Pour le droit de bivouac en haute montagne

En août dernier, je suis parti en excursion avec mon fils. J' avais l' intention de bivouaquer à proximité d' un glacier, pour gravir ensuite un sommet. Souhai-tant connaître les conditions en haute montagne, j' ai fait une brève halte à une cabane du CAS. En expliquant mon projet au gardien, celui-ci m' a appris qu' il était « totalement interdit de bivouaquer dans la région et même dans toutes les régions où se trouvent des cabanes du CAS ».

Pour argumenter cette sottise, le gardien n' a pas hésité à affirmer qu' il n' avait que 3 mois pour gagner sa vie et que si tout le monde se mettait à bivouaquer, il n' y arriverait pas. Comment tolérer que des gardiens de cabane en viennent à s' accorder le monopole des nuitées passées en haute montagne? En dehors des zones où le camping sauvage est proscrit pour des raisons justifiées ( réserves naturelles, proximité immédiate d' une cabane, etc. ), la liberté de passer une nuit « perdu dans la montagne » doit être préservée. A quand le paiement d' une taxe pour l' usure du chemin sur lequel on passe?

Adepte passé et futur du bivouac, il m' arrive aussi de séjourner avec plaisir dans une cabane. Toutefois, plus le temps passe et plus j' y regarde à deux fois avant de m' y rendre. Ayant pour habitude d' apporter ma nourriture, j' y suis en effet de plus en plus vu comme un mauvais client.

La mue des refuges alpins en hôtels d' altitude est-elle inévitable? Si c' est le cas, les alpinistes sont-ils obligés de s' adapter à ce « progrès »? Osons espérer que non et que le libre choix de chacun pour passer la nuit comme bon lui semble restera possible.

Rémy Wenger, Coffrane

Prise de position de Jürg Meyer, préposé à l' environnement du CAS Il va de soi qu' un gardien de cabane ne peut pas prononcer de telles « interdictions ». Il ne faut toutefois pas oublier que de nombreux gardiens de cabane ont fait de mauvaises expériences avec des bivouaqueurs qui ont laissé leurs déchets et excréments ou qui utilisent l' in de la cabane sans rien consommer ni payer. C' est pourquoi nous déconseillons de bivouaquer aux environs proches d' une cabane à moins que le gardien ne montre une attitude positive envers les adeptes du bivouac. Sur le plan juridique, c' est simple: tant qu' il n' y a pas d' interdiction de la part des autorités ni d' autres restrictions du fait, par exemple, qu' il s' agisse d' une zone protégée, chacun est libre de camper ou de bivouaquer où bon lui semble. Nous sommes en train d' élaborer une brochure d' information à ce sujet, « Camping sauvage » qui sera publiée prochainement et qui peut être commandée auprès du secteur Environnement du CAS, Monbijoustrasse 61, case postale, 3000 Berne 23, courriel: natur(at)sac-cas.ch a

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