Le tour du Surenstock. Deux étapes, trois cantons, six cols

Le tour du Surenstock

La vallée principale de Glaris est typiquement alpine, en pente raide qui s' ouvre vers le nord sur la plaine de la Linth. Le Sernftal, une vallée latérale, est un cul de sac pour les véhicules à moteur. Pour les randonneurs, cet encaissement est synonyme de beauté, de nature sauvage mais aussi de chemins difficiles.

Nul besoin d' avoir visité la région pour connaître Elm, la localité du bout du Sernftal. Car le Martinsloch, Vreni Schneider et Elmer Citro lui ont forgé une réputation qui va au-delà des frontières helvétiques. Elm est également connue pour sa production d' ardoises, qui a traversé une période faste au XIX e siècle. Lorsque l' école devint obligatoire, la demande d' ardoises augmenta de manière fulgurante. La fièvre de l'« or noir » était telle que le Plattenberg, au-dessus du village, fut notablement surex- La randonnée de deux jours autour du Surenstock commence et finit à Elm/GL C' est vers Ranggleren, derrière le Foopass, qu' on revient sur territoire glaronnais à la fin du circuit. Le panorama: Vorab, Hausstock, Clariden et, dans les nuages, le Kärpf ( de g. à d. ) ploité; le 11 septembre 1881, toute la partie sommitale s' effondra. 114 personnes furent enfouies sous les décombres et une grande partie de la localité dévastée. Aujourd'hui, le tourisme y bat son plein en hiver surtout, lorsque les remontées mécaniques permettent aux visiteurs d' atteindre les hauteurs sans effort. En été, il faut y mettre du sien et de manière générale, le grand public rechigne à entreprendre des courses ambitieuses. Et le tour du Surenstock en est une.

Le fin fond du Sernftal

Ce circuit fait découvrir au randonneur une région d' une richesse rare, recélant des vallées en altitude, de nombreux cols et des coteaux imposants. Ces deux jours de marche commencent par une montée qui en a découragé plus d' un et s' achè sur une descente longue et éprouvante. Entre les deux, cependant, l' alti est assez constante, oscillant généralement entre 2000 et 2500 m. La course est longue et il est bon d' ar sur place le soir avant le départ. On pourra ainsi faire le tour du village, puis monter passer la nuit dans l' auberge de Nideren. Cela permet de gagner un peu Photo: F redy Joss Sardona Hütte CAS Repr oduit av ec l' autorisation de swisstopo ( BA 071596 ) La Trinser Furgga marque la frontière entre les Grisons et St-Gall. Un marquage indique le départ du sentier qui descend dans le versant sud, raide et exposé Coup d' œil en arrière pendant la montée au Pass dil Segnas: à gauche, le Vorab et à droite, le Haustock Le Martinsloch et le chevauchement principal de Glaris, bien visible sur les Tschingelhörner, sont de vrais d' œuvre de la nature. A droite des Tschingelhörner, on voit le Pass dil Segnas Photos: Fredy Joss La Sardona Hütte CAS, au fond du Calfeisental, au pied du Piz Sardona Depuis la Trinser Furgga, on voit le Surenstock, ou Piz Sardona. Sur l' avant enneigé à sa gauche, se trouve l' inter entre les cantons de Glaris, des Grisons et de St-Gall de dénivelé le lendemain. Pour y monter à travers les belles gorges du Tschinglen-bach, il faut compter une heure et demie. Mais Nideren est aussi desservie par un téléphérique d' époque, au parfum d' aventure.

La Sardona Hütte CAS, au bout du labyrinthe

Le Martinsloch est dans notre champ de vision presque tout au long de la montée de l' alpe de Nideren au Pass dil Segnas. Deux fois par année – sept jours avant le début du printemps astronomique et sept jours après le début de l' automne – le soleil levant passe à travers ce trou dans la montagne et tombe sur l' église d' Elm. Nous restons longtemps à l' ombre de la paroi nord-ouest des Tschingelhoren, avant de découvrir enfin, à l' est, les cimes du centre des Grisons. Nous sommes arrivés sur le Pass dil Segnas, qui marque le passage entre Glaris et les Grisons. La descente côté grison est raide mais équipée de chaînes. Nous arrivons dans une haute vallée pleine de rochers. Alors que nous la traversons en direction de La Siala, notre regard est sans cesse attiré par les Tschingelhoren, le Martinsloch et le chevauchement principal de Glaris. Il s' agit d' une particularité géologique: les couches de roche plus anciennes sont superposées aux roches plus récentes. La strate supérieure consiste en verrucano vieux de 300 millions d' années, de couleur sombre, et recouvre du flysch qui ne compte que 35 millions de printemps. Ce chevauchement est généralement souligné par une fine couche de mylonite calcaire ( Lochsteinkalk ).

En contournant l' Atlas, l' un des contreforts du Piz Segnas, on parvient dans la vallée de Segnas Sura. Sur le plateau étincelant de Plaun Segnas Sura, les eaux de fonte du Glatschiu dil Segnas forment une infinité de minuscules cours d' eau. Le chemin qui mène de la Fuorcla Raschaglius au Fil de Cassons est bien visible; nous ne le suivons pas mais abordons le Plaun dils Agls pour déboucher dans le Val Sax et monter à la Trinser Furgga, ou Fuorcla dils Sax. Dans ce terrain aride, nous devons souvent nous passer de chemin. En accédant au Calfeisental, nous faisons notre entrée dans le canton de St-Gall. Le Surenstock et ses colliers de glace paraissent plus cléments 1 A ne pas confondre avec la Sardonahütte, 1743 m, un peu plus à l' est 2 Sur la CN 1: 50 000, feuille 247 T Sardona, le « Muotatal » est orthographié « Muetertal ».

Le quatrième col sur notre parcours: le Heubützlipass, qui sépare le Calfeisental du Weisstannental Depuis le Calfeisental, le Tristelhorn, ou Piz da Sterls, encerclé de nuages Photos: Fredy Joss vus d' ici que du côté grison. Depuis Elm, ce n' étaient que couloirs raides encombrés d' éboulis. Depuis la Trinser Furgga, nous voyons notre but, la Sardona Hütte CAS 1, mais ce n' est pas le moment de relâcher notre attention: le sentier qui parcourt le versant nord du col est raide et exposé.

Départ sous le soleil

La Sardona Hütte CAS se situe sur une terrasse idyllique en dessus du Calfeisental. La vallée est orientée ouest-est, si bien que les premiers rayons du soleil l' illuminent et nous incitent à nous mettre en route. Au petit matin, des voiles de brouillard épars décorent la vallée et l' herbe est sertie de millions de gouttes de rosée; au-dessus, le ciel est d' un bleu sans mélange.

Nous longeons la vallée côté soleil et montons au Heubützlipass, qui débouche sur le Weisstannental, puis franchissons le Muotatalsattel. Par le Muotatal 2, nous descendons à Matten. Près des bâtiments de l' alpage de Foo, nous attaquons une nouvelle montée, le long du Heitel-bach, jusqu' au Foopass. Le sixième col de notre périple nous ramène sur territoire glaronnais. Nous retrouvons les paysages du premier jour: le Kärpf, le Wildmad-furggeli et le Richetlipass, le Vorab et son névé, le Hausstock, proche du Panixerpass et au fond, le Clariden. C' est à regret que nous tournons les talons pour aborder la longue descente vers Elm. a Fredy Joss, Beatenberg ( trad. ) Depuis le Muetertalerfürggli, la vallée de Ober Heubützli et le sommet qui la domine, le Heubützler Informations Accès: les étapes sont longues: si possible, arriver le soir avant! CFF par Zurich et Ziegelbrücke jusqu'à Schwanden; car postal jusqu' à Elm Station. Le Tschinglen-bahn part de Zündli ( Elm–Zündli: 20 minutes environ; horaires sur www.elm.ch, tél. 079 714 13 81 montée à Nideren par les gorges du Tschinglenbach, 1 h 12 /T3 1 ère étape: Nideren ( 1480 m)–Pass dil Segnas ( 2627 m)–La Siala ( 2459 m)–Se-gnas Sura–Fuorcla Raschaglius ( 2551 m)– Val Sax–Trinser Furgga ( 2492 m)–Sardo-na Hütte CAS ( 2158 m7 h/T4 2 e étape: Sardona Hütte CAS–Untersäss ( 1798 m)–Obersäss ( 2088 m)–Heubützli-pass ( 2468 m)–Muotatalsattel ( 2409 m)– Mätteli–Foo ( 1875 m)–Heitel–Foopass ( 2223 m)–Raminer Matt ( 1896 m)–Rami-ner Wald–Elm, 6 h/T3 Hébergement: Nidernalphütte, hôtel de montagne simple, chambres à plusieurs lits, tél. 079 693 58 30; Sardona Hütte CAS: tél. gardien 081 306 11 17/081 303 41 41/ 079 369 81 28, tél. cabane 081 306 13 88, www.sac-zindelspitz.ch Carte/Guide: CN 1: 25 000, feuille 1174 Elm; Remo Kundert et Marco Volken, Alpinwandern Zentralschweiz–Glarus–Alpstein, éd. du CAS, Berne 2006; Francois Meienberg, Glarner Überschreitungen, éd. Rotpunkt, Zurich; Peter Straub, Clubführer Glarner Alpen. Vom Walensee zum Tödi, éd. du CAS, Berne 2004; B. Condrau et M. Hunziker, Clubführer Bündner Alpen 1. Tamina- und Plessurgebirge, éd. du CAS, Berne 1988 Informations: Elm–Sernftal Tourismus, tél. 055 642 52 52, www.elm.ch, www.geopark.ch

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