Convention alpine (1: responsabilité commune d'un espace vital) (La -)

le la montagne

La difesa dell'ambiente Schutz der Gebirgswelt

tement liés aux Alpes, à leur nature, à leurs paysages naturels et aménagés, mais aussi à leur population. C' est pourquoi leur évolution ne saurait nous être indifférente. La Convention alpine nous concerne donc tous et nous nous devons de savoir de quoi il retourne.

Convention alpine et initiative des Alpes Clarifions d' emblée une confusion fréquente: Convention alpine et initiative des Alpes sont deux choses totalement différentes.

L' initiative des Alpes acceptée en 1991 est une affaire strictement suisse. Elle a pour but de faire passer de la route au rail, dans les dix ans à venir, le trafic des marchandises à travers les Alpes. Elle représente jourd' hui un élément important - et, pour maints commentateurs, un frein -dans les négociations entre l' Union européenne et la Suisse sur le trafic de transit.

La Convention alpine, en revanche, est un vaste contrat international dont le but est de promouvoir pour tout l' espace alpin et donc par-delà les frontières nationales un développement durable2. Elle inclut la Slovénie, l' Autriche, l' Allemagne, le Liechtenstein, la Suisse, l' Italie, la France et Monaco. Une convention cadre fixe les grandes lignes, tandis que huit protocoles particuliers règlent plus concrètement les détails de ses divers aspects.

La Convention alpine

Ve partie: responsabilité commune d' un espace vital La Convention alpine et ses protocoles sont susceptibles d' influer de manière déterminante sur le développement à venir de l' es alpin. C' est pourquoi ils nous concernent aussi, nous autres alpinistes. Cet article en deux parties ( la seconde paraîtra dans le prochain numéro ) passe en revue la naissance, le développement et l' état actuel de la Convention alpine1.

Pourquoi cet article?

Plus peut-être qu' à toute autre période du passé, les Alpes font actuellement l' objet d' un vaste débat politico-social: le transit des marchandises à travers leurs reliefs a fait pendant des mois les grands titres de la presse; le tourisme de masse en montagne est en crise; les paysages de montagne sont menacés dans leur intégrité; la fragile nature alpine est mise en danger par la surexploitation; les modifications du climat qui s' an semblent également receler des menaces - pour ne mentionner que les principaux sujets de préoccupation. En même temps, cependant, émerge lentement dans l' espace alpin la conscience qu' une évolution spécifique aux Alpes ne peut plus s' élabo sur un plan national mais doit être abordée globalement, dans une perspective internationale. La Convention alpine est une tentative de planifier dans cet esprit le développement futur de l' espace alpin.

Nous autres alpinistes, par nos activités et nos inclinations, sommes for- Les Alpes forment un écosystème fragile dont le développement durable doit être une œuvre internationale - et le but de la Convention alpine 1 Les lecteurs intéressés à recevoir une documentation détaillée peuvent s' adresser à l' au, Jürg Meyer, délégué du CAS à la protection de la montagne, tél. 031/370 18 18.

2 La notion de développement « durable » est devenue courante depuis le Sommet sur l' en de Rio ( 1992 ). Elle provient de la science forestière alpine du XVIIIe siècle et signifiait à l' origine « n' abattre que la quantité de bois correspondant à la pousse annuelle ». Dans l' acception actuelle, toute économie est qualifiée de durable dans la mesure où elle satisfait aux besoins de la génération actuelle sans réduire les possibilités laissées aux générations futures.

Comment tout a commencé...

La Convention alpine est liée étroitement à la CIPRA ( Commission internationale pour la protection des Alpes ), organisation créée en 1951 et dans le document de fondation de laquelle on pouvait déjà lire: « La tâche la plus importante de la Commission consiste certainement à élaborer une convention alpine internationale et à faire en sorte qu' elle soit acceptée par les pays concernés. » Au vu de l' augmentation toujours plus rapide, dans les années 80, de l' exploitation des Alpes, du trafic de transit et des charges sur l' environnement, la CIPRA reprit le sujet en 1986 et entreprit d' élaborer un projet de convention alpine. A partir de 1988, elle a bénéficié d' un soutien politique croissant; et en 1989, à l' invitation du ministre allemand de l' environnement, des représentants des pays alpins et de l' Union européenne se réunissaient à Berchtesgaden pour la « 1re Conférence alpine ». Une résolution de principe y fut votée et l' élaboration d' une convention cadre démarra. Puis, en 1991, à l' occasion de la 2e Convention alpine, à Salzbourg, fut signée la « Convention sur la protection des Alpes », sous le nom de « Convention alpine ». En 1990 déjà, des groupes d' experts s' attachaient à l' élaboration des huit protocoles, chacun sous la direction d' un pays. La convention cadre est en vigueur depuis 1995 en tant que traité obligatoire en droit in- ternational. Selon toute vraisemblance, sa ratification par la Suisse sera chose faite au début de 1998. Cinq des huit protocoles sont terminés et signés par tous les pays membres sauf la Suisse et l' Autriche. Les trois protocoles restants sont encore contestés, en partie pour des raisons de contenu.

Que veut la Convention alpine?

Au début, l' œuvre portait encore le nom de « Convention sur la protection des Alpes ». En maints endroits, cette appellation fit craindre qu' il ne s' agisse que de protection et que le développement économique soit ainsi bloqué. Mais ce n' est pas le cas. La Convention alpine cherche bien plutôt à garantir que les Alpes soient pour leurs habitants un espace de vie et d' activité économique solide, au cœur de l' Europe, et en même temps à préserver au profit de tous - faune et flore compris - le paysage naturel unique et divers qu' elles représentent. Elle tient à ce que les problèmes soient résolus par une collaboration internationale et vise une harmonisation des mesures de protection au niveau de l' ensemble des Alpes; ou, en termes modernes: elle tend vers une mise en forme et un développement de l' espace alpin durables, supportables aussi bien du point de vue de l' environnement que sur le plan social. C' est ainsi que son article clé a la teneur suivante ( art.2, al. 1 ): « Lespar-ties contractantes, dans le respect des principes de précaution, du pollueur-payeur et de coopération, assurent une politique globale de préservation et de protection des Alpes en prenant en considération de façon équitable les intérêts de tous les Etats alpins, de leurs régions alpines ainsi que de la Communauté économique européenne, tout en utilisant avec discernement les ressources et en les exploitant de façon durable. La coopération transfrontalière en faveur de l' espace alpin est intensifiée et élargie sur le plan géographique et thématique. » Cela implique de gérer plus raisonnablement les ressources, de reconnaître les limites de charge des écosystèmes alpins et de s' y tenir, de modérer les exigences de mise en valeur, de maîtriser les charges existantes ainsi que de protéger l' héritage naturel et culturel dans une responsabilité commune.

La Convention alpine, ainsi, est une œuvre unique à ce jour; il n' existe en effet aucun projet dans le monde qui ait cette dimension et cette globalité. On peut très bien la considérer comme un projet pilote et une alternative au marché intérieur de l' Union européenne, un modèle de politique régionale à l' intérieur de l' UE.

Convention alpine en crise?

La Convention alpine englobe un espace naturel et vital très comparti- L' un des plus importants problèmes des Alpes: le transit des poids lourds menté et diversifié, comprenant huit Etats, 5800 communes, 13 mio d' habi et quelque 100 mio de touristes par an. Prévoir et forger pour cet espace un avenir global et harmonisé paraît un projet gigantesque, presque irréalisable, qu' on peut même trouver utopique. Mais c' est précisément dans cette exigence très élevée que résident toute la nouveauté de l' affaire et ce qu' elle a de passionnant.

Cependant, n' enjolivons pas la situation: le projet est en crise. Le blocage menace - en raison de points litigieux des protocoles sur la protection du sol, le trafic et l' énergie - et on est encore très loin d' une application sur l' ensemble des régions alpines. Toutefois, dans un tel projet, les crises sont inévitables. Et elles peuvent aussi dégager de nouvelles visions et libérer des énergies. La Convention alpine n' est pas une structure finie et rigide mais elle fait partie d' une évolution dynamique. Nous entrerons plus en détail, dans le prochain numéro, sur cette question et sur la signification de la Convention alpine pour la Suisse.

Jürg Meyer, délégué CAS à la protection de la montagne ( trad.m Le logo de la Convention alpine: dynamisme et collaboration pour tout l' espace alpin l Alpinisme et autres sports de montagne I Alpinismo e altri sport di montagna i Alpinismus, Berg- u.a. Sportarten Texte: Stefan Siegrist, Berne et Felix Maurhofer, Steffisburg BE Photos: Thomas Ulrich, Unterseen BE L'«hôtel de luxe patagonien » où nous logerons durant 5 semaines!

En route pour le Cerro Torre, par un beau temps presque incroyable. Peu après le bivouac Bridwell, Stefan Siegrist traverse le Rio Fitz Roy à l' aide d' un « pont » réservé aux alpinistes

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