Assemblée des délégués du CAS à Aarau, le 26.10.96 (136e -)

136e Assemblée des délégués du CAS à Aarau, le 26 octobre 1996

La 136e Assemblée des délégués de notre club a été marquée par l' adoption de nouveaux statuts ( et, dans la foulée, d' un nouveau règlement des cotisations ), ultime étape du vaste processus de réorganisation du CAS entrepris ces dernières années. Ainsi sont désormais fixées dans notre « constitution » les nouvelles directions prises dans divers domaines. Dans celui, plus particulièrement, de la compétition de ski-alpinisme, le CAS a décidé de s' engager en tant qu' administra au niveau suisse. Quant aux finances, qui menaçaient ces dernières années de filer à la dérive, elles sont en bonne voie de redressement puisque le budget 1997 accepté par les délégués sera équilibré, grâce à de vigoureuses restrictions imposées dans une bonne partie des secteurs d' activité.

Nouveaux statuts et règlement des cotisations S' ajoutant aux deux textes fondamentaux que sont les Lignes directrices et la Politique du CAS, qu' ils viennent chapeauter, les nouveaux statuts adoptés à Aarau consacrent donc les efforts de réflexion et de réorganisation entrepris dès 1994 par le club à tous les niveaux. Bien que les votes par article aient généralement débouché sur des approbations proches de l' unanimité ou unanimes, la discussion et diverses propositions de modifications émanant des sections ont à nouveau fait sentir la réticence d' une partie au moins de la base face au renforcement des structures centrales du CAS. Réflexe bien ancré dans les mœurs d' Helvétie, où l' esprit fédéraliste tempère fortement les volontés centralisatrices! Mais pour en rester à l' essentiel, rappelons les principales différences que les nouveaux statuts introduisent ou confirment, par rapport aux statuts de 1989 ( entrés en vigueur en 1992 ):

- Le CAS est ouvert aux sports de performance ( en pratique et jusqu' ici: compétition d' escalade, ski-alpi-nisme ).

- Abandon de la notion de protection du patrimoine national, pour se concentrer sur la protection de la nature.

- La direction du club est choisie sur l' ensemble de la Suisse et non plus sur une région.

- Abandon du système des représentants régionaux.

- Renforcement de la conférence des présidents par l' attribution de compétences décisionnelles, en matière de budget notamment.

- Augmentation de l' effectif de l' Assemblée des délégués et de la représentation des grandes sections par modification du quota des délégués ( un pour 500 membres au-delà de 1000, au lieu d' un pour 1000 auparavant ).

- Introduction d' une commission de gestion chargée de contrôler l' uti des finances du club.

Comme l' a souligné Hanspeter Schmid, président du CAS, dans son introduction au débat, l' ensemble des nouveautés introduites dans les statuts doit avoir pour effet d' augmen l' attractivité du club ainsi que l' efficacité de sa gestion, grâce à une meilleure organisation et une plus grande motivation.

Le nouveau règlement des cotisations, quant à lui, réunit dans un seul document tout ce qui concerne les obligations financières des membres vis-à-vis du club. Une proposition de la section Aarau a été acceptée, fixant une cotisation centrale unique de a. < 10 fr. pour les jeunes de 10 à 22 ans, alors que le projet du CC ne prévoyait aucune cotisation pour les jeunes de 10 à 15 ans, et une cotisation de 15 fr. de 16 à 22 ans.

L' abonnement aux Alpes reste fixé pour 1997 à 18 fr. pour les membres. Suite à l' analyse externe effectuée sur la revue du CAS, un groupe de travail examine les possibilités qui s' offrent encore d' optimiser les coûts et présentera ses conclusions en 1997.

Situation financière et budget 1997 Les comptes annuels et le rapport de révision 1995 ont été acceptés à l' unanimité. Pour 1997, c' est un budget d' austérité qui a été accepté, rendu nécessaire par les déficits qui menaçaient. Franz Werthmüller, chef des finances, a rappelé les grandes lignes de la politique financière menée par le CD Bale, faite d' une ferme volonté de maîtrise des dépenses et de vision plus réaliste du budget, grâce en particulier à un établissement de ce dernier plus tardif et plus concentré dans le temps. Résultat pour 1997: un budget équilibré et approuvé comme tel par une forte majorité, malgré diverses contestations ( sur la légitimité du maintien du poste du délégué à la jeunesse, par exemple, ou sur la façon de comptabiliser les rentrées des cabanes ).

Intégration du ski-alpinisme de compétition Les concours de ski-alpinisme ont pris un essor considérable dans notre pays et ils attirent bon nombre de membres du CAS. Leurs promoteurs cherchent depuis quelques années à Editorial

Courrier des lecteurs

leur donner une assise à la fois plus solide et plus vaste, au niveau natio-S nal. Ils cherchaient pour ce faire un S partenaire adéquat, qu' ils ont ^ trouvé... en le CAS. Après avoir exa-J. miné la question avec attention etconstaté que ces concours, par leurcaractère alpin, la camaraderie qu' ils ^m impliquent ( participants répartis en jQ équipes ) et la popularité dont ils jouissent jusque dans nos rangs, ne contredisaient en rien les buts du CAS, la commission d' alpinisme proposait aux délégués d'«entrer dans la danse ». Elle estime, de plus, qu' en étant partie prenante le CAS ne pourra que jouer un rôle positif au sujet du respect de l' environnement lors de ces épreuves qui auront lieu avec ou sans lui. Il interviendra comme administrateur et « plaque tournante » au niveau suisse mais n' organisera pas de compétitions lui-même.

Erhard Loretan nommé membre d' honneur du CAS C' est par de vives acclamations qu' Erhard Loretan, l' alpiniste et himalayiste fribourgeois bien connu, vainqueur des 14 huit-mille de la planète et défenseur bonhomme et éminemment sympathique d' une éthique de l' alpinisme caractérisée par la simplicité, l' honnêteté et la passion, a été nommé membre d' honneur du CAS ( voir p. 14 ).

Déménagement du secrétariat Les locaux actuels au Musée alpin de Berne devenant trop exigus ( et le Musée lui-même ayant besoin de place ), le secrétariat du CAS déménagera à fin janvier 1997 à la Monbi-joustr. 61, toujours à Berne ( à 10 minutes de marche de la gare ). On en profitera pour rassembler au même endroit les responsables d' autres secteurs d' activité, jusqu' ici disséminés ( protection de la montagne, éditions et rédaction alémanique de la revue ). Il en résultera une économie en frais de location. Nous reviendrons plus en détail sur ce déménagement dans un prochain numéro.

La fin d' une époque L' Assemblée des délégués se déroulera à l' avenir sur une seule journée, dans une localité bien centrée et durant le premier semestre de l' année. Des manifestations annexes auront lieu tous les quatre ans lors de la fête centrale, qui est maintenue. C' est donc avec d' autant plus de plaisir que les délégués ont participé cette année au banquet et à la soirée divertissante et, le lendemain matin, qu' ils se sont laissé charmer par les « machines poétiques » du musée Paul Gugelmann, à Schönenwerd. Ils garderont le meilleur souvenir de cette AD 96 organisée avec autant de cordialité que de compétence par la section d' Aarau, qu' il convient ici de remercier chaleureusement.

Prochaines assemblées Conformément aux nouveaux statuts, l' Assemblée des délégués se tiendra donc à l' avenir avant la conférence des présidents, soit, pour 1997, le 14juin à Berne.

La conférence des présidents 1997 aura lieu le 8 novembre à Berne.

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La posta dei lettori

îrbriefe

Le chef de course n' est pas responsable civilement des morsures de serpent...

A propos de l' article « Accidents de montagne et de ski: responsabilité du chef de course », 9/96, p. 24 Cet article signale notamment que la morsure d' un serpent n' engage pas la responsabilité civile du chef de course, au contraire, par exemple, de l' omission de la vérification de l' encordement. On peut en déduire des critères d' estimation juridique des accidents, ce que les tribunaux ne

La direction du CAS et la rédaction des Alpes souhaitent à tous les membres du club de joyeuses fêtes de Noël et une heureuse année 1997.

manqueront pas de faire, se fondant en particulier sur de telles publications. Je suppose que cet article reflète la pratique actuelle des tribunaux et je suis heureux que celle-ci soit rendue publique. Les chefs de course peuvent ainsi se faire une idée de leurs responsabilités. Mais lorsque je passe en revue mes onze dernières courses d' été ( en tant que participant à des courses de section, du CC ou de l' armée ), j' en tire une image toute différente. L' encordement, par exemple, n' y a guère été contrôlé! De plus, j' y ai vécu toute une série d' autres incidents:

- rappel sans assurage ou auto-assuragele chef de course quitte le groupe pour s' occuper de retarda-tairesle participant doit atteindre le point de rappel sans assurage, en terrain AD exposésuite à une erreur d' itinéraire par mauvais temps, le groupe se divise pour effectuer la descente suivante, sans contrôleon emmène dans une course exposée ( D ) un participant sans expérience que l'on confie, pour former une cordée de deux, à un autre participant dont on ne connaît pas les capacitésun guide de montagne envoie un groupe sans descendeur en huit dans une voie d' entraînement où le rappel est inévitable ( et bien qu' il ait été explicitement interrogé à ce sujetdescente en chaussons d' escalade dans un passage herbeux exposé.

Ainsi décrites, ces courses donnent un bilan catastrophique! Ai-je eu de la malchance, me suis-je confié à des chefs de course peu sérieux? Je ne le pense pas, car ces courses étaient conduites par les chefs les plus divers. J' ai aussi presque toujours eu le sentiment d' une conduite responsable et judicieuse - à l' exception des incidents mentionnés ci-dessus. Je nourris donc le soupçon que la plupart des chefs de courses ( moi-même y compris ) commettent régulièrement ce genre d' erreurs, normalement sans accident, bien sûr. De temps en temps, cependant, l' un d' entre eux a de la malchance et alors tous ses compagnons et la justice lui tombent sur le dos: « Comment a-t-il donc pu... !» Comment améliorer cette situation? L' auteur de l' article en question ici espère que notre sport ne sera pas encore plus réglementé juridiquement. Je partage ce souhait! Nous allons en montagne pour en vivre les plaisirs et non pas pour nous y confronter à des articles de lois! Il faut donc veiller absolument à ce que les participants, les chefs de course et la justice se fassent la même idée d' une course de section. Cela signifie que:

- Le sujet devrait être plus souvent abordé dans des publications. C' est de leur plein gré, par exemple, que les participants fréquentent des montagnes non exemptes de dangers et qu' ils choisissent la forme de la course de section, s' épargnant ainsi l' essen des frais d' un guide professionnel.

- Il faudrait assurer la protection juridique du chef de course ( assurance, influence sur la législation, publication plus fréquente de l' ana de la situation du chef de course etc.. " " .On doit accepter que des erreurs soient commises. Des stratégies générales du risque, des comportements de direction psychologiquement habiles et des méthodes de sécurité dans l' esprit d' une « gestion de la qualité » moderne font souvent plus pour améliorer la sécurité qu' une liste de mesures particulières de technique alpine. Si ces éléments ne sont pas enseignés ( on mise aujourd'hui surtout sur « l' expérience » ), il ne sera pas non plus possible de les estimer correctement après un accident.

Qu' on ne se méprenne pas sur mes intentions. Il ne s' agit pas pour moi de donner carte blanche à des chefs de course imprudents, mais de chercher à trouver un rapport sain entre les personnes et instances concernées et une estimation des accidents conforme à la réalité pratique. Je suis également chef de course et je pourrais - ce que je n' espère pas - me trouver un jour en position d' accusé. Ernst Jakob, Oberdorf SO ( trad.m

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