Les accidents de montagne en 2002. Moins d'accidents, moins de morts

Moins d' accidents, moins de morts

Comparé à l' année précédente, le nombre des demandes de secours a sensiblement diminué en 2002. Il en est de même en ce qui concerne les accidents mortels. Les 102 personnes décédées suite à un accident de montagne représentent une diminution de 23%. Ces chiffres ne laissent pourtant pas présager de changement de comportement. La raison de cette baisse est en fait due aux conditions climatiques fort mauvaises au cours de l' année 2002.

Les demandes de secours et les accidents de montagne proprement dits, dans les Alpes suisses et le Jura, font l' objet de deux statistiques distinctes. Sous la rubrique « demande de secours/urgence », on recense tous les événements pour lesquels des services de secours en montagne sont intervenus. On prend notamment en compte les cas de maladie et les évacuations de randonneurs qui n' ont pas été victimes d' un accident dans l' ac habituelle du terme. S' agissant du Bas-Valais, les informations à ce propos restent incomplètes. Les données à disposition permettent toutefois de se faire une bonne idée de l' ensemble des accidents survenus dans le pays. La statistique des cas mortels, qui fait partie intégrante de l' ensemble des cas d' urgence, comprend exclusivement les événements qui correspondent à la définition habituelle de l' accident. Les informations les concernant sont en règle générale détaillées. C' est pourquoi ces cas peuvent être analysés et commentés plus précisément.

Cas d' urgence en 2002 1

En 2002, en Suisse, 1033 personnes ont été secourues suite à un accident ou à un incident malencontreux alors qu' elles pratiquaient un sport de montagne. Si l'on prend en compte les accidents de parapente et d' aile delta pour lesquels des services de secours ont été appelés, on parvient à un total de 1126 personnes. Comparé à l' an 2001, ce résultat correspond à une diminution de 14%. Deux rubriques ont particulièrement contribué à cette baisse: « randonnée en montagne » ( –19% ) et « courses en haute montagne » ( –25% ). On peut par contre observer une augmentation aux rubriques « secteurs de l' escalade » ( +14% ), et « hors-piste » ( +3% ).

En ce qui concerne les causes, les chiffres ont également baissé. Font exception les chutes dans une crevasse ( +17% ) et les accidents provoqués par la foudre ( en tout huit personnes ) qui ont été plus nombreux que l' année passée. Dans la rubrique « suites des accidents », on ne constate une augmentation que pour les personnes légèrement blessées ayant reçu des soins ambulatoires suffisants. Parmi les personnes retrouvées sans vie, on en compte, comme l' année précédente, 17 ( classification NACA 7 ) dont la cause de décès était une maladie. Ont été victimes d' un accident mortel 16 randonneurs en montagne et 1 randonneur à ski. A considérer les informations recueillies, il s' agit, dans la plupart des cas mortels, de problèmes cardiaques. Comme signalé plus haut, on ne peut pas – en raison des différences dans les critères d' appréciation et des lacunes dans les données régionales – mettre en relation tous les cas d' accidents avec les seuls cas mortels. On peut toutefois tirer quelques conclusions fort intéressantes. En analysant de plus près les accidents en montagne à suite mortelle, on peut constater des différences importantes en ce qui concerne les causes: ainsi 40% de toutes les personnes secourues ont trouvé la mort dans des avalanches ( année précédente: 31% ) alors que le pourcentage des victimes tuées par des chutes de pierres ou de glace a passé de 7% ( 2001 ) à 4% ( 2002 ). Les chiffres portant sur les activités sont d' ailleurs aussi fort concluants. Ainsi 16% de toutes les personnes ayant eu un accident en pratiquant de l' escalade de glace sont mortes tandis que, dans le cas de l' escalade rocheuse, ce ne sont que 4%.

Accidents mortels

Généralités Dans les Alpes et le Jura, 91 accidents se sont produits l' an dernier. Ils ont fait au

1 La présentation des données et les commentaires s' appuient sur les renseignements et la collaboration des personnes et institutions suivantes: Hans Jaggi et Eva Meier, CAS; Robert Kaspar, Hans Jacomet et Paul Ries, Rega; Thierry Rätzer, KWRO Valais; Thomas Stucki, ENA; René Hassler, GRISO Data AG. 2 Institut fédéral pour l' étude de la neige et des avalanches à Davos.

Les spécialistes du sauvetage du CAS font partie de l' équipage de l' hélicoptère lors des interventions en montagne f_22_29.qxd 15.8.2003 14:37 Uhr Seite 24 LES ALPES 6/2003

total 102 morts. Après les mauvais résultats de l' année précédente, on peut constater une nette diminution du nombre de cas mortels ( –23% ). Cette diminution est sans doute due aux mauvaises conditions climatiques qui ont eu pour effet une réduction des activités touristiques. Comme par le passé, le nombre des ressortissants étrangers accidentés est très élevé: ceux-ci forment même 55% de l' ensemble des cas mortels et augmentent ainsi de 10% par rapport à l' année passée. Les nationalités recensées se répartissent de la manière suivante: Allemagne, 26 personnes; Italie, 8; France, 7; Autriche, 3; Grande-Bre-tagne, 2; Hongrie, 2; et une victime pour chacun des pays suivants: Canada, Pays-Bas, Norvège, Suède, Slovaquie, Espagne, Corée du Sud, Tchéquie. Cette augmentation est étroitement liée aux accidents survenus pendant les courses de haute montagne. Au cours de l' année 2002, 26 personnes ou près de 90% des victimes décédées lors d' une course en haute montagne étaient étrangères. Pour les autres activités, les parts ont également augmenté: hors-piste ( 58% ), randonnées d' altitude ( 39% ), courses à ski ( 36% ), autres activités sportives ( 33% ). Si l'on prend en considération l' en des résultats pour les différentes activités, on peut constater – excepté pour les randonnées à ski et pour l' esca – un recul du nombre d' accidents. Ont nettement diminué les nombres d' accidents mortels chez les femmes et les membres du CAS: concernant les femmes, le nombre de victimes correspond à 16% ( 20% l' année précédente ) par rapport à la totalité des accidents mortels, pour ce qui est des clubistes, ce rapport est de 14% ( 20% l' année précédente ).

Accidents de haute montagne Recul en raison du mauvais temps En été 2002, les conditions climatiques ne furent pas excellentes, bien au contraire. La longue période de beau temps précédant l' été a rapidement fait fondre les neiges, mais à partir du mois de juin, le temps est devenu très instable et la limite des chutes de neige s' est abaissée jusqu' à 3000 mètres. C' est ainsi que le 12 août l' ENA 2 indiquait qu' au de 3000 mètres d' altitude – de la Jungfrau au Tödi – s' était posée une nouvelle couche de neige de 60 à 80 cm.

Le sauvetage au Long-Line se déroule toujours avec des sauveteurs du CAS Pho to s: Pe te r D on ats ch ,a rc hi ve s CAS 0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500 550 600 Randonnée pédestre en montagne Course de haute montagne Excursion à ski Ski hors-piste Escalade sur cascades de glace Escalade sur rochers Autres sports de montagne Parapente Aile delta Nombre d' interventions 2002 2001 0 100 200 300 400 500 600 700 Chute Maladie Avalanche Chute dans une crevasse Chute de pierres ou de glace Bloqué Egaré Foudre Non défini/ Autres Nombre d' interventions 2002 2001 Aucune blessure Aucun soin médical nécessaire Soins médicaux ambulatoires nécessaires Hospitalisation nécessaire Danger de mort potentiel Danger de mort élevé Rétablissement des fonctions vitales Mort, avec ou sans tentative de réanimation Nombre d' interventions 0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 2002 2001 Graphique 1: Cas d' urgence en montagne par activité 2001/2002 Graphique 2: Cas d' urgence par cause 2001/2002 Graphique 3: Cas d' urgence en montagne selon l' index médical 2001/2002 f_22_29.qxd 15.8.2003 14:37 Uhr Seite 25 LES ALPES 6/2003

SÉCURITÉ, MÉDECINE, SAUVETAGE

Même les Alpes valaisannes ont été touchées par le mauvais temps, comme le montre l' exemple du Cervin: si, en été, les conditions climatiques sont raisonnables, on peut faire l' ascension du Cervin pendant 50 jours environ. Durant l' été 2002, cela ne fut possible que pendant 11 jours. Comparé à l' année précédente durant laquelle il y a eu 47 victimes, le nombre moins élevé de décès au cours de l' année sous revue ( 29 au total ) montre que les alpinistes ont agi avec prudence. En se basant sur l' ensemble des chiffres de cette statistique réalisée depuis plusieurs années déjà, il faudra cependant s' attendre à une augmentation massive des accidents après un été ensoleillé. Les causes des accidents de haute montagne sont presque toujours identiques. Elles sont notamment dues aux accidents collectifs lorsque les participants sont encordés. Ainsi, les 5 accidents collectifs au cours de l' année sous revue ont coûté la vie à 9 personnes. Bien que pratiquée de plus en plus souvent, la formule consistant à ne plus s' encorder du tout est toutefois vivement déconseillée. Les 14 autres victimes n' étaient pas encordées au moment de leur chute!

Episode tragique au Piz Palü Il arrive fréquemment que les accidents mortels soient dus au fait que les participants à une course sous-estiment la situation ou les conditions climatiques. A titre d' exemples, voici deux épisodes tragiques relatés par les chefs de sauvetage Marco Salis, Samedan, et Kurt Amacher, Grindelwald. Partis tôt le matin de la cabane Divolezza, un enfant de 13 ans et sa grand-tante de 63 ans comptaient faire l' ascension du pilier est du Piz Palü. Ils n' avançaient que lentement et furent surpris par un orage dans le courant de l' après. Vers 17 heures, ils atteignirent enfin le sommet. Malgré la persistance du mauvais temps auquel vinrent s' ajouter des giboulées et des rafales de vent, ils continuèrent leur course comme prévu en direction de la cabane Marco et Rosa. Ce n' est que lorsqu' ils atteignirent le sommet ouest du Piz Pälu qu' ils se rendirent compte qu' une progression était devenue impossible. Ils rebroussè-rent chemin, firent les trois sommets dans le sens inverse dans le but d' at de nouveau la cabane Diavolezza. A 22 heures, ils arrivèrent à Fuorcla Trovat d' où un chemin part en direction de la cabane. La femme, épuisée, marchait de plus en plus lentement. Laissant sa grand-tante derrière lui, l' enfant décida de se rendre seul à la cabane. Il semble qu' il se perdit en route, car au lieu d' em le chemin bien visible, il suivit d' autres traces pour arriver finalement au sommet du Piz Trovat d' où l'on voit les lumières de la cabane. En essayant d' atteindre directement celle-ci, il s' aventura sur un terrain dangereux et très raide. C' est là qu' il dut perdre pied. Il tomba d' une falaise de 150 m de haut et fut tué sur le coup. Sa grand-tante n' atteignit la cabane que le lendemain

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Chute dans une crevasse Chute de pierres ou de glace Chute Mal ad ie Ava lanche

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Bloquageépuisement Non dé fini ( dispa rition ) Av alan ch e Ch ute sans assu rage Ch ute ent raî nant la ch ute colle cti ve d' une co rdée

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Rupture de corniche Avala nche Chute Chute da ns une cre va sse Graphique 4: Nombre de décès en relation avec certaines causes d' accident en pour cent Graphique 6: Premières causes d' accidents mortels lors de randonnées à ski Graphique 5: Premières causes d' accidents mortels lors de randonnées d' altitude

Tableau 1: identités

2001 2002 2002 Nombre de victimes 133 102 100 Hommes 107 86 84 Femmes 26 16 16 Suisses 73 46 45 Etrangers 60 56 55 Membres du CAS 26 14 14 Age: Jusqu' à 10 ans 1 0 0 De 10 à 20 ans 17 5 5 De 20 à 30 ans 25 28 27 De 30 à 40 ans 26 16 15 De 40 à 50 ans 27 18 18 De 50 à 60 ans 15 17 17 De 60 à 70 ans 11 10 10 Plus de 70 ans 6 8 8 Inconnu 5 0 0

Tableau 2: activités

2001 2002 2002 Randonnée 34 28 27 Haute montagne 47 29 28 Escalade 2 4 4 Randonnée à ski 20 23 23 Hors-piste 16 12 12 Autres 146 * 6 Courses organisées 15 17 17 Courses privées 82 62 61 Courses en solitaire 36 23 22 * Saut à l' élastique = 2, chasse = 1, escalade de glace = 1, via ferrata = 1, cristallier = 1

Tableau 3: terrains

2001 2002 2002 Sentier 17 18 17 Herbe/Eboulis 11 10 10 Rocher 31 16 16 Neige/Névé/Glace 62 48 47 Glacier 7 9 9 Autres terrains 5 1 * 1 Préalpes 57 51 50 Alpes 75 50 49 Jura 1 1 1 * inconnu ( disparition ) f_22_29.qxd 15.8.2003 14:37 Uhr Seite 26 LES ALPES 6/2003

matin à 10 heures. Ce n' est qu' à ce mo-ment-là qu' elle avertit l' équipe de sauvetage. Celle-ci trouva le corps de l' enfant peu après. Selon les dires de la femme, elle n' a jamais eu l' impression d' avoir été en péril. C' est la raison pour laquelle elle n' a pas utilisé le téléphone mobile qu' elle portait sur elle.

Alpinistes imprudents sur l' Eiger Le 8 août, deux cordées composées d' alpinistes coréens s' étaient attaquées à la face nord de l' Eiger. En raison des mauvaises conditions climatiques, l' une des équipes fut bloquée dans le deuxième mur de glace. Les conditions étaient tellement mauvaises qu' il fut impossible de venir directement en aide aux alpinistes en péril. C' est par contact radio que les secouristes dirigèrent la cordée vers la station Stollenloch de la Jungfrau. Un peu plus tard, sur la petite Scheidegg, un des membres de l' équipe de secours fut tout étonné d' apprendre que les alpinistes coréens avaient décidé d' atteindre le sommet mythique en empruntant sa face ouest. Il le leur décon-seilla vivement car, en raison des nombreuses chutes de neige, les conditions étaient extrêmement dangereuses. Mais rien n' y fit: quatre jours plus tard, 6 membres de l' équipe se mirent en route, et ce, bien que le temps ne se fût pas amélioré. Entre-temps, de la neige fraîche était tombée. Et ce qui devait arriver arriva: une avalanche emporta deux des alpinistes. L' un d' entre eux eut de la chance, il fut bloqué sur un replat. L' autre fut entraîné par les masses de neige et succomba à ses blessures. L' équipe de secours mit plusieurs heures à évacuer le groupe et à secourir le blessé.

Accidents d' escalade C' est un fait que les accidents mortels survenus au cours d' escalades sur rocher sont moins nombreux que ceux de toutes les autres catégories de sport de montagne. La figure 5 montre d' ailleurs que le risque relatif de mort dans cette catégorie est très bas: en effet, avec ses 4% d' accidents mortels, cette rubrique compte encore moins de cas que la rubrique « randonnées ». Sur les quatre cas mortels recensés, trois se sont produits dans des écoles d' escalade. Deux personnes étaient seules en route et l'on suppose que les accidents ont eu lieu suite à des erreurs de manipulation lors de l' assurage. Quant à la troisième victime, elle n' était pas assurée. Pour ce qui est du dernier cas, la victime se trouvait, après la descente en rappel, sur le chemin du retour à pied.

Randonnées à ski Comparée à l' année passée, cette rubrique est la seule, avec celle des accidents d' escalade, dont le nombre de cas mortels a augmenté. Comme par le passé, elle est essentiellement marquée par les avalanches. Avec ses 14 cas 3, elle compte un nombre de victimes relativement élevé. La problématique relative à l' évalua des risques d' avalanche a été longuement présentée dans le rapport de l' année précédente. Signalons que l' ENA a publié une étude très intéressante à ce sujet 4. Celle-ci montre, entre autres, que, dans cette catégorie, les accidents ayant des conséquences graves se produisent le plus souvent lorsque le degré de danger est qualifié de « marqué » ( degré 3 ). A cet égard, l' année 2002 ne fait pas exception à la règle: sur les dix accidents mortels, cinq se sont produits au degré 3. Relevons toutefois que le nombre de victimes au degré 4 ( « fort » ) était encore plus élevé puisque, dans cette catégorie, se sont produits deux accidents comportant de nombreuses victimes. Le graphique 6 montre qu' il faut prendre au sérieux les accidents d' avalanches, car les risques de mort sont beaucoup plus élevés que pour les autres accidents: com-

3 Dans cette statistique, on se base sur la cause pemière d' un accident. En 2002, deux accidents furent provoqués par des ruptures de corniche qui déclenchèrent une avalanche. Dans notre statistique, ces accidents figurent sous « ruptures de corniche ». Dans la statistique de l' ENA, qui est exclusivement axée sur les avalanches, ces deux accidents comptent comme accidents d' avalanche. 4 Cette revue n' existe malheureusement qu' en allemand: Stephan Harvey, ENA: Skifahrerlawinen und Lawinenbulletin in der Schweiz, novembre 2002.

Les sauveteurs du CAS dégagent un grimpeur accidenté avec un nouveau treuil à moteur Pho to :Ha ns Ja ggi ,a rc hi ve s CAS

Tableau 4: causes

2001 2002 2002 Chute 83 65 64 Chute dans une 7 5 5 crevasse Rupture de corniche 0 3 3 Chute de pierres 4 1 1 Chute de glace 0 0 0 Foudre 1 0 0 Avalanche 32 24 23 Blocage/Epuise-2 3 3 ment/Egarement Autres causes 4 1 * 1 * inconnu ( disparition ) f_22_29.qxd 15.8.2003 14:37 Uhr Seite 27 LES ALPES 6/2003

paré à l' année passée, le nombre d' acci causés par des avalanches a considérablement augmenté. Quant aux autres accidents de cette rubrique, ils sont moins élevés: ainsi, quatre personnes ont perdu la vie en tombant dans une crevasse, trois autres sont mortes en raison d' une rupture de corniche et deux randonneurs à ski ont fait des chutes.

Hors-piste Dans cette rubrique, qui comprend toutes les descentes effectuées hors des pistes balisées, le nombre de victimes a diminué ( 12 personnes contre 16 l' année précédente ). Les cas les plus fréquents sont les accidents d' avalanche qui ont coûté la vie à huit personnes. Pour ce type d' accident, les hypothèses formulées dans l' étude mentionnée ci-dessus ont été confirmées: contrairement au ski de randonnée, les accidents hors-piste se produisent au degré 4 ( « fort » ), 6 sur 7 cas en 2002. Pour ce qui est des autres accidents mortels, trois personnes ont fait une chute et une personne est morte suite à une rupture de crevasse. En tout, sept skieurs et cinq surfeurs ont trouvé la mort. Le phénomène selon lequel ce sont essentiellement des hommes qui recherchent l' aventure hors des pistes et n' hésitent pas à prendre de gros risques a été confirmé: l' ensemble des 12 victimes en 2002 étaient des hommes.

Autres activités Cette rubrique rassemble tous les accidents qui ne sont pas liés à un sport de montagne. Au cours de l' année 2002, le nombre d' accidents dans cette rubrique était nettement moins élevé. De même, le nombre de victimes a passé de 14 en 2001 à six en 2002. Font partie des victimes deux « base-jumpers », le base jump consistant à sauter en parachute depuis des immeubles, des ponts ou des falaises. La première victime a fait une chute alors qu' elle cherchait à accéder à la falaise de laquelle elle comptait sauter. L' autre succomba à ses blessures après avoir percuté une corniche. Par ailleurs un chasseur a perdu la vie en chutant. Sont également morts suite à une chute: un alpiniste sur un site d' escalade et un guide de montagne en train d' équiper une voie d' escalade sur glace. Enfin, un chercheur de cristaux a été tué par une chute de pierres.

Chance dans la malchance au cours d' une randonnée à ski: lors de la descente du Piz Palü par la voie normale, un effondrement d' une plaque de 600 m 2 environ a entraîné un groupe de quatre personnes à une profondeur de 15 m environ. Une femme a été ensevelie mais, tout comme ses compagnons, n' a pas été blessée. Le groupe a pu alarmer les secours depuis la crevasse grâce à un téléphone portable et a été secouru.

Situation des alpinistes après la traversée du pont, juste avant l' effondrement d' une partie du glacier ( env. 20ϫ30 m ) Situation avant le passage du pont de neige Pho to s Ma rc o Sa lis ,Sa me da n.

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Accidents de randonnée Cette activité sportive enregistre elle aussi un nombre d' accidents mortels inférieur à celui de 2001. Tous les accidents recensés sont dus à des chutes et c' est sur des sentiers de montagne qu' elles ont été les plus nombreuses ( 17 victimes ). Dans la plupart des cas, les victimes d' une chute ont soit trébuché, soit glissé ou « perdu pied », comme on peut le lire dans les comptes rendus des accidents. Une cause de chute plutôt inhabituelle fut celle d' un jeune homme voulant tester ses nouvelles chaussures militaires en dévalant une pente extrêmement raide. Dix personnes ont perdu la vie en évoluant dans des terrains non balisés. Quatre d' entre elles ne s' étaient pas délibérément aventurées sur ses terrains, mais avaient perdu leur chemin. Treize personnes, soit 46% des randonneurs concernés, étaient seules en route. Quant à leur âge, on remarquera que 16 ( soit 57% ) avaient plus de 50 ans ( année précédente: 50%). a

Ueli Mosimann, Secours alpins du CAS ( trad. )

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