jura qui appartenait encore, tout comme Bâle, Soleure, Argovie, Thurgovie et Appenzell, aux régions dessinées avec des hachures. De mauvaises ou de vieilles feuilles de régions montagneuses firent l' objet, au cours des 30 années suivantes, d' une nouvelle topographie avec courbes de niveau. On révisa des feuilles plus récentes ( comme dans l' Oberland bernois ) ou de bons levés ( comme dans le canton de Zurich ) en se limitant à un calque correctif ne comprenant que des modifications comme p. ex.: état des glaciers, routes, chemins de fer, etc. On avait déjà apprécié le travail de quelques-uns des plus habiles topographes de montagne; mais pourdes- siner les rochers, tous les ingénieurs n' étaient pas aussi doués qu' Imfeld, Held, Becker ou Charles Jacot-Guillarmod. Il advint ainsi que, dans les années 80, quand on avait de mauvais dessins de rochers, on allait jusqu' à envoyer le graveur sur cuivre Hans von Steiger sur le « terrain » afin qu' il dessinât en personne ses modèles pour leur gravure. La plupart de ces topographes de montagne avaient été des élèves du géologue Albert Heim. Leurs feuilles ne sont pas seulement levées avec une précision géométrique, mais, en plus, elles témoignent d' une capacité intuitive de saisir -dans la représentation des rochers en particulier -les formes géologiques et morphologiques. Ces feuilles de montagne sont aussi celles qui ont fait la renommée mondiale de l' atlas Siegfried ( carte 6 ). Peu à peu, on releva dix fois plus de points, et les feuilles se couvrirent de tant de détails qu' on dut les qualifier plutôt de « surchargées ». Après les levés sur le terrain, le cartographe établissait un calque, c'est-à-dire une copie sur papier à cal-quer, comme modèle pour le graveur sur cuivre ou le lithographe.

Reproduction La gravure des feuilles au 1125000 ( Jura et Plateau ) fut d' abord confiée à l' atelier de gravure sur cuivre H. Müllhaupt et fils, et les feuilles au 1:50000 ( montagne ) au lithographe R.Leu-zinger, qui était déjà connu, par les cartes du CAS, comme un bon graveur de rochers.

La première livraison de 12 feuilles parut en 1870. Il y eut 49 livraisons jusqu' en 1901, chaque année, une douzaine de feuilles environ était ter- minée, ce qui donna un total de 604 en 1926.

Jusqu' en 1900, l' impression des éditions se fit directement au départ des plaques de cuivre, d' abord uniquement chez H. Müllhaupt, ensuite aussi chez M. Girardet. Les gravures sur pierre furent, presque dès le début, confiées à la Maison Kümmerly pour être reportées lithographique-ment et multipliées ainsi de façon plus simple.

Révision de l' atlas Siegfried au fil des années Plaques ainsi que pierres furent mises à jour environ tous les dix ans. Pour les plaques de cuivre cela se fit par le moyen de la galvanoplastie, qui ne leur occasionnait aucune espèce de dommage. En revanche, le ponçage des gravures sur pierres lithographiques provoquait une différence de niveau; ces inégalités de la surface rendaient toujours plus difficile le travail de l' imprimeur. On commença donc, à partir de 19 i o, à transférer sur cuivre les feuilles « de montagne » gravées sur pierre. Pour de plus grands tirages d' assemblages, de cartes de manœuvres ou d' excursions, on avait depuis longtemps recours au report sur pierre et, plus tard, aussi au procédé offset qui permettait, souvent, d' ajouter aux assemblages une teinte verte pour les forêts. Les cartes Siegfried furent imprimées jusqu' en 1952.

Autres travaux du Bureau topographique jusqu' en igoo Les travaux de la Carte générale au 1:250000 remontent encore à Dufour et, en 1853 déjà, Goll en tirait les premières épreuves. Il avait grave les écritures des quatre feuilles sur des plaques d' acier quand il mourut, en i860. Müllhaupt lui succéda et termina la carte à hachures en 1873, mais sur cuivre. Une carte d' ensemble au. r :1000000 vit le jour en 1878, en lithogravure. Cette carte, révisée à diverses reprises, est en vente encore aujourd'hui. Elle sera remplacée par la Carte nationale, maintenant en voie de remaniement, au 1: 1 000000.

Un grand nombre de leurs usagers trouvaient que les feuilles de l' atlas Siegfried, fruit d' une technique sobre, manquaient de clarté: ils n' y retrouvaient pas la plastique de la carte Dufour. A cette époque aussi, en 1883-1884, donc 18 ans après la carte de la Greina ( photo 8 ), ce fut de nouveau le CAS qui, avec Leuzinger, prit l' initia d' éditer la carte en relief— une belle réussitede la région Stockhorn—Niesen. Le Bureau topographique sortit la même carte en 1886, et alors commença de paraître une série de cartes en relief auxquelles collaborèrent R. Leuzinger et H. Kümmerly: en 1887, l' Oberland bernois I, Thoune Jaun; en 1889, la Haute-Engadine, F Albula; en 1890, le Gothard; en 1891, le Prättigau, Frauenfeld; en 1892, le Säntis, Evolène— Zermatt—Mont Rose.

A cette époque, on sonda aussi tous les grands lacs suisses, ce qui permit d' incorporer les courbes bathymétriques à l' atlas Siegfried. C' est ainsi que parut, en 1896, une carte du lac de Constance au 1:50 000.

Travaux du Service topographique fédéral de igoo à igjj A côté de la mise à jour, qui se répète de façon permanente pour toutes les cartes, commencèrent alors d' autres travaux fondamentaux en vue de créer de nouvelles cartes, sous l' énergique - et nouvelle - direction de Leonz Held. D' abord, en 1902, le Dr Hilfiker vérifia l' altitude du point fixe de la Pierre du Niton ( photo 7 b ), et l' établit à 373,6 1: « Ingénieurs en montagne », tableau de R. Ritz, 1869 2a: Le Glacier du Rhône en i8gg, et à titre de comparaison:

2b: Le Glacier du Rhône en 1978: modification du paysage alpin 3a: Bietschhorn: croquis topographique de X. Imfeld, 1880 ( original en couleurs ) 3b: Signal et station au Wasenhorn ( Valais ), 1915 4 :Montée au Finsteraarhorn, 1914 mètres au-dessus de la mer, soit 3,26 mètres plus bas que l' ancienne valeur. Puis, en 1903, l' ingé Rosenmund proposa pour toutes les mensurations la projection cylindrique conforme à axe oblique. Jusqu' en 1916, le réseau de triangulation de Ier ordre fut réorganisé selon des distances en majeure partie plus courtes, et mesuré au cours d' une période de 5 ans ( photos 3 b, 4 et 5 ). Un temps favorable, une équipe renforcée d' observa qui étaient aussi des montagnards éprouvés, et de nombreuses cabanes du CAS construites entre-temps permirent de mener à bien cette tâche dans un délai aussi court. Le nouveau Code civil de 1907 rendit possible la création du cadastre fédéral. A la suite de l' ordonnance sur les mensurations cadastrales, de 1910, on renouvela aussi tous les réseaux de triangulation de IIe et de IIIe ordre, de même que le nivellement général du pays. Quant à la triangulation de I Vf ordre qui en dérive, la triangulation cadastrale, le Service topographique fédéral en exécuta lui-même environ le tiers, mais la part la plus importante fut menée à bien par les cantons, avec l' aide de géomètres privés.

Les avis au sujet des échelles et de l' aspect des nouvelles cartes furent très différents. Avant 1900, on réclamait généralement une carte au 1:50 000 avec teinte de relief pour l' ensemble du pays. Mais par la suite les militaires crurent que l' échelle du 1:100 000 donnerait la carte tactique qui conviendrait le mieux à l' armée. Avant la guerre encore, en 1913, la Commission géologique de la Société suisse des sciences naturelles demandait par pétition au Conseil fédéral qu' on étendît le 1125000 aux montagnes également. La Première Guerre mondiale suspendit tous ces projets et ajourna ces études, mais en retour on poursuivit le change- PI1010T + B Photo M. Guriner S + T Photo S + T Pholo S + T ment, déjà entrepris auparavant, du système de mensurations topographiques. La stéréophotogrammétrie commença à supplanter la planchette. En 1924, après divers essais, le Service topographique fédéral était suffisamment équipé pour établir par photogrammétrie les levés destinés à la future Carte nationale.

Avec ce procédé, le paysage était, pour ainsi dire, pris au bureau. La plus grande partie d' une carte pouvait désormais être élaborée au moyen de photographies. La chimie et la technique se substituaient partiellement aux déplacements à pied et à l' observation de la nature. D' innombra épreuves de cartes, aux échelles les plus diverses, virent le jour de 1900 àia promulgation, en 1935, de la loi sur la production de nouvelles Cartes nationales.

Les Cartes nationales firent mettre au rebut les cartes Dufour et Siegfried, sans compter celles qui avaient déjà été détruites comme « vieux fatras ». Aujourd'hui pourtant, ces feuilles sont de nouveau recherchées, non seulement par les collectionneurs, mais également pour des études et travaux scientifiques, statistiques ou historiques. Pour de tels buts, on copie aujourd'hui par douzaines des feuilles de l' atlas Siegfried. Les anciennes cartes sont par conséquent estimées comme des documents historiques. C' est pourquoi il importe - aussi pour les nouvelles cartes -que le contenu corresponde à la date. Par conséquent une feuille de cartographie n' estjamais inutilisable et définitivement morte lorsqu' elle est remplacée par une nouvelle édition. Elle conserve sa valeur comme document d' une époque, d' une culture, d' une technique, aussi longtemps qu' il y aura une histoire humaine.

Trad. G. Widmer et E. Wüthrich ja:

nb:

6a: Mesure d'angle à la Bütschelegg ( Rüeggisberg ), igj6 6b:

Carte d' excursion du CAS pour 1865: Lukmanier-Greina ( la carte complète, au format 40 x 50 cm peut être obtenue pour le prix de 10 francs auprès du S + T )

La carta Dufour e l' atlante Siegfried

A. 0berli La manacanza di una carta geometricamente precisa si fa sentire in Svizzera dopo il 1800. La Dieta stanzia per la prima volta nel 1809 un cre-dito per misurazioni. Dufour assume la direzione generale delle operazioni di misurazione nel 1833 a conclusione dei lavori preliminari condotti dai suoi predecessori.

Nel 1838 egli apre a Ginevra 1'« Ufficio topografico ». Per quanto concerne l' altopiano si possono utilizzare i rilievi cantonali; sulle Alpi entrano invece in azione i topografi di Dufour. Sulla base dei dati raccolti viene incisa su rame la « Carta topografica della Svizzera » in scala 1:100000; entro il 1864 tutti i 25 fogli sono pubblicati.

Soprattutto il CAS auspica che le pubblicazioni originali siano riprodotte nelle scale 1:25000 e

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