Carte de visite

Le propre de la rédactrice étant de faire parler les textes et les images qui lui sont soumis pour le plaisir des lecteurs, la nouvelle fonction que j' occupe semble mal choisie pour une prise de parole, sinon pour une brève présentation.

1 Une rétrospective de son travail au CAS paraîtra prochainement.

Nicole Bulliard, nouvelle rédactrice de langue française Fribourgeoise de naissance et de cœur, j' ai passé mon enfance à parcourir les sentiers pédestres du Moléson au Lac Noir, en compagnie de ma famille. Lorsque que nous n' étions pas en randonnée, je lisais tout ce qui me passait sous la main. Puis sont venus quelques sommets plus ambitieux dans les Alpes valaisannes et vaudoises, des randonnées dans le Jura et les Montagnes neuchâteloises et l' ini à l' escalade, à la peau de phoque et au parapente. Du coup, je me suis créé un nouvel itinéraire, des romans de Ramuz à la poésie de Roud, en passant par Bille, Chessex, Saint-Hélier, Cendrars, Bouvier, etc. Ainsi, j' ai dans la tête une carte géographique et une carte littéraire de la Suisse romande qui se complètent avec bonheur. Ma curiosité naturelle m' a rapidement poussée au-delà des frontières linguistiques, géographiques et culturelles de notre pays. J' ai effectué plusieurs séjours Outre-Manche, Outre-Atlantique et Outre-Sarine, en tant qu' étudiante d' abord, puis dans la publicité et comme traductrice. Ma nouvelle fonction me semble idéale. Elle représente tout ce que j' aime faire et tout ce que j' aime faire, à savoir la préparation de chaque nouvelle parution française des Alpes.

Je remercie au passage François Bonnet de m' avoir transmis les fruits de sa longue collaboration à la revue et de sa disponibilité. Mes remerciements vont également à Etienne Gross et Margrit Sieber pour leur accueil chaleureux à la rédaction des Alpes.

Nicole Bulliard, rédactrice 1 Cf. Les Alpes 8/98, pp. 36-37 2 La rédaction se trouve depuis mars 1997 dans les locaux du secrétariat central à la Monbijoustrasse 61

icience et montagne

»cienza e mondo alpino

Wissenschaft ind Bergwelt

difications du climat et catastrophes naturelles » ( PNR 31 ), l' Institut suisse pour l' étude de la neige et des avalanches ( ENA ) a travaillé, de 1994 à 1996, sur un projet d' analyse des interactions entre le climat, les avalanches et les mesures techniques de protection. Les chercheurs se sont inspirés des trois interrogations suivantes:

- L' activité des avalanches s' est fondamentalement modifiée ces dernières années à la suite d' un changement de climat?

- Pourquoi, en dépit de vigoureuses mesures de protection prises systématiquement depuis 1951, des périodes d' avalanches dévastatrices se sont-elles produites à plusieurs reprises ( en 1968, 1975 et 1984, par exemple )?

- Y a-t-il apparition de nouvelles sortes d' avalanches en raison d' une modification du climat?

Données Afin d' apporter une réponse à ces questions, il est nécessaire de dispo- Nouvelles conclusions tirées de l' interprétation de longues séries d' observations Quelles sont les interactions entre le climat, les avalanches et les mesures techniques de protection? Cette question constitue le thème central d' un projet exécuté dans le cadre du programme national de recherche n° 31\ Quant aux réponses, elles réfu-tent partiellement certaines hypothèses antérieures.

Dans le cadre du programme national de recherche n° 31, intitulé « Mo- Jolital ( VS ), 2 février 1978, 18 h 25: une avalanche descend sur la ligne ferroviaire de la rampe sud du Lötschberg, le train arrive sur le cône et déraille: 12 blessés Photo: Archives ENA ser, sur de nombreuses années, de données journalières concernant le temps, la neige et les avalanches. On a recherché, en particulier, des séries d' observations météorologiques et nivologiques provenant de stations de montagne situées au-dessus de 1500 m.s.m. et s' étendant sur un siècle entier. Mais il n' existe que trois localités, Davos, Bever et Andermatt, satisfaisant plus ou moins bien à ces conditions. Les mesures quotidiennes de neige fraîche et d' épaisseur du manteau neigeux posent un problème essentiel, car elles n' ont été régulièrement effectuées que depuis 1950' Schneebeli, M., Laternser, M., Föhn, P., Ammann, W.; Wechselwirkungen zwischen Klima, Lawinen und technischen Massnahmen. Rapport final PNR 31, vdf-Hochschulverlag, Zurich, 1998. ISBN 3 7281 2604 7, format 16x23 cm, broché, environ Fr. 5O./DM 34,. " " .80/ öS. 365..

2 Gerstengabe, F.W. & Werner, P. C, 1993: Katalog der Grosswetterlagen Europas nach Paul Hess und Helmuth Brezowski 1881-1992. 4 E éd. Berichte des Deutschen Wetterdienstes 113, Offenbach, 249 p.

environ dans les stations de montagne. En revanche, de 1881 à 1992, les situations météorologiques générales ont été répertoriées chaque jour selon la méthode de Paul Hess et Helmuth Brezowski2.

Depuis 1947, l' ENA recueille et archive soigneusement les annonces de dégâts provoqués par les avalanches. Avant cette date, on n' en trouve que des données isolées, ne concernant que certaines régions ou accidents particuliers. Pour les événements majeurs, quelques informations remontent jusqu' au XVe siècle. De manière générale, seules les avalanches dévastatrices ont laissé des traces dans les archives, soit celles qui ont provoqué des accidents ou des morts, ainsi que des dégâts matériels ayant entraîné des conséquences financières importantes. Parmi celles-ci, citons en particulier les bâtiments endommagés ou détruits, les voies de communications coupées et les dégâts aux forêts. La banque de données sur les avalan- ches dévastatrices que l' ENA a constituée récemment contient des informations détaillées sur plus de sept mille cas, répartis sur l' ensemble du massif alpin suisse et couvrant la période de 1947 à 1993. Elle est constamment mise à jour avec les événements de chaque nouvel hiver et complétée par ceux d' avant 1947.

Climat hivernal et avalanches Les principaux critères responsables de la formation des avalanches sont certains paramètres météorologiques tels que température, précipitations ( neige fraîche ), vent et rayonnement. Les grosses avalanches à déclenchement naturel, descendant qu' au fond des vallées, dépendent assez peu de la structure du manteau nival et de son évolution graduelle tout au long de la saison hivernale; en revanche, les conditions de température, de vent et de précipitations des quelques jours, voire des heures, précédant leur départ, sont déterminantes. Des chutes de neige fortes et Avalanche à Wilerlaui ( Gurtnellen/Erstfeld ) du 27 janvier 1968, 6 h 10: 1 maison d' habitation détruite, 7 personnes tuées, 2 éta-

prolongées, liées à son transport par le vent, ou un réchauffement rapide et marqué, associé à de la pluie qu' à une altitude élevée, sont les dé-clencheurs principaux des grosses avalanches spontanées. Ces conditions météorologiques inhabituelles ne dépendent que peu des moyennes climatiques, mais peuvent survenir en tout temps durant le semestre d' hiver.

En principe, une légère modification des valeurs climatologiques moyennes n' a aucune influence sur la génération des avalanches. Des variations de température d' un ou deux degrés, ou de pluviosité comprises entre dix et vingt pour cent, ont effectivement de grandes conséquences sur la répartition spatiale et temporelle du manteau neigeux hivernal; cependant, les situations météorologiques inhabituelles et génératrices d' avalanches ( à caractère isolé et ne survenant que quelques jours par an ) peuvent toujours se produire. A l' op des glaciers, les avalanches ne réagissent que peu aux modifications climatiques de longue durée, mais surtout aux valeurs climatologiques extrêmes. En outre, seuls les mois bles détruites, 5 vaches et 2 génisses tuées, 1 poteau de béton de la ligne électrique renversé Andermatt UR: travaux de déblaiement après l' ava catastrophique du 20 janvier 1951, qui provoqua la mort de 11 personnes Science et montagne Epaisseur de neige à Davos! HH«K: 1 0 50 1ÜQ 150 cm Mai

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Avril Mars Fév.

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Jan.

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1900/01 1920/21 1940/41 1960/61 1980/81 1880 Fig. 1:

Epaisseurs du manteau neigeux relevées durant 100 ans à Davos ( 1898-1997 ). La partie grise des colonnes indique la médiane ( valeur en milieu ) de 10 jours. Les fluctuations annuelles masquent la présence d' éventuelles tendances et périodicités. On remarque clairement la succession de dix hivers pauvres en neige entre 1925 et 1934 Fig. 2:

Valeurs moyennes des températures moyennes journalières, relevées à Davos entre 1881 et 1993, à diverses périodes. La courbe en pointillés indique la moyenne sur 9 ans. On remarque que l' échelle de l' axe des y est différente. Une tendance au réchauffement se constate au début et au milieu de l' hiver; mais elle n' apparaît plus à la fin de la saison. Les températures n' étant pas uniformisées, certaines légères tendances pourraient être dues aux conditions de mesure E A ) to 1880 d' hiver conditionnent l' apparition des avalanches ( plus de 95% des avalanches ayant occasionné des dégâts, enregistrées durant ces cinquante dernières années, sont descendues de décembre à avril, avec une prédominance marquée pour les mois de janvier et de février ).

Une hausse éventuelle des températures hivernales, entraînant un probable raccourcissement de la durée de la couverture neigeuse, devrait aussi diminuer la période d' appari des avalanches. Mais cela ne signifie pas pour autant une baisse du nombre de celles qui occasionnent des dégâts, car les conditions météorologiques extrêmes peuvent survenir n' importe quand. Une humidifica-tion plus précoce de la totalité de la couche de neige, consécutive à des températures plus élevées, conduirait, plus tôt dans la saison, au départ d' avalanches de fond de neige mouillée. Mais, parmi celles-ci, le nombre de celles qui provoquent des dégâts resterait à peu près le même en moyenne annuelle. On ne peut donc pas prévoir pour ces prochaines années l' apparition d' avalanches dévastatrices d' un « caractère nouveau », ou l' accroissement de leur danger potentiel.

Les longues séries de données météorologiques hivernales de Davos ( dès 1898 ), de Bever ( dès 1910 ) et d' Andermatt ( dès 1947 ) ne présentent ni tendance, ni périodicité statistiquement significative des observations journalières de température et de hauteur de neige fraîche et gisante. Les variations interannuelles masquent complètement une éventuelle évolution ( fig. 1 ). Quant à la couverture neigeuse durable de ces trois stations pendant ces dernières années, elle n' a pas débuté plus tard, ni affiché une moindre épaisseur que par le passé. En plein hiver, le manteau neigeux ne présente aucune tendance particulière, si ce n' est, à Bever, une certaine diminution de son importance depuis le milieu des années septante.. " " .Vers la fin de l' hiver, son comportement varie selon les endroits: alors qu' on n' observe aucune évolution au cours des ans à Andermatt et à Davos, son épaisseur moy- Début d' hiver ( novembre/décembre ) 1900 1920 1940 1960 1980 2000 Milieu de l' hiver ( janvier/février ) 1880 1920 1960 1980 2000 Semestre d' hiver ( novembre-avril ) 1900 2000 enne s' amenuise quelque peu à Bever à la fin de la saison hivernale. L' hypothèse d' un net décalage du gros de l' hiver ( neige sur le sol et basses températures ) en direction du printemps n' a pas non plus été confirmée. Il semble pourtant que le début et le milieu de l' hiver deviennent plus chauds, tandis que sa fin ne montre aucune tendance de ce genre ( fig. 2, station de Davos ).

Sur la base de ces données, on peut affirmer que, au cours du XXe siècle, le climat ne s' est pas modifié au point d' influencer de manière mesurable la génération des avalanches. Il est également probable que, durant ces prochaines décennies, cette activité naturelle ne changera guère ( fig- 3 ).

Certaines situations météorologiques générales en Europe centrale sont clairement en corrélation avec l' apparition d' avalanches. A ce propos, les régions occidentales et centrales des Alpes se distinguent par deux points essentiels des zones méridionales et orientales. A l' est et au sud, la majorité des avalanches dé-

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Nombre cumulé et époques de survenances où l' épaisseur du manteau neigeux et les quantités de neige fraîche de 3 jours dépassent 75 cm

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CM O _ 1900 1920 1940 1960 1980 Nombre cumulé et époques de survenances à Davos; l' épaisseur du manteau neigeux et les quantités de neige fraîche de 3 jours dépassent 75 cm. Dans ces cas, la probabilité de la survenance d' une avalanche dommageable est de 25 pour cent d' après le calcul des 50 dernières années. Cela signifie que si les conditions nivo-météo-rologiques le favorisent, il se produit une avalanche dommageable tous les quatre jours. La ligne droite indique l' évolution cumulée sous une tendance stable entre 1896 et 1993. La progression ascendante des points illustre les périodes d' activité avalan- cheuse potentielle; l' affai de cette progression reflète les périodes moins avalancheuses. En observant cette figure, on constate que la fréquence des situations nivo-météorologiques à risques n' a pas considérablement changé au cours du siècle Dégâts forestiers près de Planpra, Mayens-de-Conthey VS vastatrices se produit par un ou deux régimes météorologiques typiques seulement ( sur les 29 que compte la classification ), tandis que, dans les Alpes occidentales et centrales, elles surviennent régulièrement par un plus grand nombre de situations. C' est pourquoi, dans ces régions-ci, la probabilité de départ d' une avalanche est particulièrement élevée ( jusqu' à 50% ) durant les mois d' hiver, lors de l' établissement de l' un ou l' autre des ces régimes caractéristiques. En revanche, aucune situation météorologique n' est associée à une grande probabilité d' avalanche dévastatrice dans les régions orientales et méridionales des Alpes suisses. Par exemple, bien que la majorité des avalanches provoquant des dégâts sur le versant sud des Alpes se produise par la situation de « couloir dépressionnaire sur l' ouest de l' Europe » ( flux orienté au sud sur les Alpes suisses ), elles ne se déclenchent par ce régime qu' une fois sur vingt-cinq en hiver. L' analyse des configurations météorologiques responsables d' ava entre 1881 et 1992 ne révèle aucune variation notable. Tout au plus a-t-on mis en évidence une augmentation générale de la fréquence des couloirs dépressionnaires sur l' Eu occidentale depuis les années quarante. Mais on ne peut aucunement en conclure que cela a induit une modification sur le front des avalanches, car, par manque de données antérieures à 1947, on ne peut reconstituer ni les principales situations météorologiques génératrices d' ava, ni la fréquence des avalanches ayant occasionné des dégâts.

Dégâts dus aux avalanches Les épisodes majeurs d' avalanches dévastatrices ( dans le sens d' une accumulation de plusieurs avalanches isolées ayant provoqué des dégâts ) surviennent à intervalles très irréguliers, mais une fois tous les deux ou trois ans en moyenne durant ces cinquante dernières années. Quant aux événements très importants, voire catastrophiques, ils se produisent beaucoup moins fréquemment, c'est-à-dire une fois par quelques décennies, voire plus rarement encore ( « occurrence séculaire » ).

Les séquences d' avalanches dévastatrices sont toujours de dimensions locales ou régionales. La plupart du temps, elles frappent simultanément quelques vallées ou contrées seulement, rarement des régions plus étendues ( comme la totalité du versant nord des Alpes, par exemple ); pendant ces six derniers siècles, notamment, le domaine alpin suisse n' a jamais été atteint dans son ensemble par le même épisode d' avalanches ( fig. 4, p. 28 ).

Les événements historiques importants relatés depuis le XVe siècle et les relevés systématiques d' avalan dévastatrices effectués ces cinquante dernières années ne laissent apparaître aucune tendance à l' aug ou à la diminution de la fréquence de ce fléau.

Malgré l' impact grandissant des habitations et des voies de communication sur l' environnement montagnard, les dégâts dus aux avalanches se sont stabilisés au même niveau. Cela s' explique par la graduelle amélioration, durant cette même période, des techniques et de la planification des mesures de protection ( para- Science et montagne valanches, systèmes d' alerte, déclenchements provoqués, fermetures de S voies de communication, plans des s zones dangereuses ). Il est fort pro-« bable que les événements majeurs £ survenus après 1970 auraient entraî-* né des conséquences beaucoup plus " graves, ou que certaines situations ^m « critiques » auraient évolué en épi-28 sodés importants, si l'on n' avait pas sans cesse procédé à l' érection d' ou contre les avalanches et pris des mesures générales de sécurité. A diverses reprises au cours de ce dernier demi-siècle, toutes les régions des Alpes suisses ont été frappées par de grosses avalanches. A leur suite, on a aménagé les sites de rupture et établi des plans de zones dangereuses sur leurs trajectoires et leurs lieux de dépôt. On peut donc supposer que, à partir du milieu des années quatre-vingt, cette politique a réduit la probabilité de ces catastrophes. Dans dix ou vingt ans environ, l' effet de ces mesures devrait statistiquement se traduire par une diminution du nombre des événements engendrant des dégâts.

Pour les régions habitées, l' impact des mesures prises tant dans le do- maine technique que dans celui de la planification l' emporte nettement sur une modification éventuelle de la génération des avalanches dévastatrices consécutive à une variation du climat. Pour le moment, il n' est pas possible de quantifier cette affirmation, car un cadastre digitalisé des paravalanches et un registre systématique des déclenchements artificiels n' existent pas encore.

Résumé Réalisées pour la première fois dans cette ampleur, les analyses statistiques et les recherches bibliographiques sur le sujet « Climat, manteau neigeux et avalanches » permettent de mettre en évidence certains rapports nouveaux et de vérifier, voire de justifier, des thèses antérieures. On n' a observé aucune modification de la fréquence naturelle des avalanches durant ces cent dernières années et il ne faut pas s' attendre, pour les prochaines décennies, à des avalanches dévastatrices d' un « caractère nouveau », ou à une évolution fondamentale de la situation actuelle, au cas où aucune variation climatique extrême ne surviendrait. En revan- 19-22 janvier 1951 11-15 février 1951 26-28 janvier 1968 5-10 avril 1975 Répartition régionale des 20 situations avalancheuses les plus graves en Suisse entre 1947 et 1993. Les critères de choix sont fondés sur la survenance che, les mesures de protection d' or technique ou relevant de la planification ont fortement réduit l' occur possible des dégâts, laquelle aurait dû augmenter à la suite de la mise en valeur de plus en plus intensive du domaine montagnard suisse. C' est pourquoi il apparaît toujours plus improbable qu' à l' avenir, nous ayons à enregistrer des avalanches aussi catastrophiques que celles survenues en janvier et février 1951, par exemple. Les principes généraux actuellement définis seront intégrés dans un nouveau programme de recherche sur l' amélioration de la prévision spatiale et temporelle des séquences majeures d' avalanches dévastatrices. En outre, on analysera de manière encore plus détaillée l' im des mesures de protection d' or technique et relevant de la planification sur la génération des avalanches dévastatrices, au moyen d' un cadastre des ouvrages paravalanches, actuellement en cours de réalisation. Martin Laternser et Martin Schneebeli, EN A, Davos ( trad. ) 11-12 janvier 1954 8-10 février 1984 de plus d' une trentaine d' avalanches dommageables en l' espace de deux jours consécutifs. Chaque avalanche est représentée par un point.

i Science et montagne l Scienza e mondo alpino i Wissenschaft und Bergwelt M. Hoelzle et D. Vonder MühlP, A. Bauder et G. H. Gudmundsson2

^m Extrait du 118e rapport de la Commission glaciolo-30 gique de l' Académie suisse des sciences naturelles ( CG/ASSN ) et des Laboratoires d' hydraulique, d' hydrologie et de glaciologie de l' Ecole polytechnique fédérale de Zurich ( VAW/EPFZ )

Introduction

But des observations actuelles sur les glaciers

II y a plus d' un siècle, lorsque F.A. Forel organisait l' observation des glaciers et la coordonnait tant sur le plan international que national, le principal but visé par ce savant suisse était l' explication des variations de leur longueur et de leur volume ( Forel 1895 ). Grâce aux recherches poussées et aux observations glaciologiques détaillées réalisées jusqu' à présent, nos connaissances sur les glaciers se sont considérablement développées. Qu' en est-il d' hui des buts poursuivis par leur étude? Il est nécessaire de se reposer fréquemment cette question, surtout lors de séries d' observations de longue durée. On peut y répondre de la manière suivante:

amélioration continue de la compréhension des processus glaciaires;

validation de modèles mathématiques ( de modèles climatologiques régionaux, par exemple );

analyse de la fonction d' indicateur climatologique ( estimation des vitesses d' évolution et des flux d' énergie incriminés, de la variabilité naturelle et des tendances éventuelles à l' accélération des évolutions );

appréciation des conséquences directes et indirectes des variations glaciaires sur l' environne ( situations dangereuses créées par les glaciers, élévation du niveau des mers, par exemple ).

Influence des variations des glaciers sur le niveau des mers

D' après les études les plus récentes, les glaciers des massifs montagneux ont contribué à l' élévation générale du niveau moyen des mers entre 1961 et 1990, par une lame d' eau annuelle estimée à 0,25 mm0,. " " .10 mm ( Dyurgerov et Meier 1997 ). Quant aux estimations pour le Groenland et la période de 1865 à 1990, elles se montent à une contribution de 0,3 mm environ par an ( Zuo et Oerlemans 1997 ). Cela signifie donc que ces glaciers de type alpin et le Groenland sont, ensemble, responsables pour un tiers environ de cette hausse pendant ces cent dernières années. Durant les périodes de fusion particulièrement active, la perte de masse

1 M. Hoelzle, D. Vonder Mühll: Commission glaciologiquc de l' ASSN et des Laboratoires d' hydraulique, d' hydrologie et de glaciologie de l' Ecole polytechnique fédérale de Zurich ( VAW/EPFZ ) 2 A. Bauder, G. H. Gudmundsson: Laboratoires d' hydraulique, d' hydrologie et de glaciologie de l' Ecole polytechnique fédérale de Zurich

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