« Le sport d'élite, c'est toute ma vie ». Martin Anthamatten, compétiteur en ski-alpinisme

Martin Anthamatten, compétiteur en ski-alpinisme

« Le sport d' élite, c' est toute ma vie »

Depuis bientôt un an, Martin Anthamatten, de Zermatt, fait partie du Swiss Team, l' équipe nationale de ski-alpinisme. Agé de 23 ans, il s' est déjà fait une place au sein de l' élite internationale. Cet hiver, il aimerait confirmer son rang lors des Championnats du monde en Valais et de la Patrouille des Glaciers. Portrait

Martin Anthamatten est un jeune homme fin, sympathique et prévenant. Plutôt que de faire de longs discours, il préfère laisser parler ses performances: « Je vis pour mon sport. Dormir, manger, m' en et, évidemment, travailler: c' est mon rythme de vie », dit-il en souriant. Son objectif pour la saison 2008 est clair: « J' aimerais être classé parmi les dix meilleurs mondiaux en Vertical race. » C' est donc sur les courses comportant une montée sèche, sans descente, qu' il veut se concentrer. A côté de son travail dans un bureau d' architecture, le Haut-Valaisan a préparé sa saison en suivant un plan d' entraînement minutieux, centré sur les courses de montagne et sur le VTT, sans oublier « au moins dix heures de sommeil par nuit ». La vie sociale, néanmoins, fait aussi partie intégrante de son programme: « Les sorties entre amis sont essentielles pour pouvoir me détendre et penser à autre chose. » Evidemment, il va souvent se coucher alors que la fête continue sans lui.

Un sportif sérieux

« Non, je ne vois pas mon mode de vie comme une contrainte. C' est exactement ce qu' il me faut. Je suis un sportif sérieux, c' est comme ça que je me sens le mieux. » Martin voit dans l' entraînement rigoureux et dans les longues phases de repos la clé de ses performances. Ses qualités de sportif ont vite sauté aux yeux de Rolf Zurbrügg, directeur technique Ski-alpinisme, qui l' a invité à tenter sa chance au sein du Swiss Team. Depuis, Martin est devenu un véritable adepte de ski-alpinisme. « Du lundi au vendredi, après le travail, j' effectue chaque jour entre une heure et demie et deux heures d' entraînement. Le week-end, quatre à cinq heures par jour. » « Je ne pourrais pas vivre sans faire de sport. Je vais en montagne tous les jours. » Il n' a qu' à sortir de chez lui, chausser ses skis et commencer à grimper. Ce n' est que très rarement qu' il doit se forcer, par exemple par temps de brouillard: « Mais dès que je suis dehors, je suis content, même s' il ne fait pas beau. » Martin ne compte plus ses montées au Gornergrat, à plus de 3000 mètres d' altitude, une ascension qu' il fait en nonante minutes environ au départ de Zermatt. « Au retour, je me sens toujours très bien. » S' il ne se dépense pas physiquement, il ne tient pas en place. « L' entraînement, les courses et tout le reste ne sont qu' une question de mental », résume-t-il: « Quand je veux, je peux. »

Le mouvement avant tout

La vie de Martin, né dans une famille de sportifs, a toujours été placée sous le signe du sport. Jusqu' il y a trois ans, il se vouait au hockey sur glace et était parvenu jusqu' en Ligue nationale B. « Comme je n' avais plus de perspectives d' avenir dans le hockey, j' ai cherché un nouveau défi. » Sa découverte du ski-alpinisme tombait à point nommé; depuis lors, il se concentre entièrement sur cette discipline pendant l' hiver. En été, il brille dans les courses de montagne. Animé par un sens aigu de la performance, Martin se donne toujours à 100 %. « Si je Entraînement décontracté en compagnie de son chien, sur fond de Cervin Photo: R uth Oehrli me donnais moins, je ne serais pas du tout content de moi. Le sport fait partie intégrante de ma personnalité, tout comme mon sens de l' ordre. » En ce dernier point, il se distingue nettement de ses frères Simon et Samuel, stars de l' es sur glace: « Dans leurs chambres, c' est le chaos absolu. C' est probablement ce qu' il leur faut pour être performants. »

Ordre et planifi cation

Dans le domaine de l' alimentation, le compétiteur est coaché par son oncle, spécialiste en diététique. Il souligne que ses performances de pointe ne seraient pas possibles sans le soutien de son entourage: « Je dois beaucoup à mes parents, à mon oncle, à mes employeurs, au Swiss Team et à nos entraîneurs; sans eux, mes performances ne seraient pas possibles. » Les résultats ne se sont pas fait longtemps attendre après ses débuts avec le Swiss Team il y a moins d' un an. Aux Championnats suisses en mars dernier à Grindelwald, il a remporté la médaille d' or en catégorie juniors. Peu après, il a confi rmé sa forme par deux résultats de pointe aux Championnats d' Europe de Morzine/Avoriaz: meilleur Suisse, il s' est classé quatrième dans la course longue distance en solitaire, et sixième en Vertical race.

Martin, le bricoleur

Martin Anthamatten aime aussi bricoler pour améliorer son matériel: « C' est essentiel pour moi de chercher constamment des solutions novatrices. Le matériel est primordial dans notre sport. En plus d' une forme physique optimale, le matériel peut faire la différence entre succès et échec. » Quel est l' aspect qu' il préfère dans le ski-alpinisme? « L' esprit de compétition pendant les courses. » Après une courte réfl exion, voici comment Martin décrit ce sentiment: « Défi er ses propres limites en pleine nature, en montagne, dans un esprit de concurrence amicale avec d' autres passionnés – c' est ce qui compte le plus pour moi. » C' est pour cela qu' il pense se concentrer encore plus sur la compétition une fois qu' il aura terminé sa formation de dessinateur en bâtiment. Il le dit sans ambages: « Pour moi, le sport est plus important que d' avoir des bonnes notes à mes examens fi naux. » a Ruth Oehrli, Gstaad ( trad. ) Martin Anthamatten adore tester ses limites de performance en pleine montagne. Ici, la course de la Pierra Menta Plus enclin à la performance sportive qu' aux grands discours: le skieur-alpiniste Martin Anthamatten Photo: R uth Oehrli Photo: Gér ar d Ber thoud

Histoire, culture et littérature alpines

Storia, cultura, letteratura alpina

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