Sauvetage dans les montagnes suisses en 2007. Nouvelle augmentation des interventions et des décès

Nouvelle augmentation des interventions et des décès

Sauvetage dans les montagnes suisses en 2007

En 2007, les interventions ont concerné 2154 personnes, dont 171 sont décédées. Cette nouvelle hausse s' explique par le nombre croissant d' adeptes de la montagne et les conditions souvent difficiles dans lesquelles se sont déroulées les courses.

Selon Météo Suisse, 2007 figure parmi les cinq années les plus chaudes depuis le début des mesures, avec un ensoleillement supérieur à la moyenne dans la plupart des régions. Les Alpes n' ont pas pour autant connu uniquement de bonnes conditions de courses. Le début de l' année a été marqué par des températures printanières et un enneigement généralement déficient. Après une période quasiment estivale en avril, de fortes chutes de neige sont tombées en mai en haute montagne. Les violents orages de juillet et d' août ont été entrecoupés de brèves phases de beau temps suivies à plusieurs reprises d' abondantes chutes de neige. Une nouvelle hausse du nombre d' in, d' environ 5 % par rapport à Photo: Bruno Jelk Accidents mortels 2007 2006 2007 Nombre total de victimes 104 123 Activité Randonnée pédestre 40 44 Haute montagne 21 34 Escalade 4 4 Randonnée à ski 12 17 Hors-piste 19 15 Autres 89 1 Causes Chute 66 84 Chute dans une crevasse 4 5 Rupture de corniche 2 1 Chute de pierres 1 2 Chute de glace 0 1 Foudre 0 0 Avalanche 22 22 Blocage/épuisement/ 4 3 égarement Autres 55 2 2006 2007 Nombre total de victimes 104 123 Identité Hommes 90 105 Femmes 14 18 Suisses 56 71 Etrangers 48 52 Membres du CAS 14 15 Age Jusqu' à 10 ans 1 1 Jusqu' à 20 ans 7 5 Jusqu' à 30 ans 17 24 Jusqu' à 40 ans 16 23 Jusqu' à 50 ans 17 17 Jusqu' à 60 ans 10 23 Jusqu' à 70 ans 15 15 Plus de 70 ans 19 12 Inconnu 2 3 2006 2007 Nombre total de victimes 104 123 Contexte Course organisée 11 14 Sortie privée 60 66 Personne seule 33 43 Région Alpes 39 55 Préalpes 64 65 Jura 1 3 Terrain Sentier 3 24 17 Gazon/éboulis 15 25 Rochers 19 20 Neige/névé/glace 37 52 Glacier 7 5 Autres 24 4 1 Chasse=5, raquettes=3, recherche de cristaux=1 2 Rupture de rocher=2, disparus=2, coincé=1 3 Chemin de randonnée=7, sentier de montagne=7, itinéraire alpin=3 4 Gorges=2, disparus=2 l' année précédente, indique que les randonneurs n' ont pas toujours su s' adapter aux difficultés rencontrées. Ils ont été 2154 à faire l' objet d' une intervention 1 dans les Alpes et le Jura suisses en 2007. L' augmentation a été particulièrement forte au niveau des randonnées pédestres, de l' escalade, des randonnées à ski et des activités regroupées sous « autres sports de montagne ». Les chutes ont été la cause la plus fréquente des interventions, suivies des blocages 2 et des maladies. Quelque 670 personnes ont dû être hospitalisées, soit 100 de plus que l' année précédente.

Décès en augmentation

Sur 171 décès au total, 37 sont dus à une maladie, en général d' origine cardiovasculaire. Les 108 accidents mortels qui se sont produits en 2007 dans les sports de montagne au sens strict 3 ont coûté 123 vies humaines, soit une augmentation de 18 %. Les randonnées pédestres, les randonnées à ski et la haute montagne ont enregistré un nombre croissant de décès. Parmi les victimes, on dénombre 68 Suisses. Enfin, 35 personnes sont mortes lors d' une activité en solitaire. 3 Dans la présente statistique, on entend par « accidents » au sens strict les événements liés à l' alpinisme classique. Les sports de montagne de types nouveaux ne sont inclus que si leur pratique ne nécessite pas d' engin de transport, raison pour laquelle les accidents mortels de deltaplane, de parapente, de base jumping ou de V.T.T ., notamment, ne sont pas comptés. Cette restriction rend les chiffres comparables d' une année à l' autre.

1 Dans la présente statistique, le terme d'« intervention » regroupe tous les évènements lors desquels on a fait appel aux secours en montagne, y compris les maladies et l' évacuation de personnes saines et sauves. Les « accidents » désignent, parmi les interventions, celles qui sont en rapport avec un accident au sens strict du terme. 2 On entend par blocage l' incapacité d' une personne à terminer sa course par ses propres moyens pour cause d' épuisement, de surmenage, de perte de matériel ou autre mésaventure.. " " .Victime d' un œdème cérébral au Rifugio Margherita, un alpiniste est évacué en luge

Haute montagne

Conditions hivernales en été Marqué par l' arrivée réitérée d' air froid causant d' abondantes chutes de neige et par des orages qui ont souvent mis rapidement fin aux brefs créneaux de beau temps, l' été a été peu propice aux activités en haute montagne. C' est ce qui explique le recul de presque 17 % du nombre de personnes en détresse – 331 – par rapport à 2006.

Courses mal planifiées En haute montagne, la majorité des sauvetages ont eu lieu pour secourir des personnes bloquées. Conditions difficiles, temps sous-estimé et danger d' ava sont à l' origine de 124 interventions. A plusieurs reprises, les sauveteurs ont dû prendre des risques en raison d' une dégradation de la situation météorologique. C' est ainsi qu' au Mönch, huit alpinistes désirant le gravir par l' arête ouest au début d' un raid d' une semaine décidèrent, à l' annonce d' un front froid vigoureux qui allait mettre fin au foehn dans la soirée, de se diriger vers le Jungfraujoch. Ils ne progressèrent que lentement et l' un d' eux s' effondra avant le sommet. Bloqué et pris de plein fouet par le mauvais temps, le groupe eut la malchance de voir une première tentative d' intervention au sol être interrompue par un orage.. " " .Vers 3 heures du matin, une amélioration météorologique permit à seize guides de lancer une nouvelle opération et d' atteindre les malheureux à l' aurore. Gravement atteints d' hypo, ces derniers eurent la vie sauve grâce à un sauvetage héliporté effectué en dépit du vent et du brouillard.

Accidents mortels en forte hausse Si les interventions ont été moins nombreuses que l' année précédente, la haute montagne a été nettement plus meurtrière. Plusieurs accidents ayant fait trois victimes ou davantage expliquent le bilan de 34 morts. Trois personnes sont décédées au Cervin en plein hiver déjà. En juillet, six militaires ont fait une chute mortelle à la Jungfrau, emportés par une plaque de neige. Les chutes ont été une nouvelle fois la première cause des décès en haute montagne. Sur un total de 24 victimes, 10 ont été entraînées dans la chute de quelqu'un d' autre et 8 étaient en route en groupe, mais sans être encordées. Au Chli Leckihorn, deux alpinistes d' une cordée de trois sont morts lorsque le rocher sur le- Des dispositifs spéciaux facilitent la tâche des sauveteurs professionnels appelés à intervenir dans les crevasses. Ici, un exercice de la Rega Intervention en pleine tempête de neige pour sauver des alpinistes bloqués au Mönch Photo: Toni von Allmen quel ils se tenaient a décroché, tandis que la troisième a survécu à ses graves blessures. Ce drame en rappelle un semblable, survenu en 2006 à l' Obergabelhorn, où une cordée avait été précipitée dans le vide par la rupture d' une vire sur laquelle attendait l' un des deux alpinistes. Il semble que le recul du permafrost soit à l' origine de tels incidents imprévisibles.

Randonnées en montagne

Nouvelle augmentation des interventions Le nombre de randonneurs impliqués dans des incidents n' a cessé d' augmenter ces dernières années. Il a atteint 971 personnes en 2007, soit une hausse d' envi 15 % par rapport à 2006. Ce chiffre ne signifie toutefois pas que la randonnée soit une discipline particulièrement dangereuse. En effet, elle est de loin le plus populaire des sports de montagne, ses adeptes étant, selon les estimations, dix fois plus nombreux que les alpinistes. Sur les 435 personnes secourues après être tombées ou avoir trébuché, 260 ont dû être hospitalisées suite à des blessures moyennement graves à graves. Parmi les 191 randonneurs en détresse pour cause de maladie, 28 sont décédés, en majorité en raison d' une insuffisance cardiaque. Les interventions ont de nouveau été plus nombreuses pour aider des personnes bloquées ou égarées, c'est-à-dire piégées dans un terrain impraticable, perdues dans le brouillard ou la nuit, ou encore épuisées et donc incapables de poursuivre leur chemin.

Solitaires et aînés Sur les 44 randonneurs victimes d' un accident mortel, 24 n' étaient pas accompagnés et 21 d' entre eux avaient plus de 50 ans. A l' exception d' une victime écrasée par un rocher, tous les décès sont dus à des chutes, à savoir 14 sur des chemins balisés de randonnée ou de montagne, 3 sur des itinéraires alpins et les autres hors des chemins. Trois personnes ont fait une chute mortelle alors qu' elles cherchaient des champignons. Si les causes de ces accidents ne sont pas toujours élucidées, il convient de relever qu' en terrain escarpé, un randonneur peut glisser ou trébucher suite à la moindre inattention et faire une chute fatale. Photo: Christian P err et En montagne, c' est parfois un concours de circonstances malheureuses qui est à l' origine d' un drame, comme ce fut le cas vers la mi-mai dans les Churfirsten. Par un temps de foehn encore serein, un homme en t-shirt et en short et une femme portant de simples chaussures de sport étaient partis du Voralpsee pour gravir le Höchst, laissant, de surcroît, leur téléphone portable dans leur voiture. Comme annoncé, le temps se détériora rapidement le soir. Après la tombée de la nuit, des appels au secours furent entendus en provenance de l' alpage de Lüsis, mais les conditions météorologiques empêchèrent de mener à bien les recherches entamées. Les deux randonneurs furent retrouvés morts deux jours plus tard dans le flanc sud très escarpé du Höchst. Tout porte à croire que la femme avait glissé sur le sentier près du sommet, tombant dans un ravin, et que son compagnon avait fait une chute mortelle en tentant de lui porter secours. L' enquête révéla que la femme, ayant survécu dans un premier temps mais perdu connaissance, s' était finalement noyée, submergée par les eaux qui s' étaient mises à dévaler la pente.

Escalade

De nombreuses personnes bloquées En 2007, 114 escaladeurs se sont trouvés en détresse, soit 16 % de plus qu' en 2006. Il a fallu faire appel aux secours pour 72 personnes en terrain alpin, pour 26 sur des voies bien équipées et pour 16 dans les écoles d' escalade. Dans 51 cas, les grimpeurs, restés bloqués, ont pu être dégagés généralement sains et saufs. Souvent, après avoir sous-estimé le temps nécessaire à leur entreprise, ils ont alerté les secours à la tombée de la nuit. Parfois, c' est un rappel échoué – corde coincée, piste de rappel manquée ou corde trop courte – qui les a empêchés de se tirer seuls de leur mésaventure. Parmi les 38 chutes nécessitant d' évacuer des blessés, le plus grand nombre s' est produit dans les écoles d' escalade. Enfin, certains incidents sont dus à un mauvais maniement de la corde ou à un malentendu entre les partenaires de grimpe en moulinette, qui consiste à assurer l' esca depuis le bas puis de le faire redescendre. Comme dans cet exercice de la Rega, les sauveteurs sont capables d' aller secourir des victimes jusque dans les surplombs Photo: Christian P err et Accidents mortels Trois accidents d' escalade ont coûté la vie à quatre alpinistes. Deux se sont tués au pilier ouest du Wetterhorn. A voir la trajectoire de leur chute et le friend retrouvé dans les cordes, ils ont probablement gravi le haut de cette voie ensemble sans s' assurer par un relais. Une autre chute mortelle s' est produite à la Balmflue, dans le Jura, lorsque le nœud qui servait à encorder un des partenaires grimpant en moulinette a lâché lors du rappel. La quatrième victime s' est tuée sur la piste de rappel du Zervreilahorn après un mauvais maniement de la corde à un relais.

Courses à ski et à snowboard

Augmentation des accidents dus aux chutes et aux avalanches Au début de l' année, l' enneigement des Alpes suisses était très faible. Les températures généralement trop douces ont fait grimper plusieurs fois la limite de la pluie à presque 2000 mètres. Il en est résulté un manteau neigeux instable qui n' a pas facilité l' estimation du danger d' avalanches. La neige tombée en mars n' a pas beaucoup amélioré la situation. Ainsi, les glaciers étaient à peine enneigés au printemps, d' où un risque considérable de chutes dans les crevasses. Le nombre de ce genre d' incidents s' est toutefois révélé bien inférieur aux prévisions pessimistes des organisations de sauvetage, puisque le bilan est de cinq personnes touchées.

L' enneigement défavorable a en revanche nécessité de nombreuses interventions dans le domaine des courses à ski et à snowboard, où il a fallu porter secours à 244 victimes d' accidents ( 238 skieurs et 6 snowboarders ). Une neige peu épaisse et dure en surface a provoqué de loin le plus grand nombre de chutes, touchant 109 sportifs, généralement victimes d' accidents de ski caractéristiques qui, sans être très graves, ont néanmoins nécessité un traitement médical ou une hospitalisation. La règle selon laquelle le risque d' ava est relativement élevé durant un hiver où la neige est rare se reflète dans les statistiques des accidents. En 2007, 65 personnes ont dû être secourues dans ce genre de situations, contre 39 l' année précédente. S' il n' y a pas de morts à déplorer, c' est grâce à l' efficacité des secours et à une bonne dose de chance aussi. Au Lauenehore notamment, dans les Alpes bernoises, une plaque de neige s' est déclenchée au moment où le moniteur d' un groupe de neuf personnes est reparti le premier après un arrêt environ 100 mètres au-dessous du sommet. L' avalanche a emporté sept alpinistes mais tous s' en sont sorti indemnes. Le danger d' avalanche était « marqué ». Victimes d' avalanches surtout Sur les dix-sept décès enregistrés en randonnée à ski et à snowboard, huit skieurs ont perdu la vie dans sept avalanches. Le danger d' avalanche était « marqué » dans cinq cas et « limité » dans les deux autres. Le DVA de l' une des victimes n' avait pas été enclenché. Quatre personnes sont mortes suite à une chute, quatre pendant une montée à pied et une en descendant à ski la paroi nord de l' Aiguille d' Argen en été. Un skieur et un snowboarder sont tombés dans une crevasse, tous deux lors d' une descente. Un randonneur a eu la malchance d' être tué par des chutes de pierres en redescendant à pied du Monte Leone. Enfin, une femme est décédée d' épuisement et une autre a été emportée par une corniche qui a cédé. Au Grand Combin, un randonneur à ski s' est tué en faisant une chute de 40 mètres dans une crevasse Photo: Maison François-Xavier Bagnoud du Sauvetage, Sion Danger d' avalanche en été: les six alpinistes qui ont déclenché une plaque de neige à la Pointe Dufour ont réussi à se dégager par leurs propres moyens Photo:

Bruno Jelk

Hors-piste

Si, tout comme la randonnée à ski, le hors-piste a pâti du manque de neige en début de saison, le nombre de cas de détresse a été moins élevé que l' année précédente. Sur les 174 personnes secourues, la majorité – 131 – étaient des skieurs. La plupart de ces mésaventures étaient dues à des chutes. A la différence des randonneurs à ski, les adeptes du hors-piste tombés dans une crevasse en 2007 ont été nettement plus nombreux ( 11 ) qu' en 2006 ( 3 ). Illogique à première vue, cette évolution s' explique par des différences régionales: d' une part, le manque de neige a souvent limité ou empêché la mise en service des remontées mécaniques, réduisant ainsi les possibilités de faire du hors-piste, alors que les randonneurs à ski, indépendants de ces moyens de transport, ont pu exercer leur activité à plus haute altitude. D' autre part, la saison du freeride s' est prolongée jusqu' en été sur les glaciers accessibles et a repris dès les premières chutes de neige en automne.

Cas mortels Le hors-piste a causé quinze décès, dont sept victimes d' avalanche, toutes à ski. Les chutes mortelles ont coûté la vie à six personnes, dont quatre snowboarders. Un skieur et un snowboarder sont décédés en tombant dans une crevasse. Comme l' année précédente, la majorité de ces accidents à issue fatale ont touché une majorité de ressortissants étrangers ( 70 % ).

Autres sports de montagne

Comme les années précédentes, c' est le V.T.T. qui a nécessité le plus grand nombre d' interventions dans cette catégorie d' activités. Dans la plupart des cas, il s' agit de chutes nécessitant l' hospitalisa de la victime. Trois vététistes ont perdu la vie en raison d' une affectation cardiovasculaire, et un suite à une chute.

Via ferrata Au total, 27 personnes ont eu besoin de secours en via ferrata. Comparable à celui de l' année précédente, ce chiffre est remarquable au vu de l' essor que connaissent ces voies. Les causes de ces interventions se répartissent comme suit: 14 personnes étaient bloquées par épuisement ou en raison de difficultés techniques, 8 se sont blessées lors d' une chute, 4 se sont heurtées contre le rocher après une fausse manœuvre en tyrolienne et une a été victime de blessures en raison de chutes de pierres. Pour s' aventurer en terrain alpin, les raquetteurs doivent savoir évaluer le risque d' avalanche Photos: Ueli Mosimann Statistiques des secours en montagne: un travail d' équipe Ce compte rendu statistique s' appuie sur les données et la collaboration des personnes et des institutions suivantes: Elisabeth Müller et Andres Bardill, Secours Alpin Suisse; Robert Kaspar, Hans Jacomet, Werner Schnider et Paul Ries, Rega; Pierre-Alain Magnin, Organisation cantonale valaisanne de secours ( OCVSBruno Jelk, colonne de secours de Zermatt; Dominique Michellod, Maison du Sauvetage, Sion; Monique Walter, bpa; Forti Niederer et Marco Salis, Bergrettung Graubünden; Kurt Amacher et Christian Brawand, Rettungsstation Grindelwald; Bruno Durrer, Bergrettung Air Glaciers Lauterbrunnen et Société Suisse de Médecine de Montagne; Isabelle von Grünigen, Air Glaciers Gstaad–Saanenland; Benjamin Zweifel, ENA/SLF; Andreas Brunner, police cantonale de St-Gall. Raquettes La montagne accueille un nombre croissant de raquetteurs, ce qui se reflète dans le nombre d' interventions qui y sont liées. Depuis 2004, année où cette discipline a commencé à être saisie séparément dans les statistiques, le nombre de personnes concernées a presque quadruplé, passant à 43. Il y a eu quatre décès, dont un à la suite d' une chute. Un des sept raquetteurs happés par une avalanche a également trouvé la mort. La maladie en a frappé six autres, parmi lesquels deux ont succombé à une insuffisance cardiovasculaire. En l' absence d' estima fiables concernant le nombre d' adeptes de cette discipline, il serait prématuré de dire que ces sportifs sont souvent mal préparés ou qu' ils font preuve d' imprudence. En revanche, il est certain qu' en montagne, une randonnée à raquettes est plus exigeante qu' une excursion entreprise l' été sur des chemins balisés. Dans ce domaine, des directives concernant les conditions requises et les descriptions des courses peuvent se révéler fort utiles.

La montagne, terre d' accueil et d' écueils

Le nombre de personnes à secourir en altitude ne cesse d' augmenter depuis trois ans. Cette tendance est-elle due à une imprudence croissante des adeptes de la montagne ou aux dangers accrus que celle-ci leur fait subir en raison d' une météo de plus en plus capricieuse? Pour pouvoire répondre à ces questions, il convient de rappeler que de plus en plus de personnes exercent des activités dans les zones montagneuses. Elles sont généralement bien équipées, dûment informées et savent adapter leurs courses à leurs capacités personnelles et à la situation du moment. A défaut, elles disposent de moyens de communication pour demander de l' aide à peu près en tous lieux. Cette possibilité, difficile à imaginer il y a quelques années encore, est une arme à double tranchant. D' une part, elle permet d' intervenir avant qu' un drame ne survienne ou d' évacuer un blessé rapidement et dans des conditions optimales. D' autre part, elle peut inciter à planifier un appel au secours en tout temps. Or, cette option n' est pas dénuée de risques. En effet, la liaison par téléphonie mobile n' est pas garantie partout. En outre, les secours sont souvent sollicités de nuit par des alpinistes ayant mal calculé leur horaire ou dans des conditions météorologiques qui les mettent dans des situations extrêmement dangereuses. Ces interventions doivent absolument rester exceptionnelles. Toute personne se rendant en montagne doit demeurer consciente que le respect du monde alpin est le meilleur garant d' une belle aventure dont elle sortira indemne et, surtout, gagnante. a Ueli Mosimann, groupe de travail du CAS sur les cas de détresse en montagne ( trad. ) Dans les via ferrata, voies toujours très prisées, la majorité des victimes à secourir sont des personnes restées bloquées

Activités jeunesse

Attività dei giovani

Jugend-Infos,Berichte,Aktivitäten

Enfants d' alpinistes célèbres

Mon papa est aventurier!

Non, les enfants des alpinistes extrêmes ne vivent pas forcément sans leur père. La preuve par l' exemple de Thomas Ulrich, qui passe beaucoup de temps en famille, souvent à l' exté. Et quand papa n' est pas là, les enfants l' accompagnent en pensée.

Thomas Ulrich est un alpiniste d' élite qui parcourt régulièrement des voies extrêmes et se lance dans des aventures à la limite du possible. Entre autres, il a réussi avec d' autres alpinistes la légendaire voie Maestri-Egger au Cerro Torre, en Patagonie. Son dernier exploit: parti du pôle Nord, il a franchi 900 kilomètres à pied jusqu' à la l' archipel François-Joseph. Guide de montagne, photographe et auteur, Thomas Ulrich tient volontairement sa famille à l' écart des feux de la rampe; il fait une exception pour Les Alpes. En parlant à ses filles Linn ( 13 ans ), Silje ( 11 ans ) et Julie ( 7 ans ), on voit bien que les enfants accompagnent leur père en pensée dans ses folles expéditions, se réjouissent et souffrent avec lui. Mais son départ pour le pôle Nord, par exemple, était un moment bien moins dramatique que ce que tendent à en faire les médias: ce week-end-là, les filles étaient parties avec leur mère. Ensuite, le retour de papa fut simplement un grand moment de bonheur.

Porter le pull de papa ou lui faire des dessins

Les enfants ne voient leur père qu' irré; parfois, il part pour plusieurs semaines. Pour pallier ces longues absences, les trois filles ont développé chacune leur stratégie, avec un point commun: elles essaient de sentir la présence de leur père pour le faire revenir, du moins en imagination. Silje est particulièrement heureuse quand il appelle: « Comme ça, nous savons qu' il va bien. Et des fois, je dors dans le lit de mon papa, ou je porte son pull pour me sentir proche de lui. » Quand Julie est triste de l' absence de son père, sa mère Åsta fait des dessins avec elle; à son retour, les dessins seront offerts à Thomas. Pour Linn, le mieux est de ne pas trop y penser: « Sinon, ça me rend trop triste. »

Quand papa a peur

Quand Thomas Ulrich est chez lui, il se voue entièrement à sa famille, et y consacre du temps. La famille va skier ou passer des vacances en Norvège, le pays d' Åsta. Bien sûr, ces vacances ont souvent pour cadre les montagnes. Mais il reste toujours du temps pour un petit pique-nique dans la nature ou un confortable bivouac en famille. Les filles ont également déjà servi de modèles pour des photos d' action; Linn, par exemple, a accompagné son père pour un vol en parapente.

Un des plus beaux souvenirs de Silje est son huitième anniversaire: « Papa a installé une tyrolienne sur la rivière, et nous pouvions la traverser en volant. C' était génial, mes copains en parlent encore aujourd'hui! » Pour Linn, le plus impressionnant était le voyage en Patagonie, « parce qu' on a fait du trekking à cheval ». Julie, la cadette, se souvient en particulier du bivouac de Noël: « L' autre famille était venue avec un chien, et il a dormi dans mon sac de couchage », ra-conte-t-elle avec un sourire enjoué. On voit bien que les filles sont fières de leurs aventures!

Le talent multi-sportif et l' imagina de Thomas Ulrich donnent à toute la famille des chances uniques de vivre la Réunion de la famille Ulrich au sommet du Bällenhöchst. De gauche à droite: Julie, Åsta, Linn, Silje et Thomas Photos: Thomas Ulrich montagne. Et si ses expéditions paraissent souvent audacieuses, son maître mot reste la prudence, surtout en famille: Silje se souvient d' une excursion en famille à la Solbodenhütte, près de l' arête du Hardergrat. Elle avait l' impression que son papa avait un peu peur pour elles: « En tout cas, il ne voulait pas qu' on fasse des pirouettes en descendant. » Il semble que la famille de Thomas Ulrich ait trouvé un bon mode de vie: sa femme et ses enfants lui donnent la force, le courage et la confiance nécessaires pour ses expéditions. En retour, Thomas permet à ses filles des aventures uniques dans la nature. Ainsi, elles apprennent des valeurs comme l' équilibre, la persévérance et l' ambition, mais aussi la responsabilité et l' humilité a Andreas von Deschwanden, Lucerne ( trad. ) Le bivouac hivernal à la Lom bachalp fait deux heureux: Silje a son papa tout pour elle et Thomas a l' occasion de tester sa nouvelle tente qu' il utilisera au pôle Nord Descente en parapente de Beatenberg à Interlaken: Linn dirige l' engin, le temps pour son père de prendre une photo avec, au fond, le lac de Brienz Partie de grimpe dans le Diemtigtal: Linn assure Silje

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