Sauvetage alpin 2005. Les accidents d'escalade en hausse

Les accidents d' escalade en hausse

Sauvetage alpin 2005

L' année 2005 s' est caractérisée par un plus grand nombre d' interven; le nombre de personnes secourues a lui aussi augmenté. La hausse du nombre d' accidents concerne, en particulier, les sports d' aventure et l' escalade.

Les sauveteurs du CAS sont intervenus 466 fois en 2005 – à savoir une hausse de 14 % par rapport à 2004 et, une fois de plus, un bilan qui surpasse la moyenne à long terme. Le nombre de personnes secourues s' élève à 691, c.à-d. 17 % de plus qu' en 2004.

Types d' intervention

La grande majorité des interventions ont été menées par les spécialistes sauvetage hélicoptère ( SSH ). Il s' agit pour la plupart d' actions de courte durée, comme le montrent les heures facturées: pour 172 interventions, on a comptabilisé 755 heures, à savoir un peu plus de 4 heures par intervention. Le nombre d' actions de recherche n' a pas évolué par rapport à 2004: les colonnes de secours du CAS ont été appelées à intervenir 113 fois – bilan: 4685 heures d' engage. Ci-contre, la rubrique « autres » regroupe les actions concernant des activités autres que les sports de montagne: chasse, cueillette de champignons, accidents d' avion, randonnées préalpines. Certaines interventions, par exemple les évacuations de personnes bloquées, ont un caractère préventif. Les accidents de sports de montagne et les autres cas d' urgence représentent respectivement ¾ et ¼ des interventions, ce qui est dans la norme.

Exemples: blocage et intervention souterraine

De plus en plus souvent, le recul des névés et des glaciers pose problème, même sur des itinéraires classiques. Trois alpinistes en ont fait les frais cet été en tentant l' ascension du Doldenhorn par l' arête Gallet, par bonnes conditions. Peu avant le sommet se trouve un passage où la glace a tellement fondu qu' il doit être surmonté au moyen d' une corde fixe. Ici, malgré les efforts de ses camarades pour l' aider, un des alpinistes s' est trouvé bloqué. Les deux autres sont redescendus à la cabane Doldenhorn, d' où ils ont alarmé les secours. Avec le concours d' un spécialiste du CAS, la Rega a pu secourir la personne bloquée au terme de plusieurs heures d' attente, en utilisant un treuil de sauvetage.

Un autre exemple démontre que, si les secours alpins interviennent surtout en montagne, les stations de secours du CAS sont les seules à disposer du matériel nécessaire pour des actions souterraines. Vendredi soir, 19 h, chantier de la Transjurane, tunnel du Raimeux: en remontant à la surface, cinq ouvriers sont bloqués dans l' ascenseur. La Rega est alarmée à 21 h 50; à 22 h 30, les sauveteurs de la station de secours CAS de Moutier arrivent sur les lieux. Ils sont face à une galerie verticale d' environ 6 m de diamètre par laquelle toutes sortes de câbles et tuyaux s' engouffrent dans la Photos: ar chiv es C A S Intervetions et personnes secourues Nombre d' interventions par mois Répartition des heures d' engagement terre. La cabine n' est pas visible: elle est coincée à mi-chemin, à environ 120 m de la sortie. C' est au moyen d' une poulie de renvoi et d' un treuil Friedli que les ouvriers sont libérés, un à un, de cet emprisonnement.

Activité dans les zones

La zone 6, Oberland et Jura bernois, a enregistré plus d' accidents qu' au cours des années précédentes. Par ailleurs, la répartition des accidents par région se situe dans la moyenne. La plupart des personnes secourues proviennent à nouveau des cantons de Zurich, Berne, Les soins d' urgence apportés aux victimes d' avalanches sont une course contre la montre. Exercice pratique avec un mannequin Lorsqu' on pratique le canyoning, il ne faut pas sous-estimer la force de l' eau. Les équipes de sauvetage du CAS, elles aussi, doivent être conscientes des dangers qu' elle recèle Secours en cas d' urgence Interventions par zone Cas d' urgence en fonction des activités sportives St-Gall et Argovie, qui ont une importante population. Le Tessin est le seul canton faiblement peuplé qui se trouve parmi les premiers du classement. La majorité des accidents se sont produits dans les cantons montagneux de Berne, des Grisons et du Tessin. Pour le canton de Berne, par rapport à 2004, le nombre d' interventions a augmenté de 21 %. Les interventions à l' extérieur de la Suisse, comme l' an précédent, ont surtout concerné le côté italien du Bergell et la région genevoise.

L' escalade, source d' inquiétude

Si le nombre d' accidents lors de courses en haute montagne a diminué, les accidents d' escalade ont été bien plus nombreux, tout comme ceux concernant des skieurs hors-piste. Cela donne à réfléchir: est-ce qu' en raison du faible enneigement et des conditions médiocres sur les glaciers, les amateurs de sports de montagne se sont rabattus sur l' escalade sportive? Ou alors, la haute montagne devient-elle moins attractive à mesure que les glaciers reculent? On n' a pas de chiffres exacts concernant les personnes pratiquant les sports de montagne et les activités auxquelles elles s' adonnent. Les secours alpins du CAS ne peuvent se baser que sur des observations pour prendre les mesures nécessaires, avec leurs partenaires, et s' assurer que la formation des sauveteurs soit adéquate.

L' importance de la prévention

La part de membres du CAS parmi les personnes secourues, y c. membres OJ, est de 1284 individus ). Il s' agit d' un nouveau dépassement de la moyenne à long terme. Cependant, cette augmentation correspond à peu près à la croissance globale du club. Assurer la sécurité de ses membres et des alpinistes en général est l' une des tâches principales du CAS. Les secours interviennent pour le bien des victimes d' accidents, alors que la prévention relève des associations et institutions compétentes. Les secours alpins sont confrontés à une augmentation des coûts et des exigences en matière de formation et d' équipement. De plus, les sportifs deviennent plus téméraires et pour eux, il va de soi qu' ils seront secourus rapidement. Ils ne reculent devant aucune pente, se lancent dans les falaises les plus raides et s' attendent à ce que les sauveteurs fassent de même. Cette tendance se renforce avec l' omniprésence du téléphone portable. Si celui-ci peut raccourcir le temps écoulé entre l' accident et l' alarme, le sentiment de sécurité qu' il confère est trompeur car à l' heure qu' il est, la couverture n' est pas garantie dans les régions de montagne. a Hans Jaggi, CAS, groupe de travail Statistique ( trad. )

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