En pleine nature ou sur des pistes préparées? Le ski de randonnée et le ski-alpinisme sont à la mode.

Toujours plus de personnes chaussent leurs skis dans le but d' attein un sommet par leurs propres forces, avant de profiter pleinement de la descente. Quand la neige manque, les pistes de ski enneigées artificiellement semblent être un terrain ( d' entraînement ) idéal, au grand dam des pisteurs.

Les fabuleuses conditions d' enneigement actuelles nous font presque oublier le manque de neige du début de cette saison. Celle-ci se trouvait sur des pistes enneigées artificiellement dans des stations telles que Nendaz en Bas-Valais et Diavolezza dans les Grisons.

Les passionnés de ski-alpinisme utilisaient ces pistes comme terrains d' entraî et domaines de ski de randonnée. Dans la station Diavolezza ( Grisons ), ce phénomène fut particulièrement important. « En période record, nous avions jusqu' à 200 personnes qui montaient les pistes en peaux de phoque. Les pistes étaient alors bloquées, et cela représentait un très grand risque d' accidents. Le directeur des remontées mécaniques de Diavolezza SA se souvient avec effroi de plusieurs situations critiques: « Nous devions réagir et nous l' avons fait en introduisant un forfait d' utilisation des pistes de 26 francs par personne. » La mesure fut efficace. Elle rebuta surtout les nombreux cars de skieurs de randonnée en provenance d' Italie. « Aujourd'hui, chaque jour une dizaine de skieurs se procurent ce forfait. Ils achètent ainsi nos prestations, notamment des pistes enneigées artificiellement et damées, des pistes sécurisées au niveau des avalanches et les premiers secours. »

En introduisant les mesures décrites ci-dessus, les réclamations des adeptes des sports de glisse auprès des remontées mécaniques de Diavolezza ont diminué. Son directeur n' est toutefois pas entièrement satisfait. « Il existe encore des personnes qui font preuve d' incompréhen, qui s' entraînent de nuit sur nos pistes, et s' exposent ainsi au danger du minage d' avalanches et des dameuses. » La communication avec ces skieurs est difficile. « Ces sportifs ont souvent l' im de maîtriser tous les dangers. Mais qui voit durant la nuit le câble d' acier tractant les dameuses et stoppant les avalanches? » Cette situation laisse le responsable des remontées mécaniques perplexe. Il y a déjà eu des accidents. Les réactions parfois agressives des sportifs préoccupent également les responsables des pistes. « Notre devoir est clair. Nous veillons à sécuriser les pistes de haut en bas. Je constate que ces gens ne sont pas les skieurs de randonnée traditionnels; ces derniers sont compréhensifs et montent sur le bord des pistes. » Ils sont aussi prêts à payer cette obole de 26 francs pour les services utilisés. Peter Dübendorfer espère à l' avenir trouver une solution commune avec le CAS et d' autres remontées mécaniques. « Nous pourrions par exemple mettre à disposition une piste de montée fermée par des filets et entretenue par le CAS. » Il espère de prochaines discussions et souhaite que le CAS entreprenne une action pour résoudre ce problème 1.

Comment se présente la situation auprès d' autres remontées mécaniques? En Lombardie ( Italie ), une loi interdit les montées en peaux de phoque sur les pistes de ski, explique Peter Dübendorf. C' est une des raisons pour lesquelles des skieurs en provenance d' Italie venaient dans le domaine de Diavolezza après avoir eu des amendes chez eux. Nous pouvons également rencontrer des skieurs-alpinistes s' entraînant dans le domaine de Glacier 3000 dans les Préalpes bernoises et vaudoises. « Nous connaissons aussi ce problème comme ailleurs », déclare le responsable des pistes Roland Garin. « Auparavant, il y avait de nombreux skieurs-alpinistes les années où avait lieu la Partouille des Glaciers. Dorénavant de plus en plus de personnes s' entraînent; elles sont présentes chaque hiver. Et il y en a plus chaque année. » Le danger est particulièrement grand lorsque des mesures de sécurité sont prises, par exemple quand on déclenche manuellement les avalanches, précise Roland Garin.

La situation est peu différente en Bas-Valais, là où est né le ski-alpinisme de compétition. Selon le directeur des installations de Téléverbier SA, Gilbert Simon, « des panneaux d' information indiquent que l' utilisation des pistes peut Le parcours de l' Altiski au Pizol est fait de telle sorte que les points de passage se trouvent à proximité d' une station de remontées mécaniques. C' est un élément qui réjouit les compétiteurs et le public se faire entre 17 h et 20 h sous la responsabilité de chacun ». Ensuite, les dameuses passent à l' action. Malheureusement, ces recommandations ne sont que peu suivies. « Quand on sait que les dameuses sont treuillées par un câble pouvant mesurer jusqu' à 1200 mètres de long, c' est juste une question de temps avant que le premier accident gravissime ne se produise. » Gilbert Simon espère pouvoir compter sur la compréhension des sportifs. « Mais j' ai tout de même peur que quelque chose se passe prochainement », confie-t-il sans détours.

Peu apprécié lorsqu' il est pratiqué en entraînement, le ski-alpinisme de compétition sur les domaines skiables ne pose en revanche pas de problème. Les remontées mécaniques et les organisateurs de compétitions travaillent alors main dans la main. Les parcours des courses sont souvent à proximité des pistes de ski et des installations tandis que le départ ou l' arrivée se trouvent près des stations de télécabines ou autres remontées. Cela est prometteur tant pour les organisateurs de courses que pour le public. La plupart des remontées mécaniques proposent d' ailleurs des forfaits avantageux pour les accompagnateurs des coureurs. Les responsables de l' Altiski de Wangs-Pizol expliquent: « Nous travaillons en étroite collaboration avec les remontées mécaniques Pizol SA. En effet, notre région est convaincue que le ski-alpinisme propage une image positive de nos montagnes. Les skieurs-alpinistes sont un public attrayant pour les remontées Pizol SA. » Même si les courses se font en bordure de pistes préparées, celles-ci restent ta-boues pour Christof Dudli, organisateur de course. « Ce n' est qu' en cas de conditions météorologiques défavorables que la course se ferait sur les pistes. Le ski- alpinisme est un sport en pleine nature et doit le rester 2. » Les organisateurs de courses du Bas-Valais jusqu' à l' Oberland bernois et au Tessin se rallient à cette philosophie. a Ruth Oehrli ( trad. )

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