Handicapés mentaux. Randonnées en raquettes

Handicapés mentaux.

Randonnées en raquettes

Pas besoin d' investissements démesurés pour découvrir la montagne en hiver, raquettes aux pieds: un minimum de matériel et une courte période d' apprentissage suffisent. C' est donc un sport qui convient également aux personnes souffrant d' un handicap mental, à condition de ne jamais perdre de vue la spécificité de leur situation.

La randonnée en raquettes est une solution de remplacement idéale pour les non-skieurs qui souhaitent prendre contact avec la neige en parcourant des paysages hivernaux encore vierges. En regard de la simplicité de la technique et de la douceur des mouvements, l' asso de l' Oberland zurichois qui s' oc de mettre sur pied des activités pour stimuler les handicapés mentaux ( GBZO ) a eu l' idée, il y a trois ans, d' or des sorties en raquettes, dans les Fideriser Heuberge par exemple.

Aussi vite perdus que retrouvés Alerte en gare de Rapperswil où l'on s' est donné rendez-vous! Trois des participants annoncés manquent à l' appel sans que personne ne sache exactement où ils se trouvent. Afin de ne pas faire attendre le groupe plus longtemps et de permettre, malgré tout, à tous les inscrits de gagner les Fideriser Heuberge, une des animatrices reste sur place pour aller à leur recherche et faire ensuite le voyage avec eux. A Jenaz, nous apprenons – vive le portableque les disparus ont refait surface et arriveront deux heures après nous au Prättigau. Soulagés, nous montons dans le bus qui nous amène cahin-caha – il emprunte en fait la piste de luge – dans les Frideriser Heuberge. Le manteau neigeux immaculé s' étend à perte de vue, scintillant sous un soleil éblouissant. Après avoir pris nos quartiers, nous chaussons sans attendre nos raquettes pour dessiner nos traces dans la poudreuse.

La corniche Nous traversons des collines aux pentes douces pour atteindre un col avec une petite corniche de neige qui s' avère le point le plus délicat de la course. En nous tirant et nous poussant les uns les autres, nous arrivons finalement à vaincre la difficulté et nous retrouvons un peu plus tard au sommet du Glattwang. Devant le panorama unique qui s' offre à nos yeux, le bonheur et la fierté de l' effort accompli arrachent des cris d' allégresse à certains participants. Nous nous désaltérons avec du thé et reprenons des forces avec une solide collation, en prévision de la descente. Par bonds désordonnés, nous dévalons à bonne allure les vastes pentes aboutissant aux Heuberge, où nous ne tardons pas à nous retrouver parmi les skieurs à siroter du thé, à nous raconter des histoires, à jouer et à rire. La journée se clôt par un délicieux souper, et il n' en faut pas plus pour que beaucoup d' entre nous sentent leurs yeux se fermer. La balade dans la neige, le soleil et l' air frais, la nouveauté et les nombreuses sensations inconnues, tout cela nous a fatigués!

De plus en plus raide Le lendemain, nous nous divisons en deux groupes: les plus reposés veulent gravir le Mattjischhorn; quant à nous, nous optons pour un itinéraire plus tranquille. Nous observons fascinés les sauts des snowboarders au départ d' un éperon rocheux. Encore fatigués de nos exploits de la veille, nous nous rapprochons sans nous presser de notre destination, l' Arflinafurgga. Lors d' une pause bien méritée, nous apercevons l' autre groupe proche du sommet. Tout le monde se retrouve enfin au dîner, chaque groupe rivalisant de superlatifs pour décrire ce qu' il a vécu: « C' était hyper-raide, sûrement bien plus que tout ce que vous avez fait !» Sans avoir pu nous mettre d' accord sur la plus belle course, nous nous préparons au départ car le bus nous attend déjà pour redescendre en plaine. Le soir, nous rentrons au bercail, fourbus, mais le cœur content et la tête pleine d' images inoubliables.

Conclusions Pour la plupart des handicapés mentaux, la montagne est un environnement

Une randonnée en raquettes bien préparée est un régal aussi bien pour les handicapés que pour les accompagnateurs Les randonnées en raquettes permettent de faire découvrir à des handicapés mentaux la montagne en hiver Pho to s: Be ttin a Kr eb s

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LES ALPES 2/2001

inconnu: il faut donc soigneusement choisir le terrain et veiller à ce qu' il permette des activités en plein air. Un hébergement doté d' une bonne infrastructure est important: il devrait offrir suffisamment d' espace pour organiser des jeux et pouvoir se retirer, être facile d' accès et sans danger de chute. La course doit être adaptée aux capacités du groupe, et il faut aussi prévoir une marge de temps suffisante pour pouvoir faire demi-tour à tout moment et permettre une approche ludique de la neige. Pour les personnes atteintes d' un handicap mental, une nuit passée dans un environnement inhabituel est un défi tout aussi grand que l' activité sportive. Des équipements sanitaires souvent rudimentaires, la présence de personnes étrangères, voire l' absence d' électricité, et le fait de disposer de moins de place que d' habitude peuvent avoir un effet enrichissant et favoriser des rencontres intéressantes pour les uns comme pour les autres. Vivre plusieurs jours en communauté dans une maison et coucher en

Le saut de corniche en raquette est devenu notre sport de prédilection...

Lorsqu' on planifie une course, il faut prévoir assez de temps pour une approche ludique de la neige, par exemple à travers le dessin; impressions de la région du Lidernen ...à cause de la douceur de l' atterrissage!

dortoir mettent pourtant chacun et chacune à l' épreuve.

La GBZO propose de nombreux sports et activités de plein air pour les handicapés mentaux. L' équipe de moniteurs pour les excursions en montagne, l' escalade et les courses en raquettes se compose pour l' essentiel de bénévoles du CAS, la formule idéale étant un rapport d' un accompagnateur pour trois participants. La présence d' une personne au bénéfice d' une formation médicale est également recommandée. Les activités en montagne de la GBZO bénéficient de l' accompagnement de guides de montagne qui sont responsables de la sécurité et de la planification des courses et assument une partie du travail d' assis. Un séjour en montagne offre aux handicapés comme à leurs accompagnateurs l' occasion de faire des expériences inoubliables. a

Hans-Ueli Utellli, Steffisburg ( trad. )

Cours

Le cours CAS « Alpinisme avec des personnes handicapées », qui aura lieu du 15 au 17 juin 2001, permet de s' initier à la théorie et à la pratique de l' organisation de randonnées et de camps d' esca ( cf. Programme annuel 2001, p. 28 ). Inscriptions au moyen du talon encarté dans le programme annuel du CAS.

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