Il y a trace et trace

Comme ceux de mon âge, j' ai appris dans ma formation alpine militaire à faire de bonnes traces lors d' excursions à skis. Le choix de l' itinéraire et la manière correcte de tracer étaient toujours enseignés dans les cours. Les traces que l'on voit aujourd'hui, qualifiées de « sportives » ou de « bonnes mais raides » dans les pages internet consacrées aux excursions, ne servent plus que de vagues indicateurs de direction. Je n' ai pas d' objection à ce que les randonneurs sportifs aillent vers les sommets par le plus court chemin. Ce qui par contre me gêne, c' est que la moitié des « viennent-ensuite » se plaignent de la qualité du traçage sans qu' aucun d' entre eux n' en réalise un meilleur, moins raide et plus régulier. Voici ma requête: essaie donc de créer ta propre trace. C' est un peu plus exigeant que de suivre celle qui précède, mais cela te permettra de « sentir » plus intensément la neige, dont le crissement ne s' entend qu' à l' ouverture d' une trace neuve. Deux conseils pour terminer: d' abord, ôte les couteaux, et ensuite, monte toujours le plus doucement possible. Si le chemin que tu as tracé suit une ligne régulière, si les distances entre les conversions sont toujours les mêmes et si l' inclinaison de la trace ne devient pas plus ni moins raide à l' approche du sommet, tu as trouvé le bon rythme et le juste itinéraire. a Alois Steiner, Baar ( trad. )

Feedback